Tribune 22/03/2012 à 19h29

Etrange, de suivre le Raid à Toulouse depuis son salon

Yann.dlb | Point de vue

Avec Internet, nous avons pu suivre « en temps réel » l’intervention du Raid, à Toulouse. Ce type d’accès « en direct » à l’information n’est pas sans poser quelques questions...

L’instantanéité est quelque chose d’assez étrange à ressentir, surtout dans le cas de situations extrêmes. Habitant à Bordeaux, j’ai suivi sur Internet l’intervention du Raid à Toulouse. Je l’ai suivie comme on suit un match de foot, c’est à dire selon le procédé du live blogging, « comme à la maison ».

Sur Internet, minutes par minutes, on a le détail de ce qui se passe. Sur Facebook, il y a les réactions des amis toulousains. C’est comme si l’intervention du Raid se faisait à quelques rues d’ici. C’est une drôle de sensation, que cette proximité du lointain, cette sorte d’entre-deux difficile à tenir. Avoir peur ? De quoi ? Je n’ai pas entendu réellement les explosions, j’en ai pourtant eu connaissance avec une proximité temporelle assez incroyable.

Si j’habitais en Nouvelle-Zélande, il aurait fallu moins de temps à l’information de l’explosion pour me parvenir que n’aurait mis effectivement le son de la déflagration à franchir la distance. L’immédiateté liée aux technologies de la communication nous met donc en rapport direct avec l’information, sans que nous la vivions réellement, directement ou indirectement.

Ce n’est pas un rapport de journaliste qui aurait été présent sur place, et qui nous livrerait son compte-rendu et son analyse, c’est le témoin réel qui relate au fur et à mesure qu’il voit. L’information dépasse la vitesse de la vie. Nous savons donc avant de vivre. Il est très symbolique que l’information des explosions puisse aller plus vite que le son : l’information a franchi le mur du son, elle s’est séparée de son corollaire réel.

« Nous sommes le spectateur impuissant »

Nous ne pouvons pas être réellement présents avec les personnes qui vivent l’action. Mes contacts toulousains se disent effrayés, traumatisés, et c’est bien compréhensible, eux qui ont entendu les explosions, le déluge de feu. Que répondre ? Nous ne sommes pas avec eux, pourtant nous avons la même connaissance des événements. Nous sommes dans une présence absente, nous sommes le spectateur impuissant.

D’habitude, quand quelqu’un nous rapporte un évènement qu’il a vécu, nous sommes avec lui au moment où il nous le raconte. Là, nous ne pouvons qu’assister impuissant à ce qui se passe, car justement nous ne le vivons pas réellement. Nous voyons de manière désincarnée. Cela nous éloigne de la vie que nous suivons, de la réalité de l’événement, mais également de la nôtre, car si nous ne sommes pas là-bas, nous ne sommes plus non plus ici, puisque nous avons les yeux rivés ailleurs. Nous ne pouvons rien faire pour ceux qui sont là-bas, qui vivent réellement la peur, le traumatisme. Nous sommes impuissants justement parce que nous ne vivons pas la situation.

Sommes-nous plus proches des événements quand nous les suivons en direct, ou au contraire nous en coupons-nous radicalement ? C’est souvent au moment où l’on croit gagner qu’on s’aperçoit qu’on vient juste de perdre...

« Priorité au direct », au mépris de l’analyse

« Priorité au direct » se vante une grande chaîne d’information française. Tout est révélé. Il n’y a pas d’analyse, juste une présentation en direct des images. Et un direct en remplace un autre. On fait des « flashs spéciaux » pour tout. Un meeting politique devient un événement à suivre en temps réel. Complètement immergé dans le flux d’informations, on n’a plus de recul, plus de prise sur la réalité. On n’a plus le temps de prendre le temps d’analyser, de comparer, de réfléchir, car il y a toujours un nouveau direct.

Approcher et vivre le réel prend du temps, et c’est une chose de moins en moins réalisée avec l’instantanéité de l’information. Il ne s’agit pas de condamner sans appel ces nouvelles pratiques. Simplement, il ne faut pas se jeter à corps perdu dans le flux continu, et garder un certain recul. Mais je n’ai plus le temps d’écrire, il y a le direct de Florence Cassez qui commence...

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  • Chérimimie
    Chérimimie
    bacchante
    • Posté à 19h55 le 22/03/2012
    • Internaute 148166
      bacchante

    C’est intéressant. Mais pour qui a vécu l’attentat du World Trade Center en direct à la télé..... et nous sommes un sacré paquet... c’est quand même de la petite bière. Le vaccin n’a pas besoin de rappel.

    • Yann.dlb
      Yann.dlb répond à Chérimimie
      Auteur(e) de l'article Point de vue
      • Posté à 22h18 le 22/03/2012
      • Internaute 183698
        Point de vue

      Le vaccin n’a pas besoin de rappel, et pourtant les métastases de directs et de live en tout genre se multiplient. Elles sont souvent psychosomatiques d’ailleurs, ne tenant pas à grand chose (« flash spécial » sur... l’arrivée de Dujardin à l’aéroport !)

    • .666
      .666 répond à Chérimimie
      Juif errant
      • Posté à 09h54 le 23/03/2012
      • 181210
        Juif errant

      C’est pourtant le même scénario :
      Tout ce que les USA comptent en services de renseignement sur la piste des auteurs de l’attentat et qui pourtant laissent faire ( au mieux... )

  • Delfi
    Delfi
    Enjaille la vie
    • Posté à 20h17 le 22/03/2012
    • 182451
      Enjaille la vie

    Cette analyse est on ne peut plus vraie pour les détonations qui ont eu lieu durant la nuit, et qui alertaient les téléspectateurs sur BFM TV. On assistait à des choses banales mais qui étaient suffisamment exagérées pour scotcher le téléspectateur à l’écran. Pourtant, le direct peut être une bonne chose mais seulement si il est correctement maîtrisé sans compromettre la qualité des analyses

  • asozial
    asozial
    Bobo Hipster from Gentrified (...)
    • Posté à 22h36 le 22/03/2012
    • Internaute 2273
      Bobo Hipster from Gentrified (...)

    après deux ou trois heures initiales à subir le flots de néant vomi par les journalistes, les politiciens,les experts, les psys, les analystes, les éditorialistes, les micro-trottoirs, j’ai évité les sites d’infos, coupé les infos à la radios pendant trois jours - je rebranche maintenant, je n’ai rien perdu, je ne suis pas traumatisé, je vais quand même y aller mollo et slalomer entre les multiples commentaires et commentaires de commentaires...

    • SuperJeannot
      SuperJeannot répond à asozial
      Rarement d accord sauf si
      • Posté à 08h28 le 23/03/2012
      • 180437
        Rarement d accord sauf si

      J’ai moi aussi tout coupé et revenir aujourd’hui au contact du fil d’information permanent me parait maintenant prématuré. Cependant, je n’ai rien manqué non plus, la boulangère, les collègues et une radio qui tapinait dans un autre bureau m’ont renseigné contre mon gré.
      Le retour est difficile, la rue n’a rien à envier à tous les torche-merde qui servent de presse écrite, tout y est : le direct, le pourquoi comment qu’ça c’fait, l’émotion, le maintenant quoi qu’on fait avec ce souvenir de la terreur collective... Journalisme ? Vraiment ?

  • Kolyse
    Kolyse
    psychédélique
    • Posté à 05h26 le 23/03/2012
    • Internaute 124863
      psychédélique

    Merci pour cette analyse.

    J’ai moi-même suivi en direct par internet Francetv info.

    Mon contexte : une période de relatif désoeuvrement et cet accès immédiat à du visuel et des tweet minute après minute.

    Cela a occupé tout mon espace psychique. « Scotcher », « Coller », comme en état d’hypnose certes consentie, sans aucun recul immédiat, du pulsionnel réactif...

    Ce n’est que plus tard que j’ai retrouvé un peu de tête froide, de recul analytique.

    Au fond j’ai vécu un état bling bling.

    Dans l’état bling bling on ne pense pas quand on le vit.

    Au final,

    1) je suis triste infiniment pour les victimes et leur famille.

    2) Sur le plan technique, je me réjouis que le problème immédiat soit réglé (un tueur en liberté a été neutralisé).

    3) Je ne peux m’empêcher de penser qu’au-delà du problème technique (ou sécuritaire) les autorités politiques (le Président) a tenu compte d’une dimension de circonstance : Gérer son image en période électorale ! A côtés des experts en force de l’ordre, il y avait sûrement des conseils en communication.

    Or Internet dont vous parlez m’apparait comme un des éléments pris en compte par les conseils en communication du Président dans la stratégie « bling bling » qu’ils lui ont conseillé tout le long de cette tragique affaire (tragique pour les victimes et leur famille).

    4) Dernier point : sur l’intervention à la télévision du Président à 13 heures, un élément sonne faux (et cet élément m’a mis la puce à l’oreille que le Président gérait à la fois son image et manipulait les esprits). On voit d’abord une porte qui s’ouvre avec au fond des escaliers recouvert d’un tapis rouge. Puis le Président est derrière son pupitre et fait son intervention télévisée. Puis il se retourne et part, et derrière lui la porte se referme. Cette mise en scène est le truc en trop. C’est aussi ça « bling bling » le truc en trop qui fait tout capoter. Eu mieux valu qu’on le voit seulement à son pupitre sans toute cette mise en scène qui n’est au fond que la dernière étape d’une mise en scène plus globale.

  • Pas tripette.
    Pas tripette.
    Si j'aurais su, j'aurais po lu.
    • Posté à 08h53 le 23/03/2012
    • Internaute 117974
      Si j'aurais su, j'aurais po lu.

    11h30 Boum ! Badaboum boum ! ...
    l’information a franchi le mur du son
    C’est presque ça aurait dit le Canard.

  • the ghost
    the ghost
    expatrie
    • Posté à 09h05 le 23/03/2012
    • 173412
      expatrie

    LE plus beau dans tout ca et que comme il n’y a aucun recule et que personne n’a le temps de verifier la moindre information, c’est merveilleux pour les operations de propagande de manipulation.
    Qui se demande si la mediatisation de cette operation etait justifiee ? Qui se demande si, avant de condamner quelqu’un a mort, un proces ne serait pas justifie ? Qui veut voir un minimum de debat contradictoire et des preuves indiscutables avant d’accepter la culpabilite ? Je vais voir des annonce sur le boncoin.com, est ce que si un annonceur est assassine ca va suffire pour prouver que c’est moi qui est fait le coup ?
    Ce genre d’operation a l’avantage de fournir un peu d’excitation, aucune reflexion et aucune question, tout benefice pour le gouvernement. Les meutres de militaires etaient relativement sous le radar qu’ils continuent ou non personne ne s’en apercevra. Par contre est-ce que une fois le drame passe l’effet positif pour le candidat sera suffisamment long pour le faire reelire, esperons que non.

  • amarré
    • Posté à 09h24 le 23/03/2012
    • 174877

    Moi ce que je regrette c’est qu’on n’est pas vu la tête de Mehrad exploser en gros plan mais ça va venir.
    Non, je ne regrette pas, je n’ai pas la télé et pas assez le tempérament voyeur pour passer des heures à me complaire devant la souffrance des autres

  • HSEHNAMAP
    HSEHNAMAP
    Votre commentaire a été (...)
    • Posté à 09h40 le 23/03/2012
    • Internaute 132226
      Votre commentaire a été (...)

    Moi j’ai une question : pourquoi les journalistes de la rue écrivent toujours Raid comme s’il s’agissait d’un nom, alors qu’il s’agit du RAID, un acronyme ?
    Inutile comme question, certes, mais avec toutes les inepties entendues ces derniers jours mon attention se focalise constamment sur cela, et je souhaiterais une réponse.
    Merci d’avance.

    • Yann.dlb
      Yann.dlb répond à HSEHNAMAP
      Auteur(e) de l'article Point de vue
      • Posté à 09h51 le 23/03/2012
      • Internaute 183698
        Point de vue

      Je présume que c’est en train de devenir un nom, comme cela arrive parfois avec certains acronymes. On ne pourrait pas employer « le » si l’on mettait des majuscules (on ne pourrait pas dire « le Recherche, Assistance, Intervention, Dissuasion », comme on dit « la Société Nationale des Chemins de Fer »).

  • Yann.dlb
    Yann.dlb
    Auteur(e) de l'article Point de vue
    • Posté à 09h43 le 23/03/2012
    • Internaute 183698
      Point de vue

    Même si les analyses et les commentaires, voire les remises en question viennent après, ce qui reste, c’est le souvenir du direct. Sans forcément parler de manipulation, on peut néanmoins s’interroger sur la communication de crise, faite autour de cet événement. Doit-on tout montrer ? Le rôle du média est-il vraiment de livrer de l’information im-médiate ?

    • .666
      .666 répond à Yann.dlb
      Juif errant
      • Posté à 10h18 le 23/03/2012
      • 181210
        Juif errant

      .Qu’est-ce qui vous gêne dans ce que j’avais posté ?

      • Yann.dlb
        Yann.dlb répond à .666
        Auteur(e) de l'article Point de vue
        • Posté à 11h34 le 23/03/2012
        • Internaute 183698
          Point de vue

        Perso, le coté « insecticide » du premier post pouvait susciter du trollage. Je préfère le deuxième, avec la vanne sur SpiderMan : p

         
        • .666
          .666 répond à Yann.dlb
          Juif errant
          • Posté à 11h52 le 23/03/2012
          • 181210
            Juif errant

          Scuses, donc...mais je l’avais changé vite fait pour pas prêter à confusion.

          • Yann.dlb
            Yann.dlb répond à .666
            Auteur(e) de l'article Point de vue
            • Posté à 11h55 le 23/03/2012
            • Internaute 183698
              Point de vue

             :)

        2 autres commentaires
  • KayOo
    KayOo
    dans la Forêt Vierge.
    • Posté à 09h56 le 23/03/2012
    • Internaute 121002
      dans la Forêt Vierge.

    les deux derniers paragraphes sont tellement vrais..
    On se contente d’absorber ce qui nous est présenté, sans la digérer cette info (ou non info), sans analyse, sans réflexion.
    On devient un peu légume quoi..
    C’est ptet pour ça qu’on est de plus en plus c... ou qu’on risque de le devenir.

    (oui c’est confus et alors ! ? ^^)

  • pmithrandir
    pmithrandir
    http://www.jaiuneidee.net
    • Posté à 10h27 le 23/03/2012
    • Internaute 90097
      http://www.jaiuneidee.net

    La question du direct peut aussi se poser en terme de sécurité des forces de police.
    A l’heure des smartphone, comment imaginer que le suspect n’avait pas moyen de se tenir au courant de l’avancée policière en temps réel.(qu’il l’ai fait ou non importe peu, la possibilité existait).

    Que l’on nous informe rapidement, je trouve ca normal, mais on devrait demander un laps de temps de 15 minutes au minimum.

  • Schrödinger
    Schrödinger
    Poli et gentil. Très rue89.
    • Posté à 10h37 le 23/03/2012
    • Internaute 41709
      Poli et gentil. Très rue89.

    Gniaaaaa ! ! ! ! ! Je me shoote aux vermifuges, c’est mieux qu’écouter toute cette merde ambiante...

    • .666
      .666 répond à Schrödinger
      Juif errant
      • Posté à 10h41 le 23/03/2012
      • 181210
        Juif errant

      ...

      • Schrödinger
        Schrödinger répond à .666
        Poli et gentil. Très rue89.
        • Posté à 11h24 le 23/03/2012
        • Internaute 41709
          Poli et gentil. Très rue89.

        Ça à l’air simplement génial... Moi qui fait ca manuellement...
        Je crois qu’on tient le successeur de Kad Mérad comme star du JT et du reste aussi...

  • Ryuu
    Ryuu
    Informaticien parisien
    • Posté à 11h02 le 23/03/2012
    • Internaute 28569
      Informaticien parisien

    Ce qui me fait peur, c’est qu’on est vendredi.
    Je ne m’en suis pas rendu compte. Ou est passé ma semaine ? Elle s’est faite manger par l’immédiateté de l’information subie.

  • Nemo34
    Nemo34
    Citoyen, Montpellier
    • Posté à 11h31 le 23/03/2012
    • Internaute 27043
      Citoyen, Montpellier

    Accessoirement il est probable que Merah, lui aussi, suivait ce qui se passait de l’autre coté de la porte en direct. L’arrivée sur les lieux de Guéant vers 9h, l’annoncée avec roulement de tambours des hommes du RAID, les consignes de le prendre vivant.

    Difficile d’imaginer un quelconque effet de surprise quand l’heure de l’assaut est diffusée en direct sur toutes les chaînes de radio/tweet/blog/TV.

  • Wildleech
    Wildleech
    révolutionnaire en devenir
    • Posté à 12h14 le 23/03/2012
    • Internaute 81842
      révolutionnaire en devenir

    « Nous sommes le spectateur impuissant. »
    Je dirais plutôt nous sommes les spectateurs fascinés par le spectaculaire morbide.
    Sous prétexte d’information « continue », les médias font du grand spectacle avec toutes les tragédies. La surenchère des mots est là pour en témoigner.

    • Yann.dlb
      Yann.dlb répond à Wildleech
      Auteur(e) de l'article Point de vue
      • Posté à 12h31 le 23/03/2012
      • Internaute 183698
        Point de vue

      Certes, mais la société du spectacle ne se nourrit pas que du morbide, des tragédies, mais au contraire fait feu de tout bois. Les conséquences sont juste plus notables dans le cas de ce genre de drames, car on remet en question la fascination pour le morbide. Ce qui me semble plus profond, c’est la spectacularisation de l’information, liée en plus à l’instantanéité vers laquelle on tend avec nos nouvelles technologies. Il n’y a pas que le morbide qui fait sensation, même s’il s’agit d’une ficelle qui marche plutôt bien.
      Concernant plus précisément cette fascination, qui vire assez rapidement au malsain, on peut la remettre en question en considérant justement l’humain, celui que l’on connaît, et qui se trouve « là-bas ». A ce moment là, on s’interroge sur notre façon de suivre cet événement, et sur notre rapport au réel. Je crois qu’il est possible de dépasser la spectacularisation, et la fascination pour le morbide, en se demandant ce que l’on vit vraiment.

  • Waldeck
    Waldeck
    Le désenchantement, c'est (...)
    • Posté à 13h47 le 23/03/2012
    • Internaute 36864
      Le désenchantement, c'est (...)

    -« Etrange, de suivre le Raid à Toulouse depuis son salon »

    - Heu, oui, mais à distance raisonnable....

    Il est des images que nous ne visionnerons jamais, car elles peuvent être très gênantes pour certains de nos contemporains.

    ... Plus tard peut être, mais là, nous ne sommes plus en direct, et toutes les manipulations sont possibles.

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 13h50 le 23/03/2012
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    « Cette bombe découlant de l’instantanéité des moyens de communication, et notamment de la transmission de l’information, a un rôle éminent dans l’établissement de la peur au rang d’environnement global puisqu’elle permet la synchronisation de l’émotion à l’échelle mondiale. Grâce à la vitesse absolue des ondes, on peut ressentir dans tous les endroits du monde le même sentiment de terreur, au même moment. Cette bombe n’est pas locale, elle explose à chaque instant, à propos d’un attentat, d’une catastrophe naturelle, d’une panique sanitaire, d’une rumeur maligne… elle crée une véritable communauté des émotions, un communisme des affects succédant au communisme de la “ communauté des intérêts ” partagés par les différentes classes sociales. Avec la révolution industrielle de la seconde moitié du 19e siècle en effet, a prospéré la démocratie d’opinion, qui s’est appuyée sur la presse du même nom, puis sur les médias de masse, la presse, la radio et la télévision. Ce 1er régime était celui de la standardisation des produits et des opinions. Le second régime actuel est celui de la synchronisation des émotions, assurant le passage de la démocratie d’opinion à la démocratie d’émotion. Et cela pour le meilleur comme pour le pire. pour le meilleur, on songe aux élans de générosité qui font suit aux catastrophes de toute nature ; pour le pire aussi, avec la terreur instantanée que suscite un attentat ou une pandémie et la politique court-termiste qui en constitue la réponse (…)
    Avec les phénomènes d’interactivité instantanés qui sont désormais notre lot quotidien, a lieu un véritable bouleversement qui déstabilise le rapport à l’activité des hommes entre eux, dans le délai qui est celui de la réflexion, et cela au profit du réflexe conditionné à quoi l’émotion conduit. D’où la possibilité théorique d’une panique généralisée. Voilà la seconde grande déflagration du rapport au réel.

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  • islands
    islands
    Ilien
    • Posté à 17h14 le 23/03/2012
    • Internaute 151030
      Ilien

    Vous pouvez aussi appeler un chat un chat : ce direct est la copie conforme des arrestations en direct diffusees sur les TV americaines, c’est du show. On a beaucoup gausse en France eut un temps, sur ces directs tres contestables. On fait tout simplement la meme chose aujourd’hui, en faisant semblant de croire que c’est nouveau. Et puis vous evitez aussi opportunement de vous poser la question de savoir comment ces directs ont pu etre possibles. Qui a informe les televisions du debut de l’assaut ? Comment les cameras ont-elles pu etre presentes pour tout decrire en direct, sur un espace qui aurait du etre interdit a toute personne ne faisant pas partie des equipes d’assaut ? Appelez un chat un chat : ceci etait un show, tres bien orchestre, a valeur ajoutee incroyablement rentable pour l’organisateur. L’etat, donc.

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