Témoignage 25/02/2012 à 17h35

Fukushima : « On s'est laissé acheter par Tepco », raconte un maire

Janick Magne | EELV

Mis à jour le dimanche 4 mars 2012 à 18h00
Légendes des photos rectifiées et titre modifié

Janick Magne, candidate Europe Ecologie - Les Verts aux législatives 2012 pour les Français d’ex-URSS, d’Asie et d’Océanie, est allée à la rencontre des réfugiés de Fukushima.

Katsutaka Idogawa ne décolère pas. Le maire de la petite ville de Futaba, commune de la zone interdite qui se trouve tout près de la centrale nucléaire accidentée, reçoit les visiteurs dans sa mairie provisoire.

Il est installé dans une salle au rez-de-chaussée d’un lycée désaffecté, à Kazo, dans le banlieue nord de Tokyo, à 200 kilomètres de Fukushima.

C’est là qu’il s’est réfugié il y a près d’un an déjà avec 1 300 de ses administrés, soit 20% des habitants de sa commune. Aujourd’hui, les deux tiers d’entre eux ont quitté le refuge, notamment ceux qui avaient des enfants. Car la vie n’est pas simple quand s’agit de partager des salles de classe à plusieurs familles pendant des mois, nuit et jour.

Ceux qui en avaient l’énergie et la possibilité ont cherché travail et logement ailleurs. Ceux qui ne s’y font pas se sont mis à boire et perdent de l’argent au « pachinko » (machines à sous) de la ville voisine. Essentiellement agriculteurs, pêcheurs, commerçants ou employés de la centrale, les habitants de la petite ville sont maintenant dispersés à travers le pays.

Mais le maire assure qu’il garde le contact avec tous les évacués, où qu’ils soient. Ceux qui étaient employés chez Tepco, l’opérateur des deux centrales de Fukushima, sont restés dans leur région d’origine, dans des refuges ou des préfabriqués d’urgence. Certains ont démissionné.

Tepco a changé le paysage et les mentalités

Monsieur le maire se souvient de l’achat de leurs terres à prix d’or. Ceux de Tepco donnaient ce qu’on voulait : « Vendez, vendez, vous n’aurez plus besoin de vos terres ! » A l’époque personne ne possédait de voiture à Futaba, la pauvreté était le lot commun.

Tepco a changé cela : en modifiant le paysage d’abord, rasant les collines pour mettre la centrale au ras de l’océan, asséchant les sources (en oubliant de mettre des drains au passage). Et en changeant les mentalités ensuite.

Ceux qui travaillaient une heure par jour à la centrale pour un salaire normal se doutaient bien qu’il y avait du danger, mais préféraient ne pas savoir. Que la mairie soit bien trop belle et bien trop grande pour 7 000 habitants, c’était surprenant, mais on préférait s’en réjouir.

« On s’est laissé acheter », dit le maire. Il m’assure qu’il a toujours su le danger : ado, il avait travaillé à la centrale, il la connaissait, de même que les 1 000 employés de Tepco originaires de Futaba.

Tout le monde souffre de dépression

Quand il parle de l’accident du 12 mars, c’est douloureux à entendre :

« Les morceaux de la centrale volaient dans l’air et tombaient sur nous comme des flocons de neige. J’ai compris qu’on était finis. »

Depuis, lui et de nombreux réfugiés saignent du nez tous les jours. Son système pileux a disparu, sauf au niveau de la tête et du pubis. Mais les soins ne suivent pas : ils n’arrivent pas à se faire examiner correctement, on leur dit seulement de ne pas s’inquiéter.


Un grand-père âgé de 80 ans dans un lycée réquisitionné pour accueillir des réfugiés de Fukushima à Kazo, banlieue de Tokyo (Janick Magne)

Au refuge, tout le monde souffre de dépression. Comment pourrait-il en être autrement ? Les compensations financières tardent à venir : ils n’ont reçu que 14 000 euros, le reste viendra on ne sait quand, mais pas assez pour recommencer une vie normale, pour recréer une exploitation agricole.

« C’est comme la guerre, vous savez. C’est une guerre. »

Tepco rechigne à reconnaître sa responsabilité et un bras de fer se joue en permanence entre l’opérateur, le gouvernement et les victimes. Déclaration la plus récente de l’opérateur : les radionucléides n’appartiennent plus à Tepco mais à ceux chez qui ils sont tombés.


Dans la salle commune du local pour les réfugiés de Fukushima installé dans un lycée de Kazo, en banlieue de Tokyo (Janick Magne)

Ici, les réfugiés ont deux repas froids par jour et des boulettes de riz le matin. Dans les salles communes, que j’ai visitées, des tatamis dépareillés ont été posés sur le parquet, les maigres biens, vêtements donnés, literie à même le sol, s’entassent dans les coins. Une télévision par salle de classe, quelques tables basses, des paravents de fortune en carton brun.

Depuis peu, des bains ont été construits dans un préfabriqué dans la cour et des cabines en carton pour se changer discrètement préservent un peu d’intimité dans les salles communes.

Une dangerosité à géométrie variable

« On nous a volé notre passé, on nous a volé notre vie, nous avons vendu notre futur. »

Le maire me demande de témoigner, de porter son message : ils se sentent abandonnés, ils n’ont plus d’espoir, la centrale les a détruits. Le maire est devenu un ardent antinucléaire.

Tantôt le gouvernement prétend que certains quartiers de la ville pourraient être décontaminés, tantôt il propose d’entasser dans les villes de la zone interdite les milliers de tonnes de gravats et de sols radioactifs dont on ne sait que faire. Le maire ne croit à aucune des deux solutions : comment vivre dans une ville où seuls certains quartiers seraient accessibles ? D’ailleurs, vu les taux de contamination et la quantité de césium répandu partout, il ne peut en être question avant de longues années.

Quant à faire de sa ville un dépotoir nucléaire, il ne se fait pas à l’idée : dans la ville haute, leurs maisons sont encore debout, bien qu’inhabitables. En attendant, le gouvernement tente de disperser les gravats, le bois et les sols radioactifs chargés de césium à travers le pays soit pour les incinérer soit pour les entreposer sous des bâches lorsque le taux de radioactivité est trop important pour envisager l’incinération.

Ce qui révolte le maire : en agissant ainsi, la radioactivité et la contamination s’étendent à tout le pays. Les nouvelles lui donnent raison : certains plats traditionnels d’Okinawa, à l’autre bout du Japon, viennent d’être interdits à la vente ; l’eau utilisée dans leur composition a été filtrée avec du charbon de bois préparé à partir d’arbres de Fukushima : elle est dangereusement radioactive.

Pendant ce temps, les responsables espèrent pouvoir démanteler la centrale dans les quarante ans ; 257 tonnes de combustible dans les trois réacteurs et près de 2 000 tonnes de combustible usé dans les sept piscines de confinement doivent être arrosés sans arrêt.

Les conteneurs dans lesquels on conserve l’eau fortement radioactive qui résulte de ces opérations sont pleins et doivent être déplacés mais aucune entreprise ne veut se charger de ce sale boulot.

Monsieur le maire, nous ne sommes pas au bout de nos peines....

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  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 18h25 le 25/02/2012
    • Internaute 5159
      Chroniqueur Grolandais

    Pour en avoir discuté avec un ami qui se trouve actuellement au Japon, le gouvernement japonais et l’entreprise TEPCO sont soit dépassés, soit incompétents vis à vis des évènements, ils se rejettent mutuellement les responsabilités car derrière tout cela se trouvent d’une part les réparations et d’autre part les indemnisations.
    Fukushima est la première catastrophe de grande ampleur qui frappe un pays aux normes « occidentales » en matière de protection et de sécurité de la population. Si l’on reprend, Tchernobyl en 1986 en URSS , ou en matière plus « classique » Bhopal en 1984 en Inde (Union Carbide) , celles ci concernaient des pays dont les gouvernements ne pouvaient ou ne voulaient pas mettre en œuvre les moyens nécessaires pour assurer la survie de leurs populations.
    On voit que quelque soit le système ou le type d’accident, classique ou nucléaire, les gouvernants et/ou les exploitants sont, soit incompétents, soit complètement cyniques dans le traitement des dégâts occasionnés. La seule règle étant de ’privatiser » les gains et de collectiviser les pertes.
    Comprendre le nucléaire, même quand on est nul ou pas d’accord.

    • erk 93
      erk 93 répond à padiran
      cadre ouvrier
      • Posté à 12h25 le 27/02/2012
      • 181977
        cadre ouvrier

      J’ajouterai que je ne connais pas pays, de gouvernement ou de scientifique ayant pu gérer correctement la fusion partielle ou complète d’un réacteur.
      J’en viens à croire que personne ne le sait.
      On sait construire, on sait exploiter, entretenir mais on ne sait pas démonter un réacteur, on ne sait pas isoler les radiations, ni gérer les déchets, on ne connait que mal les effets et conséquences sur le long terme. (le seul laboratoire sur ce sujet à long terme - c’est les americaines sur nagasaki et hiroshima)

      Mai notre gouvernement sait que c’est moins cher (si, si ! ! !), fiable, développement durable (bien sur !).
      Et AREVA assurait recycler 95% des matières avant le reportage d’ARTE qui montrait que 90% était stockés (vitrifié comme l’amiante) et 5% recyclé sous forme de gaz enrichi. Du coup AREVA a arrété sa communication sur ce thème.
      Et après certain nous diront que la vérité se trouve sur les sites web officiels ou non ! ! ! Selon moi, a vérité est totalement inconnu par les personnes en charge !

      Pour mémoire, le japon est connu pour son traitement et sa connaissance de l’iradiation dans le monde ! ! alors en france, imaginez le résultat face à une crise !

      Mais le nucléaire est sur en france pas de soucis, tellement sur qu’aucune assurance ne le prendra sous contrat.

      • newsome
        newsome répond à erk 93
        • Posté à 13h53 le 27/02/2012
        • Internaute 93179

        Three Mile Island, c’est un fusion partielle du coeur, cf. wikipédia. Et ça a été parfaitement géré : aucune conséquence autre qu’économique.

        L’uranium recyclé n’est pas vitrifié. On ne vitrifie que les déchêts hautement radioactifs. Et l’uranium n’est que faiblement radioactif.
        La prmière fois qu’Arte a montré quoique que ce soit de fiable en matière industrialo-scientifique, ça remonte à loin !

      • padiran
        padiran répond à erk 93
        Chroniqueur Grolandais
        • Posté à 13h54 le 27/02/2012
        • Internaute 5159
          Chroniqueur Grolandais

        D’après vos tournures de phrases, je subodore que vous êtes d’origine anglo- saxonne. Comme j’ai l’habitude de le dire sur ce forum, j’ai travaillé pendant 36 ans dans l’industrie nucléaire et je reconnais que celle ci ne peut être confondue avec une industrie classique. Deux obstacles sont incompatibles avec cette industrie, la certitude et la cupidité de l’actionnaire.
        Le nucléaire en France a toujours été pensé, imaginé, piloté puis exploité par l’élite de notre pays, d’abord avec le nucléaire militaire puis civile, polytechniciens, X Mines, centraliens,.... qui ont confisqué le débat de part la porosité entre les milieux politiques et industrielles, les contre-pouvoirs nécessaires dans une démocratie ont été minimisés voir éliminés. Nous avons en France la « chance » d’avoir encore (pour combien de temps ?) une industrie nucléaire dont le capital est à majorité publique. Il ne faut jamais sacrifié la sécurité et la sureté des personnels et des populations à la cupidité des actionnaires.
        Le nucléaire est une industrie « à risques » au même titre que le biologique, le chimique,..... et que dans tous ces domaines la certitude et la cupidité sont des sources potentielles de danger.

         
        • erk 93
          erk 93 répond à padiran
          cadre ouvrier
          • Posté à 14h14 le 27/02/2012
          • 181977
            cadre ouvrier

          Merci Padiran pour ce témoignage. J’ajouterai qu’il me semble qu’AREVA a privatisé une partie de son capital l’année dernière. Donc le risque augmentera avec la cupidité.
          Newsome sais tout, sans faille.
          C’est un puit de science, mais quand on est dans un puit la lumière est rare...
          Et quand vous citez wikipedia, lisez les 5 premières lignes ça m’évitera un copier coller épuisant :

          « L’industrie nucléaire affirme que cet accident n’a provoqué ni décès, ni blessures ou effets néfastes sur la santé de l’accident, un rapport de l’Université de Columbia soutient cette conclusion[réf. souhaitée]. Une autre étude réalisée par Steven Escadre de l’Université de Caroline du Nord a constaté que le cancer du poumon et les taux de leucémie ont été de 2 à 10 fois plus élevé après l’accident[réf. souhaitée]. Le Radiation and Public Health Project fait état d’une augmentation des taux de mortalité infantile dans les collectivités situées en aval, deux ans après l’accident[réf. souhaitée]. »

          MMais l’industrie du nucléaire doit avoir raison vu que ce sont les seules à maitriser les données concernant le nucléaire et ses dangers.

          Quaoi qu il en soit, depuis que l’Europe impose de nouvelle source d’énergie durable, on trouve de nouvelles technologies, que s’est il donc passer ces 50 dernières années.... Ah oui le nucléaire recherche&developpement !

          • padiran
            padiran répond à erk 93
            Chroniqueur Grolandais
            • Posté à 14h40 le 27/02/2012
            • Internaute 5159
              Chroniqueur Grolandais

            Le capital d’Areva est détenu à 80% par l’État français et la seule évolution envisagée était de mémoire la prise de participation d’EDF dans celui ci pour des raisons de stratégie industrielle. EDF étant détenu majoritairement par l’État, cela ne changerait rien quant à son ouverture vers le privé.
            Quant aux incidences « morbides » des industries du nucléaire, cela me rappel le rapport de J.F. VIEL sur les leucémies dans la Hague Polémiques sur les leucémies de La Hague, puis la mise en place d’un registre des cancers.Registre des Cancers de la Manche.

        2 autres commentaires
  • karlM
    karlM
    Précaire
    • Posté à 18h43 le 25/02/2012
    • Internaute 21378
      Précaire

    et Besson qui revient rassuré de Fukushima....
    alors que par chance les vents ont poussés 80% des rejets vers l’océan, que sur cinq réacteurs seulement deux étaient en fonctionnement le jours du tremblement de terre, qu’on ne sait pas si le Corium encore présent ne va pas fuir et que l’on ne comprend pas pourquoi un réacteur à l’arrêt à explosé.

    Statistiquement le prochain qui saute est pour nous ! Mais comme dit Sarko, faut protéger les emplois.

  • hans lefebvre
    • Posté à 19h36 le 25/02/2012
    • Internaute 41303

    La vie sans le nucléaire, c’est évidemment possible !
    NeGawatt
    jeboycotte.org

  • aa77
    aa77
    Bâti
    • Posté à 20h05 le 25/02/2012
    • Internaute 49074
      Bâti

    enfin pour des parlementaires, des sujets qui ne touchent pas seulement les français de l’étranger mais des choses qui peuvent avoir des incidences chez nous, même si loin !
    pour un exercice de campagne, c’est un très bon et intelligent message

  • anini
    anini
    terrienne de souche !
    • Posté à 20h40 le 25/02/2012
    • Internaute 51759
      terrienne de souche !

    Comme a dit le Président ce matin aux agriculteurs , l’environnement , ça commence à bien faire !
    Quelle honte d’avoir un tel représentant dans notre pays !

    • Auroralucie
      Auroralucie répond à anini
      Collectionneuse de rognures d' (...)
      • Posté à 11h39 le 26/02/2012
      • Internaute 124160
        Collectionneuse de rognures d' (...)

      Et il ose dire ça à des gens qui travaillent la terre. Même si ceux là fonctionnent au round-up et aux OGM, ce type de déclaration reste maladroite et méprisante.
      Enfin, je ne m’insurge pas, car cela est logique de la part de Sarkozy, une personne aussi grossière et vénale.

      • newsome
        newsome répond à Auroralucie
        • Posté à 04h01 le 27/02/2012
        • Internaute 93179

        Euh... C’est pas Sarkozy qu’a interdit les OGM ?

         
        • erk 93
          erk 93 répond à newsome
          cadre ouvrier
          • Posté à 11h43 le 27/02/2012
          • 181977
            cadre ouvrier

          pas du tout, Sarkozy a fait voter le fait qu’à moins de 5% d’OGM dans la matières premières, il n’y en a pas (pas d’affichage particulier). Sarkozy grand défenseur de l’intéret général et du consomateur : c’est de la science fiction !

          Souvenez vous , JL Borloo en ministre de l’environement, NKM dans l’hémicycle, mais borloo au bar de l’assemblée qui ne votera pas.
          Etonnant que des OGM stériles puissent polluer d’autre plante et culture.
          Le hasard ou une démarche de MONSANTO ?
          Au fait si vous souhaitez des arguments pro OGM allez sur leur site, c’est lemonde des bisounours (c’est le AREVA des OGM !).

          Petit souvenir de monsanto :
          Agent orange diffusé sur toute l’Asie du sud est
          Pyralène : magnifique invention que l’on trouve dans les transformateurs (trés polluants et dangereux)
          Et bien d’autres sans aucun doute

          • newsome
            newsome répond à erk 93
            • Posté à 13h40 le 27/02/2012
            • Internaute 93179

            Il y a eu une décision d’interdiction de culture des OGM en France et c’est Sarkozy qui l’a prise. On peut ajouter qu’à l’UMP, ce sont les plus réacs qui ont oeuvré pour : Grosdidier, Vanneste. Cf. cet article de Yann Kindo :
             » 23 députés de la célèbre officine moscoutaire UMP (Union Marxiste pour le Prolétariat ?) étaient des partisans déclarés d’un moratoire sur les OGM [...]. Parmi eux, notons la présence du fameux autant que délicieux Christian Vanneste, qui a eu son heure de gloire homophobe en expliquant que l’« homosexualité est inférieure à l’hétérosexualité ». On l’entend d’ici penser un truc du genre : « Les OGM, c’est comme les pédés, c’est pas naturel ! ». »

            J’en tire la conclusion que le fameux combat contre les OGM que ses promoteurs présentent comme le fer de lance de je ne sais quelle mobilisation citoyenne, n’a en fait rien de particulièrement révolutionnaire.

            Pour votre gouverne : les OGM ne sont pas stériles !

            Et, en vrac :
            - Le pyralène est faiblement cancérigène. Si on l’a interdit, c’est en vertu du principe de précaution. Le pyralène est de la même famille que les dioxines, souvent présentées comme des produits diaboliques. En fait, le principal problème soulevé par les dioxines, c’est la catastrophe Seveso, qui s’est avérée être un flop complet en matière de catastophe sanitaire, cf. wikipédia : « La seule victime indirecte fut le directeur de l’usine qui a été assassiné par les Brigades rouges. »
            - Les OGM, c’est pas uniquement Monsanto : y a aussi par exemple, l’INRA, en France, qui en développe. Récemment le Brésil, ce pays éminemment ultralibéral, dirigé par une héritière de Luis Ignacio Silva, a mis sur le marché un haricot OGM entièrement élaboré par la recherche publique brésilienne.

            • erk 93
              erk 93 répond à newsome
              cadre ouvrier
              • Posté à 14h32 le 27/02/2012
              • 181977
                cadre ouvrier

              Pas stériles. Allez expliquer cela aux agriculteurs indiens sous contrats avec Monsanto(grace à son gouvernement qui a entrepris une politique alimentaire avec l’aide de Monsantto). Tous les ans racheter des graines et de l’engrais. Une spirale de dette sans fin ! !

              Quand à la loi francaise : interdiction sans obligation de déclarer à moins de 5%...
              Le débat sur les OGM est bien sur lié à la qualité du produit pour le consommateur mais surtout pour l indépendance du producteur qui ne peut librement utiliser des graines et engrais sous licence systématique.
              Ton argumentaire sur les députés est hors sujet. Du prêt à voter de toute façon fourni par un intermédiaire motivé.
              Effectivement l état à décide d en faire aussi en France ( de la recherche uniquement mais le débat portait sur les conditions de recherche : plein air ou isolé). Monsanto, lui, veut le mettre sur le marche en Europe.
              Il ne s agit pas de révolution mais de garder le contrôle sur la qualité de nos aliments ! Un minimum je pense !
              Ce n est ni une action de réac, de je ne sais quoi : c est de l évidence. ! !

              Bien sur le pyralene c est du pipi de chat. C est le retraitement, non prévu, qui a pollue l environnement pendant 20 ans. L amiante aussi, pas de soucis, pas de drame. Sous contrôle... Les farines animales, pareil... etc....
              Continuez à lire wikipedia et à manger des OGM, d’ailleur en mangez vous ? Tous au moins, savez que vous en manger ?

              Difficile, les produits transformés ne font pas apparaitre d’OGM sur la boite ! ! !

              • newsome
                newsome répond à erk 93
                • Posté à 14h47 le 27/02/2012
                • Internaute 93179

                C’est Sarkozy qui a interdit les OGM en France. Que vous ne vouliez pas l’accepter, ne change rien à l’affaire. Et c’est ce que je rappelais à l’intervenante précédente, qui, elle, trouvera peut-être qu’il y a là matière à reviser son jugement.

                Quant aux agriculteurs indiens, ils n’ont pas besoin de mes conseils. Et encore moins des vôtres, qui sont simplement contraire à la plus basique des observations qu’ils peuvent faire dans leur travail quotidien : les OGM ne sont pas stériles !

                Agriculteurs indiens qui, au passage, ont adopté le coton Bt à plus de 90% ! !

                Mon argumentaire sur les députés... a tout de même réussi à vous faire bafouiller : qu’est-ce que peut bien vouloir dire « Du prêt à voter de toute façon fourni par un intermédiaire motivé » ? ! Vous pouvez me la refaire ! En langage non codé...

                Et j’en ai marre de ces types, révolutionnaires ou pas, qui n’ont d’autre ambition dans la vie que d’éviter le cancer !

        4 autres commentaires
  • caro
    caro
    délinquante avérée
    • Posté à 10h43 le 26/02/2012
    • Internaute 6484
      délinquante avérée

    y’a juste eu un p’tit accident dans une centrale nucléaire qui va bientôt empoisonner tout le pays
    « Mais à part ça, madame la marquise, tout va très bien, tout va très bien ... »

  • Bernardo Zorro
    Bernardo Zorro
    Il était une fois dans le Sud- (...)
    • Posté à 10h50 le 26/02/2012
    • 176980
      Il était une fois dans le Sud- (...)

    Excellent article, témoignage indispensable de cette catastrophe qui pollue un peu plus chaque jour et pour des milliers d’années notre planète.

    Par contre il est certainement beaucoup trop tôt pour parler de démantèlement étant donné que rien ne fonctionne et qu’ils ne « savent » pas du tout ce qu’il se passe en dessous de la centrale, ils n’ont aucune information comment osent ils parler de démantèlement ? Quel foutage de gueule !

  • Auroralucie
    Auroralucie
    Collectionneuse de rognures d' (...)
    • Posté à 11h31 le 26/02/2012
    • Internaute 124160
      Collectionneuse de rognures d' (...)

    Je pense que cela fait longtemps que nos dirigeants savent le danger du nucléaire, Sarkozy notamment, mais c’est un tel lobby et une telle source financière, que, malgré la possibilité et viabilité d’autres énergies (sans s’éclairer à la bougie, n’en déplaise aux ardents défenseurs du nucléaire), ils continuent à faire des bénéfices avec cette énergie dangereuse, en occultant médiatiquement et politiquement les risques.
    L’argent au détriment du vivant.
    Pour preuve en est : Tepco et le gouvernement japonais n’assument pas cette responsabilité et laissent ces pauvres gens dans une situation médicale et sanitaire dramatique.

    Suite à la catastrophe de Tchernobyl, nombreux enfants sont nés en état morbide (monstres : termes utilisé dans le domaine de la tératologie), leucémies....

    Le fait de vivre près d’un centrale « en bon état » de marche, peut provoquer certaine problèmes de santé. Vivre son enfance à 40 KM d’une centrale, et à 14 ans, on détecte des nodules thyroïdiens, qui, aujourd’hui (à 38 ans) sont si gros d’un côté qu’il n’y a que la moitié de la thyroïde qui travaille, avec la possibilité qu’ils deviennent chauds, en l’occurrence qu’une tumeur maligne se greffe dessus.

    Tant qu’il n’y aura pas d’opposition très ferme ( !) de la part des peuples, nous aurons toujours le risque majeur d’un accident radioactif. la France ayant de nombreuses centrales nucléaire sur l’hexagone, je laisse imaginer la potentialité d’un drame....
    Mais nos politiques français continuent à dire que tout va bien du point de vue nucléaire, qu’à Fukushima rien n’est alarmant, et Sarkozy de dire que environnement prend trop de place !

    • newsome
      newsome répond à Auroralucie
      • Posté à 04h38 le 27/02/2012
      • Internaute 93179

      Des malformations, il y en a partout. A Fukushima, à Tchernobyl, mais aussi dans des régions éloignées de toute activité nucléaire (éloignées dans l’espace... et aussi dans le temps : on a retrouvé des cas de malformation sur des momies égyptiennes). Pour affirmer que le nucléaire est responsable de malformations, il faut non seulement montrer qu’il y a des malformations autour des sites nucléaires (ce que vous ne faites déjà pas : vous montrez des photos qui ont très bien pu être prises n’importe où), mais aussi qu’il y en a plus qu’ailleurs.

      Par ailleurs, s’il est possible que l’irradiation du foetus dans le ventre de la mère puisse engendrer des malformations (les autorités soviétiques ont à l’époque de la catastrophe de Tchernobyl, recommandé l’avortement), on sait que les rayonnements ne provoquent pas de malformations héréditaires, càd de malformations qui résulteraient de mutations génétiques chez les cellules germinales des parents (suite à une irradiation) transmises ensuite à leur descendance. C’est la conclusion qu’ont tirée les épidémiologistes de l’étude d’Hiroshima et de Tchernobyl, mais aussi de l’étude de la descendance des patients soumis à des radiothérapies. Cf. par ex., cette étude de la société américaine d’oncologie :
       » Our findings offer strong evidence that the children of cancer survivors are not at significantly increased risk for congenital anomalies stemming from their parent’s exposure to mutagenic cancer treatments. « 

      A Fukushima, dans la mesure où les autorités japonaises ont pris les décisions d’évacuation qui convenaient, il n’y a pas eu d’irradiation importante de la population, il n’y aura donc pas de surcroît de cancers, leucémies. En tout cas pas de surcroît dû aux radiations proprement dites, hors considération de stress dû à l’évacuation et au déracinement qui l’accompagne.

  • boboland
    boboland
    ex-o'placard
    • Posté à 13h49 le 26/02/2012
    • Internaute 104841
      ex-o'placard

    « Fukushima est la première catastrophe de grande ampleur.. »
    oui, catastrophe matérielle, industrielle, écologique, humaine par les déplacements de population. Mais il n’y a pas eu de mort, ni dans la population ni chez les ouvriers, ni chez ceux qui sont intervenus.
    Je dis ça non pour minimiser l’événement mais surtout parce que j’ai bien peur (et je prévois) que dans quelques années il y ait une confusion entre le nombre de morts liés au tsunami et l’explosion de la centrale.
    Il y a un ou deux samedi,en fin de matinée, Voynet interviewée (et stressée++)par El Kabhach sur Europe 1 en évoquant une manif anti nucleaire au Japon a dit « .....Fukushima qui a fait 19000 morts... » C’est un lapsus bien sûr, pas forcement « significatif » ; -) mais plus vraisemblablement sous la pression.
    (Tchernobyl et Bhopal sont des catastrophes qui ont fait de morts. Dans mon esprit le mot catastrophe sous entend des morts, mais pas dans le dico c’est vrai.)

    • udon
      udon répond à boboland
      cool
      • Posté à 01h12 le 27/02/2012
      • 182238
        cool

      Bonjour. Je suis actuellement au japon je m’intéresse d’autant plus à Fukushima. Je me permets de vous dire qu’il y a des décès dans la population active à hiroshima.
      je vous mets les liens source
      Lien
      Ainsi que des « disparus »
      Lien
      Merci à cet excellent blog d’essayer tous les jours de mettre de la clarté dans les évènements et les rumeurs.
      Et pour comprendre le japon et son fonctionnement, vous pouvez aller faire un tour sur cet excellent blog
      Lien
      Sur l’article « la honte et le paradoxe », mais heureusement le japon ne se résume pas qu’à ça.
      Le 11 mars, date anniversaire du tsunami, manifestations à travers tout le japon en soutien aux japonais et contre le nucléaire

      • newsome
        newsome répond à udon
        • Posté à 14h00 le 27/02/2012
        • Internaute 93179

        Extrait du lien que vous donnez : « A disaster-related death certificate is issued when a death is not directly caused by a tragedy, but by fatigue or the aggravation of a chronic disease due to the disaster. »
        => Il y a donc une imposture à appeler ça des morts dues au nucléaire.

  • Karavi
    Karavi
    imaginatrice
    • Posté à 15h14 le 26/02/2012
    • Internaute 113192
      imaginatrice

    Je la remets.
    La colère exprimée en musique dans cette vidéo traduite en français.
    À regarder jusqu’à la fin.
    Super ! Rien à rajouter.

  • Tariec
    Tariec
    « Radio Paris ment », « Radio (...)
    • Posté à 15h53 le 26/02/2012
    • Internaute 37287
      « Radio Paris ment », « Radio (...)

    Tiens surprenant, Boultor s’est pas encore pointé pour fustiger ces anti-nuc japonais angélistes et bisounours qui voient le mal partout.

    Bref, c’est une catastrophe dont on ne connait pas encore les retombés.
    Tant qu’ils ne mettront pas le nez dans les réacteurs...ou ce qu’il en reste, on ne saura pas.
    Il y a même un doute sur un des réacteurs quant au Corium qui pourrait continuer à s’enfoncer dans la chappe de beton, voire l’avoir déja transpercé, aprés ben on sait qu’il ne faut surtout pas que ça arrive. Car à Tchernobyl, il avait fallu creuser sous le réacteur pour betonner et éviter le pire..des centaines de morts qui se sont sacrifiés !

    Le seul truc de certains : rien que le fait que la com des professionnels du nucléaire soit pervertie démontre qu’il faut changer tout ce souk, et vite avant qu’une partie de la france ne soit plus habitable le jour où ça arrivera ici !

  • alaixih
    • Posté à 22h53 le 26/02/2012
    • Internaute 19775

    Ca fait peur.
    Autant d’irresponsabilité pour une industrie de pointe comme celle-ci démontre une chose....
    Cette énergie est bien la plus dangereuse au monde.
    En espérant que nous n’aurons pas l’occasion d’expérimenter un accident nucléaire en France.

  • lebondoscié
    lebondoscié
    Clair-obscurantiste
    • Posté à 10h05 le 27/02/2012
    • Internaute 150550
      Clair-obscurantiste

    Quarante ans de démantellement une fois les unités refroidies, un abandon total de soutien du gouvernement et des exploitants, de quoi construire une belle télé-réalité, une série genre « Un village Japonais » sur sept générations par exemple.

    Qui mourra en silence pour combien et payé par qui, qui couchera avec qui irradié ou non, les enfants à naître souffriront-ils de troubles du corps et de l’esprit, du systême nerveux, quelle sera l’espérance de vie des héroïques parents, comment évolueront les esprits saturés de propagande au fil des années. Comment l’occupation radionucléaire finira-t-elle par être admise et mise en valeur, muséïfiée pourquoi pas. Mais non je dis n’importe quoi.

    Est-ce que dis n’importe quoi ?

  • Janick MAGNE
    Janick MAGNE
    Expatriée française au Japon
    • Posté à 16h49 le 27/02/2012
    • Internaute 104117
      Expatriée française au Japon

    Bonjour et merci à ceux et celles qui ont lu mon témoignage. Je me suis engagée auprès du maire de FUTABA et des amis que j’ai dans cette ville aujourd’hui désertée à transmettre leur message et à parler de ce qui se passe au Japon à cause du lobby nucléaire.
    J’ai signalé à la rédaction 2 erreurs malencontreuses dans la présentation de mon texte (mais à l’heure où j’écris il n’y a pas encore eu de correction) : 1) le titre est inexact, il aurait fallu écrire : « LOIN de Fukushima, UN LYCEE DESAFFECTE leur sert toujours de refuge » et 2) les commentaires que j’avais préparés pour mes photos sont sensiblement différents :
    A) Un papy de 80 ANS près du kotatsu, dans une salle commune DU REFUGE (LYCEE DE LA BANLIEUE DE TOKYO)
    B) Les affaires des réfugiés, dans une salle commune DU REFUGE (LYCEE DE LA BANLIEUE DE TOKYO)
    De Tokyo, cordialement.
    Janick MAGNE (alias CinnamonJapan)
    (Version longue de ce texte sur mon blog et mon site.)

    • Bernardo Zorro
      Bernardo Zorro répond à Janick MAGNE
      Il était une fois dans le Sud- (...)
      • Posté à 14h03 le 28/02/2012
      • 176980
        Il était une fois dans le Sud- (...)

      merci pour votre témoignage indispensable.