Tribune 02/02/2012 à 17h54

Etudiante, je hais les partiels, marathon des nerfs pour perroquets

Anaelle S. | Etudiante


Deux aras canindés (PuppiesAreProzac/Flickr/CC)

Si l’on se réfère à la terminologie en vogue, je suis actuellement étudiante en quatrième année dans une « grande école » dont on ne cesse de vanter la qualité de l’enseignement.

On évoque souvent le désintérêt des jeunes pour l’école. Pourtant, il y a quatre ans lorsque j’étais encore la candidate n°4307, j’ai senti mon cœur faire des claquettes sur mon estomac en remettant ma copie aux surveillants.

Je sors d’une session d’examens. Et je partage les conclusions d’un rapport de juillet 2007 remis au ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche sur les modalités d’évaluation des étudiants.

Au bout de huit pages... un « peu clair »

Il y est souligné que la correction n’aide en aucun cas l’étudiant à progresser, puisque les fameux « partiels » ne donnent lieu à aucun retour. A ceux qui répondront qu’il reste la consultation des copies, je précise que la seule explication trouvée à un 9/20 consistait en trois traits tirés à des endroits hasardeux et un « Peu clair » esseulé au bout de 8 pages. Désormais, je m’efforce donc d’être claire.

De même, le rapport souligne que le contrôle continu est rarement assorti d’un réel travail sur les difficultés de l’étudiant. Ce qui fait du semestre une vague loterie où la moyenne obtenue est hasardeusement proportionnelle au temps d’étude. Ça a un côté rock mais pour la pédagogie on repassera.

La note sur 20, nuancier de 80 humeurs

Autre aberration : la note sur 20. Ce n’est pas parce que cette forme de notation fait partie des meubles qu’elle est pertinente.

Voir le document

(Fichier PDF)

Comme le souligne très bien le rapport, si le professeur pousse jusqu’au quart de point, cela laisse jusqu’à 80 possibilités à sa subjectivité de s’ébattre sur votre copie. La note induit un classement, dont on préfère ne pas imaginer la corrélation avec l’humeur du correcteur.

Il y a beaucoup d’autres choses dans ce rapport que je vous laisse consulter par vous-même si ça vous intéresse.

La méthode dite « du presse-purée »

Je voue aux partiels une haine assidue. A chaque fin de semestre, est donc organisé un marathon des nerfs officiellement dénommé « session d’examens », que vous retrouvez dans n’importe quelle fac. C’est là une première contradiction des « grandes écoles », auto-promues formations qualitativement meilleures que l’université et qui appliquent pourtant la même méthode bête et méchante d’évaluation.

Car ce qui est jugé n’est pas clair : ne sachant pas si le sujet sera transversal ou s’il portera sur un point précis du cours (et donc si ce qui sera valorisé sera la capacité d’analyse ou de mémorisation), j’utilise comme la plupart de mes camarades la méthode dite « du presse-purée » qui consiste à avaler six cours d’une soixantaine de pages chacun en un minimum de temps pour aller ensuite les vomir sous des formes variables sur ma copie d’examen.

Après ça, on organise un bûcher avec nos fiches de révision et un an plus tard, on ouvre de grands yeux effarés quand le maître de conférences cite un sociologue obscur qu’on est censés bien connaître parce que largement abordé en première année.

« D’ingénieux automates »

Cette critique d’un enseignement qui ne produit que des perroquets à usage unique n’est pas nouvelle : déjà en 1895, dans « L’Enseignement », Sébastien Faure écrit ceci :

« Nos procédés d’examen et de concours ne contribuent pas peu à ce déplorable résultat. […] le sentiment, l’imagination et le raisonnement sont sacrifiés à cette faculté presque mécanique : la mémoire. […] la plupart de nos bacheliers et lauréats ne sont que de remarquables perroquets ayant appris à bien réciter, suivant la méthode universitaire, un certain nombre de classiques “ Jacquot, as-tu déjeuné ?” ou encore d’ingénieux automates, montés par un habile mécanicien à l’effet de tracer sur le tableau noir telle figure géométrique ou telle formule mathématique, de traduire tel passage de Tacite ou d’Esope, de réciter telle tirade d’Athalie ou de “ L’Art poétique. ”

Et je ne parle même pas de ce ridicule système de notes qui produit des classements et des compétitions, et enseigne tristement aux élèves la soumission au ridicule et la loi du plus fort.

Réfléchir par nous-mêmes

Notre vieille France orgueilleuse et conservatrice est encore trop attachée à ses méthodes rébarbatives censées produire les meilleurs éléments, et qui sentent franchement la naphtaline, pour s’aventurer trop loin sur le terrain de l’innovation pédagogique.

Pourtant, il suffirait de peu pour intéresser les élèves. Au Canada où j’ai passé un semestre, mais aussi dans beaucoup d’autres pays, nombreux sont les examens qui prennent la forme d’un travail de recherche personnel sur le sujet qui nous intéresse.

Ce qui nous oblige en somme à connaître le cours, puisqu’il sert de base et de support aux recherches effectuées, mais aussi et surtout nous permet de réfléchir par nous-mêmes et d’assimiler des connaissances de manière durable.

Une position un peu plus humble

En somme, l’ensemble du système éducatif français – et au premier chef les “grandes écoles” et toutes les filières d’“ excellence ” – ne perdrait rien à adopter une position un peu plus humble.

En assommant les élèves on ne fait pas émerger les meilleurs mais les moins sensibles à la pression et les plus aptes à mémoriser, ce qui constitue certes une forme d’intelligence mais pas la seule.

Il est grand temps que l’école française apprenne elle aussi, de ses voisines européennes et mondiales et de ses élèves aux sensibilités différentes, qu’elle devienne un instrument d’affirmation de soi que chacun investit et s’approprie à sa manière, plutôt qu’un moule austère dont ressortent malformés ceux qui n’ont pas su s’y couler.

  • 29055 visites
  • 106 réactions
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  • 222diablo222
    • Posté à 18h14 le 02/02/2012
    • Internaute 24482

    Je suis bien loin d’être un adepte de l’apprentissage « par coeur » bête et méchant mais je tiens à défendre un tant soit peu le système universitaire qui laisse tout de même une certaine marge aux travaux de recherches (dossiers, exposés) par le biais des enseignements en travaux dirigés (TD). Les partiels ne sont pas les seuls travaux de l’année à participer à la notation finale (sauf évidemment pour les étudiants en contrôle terminal qui n’assistent pas aux TD).

    Il y a donc matière à discuter votre point de vue. La réflexion par soi-même oblige de connaitre les théories de nombre d’auteurs, y compris celles que vous ne partagez pas (cela afin de mieux les réfuter). En ce sens l’enseignement magistral et l’évaluation en partiel obligent les étudiants à ne pas se borner aux idées auxquelles ils adhèrent d’emblée et donc à s’ouvrir davantage et à être plus critiques, y compris envers eux-même.

    • Lokiel
      Lokiel répond à 222diablo222
      ex-étudiant
      • Posté à 19h38 le 02/02/2012
      • Internaute 129379
        ex-étudiant

      Les TD comptent de façon assez mineurs dans la notation finale. Par exemple, si j’ai bonne mémoire, dans une de mes matières à TD, la note de partiel seule comptait pour plus de la moitié de la note du semestre et les 3 notes de TD (en groupe, qui plus est, ce qui permettait de s’arranger pour que l’un fasse le boulot et que les autres fassent un autre boulot pendant ce temps, ce qui permet de se taper des 13 en n’ayant même jamais lu ce qui a été rendu) se partageaient le peu qui restait. De plus, la plupart des matières n’ont pas de TD.

    • C@ssoulet
      C@ssoulet répond à 222diablo222
      glandeur
      • Posté à 22h33 le 02/02/2012
      • Internaute 62746
        glandeur

      Arretons la langue de bois. Ce qui plait aux employeurs chez les diplomés des « grandes écoles », c’est principalement leur capacité à travailler comme des brutes sans se rebiffer.

      Retirez ca de la formation et il n’en reste pas grand chose.

      • Lokiel
        Lokiel répond à C@ssoulet
        ex-étudiant
        • Posté à 13h12 le 03/02/2012
        • Internaute 129379
          ex-étudiant

        Je vois pas bien le lien avec le commentaire auquel vous répondez. Cela dit, pour dire ce genre de trucs, vous n’avez pas croisé beaucoup d’élèves de grande école : la plupart sont presque aussi glandeurs que l’élève de fac moyen. Quant à la comparaison du niveau, il n’en existe pas de statistiques à ma connaissance donc livrons nous à une petite expérience : il suffit de regarder le concours externe à l’ENM, qui devrait largement favoriser les purs juristes que sont les étudiants en droit, pour voir que les diplômés d’IEP qui les passent ont de bien meilleures chances de réussite.

  • A déménagéle 14-12-2012
    • Posté à 18h23 le 02/02/2012
    • Internaute 119490
      Etudiant

    Mouais, ce serait probablement un article bien plus intéressant s’il n’était pas constellé de poncifs et d’attaques gratuites.

    La manière d’évaluer les étudiants est un problème assez important, et à part pour quelques incompétents les professeurs essaient généralement de faire les choses au mieux.
    Les travaux de recherche personnels existent, j’y ai eu droit (même si, contrairement à vous, j’avais particulièrement horreur de ceci et préférais largement les partiels), comme quantité d’autres étudiants.
    Donc dire que le système d’évaluation française est attachée au partiel comme une moule à son rocher est faux, et je pense que c’est juste le cas de vos professeurs en particulier (l’art de tirer des statistiques de quelques cas uniques), ou du moins que ça dépend grandement des établissement.

    Ensuite le « cela laisse jusqu’à 80 possibilités à sa subjectivité de s’ébattre sur votre copie » franchement... pour être passé de l’autre côté de la barrière depuis peu je dois dis que les profs essaient plutôt d’être le plus objectifs possibles, et chacun sait qu’au bout de son stylo se tient le destin de quelqu’un. Dire que l’on note à l’humeur est non seulement blessant mais totalement faux. Merci encore de ne pas généraliser le cas de quelques olibrius qui se sont manifestement plantés de voie.

    • alldress99
      • Posté à 18h23 le 02/02/2012
      • 177405
        Maritale

      « (l’art de tirer des statistiques de quelques cas uniques) »

      « pour être passé de l’autre côté de la barrière depuis peu je dois dis que les profs essaient plutôt d’être le plus objectifs possibles »

      LOL

      Pour avoir vu les deux côtés, je confirme que c’est encore la foire au hasard pour beaucoup de travaux de partiels. Ne serait-ce qu’à cause du nombre, du fait que tous les correcteurs n’ont pas forcément le niveau (pour être correcteur, pas de diplôme, pas de certificat, pas de formation : la confiance du prof et ça se négocie au cul du camion).

      C’est sans compter sur les manigances les plus simples (qui restent les efficaces) et qui m’ont été relatées aussi par des correcteurs que je connais bien.

      Tu vois, chacun peut tirer des statistiques depuis son point de vue, comme l’auteur, comme vous, comme moi... =)

      • ostia
        ostia répond à alldress99
        inadapté
        • Posté à 18h55 le 02/02/2012
        • Internaute 88960
          inadapté

        « du fait que tous les correcteurs n’ont pas forcément le niveau (pour être correcteur, pas de diplôme, pas de certificat, pas de formation »

        quoi quoi quoi ? ? ? ?

        donc soit :
        1. votre école c’était pas vraiment une école
        2. votre fac c’était pas vraiment une fac
        3. vous avez fumé des trucs pas très légaux

         
        • Thomas Edison
          Thomas Edison répond à ostia
          Present
          • Posté à 19h58 le 02/02/2012
          • 179489
            Present

          Il a pas fumé, ce qu’il dit est juste, en tant que chargé de TD, personnellement, j’ai été balancé avec d’autres thésards devant des L1, sans aucune formation pédagogique, simplement avec une note de 3 mots expliquant le programme, et que c’est mon expérience d’ex L1 qui m’a permis de construire un TD viable et efficace... mais j’ai eu de la chance et une promo conciliante.

          Idem pour préparer un examen et le corriger, c’est ma rigueur qui a permis de construire un examen sans biais ni contradictions, sûrement l’absence d’instruction des supérieurs.

          • ostia
            ostia répond à Thomas Edison
            inadapté
            • Posté à 20h12 le 02/02/2012
            • Internaute 88960
              inadapté

            euh... mais si vous êtes thésard vous avez un diplôme non ? votre master non ?

            La formation c’est autre chose, pas besoin de 150 heures de cours pour apprendre à faire de TD quand on est thésard, donner des cours c’est autre chose, mais des TD.... sérieusement.... ! ! !
            pas besoin de formation pour être chargé de TD quand on est thésard quand même ! ! ! ! ! !

            • itOtO
              itOtO répond à ostia
              Externe
              • Posté à 22h34 le 02/02/2012
              • Internaute 78347
                Externe

              La est tout le drame de l’universite francaise, on confond le diplome avec la capacite a enseigner. Il suffit de voir votre commentaire : il a un master donc un diplome donc il peut bien enseigner dans les TD, la pedagogie on s’assoie dessus.

              C’est triste mais c’est comme ca, en France on obtient un poste grace a des diplomes pourris et a son reseau, et pas grace a ses competences. Ca se voit d’autant plus quand on rentre dans les rouages des institutions et que l’on voit la mediocrite des personnes en charge des postes a responsabilite...

              • ostia
                ostia répond à itOtO
                inadapté
                • Posté à 22h56 le 02/02/2012
                • Internaute 88960
                  inadapté

                on parle de TD en fac là, pas la peine de monter sur ses grands chevaux en sortant un discours vu et revu sur la dualité diplôme/compétence en france (le pire c’est que je suis 100% d’accord avec ce que vous dites, mais que c’est totalement hors sujet là ! !)

                dans toutes les universités du monde, les chargés de TD sont des thésards, voir des étudiants en master, c’est comme ça dans le monde entier, et ça n’a rien à voir avec vos poncifs. Etre chargé de TD n’est pas enseigner ok ? ? ?

              • Scif
                Scif répond à itOtO
                patatoïde
                • Posté à 00h05 le 03/02/2012
                • Internaute 48662
                  patatoïde

                Il ne faut pas oublier que ceux qui formeront les futurs chargés de TD devront être eux-mêmes formés correctement, car apprendre à enseigner, çà ne s’improvise pas !

            • Thomas Edison
              Thomas Edison répond à ostia
              Present
              • Posté à 01h36 le 03/02/2012
              • 179489
                Present

              Je trouve seulement pas très respectueux envers les étudiants qu’ils soient nos cobayes de TD pour qu’on apprenne à organiser un cours, tout thésard n’en est pas naturellement capable :)

              Malheureusement, tous les thésards ne sont pas forcément de bons profs de TD, peut-être que ce n’est pas une absence de formation mais juste une question de personnalité du chargé de TD, je ne sais pas. Quand j’ai construit mes TD et l’examen, je m’attendais à ce qu’un vrai prof jette juste un oeil, mais rien, j’aurais pu raconter n’importe quoi en TD, cela aurait été pareil ;)

              De plus, apprendre à faire un TD, c’est souvent pour plus tard apprendre à devenir maître de conf’. Si au départ on commence à mal préparer les TD, à part les qualifications après la thèse et avant les concours, la conséquence est le risque d’être un mauvais MdC, d’autant plus que le concours de MdC ne recrute pas sur ses capacités à enseigner mais sur ses capacités de chercheur.

              Enfin, enseigner à la fac c’est parfois hors de sa superspécialité, il y a des modules à remplir, des heures à faire, c’est les profs qui se les répartissent. Mais là ça dépend des facs.

              Ceci dit c’est pas une critique, le fait d’avoir un Master aide à la capacité d’enseigner, vous avez raison, mais ça n’est qu’une aide, pas une formation spécifique :)

            • Gust'
              Gust' répond à ostia
              Homme
              • Posté à 09h59 le 03/02/2012
              • 177415
                Homme

              Non mais là vous avez tout faux, autant prendre une pelle et creuser votre trou, ça sera plus rapide niveau enfoncement.

              C’est pas le nombre d’années d’étude qui enseigne la pédagogie. C’est ce qui fait très souvent la différence entre un bon et un prof’ au delà de la connaissance.

              Et c’est d’autant plus scandaleux que désormais il y a prof, prof d’université, maitre de conférence, professeur associé et j’en passe comme statut déguisé pour des prof’ au final, pas assez qualifés (formés) et surtout payés (au lance pierre).

              Une école au rabais vous convient peut être, pas à moi.

        7 autres commentaires
  • psych0Dad
    psych0Dad
    sociopathe
    • Posté à 18h28 le 02/02/2012
    • Internaute 81504
      sociopathe

    Pourquoi aborder le probleme a l’universite, quand il est deja trop tard ? Je suis fils de profs et j’ai deja ecrit ici, a de nombreuses reprises que le systeme francais forme des perroquets. Esprit critique et creativite sont systematiquement reprimes. Ce qu’on demande avant tout a un eleve francais c’est la soumission. Et ca marche !

    En France la forme compte presque plus que le fond d’ailleurs. Mes momes sont dans l’enseignement public americain. Une fois, juste pour voir, nous avons visite l’ecole francaise locale. Qu’est ce qu’ils ont voulu nous montrer ? Je vous le donne en mille : des cahiers « bien propres », avec une « belle ecriture » et les traits tires a six carreaux de la marge, pas a cinq ou a sept. J’etais effondre.

    • alldress99
      alldress99 répond à psych0Dad
      Maritale
      • Posté à 18h37 le 02/02/2012
      • 177405
        Maritale

      Clair qu’une fois sortis de ces « pôles d’excellence », on se sent un peu largué : bosser, ce n’est pas répondre à des questions de cours, c’est utiliser le cours comme un outil et être inventif pour contourner ou traiter les problèmes.

      Au passage, le boulot en équipe est tellement rare, mais en même temps tellement glorifié (parce que « c’est important de travailler en équipe ») que quand on y a droit, c’est les mêmes schémas qui se reproduisent avec celui qui s’économise, le petit chef etc.

      Maintenant, le système a bon dos, il est servi par de petits soldats : les profs viennent, sont contents de faire le même cours sans avoir à se fatiguer à le mettre à jour et la créativité fait perdre du temps. Sans compter les frustrés pour qui « esprit critique » rime avec « contestation de l’autorité, incompréhension du cours et manque de travail ».

      Alors quand il y en a un(e) qui sort du lot, c’est la fête. Et les autres l’accusent de démagogie.

    • ostia
      ostia répond à psych0Dad
      inadapté
      • Posté à 18h59 le 02/02/2012
      • Internaute 88960
        inadapté

      ouais ben j’étais d’accord avec vous, jusqu’au passage sur le système éducatif américain..... pas de quoi s’en vanter, vraiment, de leur système éducatif...

      • psych0Dad
        psych0Dad répond à ostia
        sociopathe
        • Posté à 19h27 le 02/02/2012
        • Internaute 81504
          sociopathe

        Deja il n’y a pas « un » systeme americain. Ensuite, mes momes y sont depuis qu’ils sont en age d’aller a l’ecole et franchement, je ne suis pas mecontent. Ils travaillent, ils apprennent, mais c’est rarement « bete et mechant ». Les rythmes scolaires sont plus respectueux des enfants qu’en France (c’est pas dur, d’accord) et j’y ai rarement vu la pedagogie par l’angoisse que j’ai si souvent rencontre quand j’etais moi-meme usager de l’education nationale (« si t’es pas bon en maths tu finiras balayeur »).

        Mais si vous avez des precisions sur ce qui vous donne une si mauvaise image des ecoles americaines, je suis tout ouie.

         
        • ostia
          ostia répond à psych0Dad
          inadapté
          • Posté à 19h41 le 02/02/2012
          • Internaute 88960
            inadapté

          je vous crois sur parole

          « Mais si vous avez des precisions sur ce qui vous donne une si mauvaise image des ecoles americaines »

          les écoles j’en sais rien, par contre les universités hors de prix me posent problème (l’article parle quand même des études post bac). L’éducation pour les riches, merci bien l’égalité des chances... Et oui je sais bien, les bourses tout ça tout ça, les prêts bancaires pour étudiants tout ça tout ça c’est de la foutaise

          Par ailleurs ne vous inquiétez pas le système éducatif français me sort par les trous de nez autant que vous, et je suis d’accord avec vous, mais vous verrez quand il faudra inscrire vos marmots à Berkeley...

          • psych0Dad
            psych0Dad répond à ostia
            sociopathe
            • Posté à 19h56 le 02/02/2012
            • Internaute 81504
              sociopathe

            Le prix des etudes superieures est un probleme, j’en conviens. Je ne suis pas insensible au probleme, Dans quelques annees a peine je paierai la facture. Ceci dit, les chiffres que je vois cites dans les medias francais se situent souvent dans le haut de la fourchette. Il y a de tres bonnes universites publiques accessibles pour moins de $10 000 / an (meme beaucoup moins). Rapportes aux salaires americains c’est jouable, et surtout rentable (j’ai embauche un ingenieur debutant a $90 000 / an il y a quelques annees ; je ne crois pas que le type regrette d’avoir depense $40 000 pour aller a l’universite). Et enfin, l’univeriste gratuite ou pas chere, je veux bien mais si c’est pour se retrouver dans des locaux pourris que le maire menace de faire condamner tous les ans (vecu), avec un ordinateur pour 10, et plus de PQ dans les toilettes a partir de Fevrier (c’est du vecu aussi)... des fois je me dis que certaines facs devraient payer les etudiants pour qu’ils viennent.

            • ostia
              ostia répond à psych0Dad
              inadapté
              • Posté à 20h01 le 02/02/2012
              • Internaute 88960
                inadapté

              10 000 dollar par an c’est déjà hors de prix, pour la classe moyenne qui n’a pas accès aux bourses, 10 000 dollars par an pendant cinq ans c’est impensable. Et encore 10 000 dollar c’est les moins chères.
              C’est donc bien l’éducation pour les riches

              • psych0Dad
                psych0Dad répond à ostia
                sociopathe
                • Posté à 20h53 le 02/02/2012
                • Internaute 81504
                  sociopathe

                Mais vous oubliez que ce n’est pas le cout qui en France empeche les enfants issus de milieux modestes de faire des etudes superieures. Ces derniers sont en effet massivement orientes vers les filieres courtes qui n’ouvrent pas ou peu les portes du superieur (et pas toujours a bon escient d’ailleurs).

                L’enseignement a de toute facon un cout. S’il est abordable, c’est que l’Etat paie ce qui n’est pas couvert par les frais d’inscription. Avec quel argent ? Celui des impots, de la TVA, etc... Et comme la France aime les impots regressifs (et avec la TVA « sociale-de-mes-deux » ca ne va pas s’arranger) on en arrive a la situation ubuesque ou les pauvres paient pour financer des universites frequentees par les enfants de « riches » (ou au moins suffisamment riches pour payer plus que les maigres frais d’inscription qu’on leur reclame jusqu’a present)

                Alors oui, dans 4 ans je paierai plein pot pour envoyer ma descendance a la fac. C’est moralement plus acceptable que de faire payer le caissier du Taco Bell.

              • psych0Dad
                psych0Dad répond à ostia
                sociopathe
                • Posté à 21h15 le 02/02/2012
                • Internaute 81504
                  sociopathe

                Aux Etats-Unis le revenu annuel median (j’ai bien dit median, pas moyen) est de $50 000 par famille (contre 27 000 euros en France si ma memoire est bonne). En consequence de quoi depenser $10 000 / an (defiscalises en plus) pour mettre son mome a la fac, c’est certes un sacrifice mais c’est loin d’etre « hors de prix » pour la classe moyenne.

                • emiboot
                  emiboot répond à psych0Dad
                  Mammifère
                  • Posté à 10h44 le 03/02/2012
                  • Internaute 81944
                    Mammifère

                  « (contre 27 000 euros en France si ma memoire est bonne). » Brut ? Il me semble qu’en net c’est autour de 1600 € / mois personnes en France (soit un peu plus de 19 000 net avant impôt).
                  La situation est difficilement comparable de toute manière entre US et France, les niveaux d’impositions sont différents, les salaires aussi, pour ne citer que ces 2 variables là. Personnellement je suis pour que l’enseignement supérieur soi ouvert à tout le monde (principe d’éducation populaire), et que les diplômes soient repensés pour intégrer aussi la capacité de synthèse, d’analyse et pas uniquement la mémoire et l’endurance nerveuse.

                • Brachamul
                  Brachamul répond à psych0Dad
                  Multi-Taskeur
                  • Posté à 22h53 le 03/02/2012
                  • Internaute 94825
                    Multi-Taskeur

                  Juste pour l’info, 27000€ = 35000$

              • Brachamul
                Brachamul répond à ostia
                Multi-Taskeur
                • Posté à 00h57 le 03/02/2012
                • Internaute 94825
                  Multi-Taskeur

                Ben non. On s’en branle des bourses aux Etats-Unis. J’ai fait mes études en Angleterre, et les pauvres avaient des prêts pour payer les cours et la vie autour. Pas comme les bourses françaises qui sont souvent insuffisantes, car dépendantes des revenus des parents. D’ailleurs ces prêts sont accordés sans conditions de revenu, et à des taux extrêmement faibles, voire zero.

                Alors oui, vous pouvez dire qu’après on commence la vie endetté, mais c’est un choix : commencer la vie sans diplôme ou commencer la vie avec une dette et un diplôme.

                De plus, on ne commence à rembourser le prêt qu’à partir d’un certain niveau de salaire, ce qui évite d’asphyxier les jeunes travailleurs.

                Je ne dis pas que l’université payante est une bonne chose, je ne le crois pas, mais ce n’est pas en soi un problème. Vous ne pouvez pas vous dire « si en France c’était payant, ce serait la merde, donc à l’étranger, c’est forcément la merde ». Il faut prendre en compte les système qui encadrent ces fonctionnements.

              • vaugoubert
                vaugoubert répond à ostia
                • Posté à 07h50 le 03/02/2012
                • Internaute 31921

                Berkeley, j’y suis allé, c’est cher pour un Français, mais c’est une université publique, et l’une des meilleures des USA, et pour un Californien elle est dans les 13000$, avec pas mal de possibilités de bourse.
                13000, ok, c’est beaucoup (là-bas, on fait un prêt et on est bien payé une fois diplômé), mais Berkeley est la 4° meilleure université du monde selon le classement de Shanghaï.
                En France, on paie l’université via ses impôts et les taxes, les établissements sont sous dotés et in fine ce sont les enfants des classes moyennes et moyennes supérieures qui en bénéficient le plus.
                C’est un autre type d’organisation, est-il réellement supérieur ?

        9 autres commentaires
  • Petros de Patras
    • Posté à 18h35 le 02/02/2012
    • Internaute 33978
      archéo

    Absolument d’accord.
    A l’époque de l’internet, où la question essentielle est de savoir jongler avec les informations, les partiels sont des exercices complètement dépassés. C’est un espace-temps fermé qui ne met pas en valeur la maîtrise des outils et des savoirs pour analyser des faits et des théories. Au contraire, cela favorise la mémoire et un tout petit peu l’analyse (du cours du prof). Travaillant dans la recherche, j’utilise les méthodes apprises en fac d’histoire... savoir aller chercher l’information, puis l’intégrer à ses propres travaux... Mais les partiels servent de moules pour obtenir des clones... qui ont bien failli réussir à m’empêcher de réaliser ma passion. (j’ai une dent contre la culture bourgeoise)

  • ostia
    ostia
    inadapté
    • Posté à 19h06 le 02/02/2012
    • Internaute 88960
      inadapté

    Je suis d’accord avec l’auteur, sauf sur un point : « marathon des nerfs »

    non les nerfs vont très bien, en école d’ingénieur, une fois qu’on est entré, on est sûr d’être diplômé (à moins de vouloir vraiment se faire virer). Donc marathon oui peut être (et encore), mais certainement pas marathon des nerfs

    • Fantomax
      Fantomax répond à ostia
      génie du mal
      • Posté à 23h50 le 02/02/2012
      • Internaute 157606
        génie du mal

      On te laisse avec tes amis profs et étudiants, hein.
      Nous ça nous gonfle un peu en fait.

      • ostia
        ostia répond à Fantomax
        inadapté
        • Posté à 09h34 le 03/02/2012
        • Internaute 88960
          inadapté

        NIHILISTE

  • Rivendell
    Rivendell
    Toléré par [censored] Guéant.
    • Posté à 19h12 le 02/02/2012
    • Internaute 102483
      Toléré par [censored] Guéant.

    J’ai jamais révisé un partiel. J’ai eu mon bas+5 haut la main.

    Faut dire qu’au lieu d’attendre que le prof file les réponses, je faisais réellement les TD.

    Les perroquets les plus doués avaient certes de meilleures notes que moi, mais franchement, je m’en foutais.

    Alors, si vous ne voulez pas être un perroquet, cessez de l’être. Et si vous n’y arrivez dès lors plus, c’est qu’il vaut mieux abandonner.

    • Thomas Edison
      Thomas Edison répond à Rivendell
      Present
      • Posté à 20h06 le 02/02/2012
      • 179489
        Present

      Exact, l’important est d’aller en cours et d’écouter, de rester concentré. Et pas de se barrer en disant « ça me saoule je le rattraperai plus tard », parce qu’on ne rattrape en réalité jamais.
      Pour avoir révisé la veille des examens, j’ai souvent été à 12, sans jamais sécher.
      En relisant de temps en temps son cours, avec révisions efficaces deux semaines avant, le 14 est assez facilement accessible.
      Pourquoi ? Parce que l’auteur de l’article l’a dit elle-même, on est tous en mode presse-purée, la cause venant du fait qu’on glande (ou qu’on travaille pour se payer ses études) jusqu’à la veille de l’examen. Les profs adaptent leur partiel à un truc simplifié au maximum pour ne pas perdre tous les étudiants l’année suivante.
      Mais bon, ça dépend aussi beaucoup de la filière évidemment.

    • Maxmaxence
      Maxmaxence répond à Rivendell
      Cafetier de la Rue
      • Posté à 23h40 le 02/02/2012
      • Internaute 120649
        Cafetier de la Rue

      \o/ Viens faire mes TD de maths, même le chargé de TD et la nana qui sort de prépa scientifique n’y arrivent pas. Comment suis-je sensé les faire tout seuls ?

      • Arles Tabet
        Arles Tabet répond à Maxmaxence
        • Posté à 23h49 le 02/02/2012
        • Internaute 9214

        Ca s’appelle bosser, figure-toi... Désolé si tu dois travailler pour gagner ta vie à côté, mais sinon pas d’excuse. Ou alors fais autre chose.

      • emiboot
        emiboot répond à Maxmaxence
        Mammifère
        • Posté à 10h48 le 03/02/2012
        • Internaute 81944
          Mammifère

        C’est plutôt : si tu y arrives seul, tu seras plus paré que les autres pour le monde du travail, où ce type de situations est courante.

  • Adebisi
    Adebisi
    En pleine réflexion
    • Posté à 19h14 le 02/02/2012
    • Internaute 87736
      En pleine réflexion

    Oui, rien de bien nouveau.
    Le système éducatif français a toujours été comme ça : on apprend par coeur des tonnes de pages comme des boeufs, on les recrache et comme le prof constate qu’on a bien réécrit son cours, il est content et on a une bonne note.

    Par contre, pour rebondir sur la situation de l’auteur les examens des « grandes écoles » n’ont aucune valeur. On a fait le plus dur quand on y est entré. Peu importe que tu réussisses ton cursus, n’importe quel baltringue sortant d’une grande école sera toujours mieux considéré que le meilleur étudiant d’une fac par les recruteurs.

  • cyrilleh
    cyrilleh
    Classe moyenne
    • Posté à 19h25 le 02/02/2012
    • Internaute 99871
      Classe moyenne

    « On évoque souvent le désintérêt des jeunes pour l’école. » Je vous répondrais par « “On” c’est le con » comme le disait mon professeur de philosophie.

    « Notre vieille France orgueilleuse et conservatrice [...] Au Canada où j’ai passé un semestre ».
    Alors là, il y a beaucoup à dire. De une, vous n’avez qu’un semestre à l’étranger, ce qui ne fait pas de vous un expert, ni même une personne objective car l’effet « honey moon » des étudiants étrangers est très fort et ne s’estompe pas quand l’on reste que quatre à cinq mois dans un pays. Pour connaitre un pays et émettre un jugement un tant soit peu intéressant, au moins 10 mois semblent nécessaire. Désolé de vous le dire mais vous ne connaissez du Canada qu’une infime partie.
    De deux, vous allez vite à votre conclusion qu’en France, il n’y a que les partiels qui comptent et qu’au Canada et ailleurs en Europe (vous y avez étudié ?), il n’y a aucune session d’examens. Bizarrement, en trois semestres à l’étranger, j’ai toujours eu l’équivalent des partiels. En moins hard, c’est sur mais le principe est le même partout, c’est à dire des examens programmés sur une période définie.

    « Au Canada où j’ai passé un semestre ».
    Bref, fallait le dire plus tôt, nous aurions compris votre état d’esprit dès le début. Evitez les généralités et les poncifs et si vous êtes en dépression de type « post-Erasmus », je compatis avec vous.

  • P0CM4N
    P0CM4N
    etudiant
    • Posté à 19h29 le 02/02/2012
    • Internaute 161450
      etudiant

    Je suis actuellement en école d’ingénieur, et nous sommes en « semi-continu »
    En gros, on a de nombreux contrôles pendant le semestre plus une semaine de « partiels » (environ 20h de contrôle) mais on a toujours les autres cours sur cette semaine là (DM de quantique, projet robot, rendu d’anglais, rapport d’interviews).
    C’est très tendu, mais il n’est jamais question de « par coeur ». On a souvent droit aux poly de cours pendant les contrôles.

    • Xahendir
      Xahendir répond à P0CM4N
      étudiant
      • Posté à 00h48 le 03/02/2012
      • Internaute 169622
        étudiant

      Idem. Une semaine d’examens et des examens anticipés.

      Chaque examen ou presque est différent : aucun document, juste le cours, le cours et les TD fait avec le prof, tout document, un travail rédigé à rendre, une présentation ...

      Quant à l’idée qu’une évaluation doit permettre l’amélioration de l’élève ça marche si on considère une matière dans sa globalité mais pas si on a de nombreuses matières très ciblées :
      - au lycée, on a « math » toute l’année donc entre 2 contrôles de « math » on peut travailler sur les lacunes qu’on avait au moment de l’évaluation précédente
      - moi, en école d’ingénieur j’ai plein de cours qui n’ont pas de liens directs : savoir la partie du cours de « finance des entreprise » que je n’ai pas assimilé ne me servira pas si je n’ai pas un cours « finance des entreprise partie 2 » (et si c’est pour ma culture générale, il me suffit de garder le cours et de le lire quand j’en ai besoin), de même pour les cours de « sécurité des industries chimiques », de « thermique », d’« entrepreneuriat » ....

  • Lemmy_Nothor
    Lemmy_Nothor
    Aintgonnaworkformaggiesfarm
    • Posté à 19h32 le 02/02/2012
    • Internaute 12434
      Aintgonnaworkformaggiesfarm

    Ne croyez pas que c’est mieux en amérique....loin de là.

  • Lokiel
    Lokiel
    ex-étudiant
    • Posté à 19h33 le 02/02/2012
    • Internaute 129379
      ex-étudiant

    Là dessus les grandes écoles ne sont pas responsables : les modalités d’examen, même en grande école, doivent correspondre à certains critères pour que le diplôme soit reconnu par la France.

    A ce sujet, plus le temps passe, plus je trouve que le système même d’examen est d’une rare bêtise. D’abord parce qu’il fait jouer la subjectivité du correcteur, le grand jeu devenant alors de deviner ce qui lui plaira : un de mes professeurs, guère subtil, passait ainsi en cours d’histoire des chants de l’armée russe. Résultat des courses, son partiel venu, ma promotion s’est changée en fervente partisane du collectivisme soviétique (avec plus ou moins de bonheurs, certes) . Le partiel d’économie arrivant, elle découvrit les joies du libéralisme, de Say et de Ricardo (avec plutôt moins de bonheur, soit dit en passant).

    Ensuite parce qu’une évaluation standardisée devrait signifier des attentes standardisées, ce qui n’est pas le cas. Un exemple tout bête : j’ai été major de ma promo dans une matière et dernier dans une autre (cas véridique, à mon grand regret) . Je passe deux concours A+ de la fonction publique quasi identiques (mêmes épreuves, débouchés identiques mais dans deux branches différentes de l’administration, salaires équivalents, bref, les uns et les autres sont interchangeables) : au premier, la matière où j’étais major devient un 8 et mon avant dernière note alors que celle où j’étais dernier devient un 10 et ma meilleure note. Au second, la matière où j’étais major devient un 12 et ma deuxième meilleure note, l’autre devient un 8 et mon avant dernière note.Tout ça pour dire que pour une épreuve supposée identique (peu ou prou les mêmes correcteurs, mêmes corpus de révisions, ... ) les attentes des correcteurs changent tellement (alors même qu’il s’agit souvent des mêmes personnes) qu’un éventail de note peut se retrouver renversé : on ne corrige pas un devoir d’économie à Dauphine comme on le corrigerait à l’ENS, même si les deux écoles ont des niveaux proches, ce qui peut être très perturbant pour l’élève et fait de la note un piètre indicateur.

    Le système d’évaluation français est également très très très mauvais : on privilégie les dissertations, ce qui n’indique rien sur la capacité de l’élève à faire son job (une dissertation de droit par exemple est l’un des exercices les plus inutiles qu’il puisse être donné de faire : comprendre les évolutions dans le temps du droit, c’est beau, mais ça ne remplace pas le fait de pouvoir gagner un procès) . De plus, on s’appuie bien trop sur les cours magistraux pour les évaluations alors que les cours de TD restent le parent pauvre. Enfin, bien trop peu de cas pratiques dans les évaluations, sauf en école de commerce et d’ingénieur : comment savoir si vous avez un bon, je sais pas moi, communiquant si vous ne lui demandez jamais de préparer une communication pour vous ? Un bon économiste si vous ne lui demandez jamais une analyse économique détaillée ?

    Enfin, soyons honnêtes, la pratique de l’examen écrit est la porte ouverte à la tricherie la plus éhontée.

    Je serais, à titre personnel, bien plus favorable à des examens basés sur des travaux pratiques (par exemple en groupe, pour permettre une soutenance devant un jury) et une note d’assiduité en cours en amphi, au moins à partir de la dernière année de licence.

    • Xahendir
      Xahendir répond à Lokiel
      étudiant
      • Posté à 00h51 le 03/02/2012
      • Internaute 169622
        étudiant

      « Ensuite parce qu’une évaluation standardisée devrait signifier des attentes standardisées, ce qui n’est pas le cas. Un exemple tout bête : j’ai été major de ma promo dans une matière et dernier dans une autre (cas véridique, à mon grand regret) . »

      Je ne vous suis pas : voulez-vous dire que si on est très bon on l’est partout ? Que si on est très mauvais on l’est partout ? On peut aussi passer complètement à côté d’une épreuve.

      • Lokiel
        Lokiel répond à Xahendir
        ex-étudiant
        • Posté à 13h19 le 03/02/2012
        • Internaute 129379
          ex-étudiant

        Non. L’exemple que je prenais est qu’à la même matière dans deux épreuves différentes de la même école, je passe de major à dernier et de dernier à premier, ce qui me paraît anormal. C’est que les attentes entre les deux épreuves sur la même matière ne sont pas les mêmes et qu’on ne juge pas la même chose. Un exemple tout con : certains de mes profs attendaient dans nos disserts une suite d’arguments théoriques appuyés par des formules et des chiffres. D’autres privilégiaient les exemples originaux et les exemples historiques. Dans la même matière. Et quand vous rencontrez un nouveau prof, aucun moyen de savoir ce qu’il privilégiera.

         
        • Xahendir
          Xahendir répond à Lokiel
          étudiant
          • Posté à 18h36 le 03/02/2012
          • Internaute 169622
            étudiant

          Ok. Les matières que j’ai ne se prêtent pas à ce genre de comparaison je pense.

        1 autres commentaires
  • GaiusMarius
    GaiusMarius
    Latiniste en voie d'extinction
    • Posté à 19h50 le 02/02/2012
    • Internaute 137924
      Latiniste en voie d'extinction

    Je suis d’accord avec plusieurs remarques qui m’ont précédé. Étant professeur et étudiant, puisque j’ai repris mes études à la fac en formation continue, j’estime que 1, les notations sont d’autant plus pertinentes et vérifiables qu’elles sont associées à des critères clairs de réussite. Vous ne comprenez pas vos notes ? Fédérez-vous et exigez la publication des critères de réussite, ça vous fera une angoisse en moins.
    2 Le par cœur est non seulement le meilleur moyen de fournir aux étudiants de milieux défavorisés culturellement la possibilité de rattraper la longueur de retard qu’ils ont avec les milieux favorisés, mais ça vous permet (et cela ne vous empêchera jamais) de réfléchir en connaissance de cause. Si vous êtes assez tarte pour apprendre (quand on apprend, c’est pour la vie, c’est ce que je répète à mes élèves) à la va vite et « vomir » selon vos termes élégants le contenu du cours, c’est que vous n’avez rien compris ni à la problématisation d’une réflexion, ni à l’intérêt d’avoir toujours sur soi les connaissances qui vous aident à vous adapter à n’importe quelle situation.
    Enfin, 3, effectivement, les TD servent à faire des recherches, à résoudre des problèmes et mettre en forme les résultats, et franchement, quand on voit la bouillie sans nom qui en sort, il vaut mieux donner des partiels, à moins de ne pas être allergique aux plans en 7 parties et demie, sans exemple ni analyse, et au copié collé de livres et/ou articles dépassés, jamais critiqués et repris en dépit du bon sens.
    Réfléchissez à votre position de perroquet, et on en reparlera quand vous aurez tout assimilé.

    • Thomas Edison
      Thomas Edison répond à GaiusMarius
      Present
      • Posté à 20h12 le 02/02/2012
      • 179489
        Present

      Tout-à-fait d’accord, vous avez bien réussi à révéler l’hypocrisie de cet article.

    • 17RUEMB
      17RUEMB répond à GaiusMarius
      • Posté à 21h10 le 02/02/2012
      • 175625

      Gaius Marius tu ne viens pas de milieu défavorisé, sinon tu saurais que le sens pratique nécessaire en TD est aussi bien maîtrisé que le sens du perroquet. En quoi les milieux défavorisés apprendraient mieux par la par coeur que les autres ou q’aà travers les TD !
      L’effet Perroquet produit jusque dans les grandes écoles des anes qui ne savent que répéter ce que l’on leur dit. On les vois dans les comité directeurs acquiescer en oscillant la tête sans se poser de question et sans capacitée d’analyse personnelle.
      De la bouillie des TD proche de la réalité s’oppose la théorie belle et pure, nette !
      L’assimilation ne passe pas que par la théorie. Encore heureux que la mise en pratique est là en dialogue avec les théories pour faire avancer les deux !

      • GaiusMarius
        GaiusMarius répond à 17RUEMB
        Latiniste en voie d'extinction
        • Posté à 21h24 le 02/02/2012
        • Internaute 137924
          Latiniste en voie d'extinction

        Pardon, mais ta lecture de ma remarque est erronée : je dis simplement que le par cœur permet de rattraper un déficit dans un milieu culturellement défavorisé, ce qui apparemment ne correspond pas forcément au « défavorisé » tout court que tu supputes.
        Ensuite, je n’ai jamais dit que les étudiants issus de milieux défavorisés (sur quels critères ?) apprenaient mieux grâce au par cœur que grâce aux TD ou quoi que ce soit d’autre : où ai-je suggéré cette échelle de comparaison ?
        Relis ma remarque, les commentaires sont nettement séparés.

         
        • 17RUEMB
          17RUEMB répond à GaiusMarius
          • Posté à 21h37 le 02/02/2012
          • 175625

          En quoi le « par coeur » permet-il de rattraper le retard ?
          Pourquoi le retard ne pourrait-il pas être rattrapé en TD ?
          De quel retard parles tu ?
          A propos des choses apprises par coeur, beaucoup de personnes ne retiennent presque rien et d’autant moins qu’aucune application en TD ou ailleurs, n’a été mise en place.
          De plus, bien souvent ce qui est appris par coeur n’est pas compris et reste des concepts très flous dont étudiants d’ailleurs rigolent tellement cela leur parait abstrait.

        1 autres commentaires
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