Entretien 12/02/2012 à 14h39

« La Somalie, un trou noir où l'Occident décharge ses péchés »

Olivier Favier | On ne dormira jamais

Le Failed States Index – index des Etats déliquescents – classe depuis quatre ans la Somalie comme le pays le plus sinistré de la planète, assez loin, par exemple, devant l’Afghanistan ou l’Irak. Même si la perspective d’une famine d’ampleur s’éloigne pour le moment, ses voisins immédiats, fragilisés par la catastrophe apparue au printemps 2011, présentent tous des situations à risque.

Dans un pays où l’ONU fait son retour en janvier 2012 après dix-sept années d’absence, l’approximation est la règle. Selon les estimations des agences d’aide internationale, la population serait de dix millions d’habitants, dont presque la moitié aurait été menacée par la dernière crise alimentaire. Pour autant, aux yeux de la presse occidentale, l’actualité du pays se concentre sur trois thèmes :

  • la piraterie dans le Golfe d’Aden qui menace les approvisionnements en pétrole et la circulation des navires occidentaux, obligeant au maintien d’une force navale importante ;
  • l’immigration largement médiatisée suite à la mort de plusieurs milliers de clandestins en Méditerranée ;
  • la « menace » terroriste liée aux milices islamistes d’Al-Shabbaab, dont le pouvoir semble aujourd’hui largement contesté.
Un pays en ruines
En 1992, les Etats-Unis lancent l’opération Restore Hope. Les 3 et 4 octobre 1993, une mission de routine pour capturer le tristement célèbre seigneur de guerre Mohamed Farrah Aidid tourne au cauchemar. Un millier de Somaliens, pour la plupart des civils, sont tués pendant les combats, mais l’opinion américaine ne retient que la perte de 18 soldats américains. Les forces de l’ONU prennent le relais jusqu’en 1995, puis le pays s’enfonce dans le chaos. Le Somaliland proclame son indépendance en 1991, et le Puntland son autonomie en 1998. Depuis 2006, la guerre civile a repris de plus belle alors que se multiplient les interventions extérieures, éthiopiennes d’abord, puis ougandaises sous mandat de l’Union africaine, kenyanes aujourd’hui, une première dans l’histoire étonnamment pacifique de ce pays. A cela s’ajoute une famine qui a fait 30 000 morts pour la seule année 2011. Si la communauté internationale refait son apparition, force est de constater que les convoitises économiques et les services secrets n’ont jamais totalement déserté les lieux.

Matteo Guglielmo est un jeune chercheur de l’Université de Naples « l’Orientale », la plus ancienne école de ce type en Europe. Il a consacré en 2008 un livre aux « raisons historiques du conflit » en Somalie, et prépare un deuxième ouvrage sur la géopolitique de la Corne de l’Afrique.

Il anime par ailleurs le site Insidehoa, entièrement consacré aux événements politiques de cette région du monde. Il est un des éléments les plus brillants d’une jeune génération qui réactive en Italie le champ des études postcoloniales, sur les traces d’un pionnier admiré, Angelo del Boca.

Olivier Favier : Dans les années 1880, la Somalie devient, après l’Erythrée, le second territoire que l’Italie, dernière des puissances coloniales européennes, désire acquérir en Afrique. Quels changements apparaissent dans le pays durant l’époque coloniale ?

Matteo Guglielmo : L’impact italien est plutôt limité, même si les conséquences de la colonisation sont nombreuses et graves. Il suffit de se rappeler que les Somaliens n’ont pas le droit de poursuivre leurs études au-delà du cours élémentaire, marque d’une volonté italienne précise de maintenir la population dans un état d’assujettissement total.

La présence italienne est très différente entre le centre et la périphérie. Par exemple à Mogadiscio et dans les plus grandes bourgades du centre et du sud, la communauté italienne est plus présente, et l’administration coloniale gère directement le territoire. Il en va autrement dans l’arrière-pays et dans les régions plus périphériques, où le contrôle du territoire est insuffisant ou confié aux chefs locaux qui agissent comme des intermédiaires entre les autochtones et l’administration.

La Somalie est la plus pauvre des colonies italiennes, aussi parce qu’exception faite des régions situées entre les fleuves Jubba et Shabele, où est introduite une forme d’exploitation agricole, on fait bien peu pour organiser de véritables appareils de production.

La Somalie a servi tout au plus aux Italiens de point d’ancrage à la conquête de l’Ethiopie de 1936, et l’importance stratégique réelle du territoire se limite au point de vue géopolitique. L’introduction des lois raciales en 1939 établit aussi dans les colonies un régime d’apartheid, mais elles étaient présentes de manière plus informelle bien avant leur approbation officielle.

En Italie, bien peu de gens sont au courant de ce qui se passait dans les colonies, à cause aussi de la totale absence de programmes ou de bourses d’étude accordés par le gouvernement italien aux Somaliens, aux Ethiopiens et aux Erythréens. L’absence de communauté somalienne présente en Italie cache en quelque sorte l’existence même des colonies à l’opinion publique italienne. Et c’est pour cela que, une fois l’expérience terminée en 1941, il n’est pas particulièrement difficile pour la politique italienne d’oublier l’existence et de cacher cet inconfortable passé colonial.


Carte italienne de l’« Afrique orientale » (via Dormira Jamais)

La Somalie devient indépendante en 1960. Avec le Cameroun, c’est le seul pays d’Afrique subsaharienne composé de territoires ayant appartenu à deux puissances coloniales, le Somaliland britannique et la Somalie italienne. Comment la Somalie s’ouvre-t-elle à l’expérience démocratique ?

Disons que l’indépendance somalienne fut apparemment « sans douleur », puisque confiée par un mandat précis de l’Assemblée des Nations Unies à l’Italie, cas du reste unique dans l’histoire de l’Afrique subsaharienne. Toutefois, c’est justement cette indépendance gérée « par le haut » qui deviendra un fort élément de déstabilisation, tant national que régional.

Les premiers problèmes relatifs à l’indépendance font leur apparition entre 1949 et 1953, avec le passage à l’Ethiopie de l’Ogaden, du Haud et des Territoires réservés (une bande de terre à la frontière entre l’ex-Somalie britannique et l’Ethiopie). Ces terres sont habitées par des Somaliens, et sous contrôle italien ou alors, jusqu’en 1941, elles sont incluses dans une unique sous-administration qui regroupent ces populations d’ethnie somalienne de l’Afrique Orientale Italienne.

La déception des Somaliens, suite au passage des terres revendiquées à l’Ethiopie, où l’empereur Hailé Sélassié a été entre temps restauré, est énorme et profonde. La Grande-Bretagne a plusieurs fois laissé entendre sa volonté de créer une « grande Somalie ». Mais la nécessité de préserver les rapports avec le Kenya – qui obtiendra son indépendance seulement en 1963 – et avec l’Ethiopie – considérée aussi par les Etats-Unis comme le pilier du système d’alliances occidentales dans la Corne de l’Afrique – porte les acteurs internationaux à sacrifier les attentes somaliennes, semant de fait les premières graines de la crise qui éclate dans la région quelques années plus tard.

C’est là un des nombreux exemples historiques qui expliquent en partie les crises et les rivalités présentes actuellement dans la Corne de l’Afrique. Et c’est pour cette raison que le problème somalien ne naît pas tant d’une unité inaccomplie, que d’un processus d’autodétermination dirigé de l’extérieur et avenu de manière trop « indirecte », sans réel détachement – même violent – de l’expérience coloniale.

Pour une grande partie des pays africains, les luttes anticoloniales sont importantes, mais si nous regardons la décolonisation somalienne, nous découvrons que celle-là a été plutôt atypique par rapport au reste du continent. Peut-être que bien des problèmes somaliens viennent précisément de là.


Mohamed Siad Barre, en médaillon sur cette image de propagande (via Dormira Jamais)

En 1969, l’année du coup d’état du colonel Khadafi en Libye une autre ancienne colonie italienne , le général Mohamed Siad Barre s’empare du pouvoir en Somalie. Comment, derrière la mainmise d’un parti unique et la toute puissance d’un Etat militaire, se mettent en place les ferments d’une explosion de l’identité politique somalienne ?

Le coup d’état militaire du 21 octobre 1969 marque un tournant décisif pour la Somalie. Il faut cependant souligner que l’inspiration au modèle marxiste-léniniste du régime de Siad Barre n’est qu’apparente, quand les intérêts poursuivis par le gouvernement somalien sont tout autres.

Ce n’est pas tant à travers le parti unique que Siad Barre essaie de donner de l’essor au nationalisme somalien, mais plutôt à travers quelques campagnes politiques, comme celles anti-tribales de l’Ololeh, qui littéralement signifie « brûler ». Pour Siad Barre, forger une identité nationale somalienne revient à réduire en cendres les liens claniques qui rendaient la société divisée et trop fragmentaire.

Le rêve d’une « grande Somalie » se brise dans l’Ogaden. Pour soutenir les activités de guerre on mobilise des ressources considérables. En 1978, suite à la défaite face à une Ethiopie soutenue par l’aide militaire soviétique et cubaine, la Somalie se trouve privée de ressources économiques et avec un flux démesuré de réfugiés provenant des zones en guerre.

En cette période, non seulement l’Etat et les institutions commencent à s’effriter, mais aussi le rêve nationaliste que pendant des années le régime de Barre s’efforce de suivre afin de dominer l’ennemi historique éthiopien et de préserver son pouvoir à l’intérieur du pays.

Dans les années 1980, la Somalie glisse dans un lent et constant déclin, qui mène la junte militaire à augmenter la répression vers les mouvements naissants d’opposition armée à Siad Barre, et à se transformer elle-même en « faction » clanique.

L’effondrement de l’état somalien de janvier 1991 a ainsi des racines profondes. Ce ne sont pas seulement les institutions d’un Etat qui s’effondrent, mais aussi la société elle-même, divisée désormais selon des lignes claniques. Le rôle du clan (qabiil en somali) est important pour comprendre les caractéristiques de la guerre civile qui jaillit de l’effondrement de l’Etat.

Mais il est peut-être bien plus déterminant de saisir comment le conflit a changé le rôle des liens claniques.


Une vue aérienne de Mogadiscio (via Dormira Jamais)

En quoi les enjeux économiques et politiques peuvent-ils ralentir ou favoriser aujourd’hui une restructuration du pays ?

La Somalie aujourd’hui n’existe pas. Ou mieux, sur la carte, il y a un gouvernement et un drapeau, mais le territoire somalien est fragmenté en différentes réalités d’administration et de pouvoir.

La crise somalienne est un problème pour beaucoup, la croissance des mouvements fondamentalistes comme al-Shabaab et l’augmentation des attaques des pirates au large des côtes de la Somalie au centre et au nord sont toutefois des questions qui paraissent plus préoccupantes pour « nous » que pour « eux ».

Telle est bien la question, des intérêts que poursuivent les acteurs internationaux, et en partie aussi les gouvernements régionaux intervenus militairement en Somalie. Ces intérêts ne correspondent pas toujours aux besoins du pays, mais apparaissent pour la plupart conditionnés par la satisfaction des stratégies occidentales.

La guerre contre le terrorisme, la montée de la piraterie et de la famine, qui a connu un sommet l’été dernier, sont seulement les résultats de la crise, et non la cause. Les armes n’ont jamais été une solution, pas plus en Somalie que dans d’autres points chauds du globe, comme l’Afghanistan ou l’Irak.

Mais peut-être que maintenir la Somalie dans un état de conflit permanent, dans un entre-deux entre la paix et la guerre, est utile pour beaucoup de gens, et pas seulement pour certains acteurs régionaux, qui préfèrent un pays faible et sous contrôle, mais aussi pour quelques filières globales de la criminalité organisée, qui considèrent le territoire somalien comme un énorme duty-free où l’on peut décharger les « péchés » de l’Occident, comme les déchets toxiques.

Il y a eu des enquêtes sur ce point, mais aucune n’est jamais parvenue à mettre à nu les complicités des Etats souverains. Les journalistes qui ont essayé, comme Ilaria Alpi, ont été assassinés. La Somalie continue d’être un trou noir, mais la communauté internationale ne peut se mettre à la place des Somaliens. Ce sont eux qui doivent choisir le meilleur moyen de sortir du tunnel de l’instabilité et de l’insécurité.


La journaliste de télévision Ilaria Alpi (via Dormira Jamais)

Au-delà des peurs occidentales sur l’immigration, quelle est l’importance de la diaspora somalienne ? Comment se répartit-elle et trouve-t-elle les moyens de s’organiser ?

La diaspora aujourd’hui joue un rôle déterminant. Une partie de la vie économique du pays dépend de la communauté résidant à l’étranger. Pour imaginer ce que signifie l’impact de la diaspora somalienne il suffit de rappeler que sur une population estimée à 10 millions, environ un million vit et travaille à l’étranger.

Malheureusement le conflit a eu de fortes répercussions aussi à l’intérieur de la communauté somalienne à l’étranger. Les principales critiques portent sur la méfiance réciproque, les rivalités claniques, les conflits politiques et intergénérationnels.

Même les intellectuels tombent souvent dans la logique d’opposition qui caractérise la situation somalienne, et beaucoup parmi les plus sages ont préféré se retirer de la vie politique et concentrer leurs activités sur d’autres questions.

Entretien à retrouver dans son intégralité sur Dormirajamais.org

Infos pratiques

Quelques livres en français :

« Hier, Demain », de Nurudin Farah. Le Serpent à Plumes, 2001.

« Les belles choses que porte le ciel », de Dinaw Mengestu. Albin Michel, 2007.

Quelques livres en italien :

Matteo Guglielmo, Somalia. Le ragioni storiche di un conflitto, Altravista, 2008. Voir son site.

Daniele Comberiati, La quarta sponda, Caravan Edizioni, Rome, 2010. Recueil d »entretiens sur les auteures italophones liées à la Corne de l »Afrique (Éthiopie, Somalie, Érythrée).

Cristina Ali Farah, Madre piccola, Roma, Frassinelli, 2007.

Angelo Del Boca, Italiani in Africa Orientale : Dall »Unità alla Marcia su Roma, Bari, Laterza, 1985.

Angelo Del Boca, Italiani in Africa Orientale : La conquista dell »Impero, Bari, Laterza, 1985.

Angelo Del Boca, Italiani in Africa Orientale : La caduta dell »Impero, Laterza, Bari, 1986.

Angelo Del Boca, Una sconfitta dell »intelligenza. Italia e Somalia. Bari, Laterza, 1993.

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  • labrisure
    labrisure
    Personnage exceptionnel
    • Posté à 14h51 le 12/02/2012
    • Internaute 48949
      Personnage exceptionnel

    Il aurait été intéressant de se pencher un peu plus sur le Somaliland, dont la stabilité par rapport au reste de la Somalie est bien plus équilibrée.

    Il s’agit d’un pays (car c’en est un, même si non reconnu) démocratique et surtout sûr.

  • Cataphractaire
    Cataphractaire
    Keodedour ar bed
    • Posté à 16h07 le 12/02/2012
    • Internaute 58787
      Keodedour ar bed

    Et qu’en est il du Somaliland, l’ancienne colonie britannique ?

    • Olivier Favier
      Olivier Favier répond à Cataphractaire
      Auteur(e) de l'article On ne dormira jamais
      • Posté à 22h09 le 13/02/2012
      • Internaute 138854
        On ne dormira jamais

      Le Somalilland -voir cet article- fait figure d’élément stable dans la région, non reconnu par la communauté internationale depuis 1991.

      Le cas du Punt, simplement autonome, est un peu moins « enviable » : écouter par exemple la description que le journaliste Daniel Grandclément fait du port de Bosasso au début d’un entretien en 2007.

      Il faut savoir que l’un et l’autre sont soutenus politiquement et économiquement par l’Ethiopie voisine. Par ailleurs ces deux précédents ont eu leur rôle dans la « balkanisation » de la zone, qui n’a désormais plus de pouvoir central, comme si la question d’une solution « globale » -nous parlons encore une fois d’un pays de 10 millions d’habitants- était reportée sine diem.

      Certains avancent que la prochaine Conférence de Londres, où le Somaliland est invité comme état à part entière, pourrait être décisif dans le processus de reconnaissance.

      À ces questions, Matteo Guglielmo me répond ceci :

      « Bien qu’on puisse juger positif le processus politique qui a mené à la stabilisation du Somaliland, il n’est pas dit que la participation à la conférence de Londres puisse aboutir à une reconnaissance internationale. C’est peut-être même le contraire.

      La communauté internationale -sur la base de la dernière conférence de Garowe- essaie de réformer les Institutions Fédérales de Transition qui vont mal en incluant ces réalités territoriales plus stables (Somaliland et Puntland mais pas seulement) dans un projet de représentation institutionnelle unitaire.

      Le problème est que le Somaliland -tout comme le Puntland- représente un seul clan (Isaaq dans le premier cas et Majerteen dans le second).

      La naissance récente d’un nouvel état fédéral, appelé Khatuumo State, menace le Somaliland parce qu’il inclut des régions revendiquées par l’ancienne colonie anglaise, mais où vit un autre clan que les Isaaq (les Dhulbahante précisément). C’est ainsi que le Somaliland a lancé récemment une attaque contre les Dhulbahante.

      Comme on le voit, donc, le Somaliland a aussi ses propres foyers d’instabilité interne, et je n’avancerais pour ma part qu’avec prudence que la prochaine conférence de Londres puisse marquer un tournant positif sur le front de l’Indépendance. »

      • malcom_x
        malcom_x répond à Olivier Favier
        bodylove
        • Posté à 09h04 le 14/02/2012
        • 181308
          bodylove

        Tout d’abord, je voudrais vous remercier pour cet excellent article sur la Somalie.
        Puis, pour le Somaliland, il est tout simplement faux de dire qu’il ne représente que les Issaq. Non, au fait, il ne représente pas que les Issaq, il représente la paix, la sécurité, la notion de ce qu’est une nation, dont une région où le maître mot est violence, mort et destruction. Deuxièmement, cet Etat avait déjà élu un président non-Issaq et j’espère que ça se reproduira. Certes, les Issaq sont plus nombreux au Nord, mais plusieurs autres clans y vivent aussi (tous aussi nombreux). Le Somaliland (beaucoup plus tribaliste que les hommes du sud ; le sud avait presque perdu cette notion de clans sous l’ancien régime) a toujours prôné l’égalité pour tous les clans, c’est même sa device.
        Enfin, à la nouvelle de cette attaque contre les Dhulbahante, on peut dire que la guerre civile rattrape le Somaliland et qu’il ne pouvait en être autrement.
        J’espère que les choses s’arrangeront. Je suis pour une Somalie unifiée d’États fédéraux. Un peu comme les Émirats-unis.

         
        • Olivier Favier
          Olivier Favier répond à malcom_x
          Auteur(e) de l'article On ne dormira jamais
          • Posté à 12h38 le 14/02/2012
          • Internaute 138854
            On ne dormira jamais

          Bonjour. Merci pour votre commentaire qui appelle à donner de nouveaux éléments.

          Source jeune Afrique (2004) -éléments repris sur ce blog : Un monde formidable :

          « 1982. Création à Londres du Mouvement national somalilandais (MNS) et lancement de la guérilla.

          Le MNS est composé essentiellement d’Issaks, ethnie majoritaire (80 % de la population). Les trois minorités qui composent le reste de la population, les Gadaboursis, les Dolbahantes et les Warsangelis ne rejoignent pas les indépendantistes.

          Le MNS a la particularité, notable pour un mouvement de guérilla, d’être démocratique. En dix ans, il connaîtra cinq présidents, tous élus, les sortants poursuivant la lutte sous le commandement de leur successeur.

          (...)

          Janvier 1991. Chute du régime de Siad Barré.

          Février 1991. Un shir (conseil) réunit à Berbera les 28 sultans et des dizaines de chefs de clans et de sous-clans issaks du Somaliland. Le shir accorde le “ pardon ” aux ethnies minoritaires qui avaient refusé la lutte armée contre le pouvoir central de Mogadiscio.

          (...)

          1994-1996. Période trouble et apparition de rivalités entre sous-clans issaks pour le contrôle de la rente du port de Berbera. Tous les différends sont aplanis par les elders, les sultans et sages des grandes tribus.

          (...)
          2002. Décès du président Mohamed Ibrahim Egal. Il est remplacé par son adjoint Dahir Riyale Kahin, issu de la minorité gadaboursi. »

          • malcom_x
            malcom_x répond à Olivier Favier
            bodylove
            • Posté à 13h03 le 16/02/2012
            • 181308
              bodylove

            Bonjour. Merci pour ces informations nouvelles pour moi. Surtout le 1er paragraphe.

            Juste une précision : Ne dites pas ethnies quand vous parlez des Issaq, des Gadaboursis, etc...

            La Somalie est l’un des rares pays du continent d’Afrique, où les problèmes d’ethnies ne se rencontrent pas. Ce grand territoire est composée essentiellement d’un même peuple à 85% ou plus, appelée somali.

            Les somaliens eux forment des clans. Ils parlent la même langue (le somali), ont les mêmes coutumes et même la religion. Mais surtout ils étaient nomades. Quand la caravane grandissait, elle se séparait en deux. Ainsi se formaient les clans et les nouveaux chefs de clans. C’était surtout pratique pour se reconnaître quand on est nomade (d’où vient untel et untel).

        2 autres commentaires
  • pablico
    pablico
    Co-NOBEL de la Paix
    • Posté à 16h32 le 12/02/2012
    • Internaute 14278
      Co-NOBEL de la Paix

    si ce pays servait de contre référence au monde, à la rigueur on pourrait comprendre la misère, le bordel, les tueries, pour l’éducation des autres pays,
    pour que les autres pays essayent de ne pas ressembler à ce truc (il n’y a pas d’autre mot).

    non, personne n’en parle, ils crèvent en silence. et d’autres pays tuent sereinement en paix.

  • kakoulite
    kakoulite
    Intermediation & Imprecation
    • Posté à 17h16 le 12/02/2012
    • Internaute 126452
      Intermediation & Imprecation

    Et je suis sure que la photo aerienne doit etre celle de l equivalent du Neuilly local ! The place to be seen ...Mogadiscio west side !

    • Olivier Favier
      Olivier Favier répond à kakoulite
      Auteur(e) de l'article On ne dormira jamais
      • Posté à 23h41 le 12/02/2012
      • Internaute 138854
        On ne dormira jamais

      Mogadiscio, à laquelle j’ai consacré une petite anthologie, était jusqu’en 1991 une très belle ville. L’écrivaine italo-somalienne Cristina Ali Farah en ravive le souvenir dans l’évocation d’Asmara qui ouvre le livre de Marco Barbon, Asmara dream. Voici enfin un site qui présente des images du passé de la ville, et donne la mesure des destructions.

  • tOrDrE L¤RdRe
    tOrDrE L¤RdRe
    VALLSS89
    • Posté à 18h34 le 12/02/2012
    • Internaute 50571
      VALLSS89

    N’oublions pas que les que les déchets toxiques et les armes partent de pays « souverains » et « démocratiques »....

  • Le Renifleur
    Le Renifleur
    loin d'ici
    • Posté à 20h18 le 12/02/2012
    • Internaute 136986
      loin d'ici

    .

  • TienTien
    TienTien
    impavide devant les ruines de (...)
    • Posté à 16h45 le 13/02/2012
    • Internaute 86881
      impavide devant les ruines de (...)

    Merci pour cet excellent article !
    On aimerait bien en trouver plus souvent de ce genre sur la Rue...

  • super_lapin
    super_lapin
    couillon de la classe moyenne
    • Posté à 16h59 le 15/02/2012
    • Internaute 135884
      couillon de la classe moyenne

    Sur le sujet, la fameuse opération « restore hope » des américains, il y a le le livre « Black Hawk Down ».
    Si le film est pourri, j’ai trouvé le livre très intéressant.
    Bon, faut voir que on ne va parler que du point de vue des américains, ça on le sait dés le départ. Mais ça donne un bon aperçu du problème de la Somalie, de l’impuissance des Etats-Unis face une situation comme celle là. Et puis que la guerre, et bien c’est moche, vraiment moche.
    Ou comment une opération qui devait durer 15 minutes pour la capture d’un seul homme finit par couter la vie de 1000 Somaliens en l’espace de 24h.

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