Témoignage 17/03/2012 à 18h25

Racisme ordinaire dans un lycée du Loir-et-Cher : « J'aime pas les Noirs »

Augustin Legrand | Assistant d'éducation


La rangée d’une bibliothèque (Adriane Dizon/Flickr/CC)

« Augustin, nique ta race, j’aime pas les Noirs » ! Voilà comment m’a insulté un élève du lycée professionnel du Loir-et-Cher (41) dans lequel j’exerce le métier d’assistant d’éducation, en parallèle d’une activité journalistique.

Depuis le début de l’année, je fais observer, en vain, à mes supérieurs les lacunes que je constate en matière de gestion de l’alcoolisme, de l’hygiène ou du manque de nourriture. A cela sont venues s’ajouter ces injures pour lesquelles mes CPE se sont toutes deux contentées de répondre qu’elles n’étaient « pas étonnées ».

J’ai dû insister pour que l’élève reçoive une sanction. Celui-ci a été exclu trois jours, au lieu d’aller en conseil de discipline, pourtant prévu par le règlement intérieur. Une décision prise sans me concerter, et dont j’ai exprimé mes doutes quant à la vertu pédagogique.

Suite à cette sanction, j’ai été convoqué par les parents de l’élève, pour entendre son père vociférer. Ce dernier m’explique alors que les propos tenus par son fils ne sont « pas bien graves ». Le proviseur, d’un ton convainquant, m’a alors incité à déposer plainte, m’indiquant par ailleurs qu’il appuierait ma démarche. La semaine suivante, pourtant, ce dernier me répondait que mon histoire était « du réchauffé ».

Des propos qui sont monnaie courante

A en croire l’ensemble de l’équipe éducative en charge de cet élève, celui-ci est coutumier des propos et des provocations racistes. D’ailleurs, dès le lendemain des injures qu’il proférait à mon encontre, il se battait, au sein même d’une classe de cours, avec un autre élève, après avoir traité celui-ci de « sale Noir ».

Un fait pour lequel aucune sanction n’a été prise. Car, selon mes CPE, ce genre de propos est tout simplement « monnaie courante » dans la bouche de très nombreux élèves, m’expliquant alors de manière insidieuse que c’est à moi, le seul membre de l’équipe pédagogique d’origine étrangère, de « faire avec » !

Face à mes remarques, mes CPE me font clairement comprendre que je suis trop « susceptible » et qu’il faudrait même, selon l’une d’elles, que je me « remette en question ». Et tout au long de ma tentative d’explication, soit durant plus d’une semaine, cette même supérieure n’aura de cesse de victimiser le jeune homme en question.

« Bien reçu, attendons lettre de démission »

Quant au proviseur, il affirme qu’il me trouve « trop critique ». Car selon lui, c’est à moi de faire l’effort de comprendre, puisque nous « avons affaire à un public d’élèves intellectuellement limités et dont les parents le sont tout autant » !

Depuis mon domicile, j’ai donc pris la décision d’envoyer un SMS commun à mes CPE, en leur expliquant, de manière détaillée et tout aussi ferme que courtoise, les raisons de mes doutes quant à ma capacité à pouvoir revenir travailler dans de telles conditions. Un SMS auquel l’on me répond, de manière laconique : « Bien reçu, attendons lettre de démission. »

J’ai donc alerté le rectorat et son service juridique. De même que l’inspection académique et le médiateur de l’Education nationale. Si certains ont été de bons conseils, m’indiquant notamment de ne surtout pas démissionner, je ne m’étendrai pas sur la complaisance et même l’absence totale de réaction des autres. « C’est comme ça dans tous les lycées de France », ai-je notamment entendu.

Afin de ne pas y retourner, j’ai dû demander à mon médecin un arrêt maladie. Mais je ne sais pas encore combien de temps je pourrais le faire renouveler.

Une procédure judiciaire à contrecœur

J’ai également pris, en mon âme et conscience, la décision de déposer une plainte à l’encontre du jeune homme, âgé de 18 ans, et je suis entré en contact avec un avocat qui, malgré son devoir d’objectivité, n’a pas pu s’empêcher d’exprimer son inquiétude et son ulcération. Une procédure judiciaire, que j’aurais volontiers préféré éviter, est donc en cours.

Or, je n’ai toujours pas compris comment de victime de propos à caractères racistes, qui auraient dû être condamnés sans la moindre ambiguïté par mes collègues et surtout par ma hiérarchie, j’ai pu devenir le « mouton noir » coupable de mon identité. Ni comment d’assistant d’éducation semble-t-il jusqu’alors apprécié et donnant pleine satisfaction, je suis devenu celui que l’on pousse à la démission.

Je suis noir depuis maintenant trente ans et je vis en France depuis l’âge de 4 ans. Or, je n’ai, de toute ma vie, jamais eu à ce point le sentiment que la parole raciste était aussi tolérée, excusée et même – c’est un comble – victimisée.

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  • franzfranz
    franzfranz répond à Yvon le Zébulon
    le monde de kafka
    • Posté à 13h49 le 18/03/2012
    • Internaute 163427
      le monde de kafka

    Vous n’avez pas remarqué que la hiérarchie ne communique plus sur l’absentéïsme ? Là elle cherche à réprimer en envoyant des petits mots.Mais elle ne peut plus ouvertement communiquer sur l’absentéïsme des profs tout simplement parce que les profs remplaçants ont pratiquement été supprimés et que l’on fait appel dans le plus grand des bordels à des profs retraités qui se font payer des clopinettes ou sont même bénévoles sur des courtes périodes ou des contractuels pas toujours compétents. Une trop vive communication sur l’absentéïsme rencontrait l’argument flagrant du manque d’effectif et de la suppression de poste. Point de vue chiffre, le MEN ne pourrait tout simplement plus argumenter, puisque la gestion de l’absence des profs a été sacrifiée sur l’autel des économies.

    D’autre part, et cela ne se sait pas trop bien entendu, mais justement du fait de leurs possibilités d’expression parfois réduites, dans la police et la gendarmerie, le recours à l’arrêt maladie constitue en certaines circonstances un moyen de manifester son désaccord.

  • pablico
    pablico
    Co-NOBEL de la Paix
    • Posté à 19h17 le 17/03/2012
    • Internaute 14278
      Co-NOBEL de la Paix

    il faut prendre le « petit » et lui faire comprendre, qu’un jour il aura toute les chances d’avoir un chef noir, ou pas tout à fait blanc, ou tout blanc.. qu’il ne pourra pas choisir.

    il devra lui obéir, qu’il aime ou pas.

    D’ailleurs déjà vous êtes son supérieur.

    il faut lui demander en posant des questions, on ne converti pas quelqu’un par la force du règlement, à l’intelligence, à la logique, il doit lui-même se convertir.

    • TFE
      TFE répond à pablico
      stagiaire
      • Posté à 19h29 le 17/03/2012
      • Internaute 87746
        stagiaire

      en france ça reste peu probable qu’il ait un chef noir un jour... c’est pas les US ici..

      • pablico
        pablico répond à TFE
        Co-NOBEL de la Paix
        • Posté à 19h43 le 17/03/2012
        • Internaute 14278
          Co-NOBEL de la Paix

        un petit chef, un chef de service, un directeur, un chef de secteur etc...

        vous allez être déçu...

        dans 15 ou 20 ans vous en reparlerez pour le président français.. tout change à une vitesse grand V.

        ce qui compte c’est l’intelligence, le charisme et l’efficacité, c’est un truc sans couleur.

         
        • l'aut' là ...
          l'aut' là ... répond à pablico
          rigolo
          • Posté à 19h45 le 17/03/2012
          • 177201
            rigolo

          entièrement d’accord avec pablico,

          j’ai un « petit chef » qui est créole « tu veux un ti’ ponch ? »

        1 autres commentaires
    • irsey
      irsey répond à pablico
      Etudiant
      • Posté à 21h48 le 17/03/2012
      • 177682
        Etudiant

      Mouais. Un doux rêve.

      Je crois que vous n’évaluez pas à sa juste mesure la gravité de la situation d’un lycée professionnel dans un coin pommé. On est vraiment dans l’extrême, tant du côté des élèves (et de leurs parents !) que de celui de la hiérarchie.
      Les parents défendent leur progéniture contre vents et marées, et ce à plus forte raison qu’il y a toutes les chances qu’ils aient eux-mêmes « inculqué » le racisme à ces derniers.
      Il leur est d’ailleurs normal de s’indigner contre toute personne qui ose s’en prendre à leur enfant puisque la hiérarchie ne lèvera pas le petit doigt pour défendre cette personne...

      Le pire est que ce genre de situations, à motifs variables et non exclusivement raciste, est aujourd’hui généralisé à un grand nombre d’établissements de l’EN, et pas uniquement aux lycées pro si décriés.

      • vivlo
        vivlo répond à irsey
        étudiant
        • Posté à 15h15 le 18/03/2012
        • Internaute 123199
          étudiant

        Et bien justement, si ce monsieur arrive à faire valoir ses droits devant la justice, peut-être que ça fera un peu réfléchir l’entourage. Sa démarche est utile et belle, d’autant plus si elle est désespérée.

  • castro
    castro
    structuralo-situ
    • Posté à 19h17 le 17/03/2012
    • Internaute 61302
      structuralo-situ

    c’est ça un pays gouverné par la droite.

    • amonhumbleavis
      amonhumbleavis répond à castro
      • Posté à 19h23 le 17/03/2012
      • Internaute 93168

      Le problème ce n’est pas le gouvernement de droite, le problème c’est la diffusion des idées d’extrême-droite.

    • Loyck
      Loyck répond à castro
      Simple observateur du monde
      • Posté à 19h40 le 17/03/2012
      • 183398
        Simple observateur du monde

      Un gouvernement de gauche changerai-t-il quelque chose au laxisme dont font preuve ses supérieurs ? Je ne pense pas.
      Cela changerai-t-il la manière dont les parents ont éduqué le gamin ? Je ne pense pas non plus.

      • vivlo
        vivlo répond à Loyck
        étudiant
        • Posté à 15h20 le 18/03/2012
        • Internaute 123199
          étudiant

        Un gouvernement de gauche serait peut-être plus regardant quant à la qualité de l’éducation nationale. Il serait aussi peut-être plus favorables aux classes les plus défavorisées, dont font partie nombre de gens mal éduqués qui expriment leur ressentiment par rapport à un monde dont les bienfaits leur restent étrangers, en en haïssant ce qui leur est étranger.

        C’est ce qu’on est en droit d’espérer, en tout cas. C’est ainsi que se veut une partie de l’idéologie de gauche, en opposition à celle de la droite.

         
        • Loyck
          Loyck répond à vivlo
          Simple observateur du monde
          • Posté à 21h39 le 18/03/2012
          • 183398
            Simple observateur du monde

          Je suis tout à fait d’accord sur le fait que le changement de mentalité des gens ne peut se faire que par l’éducation et ainsi l’apprentissage des différences. Mais je trouve plutôt idéaliste voire utopique le fait de dire que qu’un gouvernement de gauche ferait mieux qu’un gouvernement de droite. Malheureusement, ces changements ne peuvent se faire sur un seul quinquennat, c’est un changement qui se fera (s’il doit se faire) sur le long terme, sur une, deux ou trois génération. Les mentalités évoluent lentement et parfois dans le mauvais sens.

        1 autres commentaires
      • vivlo
        vivlo répond à Loyck
        étudiant
        • Posté à 15h20 le 18/03/2012
        • Internaute 123199
          étudiant

        -

    • ASchweizer-
      ASchweizer- répond à castro
      Clone Bendit
      • Posté à 20h13 le 17/03/2012
      • 181820
        Clone Bendit

      La droite est laxiste, c’est bien connu et pas assez dénoncé. Il reste une place de bouffon dans l’équipe de la campagne de Hollande.

  • TFE
    TFE
    stagiaire
    • Posté à 19h28 le 17/03/2012
    • Internaute 87746
      stagiaire

    Deux questions :

    - A quoi sert un « assistant d’education » ? L’auteur de l’article rapporte beaucoup de choses à ses collègues, mais apparemment ne fait rien lui meme ? ?

    - « Afin de ne pas y retourner, j’ai dû demander à mon médecin un arrêt maladie. » rassurez moi c’est une blague ! ! ! ! ! ! ! ? ? ? ? ? ? ? ? ? ?

    • Loyck
      Loyck répond à TFE
      Simple observateur du monde
      • Posté à 19h37 le 17/03/2012
      • 183398
        Simple observateur du monde

      « assistant d’éducation » est le terme qui désigne un surveillant ou « pion » dans un établissement du second degré.

  • lucsky
    lucsky
    la force en moins
    • Posté à 19h32 le 17/03/2012
    • Internaute 54632
      la force en moins

    Scandaleux.
    Je travaille dans un lycée général et technologique, et je n’ai jamais eu a faire face à ce type de comportement. Je me suis pourtant souvent demandé comment je réagirais dans de telles circonstances : je pense que je remuerais ciel et terre pour qu’il y ait sanction.
    Ceci dit, je retrouve malheureusement dans vos propos le laxisme et l’apathie de nombre de CPE et de personnels de direction. Pour ces gens, un mot d’ordre : ne pas brusquer les pauvres chérubins et surtout, surtout, ne pas faire de vagues !

    • paumahu
      paumahu répond à lucsky
      désabusée
      • Posté à 19h36 le 17/03/2012
      • Internaute 69240
        désabusée

      « Je travaille dans un lycée général et technologique, et je n’ai jamais eu a faire face à ce type de comportement » Mais là, on est dans le Loir et Cher ! Ça sent pas bon dans le trou du cul du monde, c’est pas assez aéré.

      • lucsky
        lucsky répond à paumahu
        la force en moins
        • Posté à 19h51 le 17/03/2012
        • Internaute 54632
          la force en moins

        Quel rapport ? Mon lycée est en Vendée. En matière de trou, ça se pose là.
        Et des gamins racistes, il y en a. Mais ils ne la ramènent pas trop. Je pense qu’ils savent qu’il leur en cuirait.

      • vamonos_ja
        vamonos_ja répond à paumahu
        • Posté à 21h33 le 17/03/2012
        • Internaute 136536

        Assez drôle de voir un habitant de Perpignan dénoncer le racisme des autres régions alors qu’il y a tellement de choses à dire sur les PO !

  • Darknono
    Darknono
    « par exemple : (médecin) » (...)
    • Posté à 19h40 le 17/03/2012
    • Internaute 127126
      « par exemple : (médecin) » (...)

    je n’ai lu que le titre.

    L’insulte doit venir d’un rurbain qui vie mal l’éclatement de sa cellule familiale sur plusieurs générations.
    Ah mais non, il ne vote pas encore donc ne peut voter FN.
    Mince, moi qui croyait avoir compris le formule magique qui explique le vote FN de E. Todd et consort.
    C’était de l’humour car bien qu’ayant lu l’article sur « la France saine et la France malade » je pense que leurs intuitions (Todd et co) trouve une certaine justification.

    Adiu

    • vivlo
      vivlo répond à Darknono
      étudiant
      • Posté à 15h23 le 18/03/2012
      • Internaute 123199
        étudiant

      Il n’est pire sourd que celui qui ne veut entendre.

      • Darknono
        Darknono répond à vivlo
        « par exemple : (médecin) » (...)
        • Posté à 20h44 le 18/03/2012
        • Internaute 127126
          « par exemple : (médecin) » (...)

        Tant va la cruche à l’eau, qu’à la fin elle se casse.

  • l'aut' là ...
    • Posté à 19h40 le 17/03/2012
    • 177201
      rigolo

    De mon temps, au lycée, dans la minorité des « gens de couleur », il y avait une autres minorité qui se plaisait à taxer les « francais », de peaux blanches, visages pâles, « ici c’est chez nous passe ton chemin », « les francais c’est des victimes “, et autres propos du genre.

    Ca ne justifie pas qu’on vous insulte, non.
    mais ca vous prouve que quelque soit la couleur, on est tous égaux devant la connerie de certains.

    Je pense que c’est ça que vos collègues ont voulu vous faire comprendre.

  • IOVSKY
    IOVSKY
    museur
    • Posté à 19h47 le 17/03/2012
    • 175931
      museur

    C’est la suite normale de certains comportements de responsables politiques.
    Pour Sarko, l’homme africain n’est pas encore rentré dans l’histoire (discours écrit par le sournois Gaino et prononcé par le nain à Dakar en 2007), pour Guéant, les civilisations ne se valent pas « ? ? ? » et le lendemain de cette « grande phrase », Sarko est allé draguer des voix en Martinique et en Guadeloupe puis est venue l’affaire du Halal dont on a parlé pendant des semaines sans mettre sur le tapis, un autre rituel beaucoup plus rigoureux qui est celui de l’égorgement Kasher.
    Comme la communauté juive est beaucoup plus puissante et utilise tous les moyens pour se faire entendre, ni Le Pen, ni Guéant, ni même Sarko qui semblait être d’accord avec son ministre, n’ont eu le courage d’associer le rituel Halal au Kasher en les mettant sur le même pied d’égalité de dénigrement.

  • momo la salade
    • Posté à 20h12 le 17/03/2012
    • Internaute 110276
      foutus

    si c justes ordinaire

  • SIM-SIM
    SIM-SIM
    Citoyen lambda
    • Posté à 20h18 le 17/03/2012
    • Internaute 52639
      Citoyen lambda

    « Je suis noir depuis maintenant trente ans “ : faut bien dire que, de votre côté, vous ne faites pas non plus beaucoup d’effort. Aucun progrès en 30 ans...

    • La Voix de son Maître
      La Voix de son Maître répond à SIM-SIM
      Pas dans la cuisse de Jupiter.
      • Posté à 11h53 le 18/03/2012
      • Internaute 38992
        Pas dans la cuisse de Jupiter.

      Tout à fait. D’ailleurs, je suis sûr que tout petit déjà...

    • moimoimoi975
      moimoimoi975 répond à SIM-SIM
      Abruti
      • Posté à 14h34 le 18/03/2012
      • 183430
        Abruti

      « “ Je suis noir depuis maintenant trente ans ‘ : faut bien dire que, de votre côté, vous ne faites pas non plus beaucoup d’effort. Aucun progrès en 30 ans...’

      Mickael Jackson, lui, il en avait fait des efforts, mais bon, il ne savait toujours pas danser comme un blanc ....

  • Irfan
    • Posté à 20h18 le 17/03/2012
    • Internaute 30779

    Dans le lycée (professionnel) où j’étais surveillant l’an dernier, ces choses ne se produisaient pas, aucun incident ethnique. Quelques élèves sont venus nous faire part, à moi (Blanc) et deux autres AED (l’un métisse Kanak-« Zoreille », l’autre Péruvien) qu’ils voteraient Le Pen, sans qu’on ne sache trop pourquoi, à part qu’ils se rendaient compte que nous étions plutôt de gauche, et qu’ils nous aimaient bien quand même - de la provocation bizarre de jeune de 17 ans...
    Parmi les élèves, les habituels « sale Noir / sale Arabe » sur le ton de la plaisanterie, mais jamais en notre présence. La seule tension ethnique, jamais dite, mais que je percevais assez nettement, était d’élèves très difficiles (mais avec lesquels mes contacts étaient bons) envers leur jeune prof d’anglais arabe. Leurs autres profs étant pour la majorité blancs, ou quelques hommes arabes quinquagénaires, ça passait « mieux ». Là, des soucis avec l’autorité de cette jeune femme (qui était très autoritaire), autant qu’avec sa matière (dans laquelle beaucoup d’entre eux avaient des lacunes terribles).

    Avec d’autres élèves plus intéressés par les sciences humaines, j’ai pu parler un peu de Frantz Fanon, expliquer quelques éléments d’histoire coloniale, etc.

    Tout cela n’arrive donc pas « dans tous les lycées de France ». Pas plus dans celui où j’étais moi-même lycéen, dans le Val-de-Marne.

    Je ne reviens pas de la réaction de l’équipe pédagogique. Ma CPE l’an dernier était une femme remarquable, profondément humaine, respectée et appréciée de tous les élèves et de tous ses collègues profs, parce qu’elles se donnait à fond pour les élèves, tout en sachant garder une distance qui lui conférait auprès d’eux (pourtant difficiles) une aura qu’ils n’osaient pas défier. Elle n’aurait pas toléré un tel comportement, mais plus encore, je suis sûr qu’un élève qui aurait pensé cette chose ne l’aurait pas exprimée, sachant que ça lui reviendrait aux oreilles.
    Les profs nous soutenaient également dès qu’il y avait besoin, et les surveillants entre nous. La proviseure et son adjointe, non, elles étaient nulles, carriéristes, pas intéressées par les élèves, les profs ou quoi que ce soit de pédagogique.

    Je suis atterré que l’on ait pu laisser les choses se régler ainsi. La logique aurait été une convocation ou un conseil de discipline, avec l’élève, ses parents ou responsables, les délégués de la classe et du lycée, des professeurs dont son prof principal, les CPE et les proviseurs.

    Le virer trois jours pour qu’il revienne en « héros » auprès de ceux qui pensent comme lui (oui, ça se passe comme ça) ne règle rien et ne sert pas d’exemple.
    « Le Noir » ayant refusé de venir, ces racistes vont penser avoir remporté une victoire. Mais comment te/vous blâmer de ne pas vouloir revenir travailler avec ces gens ? Car ceux qui ne voient pas où est le souci là-dedans sont marqués de préjugés tout aussi navrants, et d’une absence de considération pour toi/vous...

    Courage pour tout, tout mon soutien.

    Amicalement,
    Thibaud.

  • Di
    Di
    • Posté à 20h31 le 17/03/2012
    • Internaute 8231

    Se faire insulter par un demeuré, c’est flatteur finalement. Ce qui choque, c’est la réaction des supérieurs - cette démission vis-à-vis d’un comportement inadmissible. Il aurait du passer en conseil de discipline, ce petit beauf.

  • franzfranz
    franzfranz
    le monde de kafka
    • Posté à 20h33 le 17/03/2012
    • Internaute 163427
      le monde de kafka

    « Je suis noir depuis maintenant trente ans »
    Tout d’abord on ne peut que vous féliciter de garder malgré tout le sens de l’humour.
    Ensuite, il ne faut surtout pas démissionner en tous les sens du terme car les évènements que vous relatez sont proprement intolérables.

    Ce qui l’est d’ailleurs tout particulièrement, c’est la tendance qu’à l’administration à minimiser ce genre de comportement.
    Je ne dirais pas pourtant qu’il y a plus ou moins de racisme dans les établissement scolaire qu’il y a 30 ans. Simplement, du fait qu’avec l’école de masse, il y a plus de diversité sociale et ethnique, il y a aussi plus de conflit. Autrement dit, il y a 30 ans il y avait sans doute autant de petits cons racistes dans les établissements scolaires, mais ils avaient simplement moins l’occasion à partir d’un certain niveau d’exprimer leur imbécilité. De plus le racisme se trouvait d’autres victimes, d’abord les italiens et les portugais, ensuite les enfants de harkis.

    Pour ma part je pense qu’une des raisons de cette « mollesse » coupable de l’administration vient de la raison statisticienne qui domine tout. Les kapos des établissements ont tout intérêt à gagner leurs primes en donnant la meilleure image possible quelle que soit la réalité, et donc en noyant les poissons.

    Par contre ce que vous devez faire à tout prix c’est de vous syndiquer et de vous trouver des soutiens de ce côté-là. Evitez les sociaux traitres de la CFDT et les mous du SNES. Allez plutôt du côté de F.O. ou de SUD.

    La seconde chose est de contacter une association antiraciste.
    Avec ces deux démarches vous vous placez déjà dans une posture de principe et de droit et sortez de tous ce qui est affectif, psychologique, personnellement conflictuel. Et de plus, vous disposerez de soutiens juridiques plus efficace entant que vous pourrez multiplier les plaintes...

    La troisième chose à faire est de rassembler du matériau tangible afin d’étoffer votre argumentation. Ainsi, je vous conseille vivement de prendre contact avec les parents de l’élève qui a été, après vous, victime du racisme de cet élève, et ce de manière physique. Et de rassembler aussi toute information de manifestation de racisme de la part de cet élève, à l’intérieur ou à l’extérieur du lycée.

    La quatrième chose à faire est de procéder par voie administrative - C’est pour cela que vous avez besoin du soutien syndical - Il s’agit de procéder par ordre et de manière progressive. Si vous brûlez toutes vos cartouches tout de suite vous vous empêchez la menace d’une montée en puissance qui s’avère souvent efficace.
    Ainsi il faut avoir à l’esprit que ce que redoute le plus l’administration c’est la mauvaise publicité et dites vous que la crainte d’une action déterminée est souvent plus efficace que cette action elle-même. Autrement-dit jouez-là dissuasion plutôt que guerre ouverte.
    J’aurais de nombreux exemples à vous fournir mais je ne vous citerai que celui-ci : il y a quelques années après une négociation réussi avec mon rectorat, j’ai conclus un peu malicieusement à la fin de la réunion que je pouvais donc recontacter les journalistes que nous avions fait intervenir en début de conflit pour leur dire qu’ils pouvaient faire un papier pour dire que le conflit c’était bien terminé. Pourquoi pensez-vous qu’un éclair de frayeur est passé dans les yeux du responsable du rectorat qui a crié « surtout pas ! » ? Parce que ce qui peut-être un accord acceptable à un niveau donné, peut être considérer comme une concession qui constitue un fâcheux précédent à un autre. Il ne faut jamais oublier que les gens de l’administration sont toujours pris dans le dilemme d’Eichmann, et nagent entre deux eaux où ils tentent lamentablement de survivre...

    Point de vue bidule médiatique, et je ne sais si c’est votre vrai nom que celui donné ici (je dirais que ce n’est pas vraiment une bonne idée, m’enfin) mais l’autre Augustin Legrand,...enfin... puisque vous êtes aussi journaliste, il y aurait de quoi faire non ... ? Mais puisque vous avez une activité journalistique, vous savez déjà tout cela.

    En ce sens vos sms aux cpe n’étaient pas une bonne idée. D’abord parce que votre argument de ne pas pouvoir revenir travailler dans de telles conditions excusez-moi mais ils s’en foutent et ce d’autant plus que vous leur fournissez le bâton pour vous battre : pas assez de couilles, trop sensible, etc... Soit dit en passant, le sms que moi je leur balancerai dans la gueule c’est qu’ils n’ont tout simplement pas fait leur boulot. Et j’en connais qui se casse le cul à longueur de journée à prendre le problème à bras le corps au moment même où il commence à ce présenter. Alors les gens qui devraient démissionner ...parce qu’ils ont déjà démissionné...

    Une chose que vous devez toujours porter en avant ! Vous ne défendez pas votre petite personne. Vous défendez le principe ! Vous défendez l’honneur de l’Education Nationale ! Vous défendez l’esprit de la République et ses valeurs ! Vous défendez vos droit de citoyen au respect ! En ce sens vous pouvez même vous appuyer sur les déclarations de notre bien aimé encore président ( ne lui envoyez pas un sms tout de suite quand même) qui assimile l’atteinte à un membre de l’E.N. à l’atteinte à un fonctionnaire de police.

    Ensuite encore deux ou trois choses qui vous ont déjà été dites sans doute.

    Je ne connais pas le statut précis de AE (mais je dois passer un coup de fil là à quelqu’un qui est un as de la réactivité syndicale ) mais je pense que vous ne dépendez pas administrativement des CPE Du proviseur oui et encore à voir dans quelle mesure.

    Une chose est sûre toute exclusion passe par une sorte de décision administrative qui doit du moins formellement dépendre d’un conseil de discipline. Le coup de trois jours ou une semaine n’est en rien dissuasif pour les élèves sauf à avoir des parents responsables. Par contre ce qui l’est plus - et là vous devez vérifier - c’est l’inscription dans le dossier scolaire de l’exclusion et surtout de la raison !

    Mais rappelons une question de principe ! ESSENTIELLE !
    Si l’administration ne suit pas les profs ou le personnel dans l’établissement des règles élémentaires de disciplines elle engage un processus de suicide collectif. Vous ne croyez quand même pas que les élèves ne sentent pas de pareilles faiblesses et des complaisances pleutres ! Ils ont un certain sens (pas inné ou naturel, mais primaire et juste) qui leur dit que toute faute restée impunie reviens à une implicite autorisation. c’est ce que l’on appelle le laxisme ! Et cela,Monsieur c’est criminel parce que cela tue en les enfants tout sens de la justice de l’équité de la citoyenneté.

    Les agissements de cet élève ne doivent pas rester impunis !
    C’est impératif !
    Mais ce n’est pas pour votre propre satisfaction que cela doit se faire, et pas même seulement pour le principe, c’est aussi et surtout pour le bien de l’élève.
    Nous n’avons tout simplement pas le droit de laisser grandir des petits fascistes dans nos écoles.

  • irima
    irima
    citoyenne
    • Posté à 20h35 le 17/03/2012
    • Internaute 115233
      citoyenne

    Bonjour,
    j’ai enseigné à tous les niveaux du secondaire, LEP compris. Les élèves sont capables de tout (mais pas tous, bien heureusement) : racisme, homophobie, sexisme. Jeune femme aux cheveux blonds et aux yeux bleus dans des lycées pro de banlieue, il a fallu que j’apprenne à comprendre tout cela : pas simple.
    La plupart du temps, j’ai trouvé des interlocuteurs pour m’aider : collègues, CPE, chef (adjoint le plus souvent). Je n’ai jamais été totalement seule, et je crois que vous n’avez vraiment pas eu de chance quant à la qualité de l’équipe de direction à laquelle vous avez eu à faire.
    Par ailleurs, je m’étonne de l’absence dans votre compte-rendu d’intervention de votre syndicat : comment se fait-il qu’il ne vous ait pas apporté une aide juridique, notamment ?
    Eduquer, c’est un métier beau mais difficile, complexe. Nous avons à prendre en charge des cohortes d’élèves, plus ou moins intégrés à notre culture de « classe moyenne » et il faut s’essayer, au maximum, de les amener vers les valeurs que nous devons défendre. Et en effet, dans ce genre de situation, je ne comprends pas la décision d’exclusion temporaire.
    Face à un tel soucis, personnellement, j’ai toujours obtenu médiation de la vie scolaire ou du chef d’établissement, excuses publiques et mesures de réparation (je suis la championne du sujet d’exposés sur la tolérance, l’intolérance, le rejet, l’intégration... : je ne compte plus le nombre de mes élèves qui y sont passés !)
    Bref, je suis consternée par la façon dont vous avez été seul face à cette situation. Et pourtant, c’était une bien belle occasion de faire avancer, non seulement cet élève, mais aussi d’autres autour de lui. Et quelle légitimité vous y auriez gagné ! C’est vraiment, vraiment dommage.

  • zygzornifle
    zygzornifle
    Poussière d'étoiles
    • Posté à 20h37 le 17/03/2012
    • Internaute 160367
      Poussière d'étoiles

    Racisme ordinaire dans un lycée du Loir-et-Cher : « J’aime pas les Noirs »

    Et quand les noirs disent j’aime pas les blanc ? ?

    • vivlo
      vivlo répond à zygzornifle
      étudiant
      • Posté à 15h29 le 18/03/2012
      • Internaute 123199
        étudiant

      ben il faudrait sans doute faire pareil. Mais on en reparlera sur un article qui traitera de ce sujet, voulez-vous.

  • Félix le Chat
    Félix le Chat
    Mange, dort, mange, dort
    • Posté à 20h54 le 17/03/2012
    • Internaute 162097
      Mange, dort, mange, dort

    « c’est à moi, le seul membre de l’équipe pédagogique d’origine étrangère, de “ faire avec ” “

    ‘mes CPE me font clairement comprendre que je suis trop susceptible ’ et qu’il faudrait même, selon l’une d’elles, que je me ‘ remette en question ’.”

    “nous ‘ avons affaire à un public d’élèves intellectuellement limités et dont les parents le sont tout autant ’ ! ‘

    Si ça n’excuse pas l’élève, ce n’est pas étonnant avec ce personnel que les gamins se laissent aller à de tels propos. Quel exemple ont-ils ?

  • Ssand
    Ssand
    A 14 jours du changement!
    • Posté à 21h01 le 17/03/2012
    • Internaute 157021
      A 14 jours du changement!

    Bonjour Augustin,
    Avez-vous contacté le délégué syndical de votre établissement ? Il/ elle pourra vous soutenir (même si vous n’êtes pas syndiqué). Il vaut mieux ne pas se retrouver seuls face à ce genre de hiérarchie qui ne veut surtout pas faire de vagues en achetant la paix sociale quitte à faire quelques victimes collatérales, dont vous êtes malheureusement. Les proviseurs doivent rendre des comptes au Recteur concernant le nombre de conseils de disciplines en autres. Et nombreux sont les chefs d’établissements à essayer de minimiser les problèmes.
    Bon courage.

    • Bobus Trucus Bidulus Maximus
      Bobus Trucus Bidulus Maximus répond à Ssand
      Gros con de droite
      • Posté à 21h58 le 17/03/2012
      • Internaute 169879
        Gros con de droite

      Et allez, hop, un petit coup de pub pour les syndicats de l’éducation nationale, les plus pourris et corrompus du pays, ce qui n’est pas peu dire vu le niveau du syndicalisme en France.
      Bravo.

      • Ssand
        Ssand répond à Bobus Trucus Bidulus Maximus
        A 14 jours du changement!
        • Posté à 22h23 le 17/03/2012
        • Internaute 157021
          A 14 jours du changement!

        Cher Gros con de droite,
        Les syndicats sont là pour soutenir, renseigner et guider les membres de la communauté éducative en cas de conflit avec la hiérarchie. Et les conflits sont de plus en plus nombreux.
        Le signifier à Augustin n’est pas un « coup de pub », c’est une information utile.

    • Lapocompris
      Lapocompris répond à Ssand
      étudiant
      • Posté à 13h18 le 18/03/2012
      • Internaute 87066
        étudiant

      Je ne suis pas sûr que ce soit efficace, le délégué syndical est peut-être du même avis que les CPE de l’établissement, voire pire, il est du même avis que l’élève en question.

  • Matanapari
    Matanapari
    Woman inside
    • Posté à 21h05 le 17/03/2012
    • 182966
      Woman inside

    Une seule réponse l’éducation et une sanction évidement !
    Le vivre ensemble bon sang ! Et enfin l’intelligence de dire que les races n’existent pas, on est ni des chiens ni des chats, et bien dans la classification taxonomique du vivant il n’existe pas de race dans notre espèce, point barre.

  • Mojique
    • Posté à 21h11 le 17/03/2012
    • Internaute 56020
      *

    Il n’y aurait pas le signe de peur de représailles dans ce laxisme ambiant ?

  • Choupitte
    Choupitte
    Etudiante
    • Posté à 21h36 le 17/03/2012
    • 183407
      Etudiante

    C’est juste HALLUCINANT et complètement désespérant de lire ça...
    Bon courage pour tout, et merci d’en parler, c’est important.

  • lemiere
    lemiere
    sf
    • Posté à 21h45 le 17/03/2012
    • Internaute 104285
      sf

    C’est pour ça que le fn n’aurait pas du etre interdit d’antenne, rendant son discours « rebelle », les idées du FN il faut les laisser s’exprimer mais SURTOUT leur apporter contradiction.
    Ceci dit il me semble que la grossièreté et le violence sont tolérées dans les cours d’école et un élève qui insulte un éducateur devrait être repris sinon sanctionné.

  • Scif
    Scif
    patatoïde
    • Posté à 21h52 le 17/03/2012
    • Internaute 48662
      patatoïde

    L’élève a tenu à votre égard des insultes racistes.

    Conformément à vos demandes, il a été sanctionné.

    A mon très humble avis, qui n’est entouré d’aucune garantie, vous auriez du vous arrêter là, c’était bien. Dérapage => sanction.

    Vous n’auriez pas du recevoir les parents, car ce n’était pas votre affaire mais celle du chef d’établissement : punir un élève du fait de propos racistes à l’encontre d’un membre de l’équipe enseignante, c’est à lui de le faire, d’assumer et d’assurer le service après-vente ; pas à son agent qui en plus est la victime.

    Cependant, vous n’étiez pas satisfait et en avez fait une affaire personnelle.

    Cela a été une bonne occasion de faire remarquer une nouvelle fois à votre hiérarchie (qui a l’air d’avoir des diplômes inférieurs aux vôtres) ses insuffisantes qualités, comme vous en avez l’habitude (cf. 2e paragraphe).

    Votre hiérarchie vous a invité, à sa façon, à dépasser l’incident.

    Vous avez pu la prendre en faute sur une réponse inappropriée.

    Il faut dire que si vous aimez bien lui dire ce qui ne va pas (ce qui n’est pas très diplomatique et peut conduire ladite hiérarchie, surtout si elle est inintelligente, à se lasser de l’auteur de remarques avisées), en revanche vous ne proposiez apparemment plus grand chose ; si ce n’est, mais très implicitement, de virer définitivement l’élève, en faisant comprendre que c’était lui ou vous. Mais n chef ne peut donner suite à une telle demande, car il ne peut accepter de se laisser dicter son comportement par un de ses subordonnés.

    Maintenant, vous êtes dans une situation professionnellement inconfortable, en arrêt maladie, en train de faire une fixette sur des propos certes graves mais qui ont été tenus il y a à présent un certain temps, à vous lancer dans des procédures qui vont vous emmerder et dont les résultats vous décevront certainement.

    Ce qui dépasse de loin les espérances les plus folles du crétin qui vous a initialement insulté.

    Donc :
    - OUI, cet élève a tenu des propos racistes à votre égard qui sont inadmissibles, d’autant plus dans l’enseignement supérieur public ;
    - OUI, la réaction tiède des responsables n’a pas été parfaitement appropriée ;
    - OUI, cet épisode dénote une certaine banalisation du racisme mais
    - NON, l’institution n’a pas été complètement inerte ;
    - NON, cet élève ne sera pas définitivement viré pour que vous puissiez revenir dans un climat propice ;
    - NON, votre chef d’établissement et vos CPE ne seront pas virés non plus ;
    - NON, il est peu probable que vous parveniez par une procédure quelle qu’elle soit à corriger le comportement raciste de cet élève ;
    - OUI, vous vous exposez à voir grandir votre amertume.

    Donc mon conseil est : prendre acte, pour le déplorer, que l’Education nationale a encore du progrès à faire en matière de lutte contre le racisme, et s’intéresser à d’autres choses épanouissantes, car il n’y a pas de raison de se pourrir la vie à cause d’un petit con et d’une paire de chefs un peu limités.

    Contrairement à celui de votre avocat, ce conseil est gratuit.

  • montelieri
    montelieri
    entrepreneur
    • Posté à 22h28 le 17/03/2012
    • Internaute 160662
      entrepreneur

    Courage ! Vos collègues n’ont sans doute pas mesuré à quel point une telle injure pouvait être outrageante. Peut-être qu’une conciliation serait possible.
    Ne faites pas trop cas des commentaires sur votre article : internet est plein de trolls d’extrême droite frustrés et chômeurs, qui ont plein de temps sur les bras et ne sont pas représentatifs de l’ensemble de la population.

  • Mohamad
    Mohamad
    algérien
    • Posté à 22h34 le 17/03/2012
    • Internaute 161294
      algérien

    @ nous « avons affaire à un public d’élèves intellectuellement limités et dont les parents le sont tout autant » !

    Intéressant de « remplir » un lycée par un type de population bien distingué (de père en fils). J’aimerai bien savoir de quel public parlent ils ici ?

  • Pierrrrre
    Pierrrrre
    → → → → → → → le marché autant (...)
    • Posté à 22h58 le 17/03/2012
    • Internaute 23078
      → → → → → → → le marché autant (...)

    « Augustin, nique ta race, j’aime pas les Noirs »

    ► Augustin,
    je voudrais vous dire ma solidarité pour cette agression minable que vous avez dû subir.

    Je fréquente noirs et beurs,
    et je voudrais vous dire être témoin d’effrayantes réflexions racistes de la part de certains d’entre eux,
    réflexions beaucoup plus violentes et profondes que celles que vous avez dû subir :
    racisme entre immigrés,
    racisme entre noirs (maliens ne piffant pas les réunionnais ou autres,
    racisme à l’encontre des blancs : « ils nous niquent, il faut les niquer, rester solidaires entre nous »

    Et ce qui me gène dans votre article,
    c’est que faisant partie de la communauté noire,
    vous n’évoquiez que ce racisme dont vous êtes victime, racisme provenant de petits cons blancs,
    occultant complètement cet autre racisme que j’évoque.

    Parce que le racisme, c’est comme la connerie, il n’a pas de couleur...même s’il évoque la couleur des autres.

    • vivlo
      vivlo répond à Pierrrrre
      étudiant
      • Posté à 15h35 le 18/03/2012
      • Internaute 123199
        étudiant

      Bien sûr, il parle de ce que lui connaît et vit. Maintenant si vous aussi avez matière à un article riche et construit je suis convaincu que les riverains d’ici seraient ravis de vous lire et de vous commenter.

      • Pierrrrre
        Pierrrrre répond à vivlo
        → → → → → → → le marché autant (...)
        • Posté à 15h58 le 18/03/2012
        • Internaute 23078
          → → → → → → → le marché autant (...)

        « je suis convaincu que les riverains d’ici seraient ravis de vous lire et de vous commenter. »

        ► Mais ils ne s’en privent pas.
        La compilation de mes commentaires ici devrait atteindre les 10 tomes de 300 pages chacun.

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