à lire sur Blog de Laurent Borredon 15/02/2012 à 08h34

Délinquance étrangère : le constat de l'Observatoire de la délinquance

Il y a les chiffres, bruts, qui paraissent sans appel : entre 2006 et 2011, la part des étrangers parmi les mis en cause pour atteintes aux biens (vols et cambriolages) par la police ou la gendarmerie est passée de 12,8% à 17,3%.

Ces statistiques sont issues du dernier « Grand Angle » de l’Observatoire national de la délinquance et de la réponse pénale (ONDRP), publié mercredi 15 février, et consacré aux « Français et étrangers mis en cause par la police et la gendarmerie ».

Et puis il y a les précautions d’usage, peut-être encore plus nombreuses qu’à l’habitude.

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  • unagi-
    unagi-
    卑語
    • Posté à 10h06 le 15/02/2012
    • Internaute 24252
      卑語

    On peut comprendre les précaution d’usage supérieure à l’habitude : i « N’importe qui peut faire dire n’importe quoi aux chiffres, avait ainsi expliqué à TF1 Alain Bauer président de l’ONDRP, dont le coeur de métier est précisément le recueil et l’analyse statistiques des données policières.
    Les statistiques délivrées sont tout sauf sans appel comme tous les chiffres sur la délinquance livrés par le gouvernement depuis le début.
    Il y a une malhonnèteté dans le résumé que vous faites du blog qui dit à peu près l’inverse.

    Du côté de la justice

    Intéressons-nous aussi aux statistiques judiciaires, qui confirment que la structure de la délinquance des étrangers est globalement similaire à celle des nationaux. Toutefois, elles indiquent aussi que les étrangers sont plus lourdement sanctionnés que les nationaux, notamment plus souvent condamnés à des peines de prison, avec moins de sursis et des peines plus longues.
    les étrangers sont donc particulièrement visibles dans le système pénal, davantage que ce que leur poids véritable dans les délinquances (qui reste à étudier sérieusement) justifierait. Utiliser des statistiques produites par le système pénal sans donner tous les éléments d’explication et d’interprétation que l’on vient de rappeler revient ainsi à faire un aveu : le but n’est pas de mesurer objectivement la part des personnes de nationalité étrangère dans les différentes délinquances, il est simplement de faire de la politique politicienne avec ce sujet.

    Des consignes politiques et des pratiques policières qui ciblent les étrangers

    Lorsque l’on connaît la matière, il est amusant de lire que le ministre a fait faire de “ nouvelles études ” à l’ONDRP, dont “ les conclusions arrivent peu à peu ”. En réalité, la seule et unique donnée utilisée par l’ONDRP (voir sa publication précédente sur le sujet) et par le ministre est toujours la même depuis le début des années 1970 : c’est le comptage des personnes “ mises en cause ” par les policiers et les gendarmes dans leurs enquêtes, qui a toujours donné trois informations de base : s’agit-il d’un homme ou d’une femme, d’un mineur ou d’un majeur, d’un Français ou d’un étranger. Comment faire du neuf avec de l’ancien... Et les problèmes d’interprétation de cette donnée policière sont également toujours les mêmes, rappelés par les chercheurs depuis bien longtemps.

    Pour commencer, les “ mises en cause ” policières dépendent en amont de l’élucidation des affaires. Or la majorité des faits constatés ne sont pas élucidés et les taux d’élucidation sont de surcroît extrêmement variables selon les types d’infractions. En outre, l’élucidation dépend en amont des plaintes mais aussi des initiatives policières, en particulier les contrôles sur la voie publique. Or, c’est un fait que ces contrôles ciblent les étrangers en raison principalement de la couleur de la peau. C’est ce que l’on appelle couramment en France les “ contrôles au faciès ” et, à l’étranger, le “ profilage ethnique ”. Cette pratique s’est certainement encore renforcée ces dernières années, pour deux raisons. La première est que, depuis 2002, l’arrestation d’étrangers en situation irrégulière est l’un des moyens qu’ont trouvé les policiers et gendarmes pour répondre à l’injonction politique d’augmentation de leurs taux d’élucidation. La seconde est que, depuis 2007 et la création du ministère de l’Immigration, le gouvernement français a décidé d’organiser une “ chasse ” aux étrangers irréguliers, avec des quotas statistiques imposés aux policiers et aux gendarmes afin de “ faire du chiffre ” dans ce domaine également

    Quant à l’ampleur de ces discriminations dans les contrôles de police, elle commence à être connue. A l’initiative d’une fondation américaine, une équipe de chercheurs français a pour la première fois, en 2008, testé scientifiquement l’existence de contrôles au faciès.
    les résultats sont sans appel : le fait d’avoir la peau noire entraîne un risque d’être contrôlé 3 à 11 fois supérieur selon les sites, et le fait d’avoir le type Maghrébin un risque 2 à 15 fois supérieur selon les sites étudiés.

    Un poids global qui diminue au fil des ans

    Pour toutes ces raisons, l’on ne peut en aucun cas considérer que les personnes mises en cause par la police constituent un échantillon représentatif de la délinquance constatée, a fortiori de la délinquance réelle. En outre, lorsque l’on raisonne sur la part des étrangers parmi ces personnes mises en cause, il faut prendre en compte le fait que certaines infractions concernent par définition les étrangers. Ce sont ce que l’on peut appeler la “ délinquance administrative ”, constituée par les infractions à la police des étrangers, mais aussi les délits de faux documents d’identité et autres documents administratifs ainsi que le délit de travail clandestin. Pour calculer un taux d’étrangers parmi les mises en cause policières, il faut donc les soustraire.

    Enfin, il faut avoir à l’esprit le fait que les étrangers mis en cause ne sont pas nécessairement des personnes résidant sur le territoire national. D’abord, la France est un pays carrefour pour la circulation des personnes et des marchandises ainsi qu’une des trois premières destinations touristiques dans le monde. Ensuite, certaines délinquances (trafic de drogue, proxénétisme...) sont par définition transfrontalières et certains ressortissants étrangers peuvent donc être arrêtés pour des délits commis en France lors même qu’ils n’y résident pas.

    Tenant compte de tous ces biais, qu’en est-il de la délinquance des étrangers et de son évolution ces dernières décennies selon les statistiques de police ? Les atteintes aux biens sont stables sur l’ensemble de la période, de même que les infractions économiques et financières. Seules augmentent, surtout depuis le milieu des années 1990, les atteintes aux personnes. Mais ceci n’est pas propre aux étrangers, c’est le mouvement général qui concerne tout autant les nationaux.

    En termes d’évolution, la part de la délinquance des étrangers dans les statistiques de police n’a cessé de diminuer d’environ 14 % des personnes poursuivies à la fin des années 1970 à environ 10 % de nos jours. A quelques rares exceptions près, comme les vols à l’étalage (délinquance des pauvres par excellence), la part des étrangers parmi les personnes mises en cause a baissé en trente ans dans quasiment toutes les catégories d’infraction. Ceci dément radicalement l’affirmation (volontairement floue) de Claude Guéant selon laquelle “ il y a une augmentation ”.

  • unagi-
    unagi-
    卑語
    • Posté à 09h34 le 15/02/2012
    • Internaute 24252
      卑語

    Interrogé par OWNI sur la politique du chiffre, décriée depuis des années, Alain Bauer est des plus clairs : « la politique du chiffre n’a aucun intérêt : ce qui compte c’est la performance et le résultat. L’objectif n’est pas de faire des croix, et je ne considère pas que les fumeurs de shit valent un assassin“.

    ‘N’importe qui peut faire dire n’importe quoi aux chiffres, avait ainsi expliqué à TF1 Alain Bauer qui, en tant que président de l’ONDRP, dont le coeur de métier est précisément le recueil et l’analyse statistiques des données policières, sait de quoi il parle :

    Politiciens et journalistes sont complices d’un processus de simplification qui conduit à de la désinformation. Ils adorent n’avoir qu’un chiffre à communiquer, qui monte ou qui baisse. Le problème est qu’un vol de chewing-gum, qui vaut 1″ en statistique, n’est pas égal à un homicide qui, pourtant, vaut également 1″.

    Alain Bauer expliquait ainsi qu’’en matière de délinquance, il existe trois catégories d’infractions, et trois seulement : les atteintes aux biens (vol de voiture, de téléphone etc…), les atteintes aux personnes ( vol avec agression, coups, viol, homicide…) et les escroqueries économiques et financières (chèque volé, vol de carte de crédit…) (qui) ne peuvent pas se cumuler” :

    Donc, le principe de délinquance générale, même s’il est systématiquement utilisé, n’a jamais rien voulu dire. La gauche a eu le malheur de connaître une forte progression et même le plus haut taux historique jamais enregistré en matière de criminalité, en 2001, avec 4,1 millions de crimes et délits. Ensuite ce chiffre est redescendu, mais ce chiffre global n’a aucune signification réelle. En revanche, on peut dire que pour les atteintes aux personnes, gauche ou droite, le résultat est marqué par une forte progression des violences.

    En janvier dernier, Brice Hortefeux n’en était pas moins venu présenter sur TF1 le bilan chiffré de la lutte contre l’insécurité, graphique statistique à l’appui, montrant une hausse de 17,8% de la “délinquance globale” de 1996 à 2002, suivi d’une baisse de 16,2% depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy au poste de ministère de l’Intérieur :

    • miles.v
      miles.v répond à unagi-
      Matheux
      • Posté à 16h10 le 15/02/2012
      • Internaute 80105
        Matheux

      Sur le pic de la délinquance générale en 2001, on peut penser qu’il est dû pour une part non négligeable à la création de la police de proximité car elle facilitait le dépôt de plainte pour les « petits » délits. Tout le contraire de la politique actuelle, qui consiste à préférer les mains courantes, pas comptées dans les statistiques, et c’est sans parler des diminutions d’effectifs qui augmentent les temps d’attentes ou les distances pour pouvoir déposer plainte.

  • unagi-
    unagi-
    卑語
    • Posté à 09h38 le 15/02/2012
    • Internaute 24252
      卑語

    La lutte irrationnelle contre la délinquance
    Le 29 décembre 2011 Denis Colombi (Une heure de peine)

    En cette période pré-électorale, le ministre de l’Intérieur Claude Guéant cible la délinquance des étrangers. Problème, son raisonnement ne tient pas debout. La preuve par A + B grâce au sociologue Denis Colombi.

    Comme on ne change pas une recette qui marche, le ministre de l’Intérieur Claude Guéant refait le coup du mélange « insécurité » et « identité nationale », à quelques mois de la présidentielle. Sur son blog, l’économiste Olivier Bouba-Olga se demande pourquoi s’en prendre spécifiquement à la délinquance étrangère alors que la délinquance bien de chez nous est proportionnellement plus forte

    À la recherche de la nationalité de la délinquance

    On pourrait cependant dire qu’il faut tenir compte que les deux populations ne sont pas également nombreuses et se demander si l’on a plus de chances de devenir délinquant lorsque l’on est étranger que l’on est français. Mais là encore ce serait insuffisant : en effet, il est possible que le groupe des étrangers soit plus souvent délinquant non pas du fait de la caractéristique « étranger » mais d’autres caractéristiques comme la richesse économique, le lieu d’habitation, le niveau de diplôme, etc. Il faudrait alors mener un raisonnement toutes choses égales par ailleurs pour vérifier si, effectivement, le fait d’être étranger a un effet propre, indépendant des autres variables, sur la délinquance des individus. Et encore : il faudrait se poser la question du recueil des données, dans la mesure où il n’est pas impossible que l’activité de la police soit plus forte sur le groupe des étrangers que sur celui des français…

    Une absurdité exemplaire

    Pour le comprendre, prenons un exemple simple. Supposons que, considérant que les femmes conduisent globalement mieux que les hommes, on décide de ne plus effectuer de contrôles routiers que sur ces derniers. Peut-être obtiendra-t-on une baisse des infractions routières chez les hommes, si ceux-ci n’ont pas une élasticité trop faible, liée par exemple au fait que leur virilité est mise en cause s’ils roulent au pas… Mais on a toutes les chances d’encourager les femmes susceptibles de commettre des infractions d’en commettre encore plus. Au final, il est fort probable que la délinquance routière chez les femmes augmente – « vas-y chérie, c’est toi qui conduit… Oui, tu as bu trois fois plus que moi, mais au moins, on se fera pas emmerder » – et compense voire dépasse la baisse du côté des hommes… Il n’en va pas autrement dans le cas des Français et des étrangers.

    Résumons : faible – voire absence de – baisse de la délinquance dans le groupe minoritaire, augmentation de la délinquance dans le groupe majoritaire… Au final, au niveau global, une augmentation de la délinquance. Comme je le disais plus haut, les conséquences d’une telle politique ne se mesurent pas seulement en termes d’inefficacité, mais aussi d’effets pervers, d’aggravation, autrement dit, de la situation de départ. Et cela, je le répète pour que les choses soient parfaitement claires, en suivant un raisonnement dans la droite ligne de celui tenu par le ministre et le gouvernement.

    Cela ne veut évidemment pas dire qu’il ne faut rien faire – je connais les trolls sur ces débats et je sais qu’il y a de fortes chances pour que l’un d’eux m’apostrophe avec des « bien-pensance » et autre « angélisme » qui ne tiennent lieu d’arguments que lorsque l’on est dans les commentaires du Figaro ou du Monde… Mais ce que montre ce raisonnement, c’est qu’il ne faut pas segmenter la justice ou l’action de la police. L’égalité de tous face à la loi n’est pas seulement une exigence éthique : c’est aussi une condition de son efficacité.

    • kiki le chien
      kiki le chien répond à unagi-
      observateur
      • Posté à 11h05 le 15/02/2012
      • Internaute 130584
        observateur

      c’est un peu court ca comme réponse !

  • Fred24
    Fred24
    Rural
    • Posté à 11h28 le 15/02/2012
    • Internaute 89386
      Rural

    Le thermomètre ne mesure que l’activité de la police...Et un grand voleur comme par exemple un ministre Mr W....vaut autant que le petit rom qui aura piqué une pomme....

  • Caniveau89
    • Posté à 11h32 le 15/02/2012
    • Internaute 26147

    Palme d’or pour les roumains !

    « le nombre de mis en cause venus de Roumanie a très fortement augmenté entre 2008 et 2010 (+144,5% pour les vols sans violences, +168,1% pour les vols avec effraction et +153% pour les vols à la tire dans la zone police). “

    Les ressortissants sont cordialement invités dans la campagne socialiste afin de montrer leur statut de victimes - statut qui explique directement leurs performances de haut vol !

    • Fred24
      Fred24 répond à Caniveau89
      Rural
      • Posté à 12h15 le 15/02/2012
      • Internaute 89386
        Rural

      Des chiffres qui ne veulent pas dire grand chose, savez de combien de % a augmenté le nombre de vol de portable depuis 1985, plusieurs milliers....Étonnant non ?

    • Autist Reading -
      Autist Reading - répond à Caniveau89
      In enculo cum vibro
      • Posté à 14h28 le 15/02/2012
      • Internaute 73535
        In enculo cum vibro

      Non, la palme d’or est pour les français, mis en cause dans 82,7% des atteintes aux biens.

      « +144,5% pour les vols sans violences »
      Les roumains ont volé 25 pommes au lieu de 10 en 2011 sur toute la France ?

      • Yvon le Zébulon
        Yvon le Zébulon répond à Autist Reading -
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
        • Posté à 15h48 le 15/02/2012
        • Internaute 65781
          L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

        Tout le monde sait bien que voler une pomme, c’est concrêt...
        ...alors qu’un sérieux détournement de fonds publics, c’est fictif !

        En tout cas, ça n’est pas fictif pour celui qui ramasse les billes.

    • yabon
      yabon répond à Caniveau89
      Klingon
      • Posté à 16h14 le 15/02/2012
      • Internaute 98602
        Klingon

      C’est ça le problème avec les civilisations latines.

  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 15h45 le 15/02/2012
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    « Il y a les chiffres, bruts, qui paraissent sans appel : entre 2006 et 2011, la part des étrangers parmi les mis en cause pour atteintes aux biens (vols et cambriolages) par la police ou la gendarmerie est passée de 12,8% à 17,3% ».

    Ce qui signifie [ entre parenthèse ] que le taux de délit ayant pour origine ou agent actif des gens bien de chez nous, se situe au bas mot à + de 80 % des méfaits enregistrés....sans compter les « passés sous silence », bien sûr.

    Comme c’est bizarre, ah oui, j’oubliais....
    Les grands délits financiers ne comptent pas ! - ils seront même dépénalisés.

    La France des petits blancs gentils qui se livrent à la « casse ».... j’y crois pas !
     ; -)