Global Voices Online 13/02/2012 à 13h06

Sénégal : Les raisons de la colère contre Abdoulaye Wade

Global Voices"

Anna Gueye


Avec la période pré-électorale mouvementée que vit le Sénégal, les Sénégalais assistent à une mise à mal progressive de la démocratie qui inquiète beaucoup d’observateurs à quelques semaines des élections présidentielles.

Rappelons qu’Abdoulaye Wade a été élu à la tête du pays en 2000 et il a décidé de se représenter pour un troisième mandat bien que cela soit interdit par la constitution. Beaucoup de Sénégalais protestent la décision de le laisser se présenter. Plusieurs facteurs inquiètent les électeurs au Sénégal.

Fatou Diop met en avant le fait que Wade est le candidat le plus âgé du monde :

Le fait est sans doute unique dans les annales de l’histoire mondiale : Me Abdoulaye Wade est candidat à l’élection présidentielle de 2012 pour un mandat de 7 ans à l’âge de …86 ans. En filigrane du débat politique actuel, se pose la question de sa succession, beaucoup le soupçonnent de vouloir un troisième mandat pour transmettre le pouvoir à son fils. »

Abdoulaye Wade, depuis son arrivée au pouvoir en 2000 manœuvre pour garder le pouvoir. Langangui revient sur le fait que Wade avait été l’homme du changement quand il a été élu. Mais ses promesses n’ont pas été tenu et le temps du changement semble bien révolu :

« Tout juste élu en 2000, animé, pensait-on de bonnes intentions il remanie la Constitution. Un nouveau texte instituant le quinquennat au lieu du septennat initial, stipulant que le mandat présidentiel “ est renouvelable une seule fois ” est adopté. Chacun avait compris que Wade serait lui-même concerné par cette disposition quoiqu’il ait été élu un an après la modification du texte constitutionnel. D’ailleurs en 2007, après sa réélection, il déclara publiquement qu’il ne se représenterait plus. »

Wade annonce en 2007 qu’il ne se représentera pas (son mauvais, désolé...)

Pourtant, Wade est revenu sur sa parole et se déclare candidat à sa succession pour 2012.

« C’était mal connaître le bonhomme. Dans l’intervalle, en 2008, il fit à nouveau modifier la Constitution pour réinstaurer le septennat renouvelable une fois (vous suivez ?), avant d’échouer l’année dernière dans une autre tentative de modification constitutionnelle qui consistait à organiser un scrutin présidentiel à un tour, dans un système de » ticket présidentiel » à l’américaine (chaque candidat aurait été affublé d’un vice-président, Wade se présentant avec son fils Karim, par exemple).

Deux mandats donc, un de sept ans et un autre de cinq qui s’achèvent, mais qu’il voudrait prolonger par un énième septennat.

Quand on rappelle au « Vieux » sa promesse de ne plus se représenter il répond « Ma Waxoon ? Waxeet » (« je l’ai dit, je me dédis ») » en wolof, la langue la plus parlée dans le pays. »

Babacar NDiaye souligne le népotisme flagrant de Wade qui positionne son fils Karim sur plusieurs postes-clés gouvernementaux.

« Le fait le plus marquant du “ règne ” de Wade est certainement la mainmise de son fils sur l’Etat. Ce même fils qui n’a jamais rendu compte sur sa gestion de l’ANOCI et qui, après sa défaite inoubliable lors des élections locales en 2009 [dans son propre bureau de vote], a été nommé au poste de Ministre d’Etat avec un portefeuille qui empiète sur d’autres ministères.

En plus d’être le ministre de la coopération internationale qui n’est rien d’autre qu’un démembrement du ministère des Affaires Etrangères, il est également le ministre de l’énergie, des transports aériens et des infrastructures. Il est ainsi à la tête d’un “ mini gouvernement ” dans le gouvernement.

Dans le pure style “ Wadien ”, il s’agissait de faire un “ pied de nez ” aux sénégalais qui ont freiné l’ascension fulgurante du “ Prince ” en quête de légitimité et de popularité. La raison évoquée par Wade sur l’attribution d’un tel “ super ministère ” à son fils est qu’il a “ une formation particulière et rare ”.

Il est diplômé de la Sorbonne en audit et management (..) C’est ce népotisme que dénonce l’opposition et la rue et qui a aussi poussé le chanteur Youssou NDour à présenter sa candidature pour l“élection présidentielle de 2012. Un acte qu’il voit comme un devoir à l‘égard de ses concitoyens.’

Fatou Diop poursuit :

‘En juin, il avait tenté un ènième tour de passe- passe : une modification qui devait permettre d’élire simultanément un président et un vice-président avec un minimum de 25% des suffrages exprimés au premier tour. Une manipulation qui a mis le feu aux poudres. De violentes émeutes éclatent à Dakar et Wade finit par retirer le projet.’

Langangui explique que Wade a mis en oeuvre beaucoup de moyens pour faire accepter sa candidature :

‘S’agissant de l’interdiction que lui fait la Constitution de se présenter à un troisième mandat il requiert à grands frais des constitutionalistes étrangers. A la question de savoir si la première élection de M. Wade, en 2000, entrait pas dans le champ de la réforme constitutionnelle, adoptée en 2001 et limitant à deux le nombre de mandats consécutifs la réponse de ces derniers fut bien entendu négative.

Pourtant cinq constitutionnalistes sénégalais - dont un membre du comité de rédaction et de la Constitution - avaient tous estimé que cette disposition devait s’appliquer au président candidat. L’esprit et la lettre de la Constitution interdisent un troisième mandat à Wade. C’est pourquoi nous devons refuser le dépôt de sa candidature ’, avait alors déclaré Mounirou Sy, professeur de droit à l’université de Dakar…

Ce débat vient d’être tranché par ‘ cinq Sages du Conseil constitutionnel ’, tous nommés par Wade. Ces derniers ont déclaré le 27 janvier que le président sortant pouvait se présenter, avec treize autres candidats, à l’élection présidentielle du 26 février prochain, invalidant au passage la candidature du chanteur Youssou Ndour (Le Conseil constitutionnel a motivé son refus de valider la candidature de Youssou Ndour en constatant qu’il ” a produit une liste de 12.936 électeurs appuyant sa candidature, dont seulement 8.911 ont pu être identifiés et leurs signatures validées “, alors qu’il en faut 10.000 au minimum).

Le choc de la nouvelle a été rude, notamment chez les jeunes à Dakar. ‘ Si Wade participe aux élections, il n’y aura pas d’élections. Si les membres du Conseil constitutionnel valident sa candidature, ils seront responsables de tout ce qui adviendra au Sénégal ’ avait averti un militant des droits de l’homme.

Sur sa page Facebook le Mouvement du 23 Juin explique les raisons de la colère :

‘On n’est pas riches, on n’a pas de pétrole, ni d’or, ni de diamant… mais on a toujours eu la paix, et notre honneur, aujourd’hui le Sénégal a honte… tout ça pourquoi… parce que pour Wade, il faut que Karim Wade soit Président… on ne se laissera jamais faire.’

Depuis, les manifestations contre la candidature de Wade ont provoqué 8 morts dont un policier et une fillette, une autre fillette a perdu un œil. Abdoulaye Wade minimise les manifestations qu’il qualifie de ‘brise’.

Le premier tour des élections est prévu le 26 février, les candidats de l’opposition sauf un ont décidé de suspendre leur campagne jusqu’au 16 février, et seraient en pourparlers avec le PDS (parti du président Wade).

Publié initialement sur
Global Voices
  • 3744 visites
  • 20 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • funkystefffff
    funkystefffff
    écolo antipathique
    • Posté à 15h30 le 13/02/2012
    • Internaute 55257
      écolo antipathique

    Ah si Youssou N’Dour avait participé aux élections, sûr qu’on en aurait parlé tous les jours de ces élections... Mais sinon, c’est pas très vendeur.

    • LienRag
      LienRag répond à funkystefffff
      • Posté à 01h41 le 17/02/2012
      • Internaute 34767

      Ce n’est pas bête comme remarque : au niveau local l’invalidation de la candidature de Youssou Ndour est incompréhensible en ce que You candidat constituait un facteur de division de l’opposition tandis que You rejeté hors de la course électorale peut toujours utiliser sa capacité de mobilisation contre Wade.

      Cette éviction du chanteur-candidat s’expliquerait donc beaucoup mieux par la crainte de la résonance médiatique qu’il provoquerait à l’international...

  • informateur-
    • Posté à 16h58 le 13/02/2012
    • Internaute 147312

    Wade l’ami de segolene royal et du ps et de l’ump

    Seule la pression populaire peut arrêter Wade -... par legrigriinternational

    • sanokho
      sanokho répond à informateur-
      gestionnaire
      • Posté à 22h24 le 15/02/2012
      • 181495
        gestionnaire

      Albert, arrétes de mentir, Wade vaincra la présidentielle et tu pourrais trop baisser dans l’estime des sénégalais ...qui t’ont toujours aimé..

  • daoud01
    daoud01
    ingénieur
    • Posté à 18h33 le 13/02/2012
    • Internaute 150428
      ingénieur

    Wade aura 93 ans au terme de son prochain mandat. Il pourra alors se retirer et écrire ses mémoires d’ancien résistant et corédacteur de la déclaration des droits de l’homme des Nations Unies.

  • Trevor narg
    Trevor narg
    auteur
    • Posté à 09h19 le 14/02/2012
    • Internaute 53954
      auteur

    Révolte des jeunes et présidentialisme se rejoignent dans l’actualité, cette fois au Sénégal. Finalement comme partout. Intéressant sujet que soumet à la réflexion Trevor Narg. 2012 une autre voie

  • Le Renifleur
    Le Renifleur
    On attend des actes
    • Posté à 14h50 le 14/02/2012
    • Internaute 136986
      On attend des actes

    portrait de El Hadj Oumar Foutiyou Tall

    « Babacar NDiaye souligne le népotisme flagrant de Wade qui positionne son fils »

    Mais c’est tout le pays voir le continent qui souffre de ce mal endémique : le népotisme !

    Et à tous les étages de la société...

    « Si un directeur quel qu’il soit refuse de nommer un cousin, un frère, un neveu à un poste sous sa responsabilité : il se fait renier par sa famille !
    Autant vous dire qu’il est mort ! »
    m’a un jour expliqué le guide de pêche que je casquais lors d’un périple dans le Siné-Saloum.

    La « cellule familiale » garante d’un véritable « service d’entre aide » voire de ce que les occidentaux appellent « une couverture sociale » reste paradoxalement le principal frein au développement de par ce népotisme institutionnalisé.

    Point positif pour cette partie du monde
    Le Sénégal est le seul pays d’Afrique qui n’a pas souffert de la guerre ou d’une crise majeure depuis plus de 40 ans. Cette stabilité (qui devient relative aujourd’hui) a permis de mettre en place des infrastructures portuaires, routières, agricoles et commerciales mais aussi « sanitaires » dont ne bénéficient pas les pays voisins...

    Quoi qu’il advienne, les Marabouts « 4X4 » continuerons de s’enrichir et les enfants-esclaves talibés continuerons à faire la manche en hayons aux quatre coins du pays à leur profit...
    Et ce sont ces marabouts qui, en définitif, finiront par s’accorder sur le « champion » qui prendra la tête du Pays !

    Alors ça va pas être facile dans les semaines qui viennent...

    Le Renifleur

    • Le_mouton_noir
      Le_mouton_noir répond à Le Renifleur
      www.delaservitudemoderne.org
      • Posté à 13h59 le 15/02/2012
      • Internaute 119868
        www.delaservitudemoderne.org

      « Et ce sont ces marabouts qui, en définitif, finiront par s’accorder sur le champion qui prendra la tête du Pays ! »

      Ils doivent avoir leur diner du siècle eux aussi.

      • nemo3637
        nemo3637 répond à Le_mouton_noir
        Déchoukeur
        • Posté à 17h43 le 15/02/2012
        • Internaute 44521
          Déchoukeur

        C’est la même chose en France. Une bande capitalistes - sorte de marabout avec plein de fric - se réunit et décide qui ils vont choisir comme nouveau président..
        La seule différence avec le Sénégal c’est que dans ce pays les gens sont conscients de la chose, alors qu’en France on croit faire un choix démocratique.

         
        • Leon 777
          Leon 777 répond à nemo3637
          artiste
          • Posté à 13h58 le 16/02/2012
          • Internaute 128120
            artiste

          Vous connaissez le role et le pouvoir du marabout au Sénégal ?
          A vous lire on voit que non...

          • nemo3637
            nemo3637 répond à Leon 777
            Déchoukeur
            • Posté à 15h50 le 16/02/2012
            • Internaute 44521
              Déchoukeur

            Dans le contexte de mon post, on s’en fout.
            Vous n’avez pas beaucoup d’humour ou plutôt vous ne comprenez pas le sens du message...

          • Le Renifleur
            Le Renifleur répond à Leon 777
            On attend des actes
            • Posté à 16h03 le 16/02/2012
            • Internaute 136986
              On attend des actes

            Vous avez raison.

            Il n’existe pas de « statut » comparable dans les sociétés occidentales ni même orientales.

            La plupart d’entre nous imaginent qu’un marabout est « une sorte de voyant-médium » africain qui passe des petites annonces dans la presse régionale pour attirer le gogo.

            La réalité est aux antipodes de cette « image d’Épinal ».
            Les marabouts ont un pouvoir non seulement religieux mais aussi social, politique et financier prépondérant au Sénégal.

            Je pense notamment aux puissants Mourides actuellement au pouvoir mais ce n’est qu’un exemple...

        3 autres commentaires
      • Yvon le Zébulon
        Yvon le Zébulon répond à Le_mouton_noir
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
        • Posté à 21h15 le 15/02/2012
        • Internaute 65781
          L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

        «  ces marabouts qui, en définitif, finiront par s’accorder sur
        le champion qui prendra la tête du Pays !
         »

        Dommage que « Paul le poulpe » soit déjà mort, sinon on saurait tout !

    • LienRag
      LienRag répond à Le Renifleur
      • Posté à 01h36 le 17/02/2012
      • Internaute 34767

      « Et ce sont ces marabouts qui, en définitif, finiront par s’accorder sur le “ champion ” qui prendra la tête du Pays ! “
      Ce n’est pas exact, le pouvoir maraboutique est effectivement très influent mais il n’est pas le seul acteur à décider.
      Et non seulement il est traversé de contradictions sans avoir de vrai mécanisme global de concertation, mais il est relativement peu intégré à l’autre pouvoir décisionnaire majeur, les ambassades occidentales ni même à celui qui émerge, les pays du Golfe.

  • Le_mouton_noir
    Le_mouton_noir
    www.delaservitudemoderne.org
    • Posté à 13h55 le 15/02/2012
    • Internaute 119868
      www.delaservitudemoderne.org

    « On n’est pas riches, on n’a pas de pétrole, ni d’or, ni de diamant… mais on a toujours eu la paix »

    Encore un rapport de cause à effet.

  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 16h40 le 15/02/2012
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    Moi je pense que la désafection vis à vis de Abdoulaye Wade est simplement due à son âge, car de toutes façons, aucun des prétendants à sa succession au trône n’a d’autres idées en tête que se faire ériger une statue monumentale d’eux aussi.

    Ce qui est sûr, c’est qu’à 83 balais, il devrait laisser la place à la relève !

    Mais j’ai une autre idée : Si on expédiait Sarkozy au Sénégal ?
    Cet homme fait des miracles : Il pourrait transformer ce pays en 1° Puissance.

    Au fait, Abdoulaye ! ... quid de ta promesse ?
    Ta promesse de faire revenir en territoire sénégalais tous ces Haïtiens en détresse dont tu pourrais faire des néo-esclaves, mais dans le bon sens, cette fois.

    • Le Renifleur
      Le Renifleur répond à Yvon le Zébulon
      On attend des actes
      • Posté à 14h23 le 16/02/2012
      • Internaute 136986
        On attend des actes

      « Moi je pense que la désafection vis à vis de Abdoulaye Wade est simplement due à son âge »

      Pas forcément. Les africains en général et les sénégalais en particulier ont un « immense » respect pour leurs anciens. D’ailleurs, ce sont les « vieux sages » qui siègent dans les conseils de villages et qui prennent les décisions importantes.

      Proverbe sénégalais : « Là où il y a un vieillard, aucune pirogue ne va à la dérive. »

      Alors évidemment, on ne peut pas dire que cela bouge beaucoup...
      L’avantage, c’est une forme de stabilité,
      l’inconvénient c’est un conservatisme et un frein à tout changement dans la société.

      En fait, ces élections mettent en lumières des « Califes qui veulent la place du Calife » afin de pouvoir user de népotisme à leur tour...

      • Yvon le Zébulon
        Yvon le Zébulon répond à Le Renifleur
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
        • Posté à 14h43 le 16/02/2012
        • Internaute 65781
          L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

        « Là où il y a un vieillard, aucune pirogue ne va à la dérive. »

        Surtout si les lacs sont asséchés et les rivières en phase terminale.
        (en écrivant ceci, je pense en particulier au Nigéria et au Gabon)

        Il faut voir à quel niveau de pollution les compagnies pétrolières ont mis les sols et les cours d’eaux de ces états là... simplement scandaleux !
        (c’est vrai qu’il existe aussi un « trafic » de ceux qui percent les pipe-line)

        Pour le reste, un ami sénégalais me le dit : Chez eux, rien ne bouge !
        ...et surtout pas dans le sens d’un meilleur devenir pour les peuples.

  • sanokho
    sanokho
    gestionnaire
    • Posté à 22h08 le 15/02/2012
    • 181495
      gestionnaire

    Cet article est une grotesque désinformation...comment un juriste tel que Wade peut violer la constitution au vu et au su de toute la communauté internationale ? La vérité est que sa candidature ne souffre d’aucune illégalité, que la peuple sénégalais dans sa grande majorité adhère à son programme (voir les images de la campagne électorale), que l’opposition,longtemps restée cloîtrée dans les salons et les hôtels est en perte de vitesse et cherche à alarmer l’opinion internationale...

  • LienRag
    • Posté à 14h06 le 16/02/2012
    • Internaute 34767

    Cet article est quand même extrêmement mauvais : qui est Fatou Diop par exemple ?
    Que représente-t’elle ?
    Quelle pertinence a son analyse ?

    En se contentant de reproduire des discours sans aucune mise en perspective, l’auteur reproduit les tares de la presse sénégalaise, tombée à un niveau vraiment déplorable depuis que ses meilleurs journalistes sont devenus hommes d’affaires...