Aujourd'hui le Brésil 29/01/2012 à 11h32

Le Brésil sans Lula : « Dilma », plébiscitée, affirme son style

Aujourd'hui le Brésil"
Priscila Beltrame | Aujourdhui le Brésil

La présidente brésilienne Dilma Rousseff a le vent en poupe. Avec 56% d’opinion publique favorable, voire très favorable, elle obtient le meilleur score jamais atteint par un président en activité après une année d’exercice.

C’est le chiffre avancé par l’IBOPE (le plus important institut de sondage brésilien) suite à un sondage réalisé entre les 2 et 5 décembre dernier auprès de 2.002 électeurs de plus de 16 ans, dans 142 municipalités. (source Portal IG).

Dilma Rousseff a dépassé ses prédécesseurs, Fernando Henrique Cardoso (qui avait obtenu, durant ses deux mandats, 43% et 17% après la première année d’exercice) et Lula (41% et 51%).

Un gouvernement fragilisé par des démissions en cascade sur fond de crise internationale

La première année de la présidence de Dilma a été marquée par des dénonciations de corruption de ministres très proches de la présidente. Accusés de s’être enrichis personnellement, de détournement des fonds publics, de corruption ou de lobbying, six ministres ont démissionné, dont l’homme le plus important du parti de la présidente (le PT), l’ex-ministre de la Casa Civil, Antonio Palocci. Le septième ministre, Nelson Jobim, ex-ministre de la Défense, a dû présenter sa démission après avoir déclaré qu’il avait voté pour le parti adverse.

Au-delà de ces accusations de corruption, la première année de son mandat fut également marquée par le scénario de récession économique internationale et la recherche, pour le gouvernement, de solutions pour en minimiser l’impact.
Les principales mesures adoptées ont été l’application d’une politique de change et de taux d’intérêt élevés, dans la continuité de la politique menée par Lula. L’objectif étant de maintenir la crédibilité politique et économique du pays pour attirer les investissements étrangers qui se détournent des pays en crise.

Dilma, « l’Evita de la tablette »

La restructuration de l’administration, comme la réforme ministérielle et la politique d’une tolérance zéro sur la corruption ont montré que Dilma pouvait être dure en ce qui concerne les affaires internes. Mais en même temps, dans ses relations avec le public, elle apparaît plus sympathique, accessible et modérée.
Selon l’Estadão, la présidente est déjà reconnue comme une « Evita de la tablette », en référence à Evita Peron, première dame d’Argentine entre 1946 et 1952 mais également parce qu’elle ne se déplace jamais sans son IPad.

2012 sera avant tout année de politique sociale dans un contexte délicat de politique électorale

D’ici 2014, « la priorité est d’accélérer le programme du “Brésil sans misère” et les actions destinées aux plus défavorisés. Figurent dans dans cet agenda, la création de bureaux d’enregistrement destinés aux habitants des rues afin qu’ils aient accès aux SUS (service de santé publique), la multiplication des citernes d’eau dans le cadre du programme “de l’Eau pour Tous” et un investissement de 125,7 milliards de réais pour “Ma maison, ma vie” » résume la journaliste Vera Rosan dans l’Estadão.

Mais pour le moment, les perspectives pour 2012 passent nécessairement par le scénario des élections municipales et ce, dans un contexte de réduction des dépenses et de consolidation de son propre style de gouvernance, en dépit de l’héritage laissé par son prédécesseur.

La présidente devra jouer d’habileté pour contourner les divergences entre les différents partis qui soutiennent son gouvernement, en particulier avec le PSDB, parti de son vice-premier ministre. Si elle y parvient, elle pourra ainsi gouverner avec plus tranquillité et capitaliser sur les vents favorables qui soufflent actuellement sur les pays émergents.

Publié initialement sur
Aujourd'hui le Brésil
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  • Funkabeat
    Funkabeat
    Grooviste incurable
    • Posté à 15h04 le 29/01/2012
    • Internaute 133395
      Grooviste incurable

    Et Belo Monte dans tout ça ? ? ? Quand est-ce que Rue89 va en parler ? ? ?
    La cote de Dilma on s’en fout ! ! !
    Lien

    La Dilma est CONTRAINTE de faire le ménage dans son gouvernement. Les ministres qu’elle a choisis tombent comme des mouches, mais c’est sous la pression des découvertes des médias. Pas pour une prétendue lutte contre la corruption ! Elle est une des plus corrompue ! ! ! (Rappelons ici que l’histoire de corruption de son dernier ministére a été étoufé soigneusement).
    Tout au plus, il s’agit de purges staliniennes au sein du PT.
    Les lobbistes sont plus que jamais installés à Brasilia. En fait, quelques-uns ont remplacé les amis de Lula, ce qui a provoqué quelques remous... rien de grave, rassurez-vous.

    Abraço do Brasil :)

    • bleunbrug
      bleunbrug répond à Funkabeat
      bien situé
      • Posté à 19h21 le 29/01/2012
      • Internaute 124086
        bien situé

      « La cote de Dilma on s’en fout ! ! ! “
      Pas tant que ça. Moi j’apprécie d’avoir des infos de l’étranger, ne serait-ce que pour prendre la température du pays.
      L’action de Dilma ne se résume :
      - ni au barrage => effectivement il y aurait sans doute à dire
      - ni à la corruption ‘Elle est une des plus corrompue ! ! ! (Rappelons ici que l’histoire de corruption de son dernier ministère a été étouffé soigneusement).’ => Je ne connais aucune démocratie sans corruption. Merci de donner les sources qui la mettent en cause directement.
      - ni à la ‘pacification’ des favelas de Rio, les dessous ne sont certainement pas si reluisants que ça.
      - ni aux sans-terres toujours sans terres...
      - etc...

      Ceci dit les gens semblent l’apprécier. La qualité de vie semble s’améliorer.
      Quant au stalinisme, demandez au cadors de la bourse brésilienne ce qu’il advint de leur fortune depuis 10 ans...
      L’héritage de Lula semblait lourd à porter, Le charisme de Dilma a longtemps été mis en question. On voit qu’elle ne fait pas que gérer le passé mais met en place sa politique, avec de nouvelles ambitions.
      Bilan dans 3ans.
      Pour ma part je suis prêt à faire l’échange

      • Funkabeat
        Funkabeat répond à bleunbrug
        Grooviste incurable
        • Posté à 22h41 le 29/01/2012
        • Internaute 133395
          Grooviste incurable

        Si les nouvelles de l’étranger se résument aux sondages d’opinions sur les présidents, on est franchement mal barrés ! ! !

        La corruption au Brésil est généralisée (tous partis et milieux confondus), et tout le monde ici le sais trés bien. Mais les ministres qui sont tombés depuis le début du mandat de la Dilma ne sont pas tombés parcequ’elle a fait quelquechose... au contraire. Dire que Dilma est la championne de l’anti-corruption est un comble de bêtise, ou de la propagande.

        Je ne vais pas vous traduire les dixaines de publications et d’articles sur la corruption organisée à la Casa Civil du temps de Dilma ministre, avec Erenice Guerra qui invitait les lobbistes au ministère. Comme les gens qui se battent pour la démocratie au Brésil vous le diront : soit elle était au courrant, soit elle ignorait la corruption à grande échelle dans le bureau d’à coté, organisé par sa meilleure copine et son fils. Ce qui révèle une incompétance notable pour quelqu’un qui prétend lutter contre la corruption ! ! !

        Les gens qui « l’apprecient » sont des gens ignorants dont on bourre le crâne avec une propagande immonde, et bien sûr, les gros industriels.
        Oui, le niveau de vie augmente, comme il augmente dans tous les pays « stables » du monde. La croissance est due à la vente de matières premières à la Chine pour une très grande part. Les richesses sont concentrées dans les mains de 4 ou 5% de Brésiliens qui se comportent comme des colons : on donne une aumône pour avoir la paix. Et -oh suprême ironie ! - ce sont eux qui ont mis Lula, puis Dilma au pouvoir, en échange de faveurs qui feraient pâlir les plus crapuleux de l’ump.
        Le PT mène une politique néolibérale-corrompue. Et tout le monde est content : les gros industriels continuent leur business, et le gouvernement contient la hausse des salaires, et contrôle les syndicats, en engraissant leurs leaders.

        Les « Sans-Terres » n’existent plus ! ! ! Vous avez dix ans de retard. Les derniers représentants sont de vagues rebéles qui ont refusé un poste ou du fric.

        Les « cadors de la bourse brésilienne » sont ceux qui ont mis le PT au pouvoir. Si vous ne le saviez pas, désolé de vous décevoir. Le « syndicaliste » n’a remporté les élections qu’après avoir signé un pacte honteux. Tous les « vrais socialistes » sont alors sortis du PT et sont depuis dans la défense de la démocratie, les Droits de l’Homme.
        Quand à la Dilma, c’est pas vraiment une lumière ! ! ! Non seulement elle est complètement inculte, mais en plus elle a horreur des pauvres. On parle pudiquement de son manque de charisme pour ne pas parler de son aversion pour la classe la plus défavorisée. Elle est du niveau de Morano, et encore.
        Son passage à la Casa Civil a été un désastre au niveau des résultats, et personne n’attend qu’elle fasse mieux comme présidente. Seuls les ignorants ont de l’espoir, et les grosses entreprises qui font ce qu’elles veulent avec la complicité du gouvernement.
        L’« héritage de Lula » est tout aussi affligeant. La santé est dans la misère, la justice est à la dérive et l’éducation a été abandonnée... Allez faire un tour à l’USP, vous verrez la plus grosse université du pays brimée, muselée et isolée : les étudiants sont les seuls encore à se rebeller, car ils ne sont pas dans les « partis officiels ».

        Comparez avec son prédécesseur : Lien

        La nouvelle politique de Dilma... c’est la même en changeant les bénéficiaires. C’est-à-dire les gros-plein-de-fric qui changent. Vous savez, ceux qui exportent les bois précieux en douce, qui vendent du pétrole qui est encore bien au fond de la mer, qui font travailler des exclaves dans les plantations de soja (on construit des routes pour le transporter ce soja, au nom du « progrès »), etc...

        Ce que je regrette sincèrement, c’est que beaucoup d’européens imagine le « socialisme » brésilien comme un modèle, ou du moins, un grand progrès. Je vis ici depuis pas mal de temps déjà, je parle courrement portugais depuis plus de 30 ans, et j’avais aussi cette « image » en débarquant, jai toujours voté à gauche ou écolo... J’ai vite compris que la réalité est cruellement différente : c’est un polulisme de bas niveau, ce qu’on appelle ici, la dictature de l’ignorance.

        Désolé d’avoir été si long :))))

    • Gringo65
      Gringo65 répond à Funkabeat
      Rabatteur de merlus
      • Posté à 00h22 le 30/01/2012
      • Internaute 93849
        Rabatteur de merlus

      Elle est une des plus corrompue ! ! !

      Où sont vos preuves svp ?

      Que Dilma ait quelque pommes pourries dans on entourage ça ne fait malheureusement guère de doute. En revanche, ça ne cadre pas beaucoup avec le personnage. Rue89 a justement rappelé il y a peu de temps qu’elle a subi la prison et la torture de la junte militaire à 19 ans. Elle s’est battue contre le cancer et avait une réputation de bourreau de travail quand elle était dans le gouvernement Lula. Passer par toutes ces épreuves, faire cette démonstration de force et de courage pour se transformer en une vulgaire voleuse, j’ai beaucoup de mal à le croire...

      • Funkabeat
        Funkabeat répond à Gringo65
        Grooviste incurable
        • Posté à 01h13 le 30/01/2012
        • Internaute 133395
          Grooviste incurable

        Tient, Gringo de nouveau et sur le même sujet :) Tudo joia cara ?

        Les preuves ont été soigneusement effacées par l’équipe de Dilma, mais il en est reté un peu quand même : Lien
        Vous avez vu combien de temps ça a pris en France pour juger Chirac ? Au Brésil... c’est carrément impossible. Le suprême tribunal est dans les mains de la coalition du gouvernement.
        La corruption du PT a été prouvée plus d’une fois ! ! ! (cherchez « mensalão » par exemple) Et le PT est plus malin que Color ne l’avait été. (á noter que Color appelait à voter Dilma pendant la campagne ! ! ! !)

        La torture ne rend pas les gens irréprochables ou intègres à vie que je sache. Et en plus, si elle a été « torturée » (comme des dixaines de milliers d’autres brésiliens), c’était en 1973... Beaucoup d’autres stalinistes ont été torturés dans l´Histoire.
        « Se battre contre le cancer » n’est pas non plus une preuve d’honnêteté. En tout cas, faire exterminer les indiens du Xingu n’est pas vraiment dans la ligne de ce que Rue89 raconte, d’oû ma colère.

        Son travail dans le gouvernement de Lula a été « fantastique »... si on écoute la propagande du PT, mais dans les fait, c’est plutôt médiocre, avec le « plan de modernisation » qui n’a jamais vraiment décolé (regardez les chiffres officiels avant d’insinuer que je suis de mauvaise foi Lien).

        L’image que Rue89 transmet par P. Beltrame est le point de vue du PT (qui représente 30% de l’opinion brésilienne). Dilma a été élue par un peu plus de 50%, dont la plus grosse part vient de gens qui ne lisent pas les journaux, ne comprennent rien à la politique, pensent que le PT va les sauver de la misère etc... Une grosse partie de la population fragile et facilement manipulable.
        La fameuse « bolsa familia » (allocation familiale) a été mise en place par le prédecesseur de Lula. Lula l’a simplement « adaptée » à des fins électoralistes. Le salaire minimum est maintenu au plancher depuis dix ans... super pour les pauvres.

        Si vous voulez des preuves, venez au Brésil, et parlez avec tout le monde, de tous les milieux sociaux, de tous les coins, et sur tous les sujets, lisez les journaux, suivez les débats, allez voir ce qui se passe dans les hopitaux, les universités, les tribunaux...
        Si vous écoutez le PT, c’est comme savoir ce qui se passe en France en écoutant Xavier Bertrant et Morano ! ! !

         
        • Gringo65
          Gringo65 répond à Funkabeat
          Rabatteur de merlus
          • Posté à 14h20 le 30/01/2012
          • Internaute 93849
            Rabatteur de merlus

          Tudo joia obrigado !

          1. Votre 1er lien pointe sur un article concluant aux irrégularités commises par E. Guerra. Ensuite vous embrayez sur la corruption du PT. En quoi est-ce que cela me contredit quand j’écris que la présence de pommes pourries dans l’entourage de Dilma ne fait guère de doutes ?

          2. Ni la torture ni le cancer ne sont des preuves d’intégrité à vie : ce n’est là non plus pas ce que j’ai prétendu. Mon commentaire porte sur la vision que j’ai du personnage, c’est donc totalement subjectif et c’est bien pour ça que je vous demande une preuve de la corruption de Dilma.

          3. Son travail a été « fantastique » : je vous contredis une fois de plus mais vous interprétez de travers mes propos. J’ai écrit qu’elle avait une réputation de bourreau de travail. Ce n’est pas la même chose que je sache. Je veux bien croire que notre cher président soit un bourreau de travail ; en revanche, pour me convaincre que ses résultats sont fantastiques, ça n’est pas gagné je vous l’assure. J’enfonce le clou ; cette histoire de réputation je ne l’ai pas inventée, c’est qq chose que j’avais lu dans « Veja », revue que l’on peut difficilement soupçonner d’appartenir à l’arsenal du PT, j’espère que vous me l’accorderez.

          4. « Dilma a été élue par un peu plus de 50% (...) » : d’accord avec vous sauf sur le « pensent que le PT va les sauver de la misère ». L’ignorance du peuple brésilien en matière de politique est effrayante (en admettant évidemment que les quelques personnes avec qui j’ai discuté soient représentatives de
          l’ensemble du peuple, ce qui est probable mais pas certain). En revanche, ignorance ne veut pas dire naïveté. Je crois plutôt que le sentiment général (toutes classes sociales confondues) est le « tous pourris » - PT inclus. D’ailleurs, croyez-vous sincèrement que la majorité du bon peuple brésilien est capable de vous dire à quel partie appartient Dilma ? Ignorance ne veut pas non plus dire
          bêtise. Si Dilma a été réélue, c’est aussi parce que le niveau de vie du bas peuple a augmenté sous Lula. Le brésilien moyen sait parfaitement ce qui rentre dans son porte-monnaie. Cf. notamment le graphique ci-joint (à moins que wikipedia
          ne soit à la solde du PT ! ? :).

          5. D’une façon générale, ma question portait sur Dilma en personne et vous m’avez répondu « PT ». Vous affirmez péremptoirement que Dilma est l’une des + corrompues mais vous n’apportez pas la preuve de son enrichissement personnel. Je n’écoute pas plus ce que raconte le PT que je crois au « tous pourris ». Ce qui ne veut pas dire que je ne regarde pas ni n’écoute ce qui se passe autour de moi ; votre parallèle avec Chirac est intéressant dans ce sens. Mais même si les 2 personnages en sont finalement parvenus au même point, le chemin parcouru n’a rien à voir et c’est ce qui fait, à mon humble avis et jusqu’à ce qu’on me montre la preuve du contraire, toute la différence.

          • Funkabeat
            Funkabeat répond à Gringo65
            Grooviste incurable
            • Posté à 18h48 le 30/01/2012
            • Internaute 133395
              Grooviste incurable

            Erenice Guerra e Dilma sont hyper copines... Dire que Dilma ne savait rien des combines de l’autre est un peu naïf. De plus, si elle ne savait pas, c’est pas mieux. De toutes façons, l’affaire a été étouffée avec soin.
            Les pommes pourries se serrent bien dans le pannier ! ! ! Même les « pas pourries » savent ce que font les autres.
            Dilma est un pur produit du PT. Son ascension politique n’est rien d’autre (je ne sais pas si vous l’avez vue causer... c’est assez affligeant). Complètement inconnue il y a 6 ou 7 ans, elle a fait son trou parcequ’on avait besoin de quelqu’un sans casserolle. Ceci dit, Dilma ne peut ignorer les combines du PT. Elle a été protégée des scandales depuis 2005.
            Si quelqu’un avait des preuves, le PT ferait tout pour les faire disparaître. C’est comme les preuves accablantes des financements occultes de l’ump, on n’arrivera jamais à prouver les liens entre Dilma et les FARCs... Et pourtant ils ont été parmis les premiers à la féliciter.

            Qu’elle soit une bosseuse est très douteux. On sait qu’elle fait bosser les autres (c’est sûr), mais ses lacunes sur les dossiers (on l’a vu pendant la campagne) m’ont laissé plutôt l’impression du contraire. Genre Dati...

            Je ne lis que très rarement Veja (dans les salles d’attente ! ! !). Ce que je constate, c’est que ce journal n’a pas d’attache politique définie. Il agit au coup par coup, en fonction des sondages et des ventes. Il dit tout et son contraire. Veja a doublé ses ventes en publiant des scandales, mais il en dénonce autant sur le PT que sur Serra depuis. Il a un relend pipole qui le pousse au lêche botte, si ça rapporte.
            Je lis plutôt la Folha de São Paulo, le Estadão ou le Popular.

            L’ensemble du PT fonctionne par un système de corruption très efficace, à tous les niveaux, et c’est ce qui me fait écrire que Dilma, qui est au top de la hiérarchie, est bien placée pour être la pire. C’est peut-être un racourci abusif, mais on a vu comment ça s’est passé sous Lula, et Dilma ne fait certainement pas mieux.

            Pendant les élections au Brésil, le nom du parti est en général écrit en tout petit sur les affiches. L’étiquette est presque illisible. C’est un détail plutôt étrange d’ailleur. Le numéro de la case où mettre la croix par contre est en très très gros. Je pense que c’est dû au très grand nombre de partis, et aux illétrés, bien sûr.

            Les classes pauvres sont un réservoir de vote du PT. Tout le monde le sait ici. Pour beaucoup de gens simples, les allocation familiales et le revenu minimum sont des cadeaux du PT ! La propagande joue un role incontournable pour renforcer cette idée. (En fait, le fric qu’on leur donne tombe presque intégralement dans les poches des super-marchés...)
            A choisir entre améliorer les écoles ou filer le fric aux parents d’élèves... Le PT n’hésite pas.

            Nul n’ignore que le pouvoir d’achat a légèrement augmenté, mais rien de plus normal avec une croissance formidable (due avant tout aux matières premières exportées et à la consomation interne boostée au crédit sans retenue). En tout cas, on ne peut pas attribuer cette augmentation précisement aux retombées de la gouvernance. En fait, le PIB avait progressé bien plus fortement sous F. Henrique, et la dette a doublé sous Lula.
            Le pouvoir d’achat des classes moyennes et inférieures ne suit pas vraiment cette courbe d’enrichissement du pays. L’inflation vient même reprendre une bonne partie de ces bénéfices. Sans oublier les taux d’intérêts astronomiques qui mettent ces classes sur les genoux et les prix à la conso qui sont bien sur-évalués (les bagnoles sont au double du prix de tous les autres pays de l’Amérique du Sud par exemple).
            Ceci pour dire que l’amélioration est réelle, mais sans commune mesure avec la croissance astronomique des bénéfices des classes les plus riches. Comme disait Coluche, « les pauvres sont content de savoir qu’ils habitent dans un pays riche ». Comme dans tous les autres pays néo-libéraux, la redistribution ne se fait pas. Le PT mentient le revenu minimum sur l’inflation, pas sur la croissance.

            Ce que gagne les plus misérables a effectivement augmenté, sous la forme d’allocations, mais il se révèle depuis comme un grave problème de dépendence, et aussi une mesure de propagande à court terme, car isolée. L’éducation et la formation professionelle ont été par contre sacrifiées.

            Quand je parle de Chirac, c’est pour dire que Lula ne sera jamais inquiété par la justice. Ni lui, ni son fils, ni Dilma, ni Renan, ni Sarney, ni tous les autres complices du PT : ils ont compris la leçon avec l’affaire « mensalão », et la justice est à leur botte maintenant.

            • Gringo65
              Gringo65 répond à Funkabeat
              Rabatteur de merlus
              • Posté à 00h43 le 31/01/2012
              • Internaute 93849
                Rabatteur de merlus

              Vous êtes bien informé. Sous cet angle, votre affirmation initiale, bien que péremptoire, est plus facile à comprendre. Difficile effectivement de croire que Dilma est une oie blanche égarée au milieu d’un panier de crabes. Je n’en conclus pas pour autant qu’elle pique dans la caisse mais je reconnais qu’il y a de quoi se poser des questions. Je me rappelle notamment l’ascension socio-professionnelle du fils de Lula, aussi incroyable et fulgurante que scandaleuse, et il est vrai que je m’étais mis à regarder Luiz Ignacio d’un autre oeil à cette époque.

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