Polémique 25/01/2012 à 11h34

Adlène Hicheur, terroriste islamiste ou prisonnier politique ?

Malika Maclouf | Journaliste


La prison de Fresnes, ou est incarcéré Adlène Hicheur (Lionel Allorge/Wikimedia Commons/CC)

Chercheur franco-algérien, Adlène Hicheur vient de fêter ses 35 ans à la prison de Fresnes, où il est détenu depuis octobre 2009. Après une instruction dénoncée pour sa partialité, le chercheur a été condamné le 4 mai 2012 à cinq ans de prison, dont un avec sursis, pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ». Au cœur du débat, la législation antiterroriste.

Une scolarité sans faute en France

« Mon client a passé 27 mois derrière les barreaux », s’emporte son avocat, Me Patrick Baudouin. « On l’accuse de faits graves sans rien trouver qui justifie son maintien en détention ! » Comment Adlène Hicheur, jeune physicien et brillant chercheur au Cern (Centre européen pour la recherche nucléaire) à Genève a-t-il été emporté dans cette bourrasque judiciaire qui lui vaut de passer en correctionnelle ? Une question à laquelle son entourage dit ne trouver aucune réponse.

A 1 an à peine, il débarque d’Algérie avec ses parents et ses cinq frères et sœurs. Un parcours scolaire sans faute, puis Adlène obtient sa thèse au laboratoire de physique des particules d’Annecy-le-Vieux.

Après trois ans en Angleterre, il enseigne à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, tout en poursuivant ses recherches au Cern. Décrit comme solitaire et religieux, c’est d’abord, selon son frère Halim, « un intellectuel non sectaire qui se cultive énormément ».

Le 9 octobre 2009, Adlène est en partance pour Sétif, sa ville natale, pour y acheter un terrain, quand il est cueilli au domicile de ses parents à Vienne, dans l’Isère, par la DCRI (Direction centrale du renseignement intérieur).

Depuis un an, les enquêteurs l’ont repéré sur des forums islamistes derrière le pseudo d’Abou Doujana. D’après les auteurs de « L’Espion du Président » (Robert Laffont, 2012), un livre sur le patron de la DCRI, Bernard Squarcini, le fait que le père de Hicheur soit fiché dans la base Cristina a aussi joué dans les soupçons pesant sur le physicien.

Autre élément contre lui : Hamadi Aziri, entendu un an plus tôt dans une affaire de filières djihadistes franco-belges – il écopera de trois ans de prison – le charge. Selon le réquisitoire du parquet, Aziri met en cause la propagande pro-djihadiste postée par Adlène sur le site Ribaat.net et assure qu’il aurait « recruté » un certain Phenixshadow.

« Cher frère, on ne va pas tourner autour du pot »

Accusations difficiles à vérifier, que l’intéressé nie en bloc. Phenixshadow est épié par la DCRI depuis qu’un communiqué d’Aqmi (Al Qaeda au Maghreb islamique) a été posté sur le site de la présidence française en janvier 2008.

Sous ce pseudo se cacherait Mustapha Debchi, activiste islamiste qui sera arrêté par l’Algérie en février 2011 et qui, en 2009, multiplie les échanges avec Adlène Hicheur, contraint au repos forcé par une hernie discale.

Selon les messages reproduits dans l’acte d’accusation, Phenixshadow déclare entre autres à Hicheur « vouloir exécuter des opérations en France […] ; je te proposerais qu’on soit tous les deux en tête de la liste ».

Il le presse quelques mois plus tard : « Cher frère, on ne va pas tourner autour du pot : (es-tu) disposé à travailler dans une unité active en France ? » Adlène, lui, botte en touche, déclinant sa « vision concernant (sa) participation dans le djihad […] : faire ce qui peut durer même s’il s’agit de petits actes. »

Il mentionne pourtant « une opération de martyr », puis « des assassinats ciblés ». Et suggère un objectif précis : le 27e bataillon de chasseurs alpins d’Annecy, à Cran-Gevrier, qui « entraîne des forces et les envoie en Afghanistan ».

« Nous avons peut-être évité le pire »

Il n’ira pas plus loin que ces mots. Corsés, certes, mais seulement « basés sur du virtuel », s’insurge maître Baudouin. Halim Hicheur insiste sur le lieu et le moment de l’arrestation de son frère, alors que Brice Hortefeux, en visite à Lyon, « tentait de se racheter une virginité médiatique après ses propos sur les Auvergnats ».

De fait, campé à l’endroit même où a commencé, quelques heures plus tôt, la garde à vue, le ministre de l’Intérieur déclare :

« Notre vigilance ne se relâche jamais. Le risque est permanent. Nous avons peut-être évité le pire. »

Au mépris de la présomption d’innocence, les informations sont distillées dans la presse. « La cible était choisie, il fallait intervenir », justifie au Monde Frédéric Péchenard, directeur général de la police nationale. En juin 2010, en pleine instruction, son subordonné de la DCRI, Bernard Squarcini, bavarde avec le Figaro de « l’affaire Adlène Hicheur, […] enrôlé par Aqmi, qui proposait comme cible le site du 27e bataillon des chasseurs alpins en Haute-Savoie. »

Aucun délit n’a pourtant été commis, insiste Me Baudouin :

« Il n’y a jamais eu le moindre début de projet précis. Adlène a systématiquement refusé d’acheter du matériel informatique ou de transmettre ses coordonnées personnelles à son interlocuteur. »

Des enquêteurs aux méthodes musclées

En outre, peut-on encore parler « d’association de malfaiteurs » quand il n’y a plus qu’un seul accusé ? Trop d’irrégularités entachent le témoignage de Mustapha Debchi, recueilli par l’Algérie, et dont l’accusation aurait dû faire sa pierre angulaire.

L’avocat s’agace :

« Rien ne prouve l’identité de la personne interrogée. Les questions sont absentes du document et l’audition est datée du 9 février alors que Debchi aurait été mis en examen quatre jours plus tard ! L’instruction a été menée systématiquement à charge. »

Il dénonce encore les aveux obtenus au terme de quatre jours de garde à vue et dix-neuf auditions menées par des enquêteurs aux méthodes musclées. Hicheur relate ainsi son transfert de Lyon à Paris sur l’autoroute toutes vitres ouvertes à l’arrière, malgré ses protestations.

Les magistrats, eux, rejettent les déclarations de l’accusé qui contredisent celles de la garde à vue. Ils s’accrochent au soupçon de financement des réseaux terroristes collé au prévenu depuis la découverte, lors de l’interpellation, de 13 200 euros en liquide dans sa valise.

Une somme destinée à l’achat du terrain et au règlement des travaux, plaide son frère, qui s’étonne de la mystérieuse disparition des devis, des plans et documents saisis qui pouvaient le disculper. La commission rogatoire menée en Algérie a tout de même confirmé la réalité des projets.

Errements de la législation antiterroriste française

L’affaire Hicheur, en tout cas, rouvre le débat sur les errements de la législation antiterroriste française, « porte ouverte à l’arbitraire », selon la FIDH, et dénoncée par Human Rights Watch.

« Ce procédé qui permet de surveiller la menace très en amont a enregistré des succès indéniables », avance Alain Chouet, ancien chef de la DGSE.

« Mais il contient aussi des menaces pour les libertés publiques. Bien réelle, la menace terroriste islamiste a parfois été instrumentalisée, détournant de ses objectifs la lutte nécessaire contre cette forme de violence. »

Selon le rapport d’Europol, la France est aujourd’hui le pays de l’UE interpelant le plus grand nombre d’islamistes radicaux, quand l’essentiel des attentats commis ou déjoués en France sont le fait de mouvances séparatistes régionales.

L’affaire Hicheur rappelle celle de Djamel Beghal, enfermé depuis dix ans, dont neuf à l’isolement, pour des faits qu’il conteste, dans une affaire instruite par le juge Bruguière – mis en cause par ailleurs pour ses méthodes douteuses. Et sur la base d’erreurs de traduction et d’aveux qui auraient été obtenus sous la torture.

La législation antiterroriste s’est aussi illustrée dans le coup de Tarnac, qui a vu Julien Coupat et Yldune Levy mis en cause en 2008 sous le même chef d’association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste pour des faits qu’ils nient.

Eux aussi accusent la police antiterroriste d’avoir rédigé un procès-verbal mensonger pour les mettre en cause et d’avoir suborné des témoins.

Hicheur, lui, s’étiole en prison. Sa dernière demande de mise en liberté, refusée comme toutes les autres, date du 12 janvier. S’il sort un jour, même lavé des soupçons « chacun fuira ses responsabilités », craint Jean-Pierre Lees, président de son comité de soutien (qui comprend notamment le prix Nobel de physique Jack Steinberger). Un simple dommage collatéral.

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  • romme
    romme
    Salarié
    • Posté à 11h47 le 25/01/2012
    • Internaute 89958
      Salarié

    A la question posée dans l’article : « Comment Adlène Hicheur, jeune physicien et brillant chercheur au Cern (Centre européen pour la recherche nucléaire) à Genève a-t-il été emporté dans cette bourrasque judiciaire qui lui vaut de passer en correctionnelle ? » on peut répondre avec l’auteur que « Il mentionne pourtant “ une opération de martyr ”, puis “ des assassinats ciblés ”. Et suggère un objectif précis : le 27e bataillon de chasseurs alpins d’Annecy, à Cran-Gevrier, qui “ entraîne des forces et les envoie en Afghanistan ”. » A partir de là, la messe est dite. Après, on peut toujours trouver que la procédure est scandaleusement longue, comme pour beaucoup de prévenus, qu’il faudrait le renvoyer rapidement devant un tribunal et lui infliger une peine appropriée tenant compte de ses hésitations mais aussi du haut niveau de l’éducation qu’il a reçue et qui aurait dû l’inciter à davantage de mesures dans l’expression de ses opinions. Mais, en tout cas, ce n’est pas le capitaine Dreyfus.

    • unagi-
      unagi- répond à romme
      卑語
      • Posté à 12h21 le 25/01/2012
      • Internaute 24252
        卑語

      Vous développez une notion intéressante de la liberté d’expression.

    • Autist Reading -
      Autist Reading - répond à romme
      In enculo cum vibro
      • Posté à 12h44 le 25/01/2012
      • Internaute 73535
        In enculo cum vibro

      « A partir de là, la messe est dite. »

      Vous dites on ne peut mieux les choses...

    • emiboot
      emiboot répond à romme
      Mammifère
      • Posté à 13h50 le 25/01/2012
      • Internaute 81944
        Mammifère

      La messe est dite mais ni prouvée, ni étayée :
      « Adlène a systématiquement refusé d’acheter du matériel informatique ou de transmettre ses coordonnées personnelles à son interlocuteur. “.
      Voilà, ça c’est factuel au même titre que ses écris. Nous avons une excellente surveillance du territoire pourtant, je suis étonnée de ce type de plantage (dont Tarnac était une illustration gravissime).
      En plus, à sa place, 70% de français aurait ciblé directement l’Elysée ou le ministère de l’intérieur...

    • Malika Maclouf
      Malika Maclouf répond à romme
      Auteur(e) de l'article Journaliste
      • Posté à 10h30 le 26/01/2012
      • 179802
        Journaliste

      Bonjour,
      On comprend, bien sûr, ce qui a attiré l’attention des enquêteurs et entraîné Adlène Hicheur dans cette affaire. Mais l’étirement extrême de cette détention provisoire, en dépit d’un dossier si faible, tout compte fait, ne s’explique, lui, que par les débordements permis ici par une législation antiterroriste sujette à beaucoup de caution. Comme si plus aucune preuve à la décharge du suspect ne pouvait l’extraire de l’engrenage une fois qu’il l’a effleuré du doigt. Quid du respect du droit, quid des garanties données par la CEDH, au respect de laquelle la France s’est engagée ?

    • FireCrunch
      FireCrunch répond à romme
      we are legion...
      • Posté à 10h55 le 26/01/2012
      • Internaute 164531
        we are legion...

      on juge un homme pour ces idées, et non pour des faits. En le condamnant, nous ne valons pas mieux qu’une dictature de la pensé.
      On combat les idées par d’autres idées, l’homme est mortel mais ces idées peuvent elles devenir immortel, là est le danger.

  • Halim Hicheur
    Halim Hicheur
    Comment dire ?...
    • Posté à 09h40 le 26/01/2012
    • 180066
      Comment dire ?...

    @ Romme : « il faudrait .... infliger une PEINE appropriée tenant compte de ses hésitations mais aussi du HAUT NIVEAU de l’éducation qu’il a reçue et qui aurait dû l’inciter à davantage de mesures dans L’EXPRESSION DE SES OPINIONS. “

    tout est dit, ne rajoutez rien, surtout rien...

  • Patrick-handicap
    Patrick-handicap
    handicap 80% expatrié
    • Posté à 12h42 le 25/01/2012
    • Internaute 75148
      handicap 80% expatrié

    On laisse des soldats pisser sur des arabes sans les traduire devant le TPI compétent pour juger les crimes de guerre et après on s’étonne que des soldats Français soient tués....
    Ces innocents accusés de terrorisme supposé pourraient avoir à se venger un jour, eux ou leurs proches...
    Y avez vous pensé ?

    • FDCraie
      FDCraie répond à Patrick-handicap
      Censuré.
      • Posté à 14h29 le 25/01/2012
      • Internaute 121689
        Censuré.

      « On laisse des soldats pisser sur des arabes sans les traduire devant le TPI compétent pour juger les crimes de guerre et après on s’étonne que des soldats Français soient tués.... »

      Je pense que votre justification est d’une rare clairvoyance.
      Vous devez être un fervent partisan de la peine de mort.

      Il faudra tout de même qu’avant de se venger ils expliquent l’intérêt de dialoguer avec un terroriste et d’évoquer « comme ça pour le fun » un régiment qu’on devrait attaquer...

      Ceci votre raisonnement se tient, dès lors que quelque chose ne va pas on n’a qu’à buter des militaires Français...

  • Autist Reading -
    Autist Reading -
    In enculo cum vibro
    • Posté à 12h42 le 25/01/2012
    • Internaute 73535
      In enculo cum vibro

    Des projets terroristes comme celui-là il y en a deux cents par jour sur internet.

    « Les arabes ont devrait les renvoyer chez eux dans des bateaux sans fond »

    Bim ! Projet terroriste !

    « Les aristocrates à la lanterne »

    Bim ! Projet terroriste !

    Vivement que le peuple souverain dégage manu militari les ministres et les parlementaires qui leur font toutes ces lois scélérates.

    (Bim ! Projet terroriste...)

  • Leon 777
    Leon 777
    artiste
    • Posté à 12h50 le 25/01/2012
    • Internaute 128120
      artiste

    C’est bien de vouloir nous faire découvrir un dossier uniquement grace à l’avocat du suspect.
    ça n’est pas objectif de tout par contre.
    mais ça permet au riverain de base d’exprimer sa révolte.

    • Autist Reading -
      Autist Reading - répond à Leon 777
      In enculo cum vibro
      • Posté à 13h33 le 25/01/2012
      • Internaute 73535
        In enculo cum vibro

      Les pièces de l’accusation sont aussi présentées.

      C’est pas de la faute des journalistes si elles sont vides.

      Votre mauvaise foi permet au riverain de base d’exprimer son soutien total à l’arbitraire.

      « Un comité international de soutien15 6 a été organisé par les amis et collègues de M. Hicheur pour demander une enquête équitable. Dans ses lettres au président de la république et au ministre de la justice16,17, signées par plus de cent physiciens du monde entier, le comité de soutien a souligné que de simples présomptions de contacts sur internet ne sauraient en aucun cas justifier près de 21 mois de détention provisoire. Il demande en conséquence la libération, au besoin assortie d’un contrôle judiciaire, de M. Adlène Hicheur jusqu’à ce que l’instruction présente ses conclusions et souligne que si des faits concrets et avérés devaient le mettre en cause, M. Adlène Hicheur, comme tout citoyen, doit avoir droit à un procès contradictoire dans des délais raisonnables, tandis qu’en l’absence de charges convaincantes M. Hicheur doit être complètement innocenté et dédommagé du préjudice grave causé par une incarcération injustifiée, selon le comité. »
      Lien

      • Leon 777
        Leon 777 répond à Autist Reading -
        artiste
        • Posté à 14h08 le 25/01/2012
        • Internaute 128120
          artiste

        Vous savez tout mieux que tout le monde.
        Comme d’habitude.
        Vous connaissez le dossier, forcément.
        Vous connaissez la Vérité, comme toujours.

        Vous me faites rire avec votre fausse objectivité et vos certitudes.
        Comme souvent...

         
        • Autist Reading -
          Autist Reading - répond à Leon 777
          In enculo cum vibro
          • Posté à 17h25 le 25/01/2012
          • Internaute 73535
            In enculo cum vibro

          Ce que je sais, c’est que l’article ne nous fait pas découvrir un dossier uniquement grace à l’avocat du suspect.

        1 autres commentaires
    • Malika Maclouf
      Malika Maclouf répond à Leon 777
      Auteur(e) de l'article Journaliste
      • Posté à 19h21 le 25/01/2012
      • 179802
        Journaliste

      Bonsoir, d’une part le Parquet n’a pas répondu à nos questions et d’autre part, les arguments de l’accusation sont présentés dans l’article, avec les extraits du réquisitoire

  • unagi-
    unagi-
    卑語
    • Posté à 12h55 le 25/01/2012
    • Internaute 24252
      卑語

    Ou coupat algérien ?

    Le parfait terroriste physicien
    Le 5 septembre 2011 Pierre Alonso

    Il y a deux ans, un physicien du CERN d’origine algérienne, devenait le client idéal de l’antiterrorisme à la française et de sa communication. Aujourd’hui, le chercheur dort toujours en prison, sans émouvoir un système qui en a vu d’autres.

    Il s’apprête à entamer sa troisième année de prison. Ouvert le 8 octobre 2009, jour de son arrestation à Vienne dans l’Isère, le dossier d’Adlène Hicheur a peu évolué deux ans après. Un dossier vide ? « Noyé » répond Patrick Baudouin, son nouvel avocat, familier des affaires terroristes, qui étudie les 27 tomes de l’instruction depuis juin. Mis en examen après 92 heures de garde à vue pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, Adlène Hicheur travaillait au CERN, l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire.

    Franco-algérien, il a grandi en France et étudié dans les plus grandes universités européennes : Ecole Normale Supérieure de Lyon en master, Laboratoire Rutherfort Appleton pour son post-doctorat. Il est accusé d’avoir posté des messages sur des « forums islamistes » et échangé des messages privés avec un cadre d’Al Qaida au Maghreb Islamique (AQMI). La Direction Centrale du Renseignement Intérieur (DCRI) affirme qu’il s’agissait de Mustapha Debchi, un ingénieur en électronique arrêté en février 2011 par les autorités algériennes dans une vaste opération menée contre l’organisation islamiste.

    A ce jour, aucun élément concret n’a été ajouté au dossier d’instruction par le service de contre-espionnage. Aucune adresse IP, rien qui permette de vérifier l’identité d’un mystérieux « Shadow Phoenix », connu aussi sous le nom « Eminence grise », derrière lequel se cacherait Mustapha Debchi, selon les dires de l’accusation.

    La commission rogatoire adressée à l’Algérie au printemps 2010 n’a pas non plus donné de résultats. Une situation paradoxale, plus de six mois après l’arrestation de l’interlocuteur supposé d’Adlène Hicheur. « La coopération avec l’Algérie n’est pas très bonne en général, sauf quand des intérêts communs sont partagés ce qui est le cas ici selon l’accusation. Le dossier est présenté comme explosif » rappelle Me Baudouin.

    Pièces à décharge
    Son interpellation est intervenue après une surveillance électronique prolongée. Le 9 novembre 2010, lors d’une audience devant la Cour de Cassation, les conditions qui ont présidé à son arrestation ont été détaillées. Dans son arrêt, la Cour confirme le rejet des requêtes en nullité de la garde à vue déposées devant la chambre de l’instruction, une position très courante dans les affaires terroristes. Les magistrats écrivent :

    La nécessité de le placer en garde à vue a été révélée par les investigations antérieures conduites par les enquêteurs spécialisés et notamment les surveillances des réseaux électroniques.

    Une information qui fait écho à ce qu’avançait Le Figaro le 23 novembre 2009, deux semaines après l’arrestation, dans un article très bavard sur l’enquête en cours. Les moyens de la lutte anti-terroriste sur Internet sont précisés, citations des membres des services de renseignement à l’appui :

    La traque est conduite (…) à partir de mots-clés, grâce à des logiciels spécialement conçus. En infiltrant également les forums de discussion, pour appâter les éventuels candidats à la guerre sainte.

    Un cas rarissime

    En plus d’être l’un des rares à être poursuivi pour activités terroristes sur Internet, Adlène Hicheur est le seul à avoir été arrêté dans cette affaire, le seul à être mis en examen dans une affaire d’association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste. Pour le moins incongru vues les charges retenues contre lui, relève son avocate Dominique Beyreuther qui le suit depuis le début. « Un cas rarissime » précise-t-elle. D’autant que le dossier n’a pas évolué depuis sa garde à vue alors qu’il est en détention provisoire depuis presque deux ans.

    « Adlène Hicheur a coopéré avec la police et la justice pendant sa garde à vue » raconte Me Beyreuther. Il a reconnu avoir échangé des messages au printemps 2009 pendant sa convalescence suite à une hospitalisation. Quand son interlocuteur lui demande ce qu’il pense des attentats suicides, Adlène Hicheur répond qu’il n’y est pas favorable et parle d’attentats ciblés, contre Total par exemple ou le 27e bataillon de chasseur-alpins d’Annecy. Sans apporter plus de précisions de date ou de moyens mis en oeuvre. Pour Patrick Baudouin, ces propos, certes graves, ne traduisent aucun plan. Rien qui trahirait un passage à l’acte imminent, aucun « cadre pré-opérationnel » qui justifierait une arrestation. L’intention n’y est pas clairement exprimée. Me Baudouin conclut :

    Les services ont agi de façon préventive.

    Un propos en résonance avec ceux tenus par Bernard Squarcini, directeur de la DCRI, qui déclarait en septembre 2010 : « Notre dispositif [anti-terroriste] nous permet de pouvoir anticiper et de neutraliser préventivement des projets terroristes. »

    La lutte anti-terroriste française a été épinglée à plusieurs reprises par les organisations de défense des droits humains. Dans un rapport paru en 2008, l’ONG Human Rights Watch affirme :

    La formule ouvertement extensive du délit d’association de malfaiteurs a conduit à des condamnations basées sur des preuves ténues ou sur de simples présomptions.

    Deux ans après son arrestation, Adlène Hicheur est toujours en détention provisoire malgré les nombreux recours de remise en liberté déposés par ses avocats. Des refus motivés par des raisons générales : empêcher les reprises de contact, prévenir le renouvellement d’infraction. Tous les quatre mois au moins, il passe devant le juge d’instruction pour un nouvel interrogatoire. Le dernier, début juillet, a duré 20 minutes.

    oWNI

  • unagi-
    unagi-
    卑語
    • Posté à 13h01 le 25/01/2012
    • Internaute 24252
      卑語

    GUANTANAMO A LA FRANÇAISE - La garde à vue du « physicien d’al Qaida » et les 13 000 euros « manquants »

    Il est en revanche utile de s’attarder quelque peu sur les conditions de gardes à vue de mes frères dans les locaux de la police judiciaire à Lyon, au retour des perquisitions menées dans leurs appartements respectifs. Vers les 18h, Brice HORTEFEUX, alors ministre de l’Intérieur, déclare à la presse, depuis Lyon, que la France, via « ces deux arrestations », a « peut-être évité le pire ».

    Mes frères sont quant à eux victimes de méthodes d’interrogation particulièrement musclées et inhumaines (privation de sommeil, intimidations, on leur disait que notre mère était aussi « dans les locaux, qu’elle était dans un sale état et qu’il valait mieux parler pour lui éviter des souffrances fatales »…), et alors qu’Adlène souffre atrocement de sa hernie (un rapport médical ultérieur révèlera que son état de santé s’est particulièrement dégradé à cause des conditions de l’interpellation et de la garde à vue, il restera plus de 5 mois alité à l’hôpital pénitentiaire de la maison d’arrêt de Fresnes).

    Adlène subira 17 interrogatoires au cours de ces 4 jours de garde à vue, de jour comme de nuit, sans l’assistance d’un avocat. Il sera ensuite transporté en voiture de Lyon à Paris dans la nuit du dimanche 11 au lundi 12 octobre 2009, menotté et en position assise à l’arrière du véhicule, où les vitres seront sciemment laissées ouvertes malgré les quelques protestations d’Adlène qui se trouvait alors dans un état « second », pour reprendre ses propres mots. Il sera ainsi présenté au juge TEISSIER dans la journée du lundi 12 octobre auprès duquel il proteste une dernière fois, en vain : le juge le placera en détention provisoire à la prison de Fresnes le jour-même. Il se trouve toujours en détention provisoire à ce jour.
    Zitouni sera relâché au bout de deux jours et deux nuits de garde à vue après avoir été traité de la même manière que son aîné. Il téléphone à ma sœur le samedi en milieu de journée pour lui demander de venir le chercher en voiture : j’apprends sa libération en même temps (au quart d’heure près) via …une dépêche de presse publiée sur internet, reprenant des « sources anonymes proches du dossier ».

    Mon frère Adlène, le « physicien algérien » du CERN, sera présenté comme un dangereux cyber-terroriste « nucléaire » préparant des attaques contre des personnalités politiques de haut rang, contre un site de raffinerie Total basé à Londres, contre un régiment de chasseurs alpins basé à Annecy, et conversant régulièrement sur internet avec des membres présumés d’al Qaida au Maghreb Islamique (AQMI). Ces différents scénarios sont savamment distillés à la presse par ces mêmes « sources anonymes » dans les jours et semaines suivant l’interpellation.

    Le cas d’Adlène sera cité comme l’exemple de l’efficacité des services de renseignements dans la lutte anti-terroriste par les deux plus hauts responsables de la police française, Frédéric Pechenard et Bernard Squarcini, durant la première année de détention de mon frère. Peu de journalistes ont relayé la version de la famille si ce n’est des journalistes suisse, britannique et américain qui publient nos déclarations ou celles d’Adlène dès le mardi 13 octobre 2009.

    Celles-ci contenaient pourtant un scoop : je déclarais alors que de l’argent en liquide (un peu plus de 13 000 euros) avait été saisi lors de l’interpellation. Je précisais qu’Adlène comptait utiliser cette somme pour régler les travaux de terrassement du terrain dont il est co-propriétaire à Sétif, une information que les « sources proches du dossier » s’étaient bien gardées de mentionner, à mon grand étonnement. Ces informations sont alors très peu reprises dans la presse hexagonale. Elles n’ont pas plus l’air d’intéresser l’accusation publique, car la discussion autour de cette somme d’argent est « peu reprise » dans le dossier d’accusation (il faut dire que nous avons fourni l’acte de propriété du terrain dès le début de l’affaire).

    Par ailleurs, le billet d’avion, les plans du terrain ainsi que l’agenda d’Adlène, qui se trouvaient dans une pochette rouge, auraient été « égarés » durant la perquisition. Nous avons donc du fournir une copie de ces éléments (en obtenant un duplicata des billets d’avion aller et retour ainsi qu’une copie des plans qui avaient été transmis aux maçons qu’Adlène comptait rencontrer) pour contester le « risque de fuite » évoqué par l’accusation pour justifier le maintien d’Adlène en détention.

    L’existence d’un comité de soutien, créé en octobre 2010 par les collègues français et suisses d’Adlène à l’initiative de Jean-Pierre LEES (un ancien collègue d’Adlène), et qui compte des personnalités comme le prix Nobel américain Jack STEINBERGER ou l’essayiste suisse Jean ZIEGLER, permettra de médiatiser un peu plus l’affaire dans la presse hexagonale, mais cela restera assez confidentiel.

    Deux ans de détention plus tard : du physicien d’al Qaida à l’ « individu auto-radicalisé

    Depuis le 08 octobre 2009, aucun élément matériel venant avérer une quelconque préparation d’acte terroriste n’a été versé au dossier d’instruction, alors que celui-ci a continué de s’épaissir durant la détention d’Adlène (il contiendrait pas loin de 30 tomes), d’après nos avocats. Adlène est donc informé de l’évolution des accusations que l’on porte à son encontre au cours des rares interrogatoires du juge TEISSIER (un interrogatoire tous les 4 mois) ou durant les audiences de demande de mise en liberté qu’il formule (pas moins de 25 audiences en deux ans de détention provisoire). Mais les suspicions des “ services ”, qui surveillaient pourtant Adlène depuis plus d’un an (et qui pouvaient donc, en théorie, interpeller Adlène en flagrant délit de préparation d’un acte terroriste supposé), combinées à la “ volonté du moment ” du ministre de l’Intérieur de l’époque (comme en atteste un cable Wikileaks évoquant l’affaire) ont suffit à faire incarcérer Adlène depuis plus de 27 mois à ce jour.

    Les motifs d’inculpation ont évolué de manière assez obscure au cours de l’instruction qui est donc alimentée par les services de la DCRI. Ces motifs ont évolué en fonction de “ l’air du temps ” : Adlène était tantôt accusé d’avoir échangé avec un internaute suspecté d’être un terroriste opérant à Gaza, ou encore un autre présumé terroriste opérant en Somalie... autant de “ motifs ” servant, tous les 4 mois, à renouveler son mandat de dépôt. Le juge TEISSIER lui proposera même un entretien avec des “ officiers de renseignement américains ” en mai 2010, proposition qu’Adlène était prêt à accepter avant que les américains ne se désistent ; ils ne reviendront pas à la charge.

    Pour notre part, nous n’avons été entendus (si l’on exclut les auditions de Zitouni et de ma mère au début de “ l’affaire ”), de même que certains amis proches, qu’au printemps 2011, soit plus d’un an et demi après l’arrestation d’Adlène, sur le “ volet financier de l’affaire” et ce dans des conditions rocambolesques.

    Ainsi, un ami se voit interrogé sur les raisons de sa conversion à l’islam et sur la possibilité qu’Adlène ou un autre membre de la famille y était pour quelque chose (par des officiers de la brigade financière !). Un autre ami est questionné sur “ l’intensité ” de sa “ foi ”. Pour ce qui me concerne, un appel masqué s’affiche sur mon téléphone portable début mai 2011 : un “ capitaine de la brigade financière ” veut m’entendre au commissariat de Grenoble “ au sujet de mon frère ”. Je me présente donc le 16 mai 2011 à 13h (sans avoir reçu de convocation) pour un interrogatoire où l’on évoque mes entrées et sorties d’argent des trois dernières années, mais également la religion musulmane ou encore la présence de “ travailleurs chinois ” en Algérie : cela prendra 4 heures. On me promet de m’envoyer par courrier une attestation pour mon employeur, courrier qui ne m’est toujours pas parvenu...

    De manière toute aussi étrange, le juge TEISSIER, après avoir sollicité l’aide de la justice suisse dès le mois de novembre 2009, ne demande l’aide de la justice algérienne qu’au mois d’aout 2010 soit 10 mois après le début de la détention d’Adlène. Pourtant, ce dernier est soupçonné “ d’interagir ” avec un groupe basé en Algérie et il était en partance pour l’Algérie le jour de son arrestation. En dépit d’un dossier bien creux, F. PECHENARD déclarera le 9 septembre 2011 (au micro de France Info et à l’occasion du dixième “ anniversaire ” des attentats du 11 septembre) que ses services avaient déjoué un attentat d’un “ individu auto-radicalisé qui a essayé de poser une bombe dans un bataillon de chasseurs alpins ” (français).

    La justice suisse classera l’affaire après un an d’investigations et après avoir interrogé Adlène au cours de sa détention en septembre 2010 : “il n’a pas été possible d’identifier le ou les auteurs de l’infraction supposée”, déclare la porte-parole du Ministère de la Confédération helvétique.

    • Leon 777
      Leon 777 répond à unagi-
      artiste
      • Posté à 14h35 le 25/01/2012
      • Internaute 128120
        artiste

      « Il est en revanche utile de s’attarder quelque peu sur les conditions de gardes à vue de mes frères dans les locaux de la police judiciaire à Lyon »
      « mes frères » ? ? ?
      On comprends dès lors que le ton de ce papier va etre tout à fait objectif.

      Top crédibilité...

      • Halim Hicheur
        Halim Hicheur répond à Leon 777
        Comment dire ?...
        • Posté à 14h51 le 25/01/2012
        • 180066
          Comment dire ?...

        unagi cite un témoignage (un lien vers le texte original plutôt qu’un copier-coller aurait été plus judicieux, soit dit en passant) que j’ai publié sur mon blog.
        Et je m’appelle Halim Hicheur, je suis le frère d’Adlène, j’aurais pu écrire « né du même père et de la même mère » ou encore « de la même lignée proche » (pour reprendre une terminologie qui pourrait vous être plus familière)....celà aurait-il rendu l’article plus objectif ? ?

         
        • unagi-
          unagi- répond à Halim Hicheur
          卑語
          • Posté à 14h57 le 25/01/2012
          • Internaute 24252
            卑語

          Leon quand il voit un lien, lit « lien » : Ce qui ne me semble pas non plus très judicieux en terme de transmission la plus large possible.

          • Halim Hicheur
            Halim Hicheur répond à unagi-
            Comment dire ?...
            • Posté à 15h12 le 25/01/2012
            • 180066
              Comment dire ?...

            autant pour moi ! ...

            • unagi-
              unagi- répond à Halim Hicheur
              卑語
              • Posté à 15h22 le 25/01/2012
              • Internaute 24252
                卑語

              je vous en prie. Ils ont toutes leurs petites maies, une fois qu’on les connait évidement c’est plus facile.
              Leon enfant de la Dass, ne supporte aucune référence familiale, c’est trop pour lui.
              Nos pensionnaires ont leurs petits défauts mais sont très attachant. Vous allez bientot faire la connaissance de caniveau89, un peu rude mais un coeur en or. ^^

              • Leon 777
                Leon 777 répond à unagi-
                artiste
                • Posté à 16h53 le 25/01/2012
                • Internaute 128120
                  artiste

                Alors qu’unagi, comme tous les enfants de fille de joie, croit qu’il a la science infuse parce qu’il fait pomme C, pomme V.
                Comme quoi...

                • PTrelawney
                  PTrelawney répond à Leon 777
                  Dans le brouillard
                  • Posté à 17h39 le 25/01/2012
                  • 178593
                    Dans le brouillard

                  Et ça se dit artiste ! Vous faites dans le surréalisme ?

                  • Passant89
                    Passant89 répond à PTrelawney
                    Pressé
                    • Posté à 17h56 le 25/01/2012
                    • Internaute 121749
                      Pressé

                    Maisoui c’est un artiste, il fait de superbe video
                    Lien

                    • Leon 777
                      Leon 777 répond à Passant89
                      artiste
                      • Posté à 21h29 le 25/01/2012
                      • Internaute 128120
                        artiste

                      ça n’est malheureusement pas moi...

        7 autres commentaires
  • Autist Reading -
    Autist Reading -
    In enculo cum vibro
    • Posté à 13h11 le 25/01/2012
    • Internaute 73535
      In enculo cum vibro

    Elle a une drôle de gueule la menace terroriste...

    C’est tout ce que nos gouvernants ont trouvé pour justifier les pleins pouvoirs qu’ils se sont décrété ?

    C’est pathétique...

    • Leon 777
      Leon 777 répond à Autist Reading -
      artiste
      • Posté à 14h10 le 25/01/2012
      • Internaute 128120
        artiste

      « Elle a une drôle de gueule la menace terroriste... »
      S’il y a un jour un attentat en France, comme c’est deja arrivé, on vous demandera votre avis...

      • Autist Reading -
        Autist Reading - répond à Leon 777
        In enculo cum vibro
        • Posté à 17h37 le 25/01/2012
        • Internaute 73535
          In enculo cum vibro

        S’il y a un jour un attentat en France, je me demanderais qui n’a pas payé les rétro-commissions.

        En plusse de se décréter les pleins pouvoirs...

         
        • Leon 777
          Leon 777 répond à Autist Reading -
          artiste
          • Posté à 21h30 le 25/01/2012
          • Internaute 128120
            artiste

          Quand je dis que vous savez tout...

          En tout cas vous ne doutez de rien...

        1 autres commentaires
  • emiboot
    emiboot
    Mammifère
    • Posté à 14h03 le 25/01/2012
    • Internaute 81944
      Mammifère

    Si j’ai bien suivi : voilà un homme
    - qui n’a pas eu droit à la présomption d’innocence, ni judiciaire, ni médiatique
    - qui a un casier vierge
    - qui a toujours refusé d’acheter quoique ce soit ou de faire autre chose que de communiquer via le net avec un prétendu terroriste (pas prouvé non plus)
    - qui est en détention « provisoire » très très rallongée
    - qui n’a pas eu droit encore à un procès
    - dont on perd la moitié des pièces à décharge pendant la constitution du dossier.
    No more comment.

  • unagi-
    unagi-
    卑語
    • Posté à 14h36 le 25/01/2012
    • Internaute 24252
      卑語

    Entretien : Lien

    Plus Comité international de soutien à Adlène Hicheur Lien

    Adlène Hicheur : « Il faut mesurer la violence de l’arbitraire »

    Par Louise Fessard
    Article publié le mercredi 21 septembre 2011
    En détention provisoire depuis sa mise en examen
    pour « association de malfaiteurs en relation avec
    une entreprise terroriste », le 12 octobre 2009,
    Adlène Hicheur, 34 ans, a accepté de répondre
    à quelques questions (lire le rappel de cette
    affaire en cliquant ici). L’ancien physicien du
    Cern, spécialisé dans la physique des particules et
    promis à un bel avenir scientifique, dénonce une
    « vaste opération irrationnelle et disproportionnée
    de communication »

  • unagi-
    unagi-
    卑語
    • Posté à 14h41 le 25/01/2012
    • Internaute 24252
      卑語

    L’actualité récente a souligné que l’absence d’avocat durant la garde à vue et la non notification du droit au silence sont des points qui violent l’article 6 de la Convention de Sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales (CSDH), y compris pour les régimes dérogatoires prévus pour le terrorisme, le trafic de stupéfiants et la délinquance organisée (Noter que durant les 4 jours de sa garde à vue en octobre 2009 , Adlène s’est vu infliger pas moins de 17 interrogatoires, de jour comme de nuit.... ) . Ceci a conduit le conseil constitutionnel (30/7/2010) à déclarer que les gardes à vue en droit francais sont non conformes aux principes relevés par la Cour Européenne des droits de l’homme (CEDH), mais l’application de la mise en conformité de la garde à vue avec la CSDH a été repoussée au 1ier juillet 2011. Ceci a été l’objet sur le blog judiciaire de maitre Eolas de cet article quíl faut impérativement avoir lu .

    Des requêtes en nullité sur la garde a vue d’Adlène ont donc été déposées a la chambre de l’instruction pour la violation des articles 6-1 et 6-3 de la Convention et un pourvoi en cassation a été fait suite au rejet de cette requête. On peut trouver sur légifrance.fr l’arrêt de la cour de cassation sur la nullité de la garde a vue de Mr. Hicheur rendu le mardi 9 novembre 2010 (Merci à Mr Andrew Peters, du blog ECHR news, de m’avoir signalé cette jurisprudence). La Cour de cassation a hélas considéré que les articles 6-1 et 6-3 de la Convention sont « suspendus » jusqu’au 1ier juillet 2011

    Des méthodes de la police et de la justice dans ce genre d’affaires :

    En lisant Marc Trévidic on comprend mieux l’articulation DCRI - pôle judiciaire anti-terroriste. La DCRI est à la fois service de renseignement (pouvant agir sur information de services étrangers) et service de police judiciaire. Les informations recueillies peuvent être couvertes par le Secret Défense ce qui fait que personne n’en est informé jusqu’au moment du procès où une partie des infos est divulguée pour étayer une preuve tangible.

    M.T. tient en haute estime ce qu’il fait, ses collègues du pôle anti-t et les enquêteurs de la DCRI. Il est spécialisé dans la branche islamiste. La DCRI est directement sous la coupe de l’Élysée. Elle peut agir sur information et déclencher surveillance, écoutes, capatations des mails d’un suspect sans demande judiciaire. Mais les juges aiment car cela mâche les enquêtes. Human Right Watch aime moins...

    Apparemment les enquêteurs de la DCRI ont l’habitude que les inculpés ou suspects « islamistes » parlent beaucoup de peur de faire de la prison et mouillent leurs amis. Ils doivent être décontenancés par Adlène qui comptait sur son bon droit et sur une procédure juste et rationnelle pour se défendre.

    L’affaire Adlène est certainement « signalée » et toutes les informations de l’enquête ayant conduit à son arrestation ne sont pas communiquées.

  • unagi-
    unagi-
    卑語
    • Posté à 14h44 le 25/01/2012
    • Internaute 24252
      卑語

    rapport de Human Rights Watch
    Lien
    La justice court ciircuitée
    Lois et procédures antiterroristes en France

    Dans certains cas néanmoins, les tribunaux semblent avoir autorisé comme éléments de preuve des dépositions qui auraient été arrachées sous la torture à des tiers. Les déplacements effectués par les juges d’instruction dans des pays tiers qui présentent un triste bilan en matière de torture afin de vérifier les informations pour pouvoir les utiliser aux fins de poursuites en France soulèvent des questions quant à la volonté des juges français de fermer les yeux sur les allégations de mauvais traitements.

    À notre avis, la formule ouvertement extensive du délit d’association de malfaiteurs a conduit à des condamnations basées sur des preuves ténues ou sur de simples présomptions. Dès l’instant où il existe des preuves qu’un certain nombre de personnes se connaissent, sont en contact régulier et partagent des convictions religieuses et politiques, la marge est grande pour classer un vaste éventail d’actes, même le plus accessoire, parmi les « faits matériels » démontrant une participation à une entreprise terroriste.

    Même si la stratégie globale repose sur l’utilisation du système de justice pénale, les abus commis au nom de la prévention du terrorisme risquent d’être contre-productifs dans la mesure où ils aliènent des communautés entières. L’injustice entretient le ressentiment et érode la confiance de la population envers les forces de l’ordre et de sécurité au sein des communautés dont la coopération se révèle cruciale dans la lutte contre le terrorisme. À long terme, ces abus peuvent en fait alimenter les griefs exploités par les extrémistes.

    En tant que « terre des droits humains », la France s’est trouvée à la pointe des efforts déployés pour faire progresser le respect du droit international des droits humains ainsi que pour repousser ses limites partout dans le monde. Elle est également devenue une autorité en matière de contre-terrorisme, tant au sein de l’Union européenne qu’au-delà de ses frontières. C’est en veillant à ce que son système de justice pénale reste attaché aux normes les plus exigeantes de garanties procédurales que la France pourra le mieux faire la preuve de son leadership dans ces deux domaines.

  • Lector
    Lector
    Observateur
    • Posté à 18h30 le 25/01/2012
    • Internaute 39290
      Observateur

    Merci de faire un article pour qu’on se rappelle de lui.

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