Suppression du classement de l'ENA : Sarkozy renonce

Des étudiants devant le bâtiment de l’ENA à Strasbourg, le 21 janvier 2009 (Vincent Kessler/Reuters)
Prononcée le 11 janvier 2008 lors de ses vœux aux fonctionnaires, la promesse de Nicolas Sarkozy de supprimer le classement de l’ENA avait fait grand bruit. Son recul, lundi, sur cette mesure censée mettre fin à un certain « élitisme républicain », beaucoup moins.
Cette quatrième tentative en quatre ans aura donc aussi échoué. Deux raisons sont invoquées : la commission chargée de trouver une alternative au classement n’a pas trouvé de consensus, a déclaré la sénatrice Catherine Tasca (PS), l’une de ses membres :
« Il y a un consensus sur le fait qu’il n’y a pas de consensus pour supprimer le classement. »
Le gouvernement aurait pu passer en force
Autre raison, le ministre de la Fonction publique, François Sauvadet, ne voulait pas compromettre l’ensemble d’un projet de loi concernant 5,3 millions de fonctionnaires – avec notamment 150 000 titularisations d’agents publics.
Mais, comme le relève Acteurs Publics, le média de référence du secteur, le gouvernement aurait pu passer en force en donnant « le dernier mot à l’Assemblée nationale après un éventuel rejet de la mesure par les sénateurs en commission mixte paritaire ».
Chaque année, les quelque 80 élèves sortis de l’ENA pourront donc continuer à choisir leur affectation. En particulier les 15 premiers au classement, un podium surnommé la « botte », qui optent la plupart du temps pour les grands corps. Soit, dans l’ordre :
- l’Inspection générale des finances ;
- le Conseil d’Etat ;
- la Cour des comptes.
La gauche redoutait « copinages et interventions politiques »
François Sauvadet a annoncé un simple aménagement : testé avec les administrateurs civils (en gros, la seconde moitié du classement), l’entretien avec les futurs « employeurs », sera étendu à tous les sortants. Mais, en dernier ressort, le classement primera.
Quatre années de débat sur ce sujet avaient laissé la gauche plutôt opposée à la suppression du classement, de peur que cela favorise « le copinage et les interventions politiques ».
C’était tout l’inverse, à en croire Nicolas Sarkozy le 11 janvier 2008 :
« Je souhaite [...] que les classements de sortie des écoles de fonctionnaires, qui rigidifient l’entrée dans la carrière, soient supprimés au profit de listes d’aptitude qui permettront de mieux concilier la demande des administrations et les attentes des agents, aussi bien professionnelles que personnelles.
Il nous faut cesser d’affecter de manière frénétique les plus jeunes parmi vous et les moins expérimentés dans les postes les plus difficiles : il faut faire l’inverse. »
- 15501 visites
- 56 réactions
















2







ουκ ελαβον πολιν, αλλα γαρ (...)
ουκ ελαβον πολιν, αλλα γαρ (...)
Frénétique ! Comme si le mec qui sort de l’ENA était bombardé ambassadeur de France ou préfet dès le lendemain de sa sortie ... On va à l’école, on se forme, on obtient un rang de sortie - qui permet de choisir ( ?) - un corps de l’Etat et puis on se forme dans ce corps pour éventuellement arriver aux postes à responsabilité, après des années d’exercice dans des postes subalternes.
C’est un peu comme pour les avocats d’affaires : on passe le CAP avant 25 ans et on devient président de l’EPAD ou de la République avant d’avoir terminé sa licence de droit. Nous sommes évidemment tous d’accord avec le président sortant !
< ; O )




Partager