Making of 07/01/2012 à 10h28

Rue89 et Nouvel Obs : le mariage entre en vigueur

Pierre Haski | Cofondateur Rue89

Le rachat de Rue89 par le groupe Nouvel Obs, conclu fin décembre, est entré en vigueur cette semaine, et a été officiellement présenté par les dirigeants du groupe et par les fondateurs du site. Au coeur de la démarche, le renforcement réciproque dans le respect de l’indépendance de chacun.

Claude Perdriel, fondateur du Nouvel Observateur et patron du groupe, a répété, aussi bien à l’équipe de Rue89 à laquelle il a rendu visite, qu’à la presse qu’il a réunie jeudi, que l’indépendance de Rue89 serait strictement garantie et respectée.

Il a souligné que c’était le cas pour chacun des titres de son groupe (Nouvel Obs, Challenges, Sciences et Avenir), et qu’une Charte serait bientôt proposée à l’équipe de Rue89. Pour Claude Perdriel :

« Les deux équipes ont une même volonté farouche d’indépendance. »

Les fondateurs de Rue89 ont exprimé le même sentiment, et cette indépendance est spécifiquement affirmée dans le contrat de rachat du site.

Le rapprochement entre Rue89 et le groupe Nouvel Obs, qui se manifeste ce samedi par l’apparition du logo du Nouvel Obs à côté de celui de Rue89, va permettre aux deux parties de se renforcer, dans un contexte de profonde mutation de l’univers de la presse et de crise économique.

Pour le groupe Nouvel Obs, l’entrée de Rue89 et ses quelque deux millions de visiteurs uniques va lui permettre de rejoindre les deux groupes leaders de l’information en ligne en France, Le Monde et Le Figaro, et de s’installer solidement dans ce trio de tête, ce qui a son importance par rapport au marché publicitaire. Les régies publicitaires de Rue89 et de l’Obs vont fusionner.

Pour Nathalie Collin, co-présidente du Directoire du groupe Nouvel Obs :

« Nous avons tout intérêt à être le plus gros possible : sur Internet, il y a une très grosse prime au leader. »

Explorateurs du web

Claude Perdriel a également insisté sur le caractère d’« explorateurs » du Web qui l’avait attiré dans Rue89, un site qu’il respecte et apprécie, a-t-il dit, depuis son lancement en 2007. A l’époque, d’ailleurs, Rue89 avait collaboré avec le groupe Nouvel Obs en assurant le développement technique du site littéraire Bibliobs.

Des synergies sont donc possibles entre les deux équipes sur l’innovation, qu’elle soit dans les modes de traitement journalistiques ou technologiques, avec le champs immense ouvert par le mobile, les tablettes, les e-books...

Pour Rue89, lancé en 2007 sans investisseurs, et qui a réussi en bientôt cinq ans, à devenir un média reconnu et de référence, l’accord avec le groupe Nouvel Obs signifie la pérennisation d’une aventure qui restait fragile, et manquant des moyens de financer son développement.

Rue89 va pouvoir se développer en renforçant son équipe rédactionnelle, en dotant celle-ci de meilleures conditions de travail, sans rien sacrifier à l’esprit et à la philosophie journalistique qui l’anime depuis 2007. D’ailleurs, les fondateurs et dirigeants du site restent à leurs postes, et le fonctionnement du site ne change pas, à l’exception du domaine publicitaire.

Le « contrat de confiance » passé en 2007 entre les fondateurs et la communauté croissante des riverains, et la promesse d’un journalisme participatif, ouvert, incisif, sans oeillères, restent entiers.

Le pari que nous avions lancé alors, de marier les règles du journalisme professionnel et la culture participative du web, tout en préservant une indépendance d’esprit farouche dans un monde où elle est continuellement menacée, reste au coeur de notre démarche dans cette nouvelle phase de notre histoire.

C’est vous, les riverains, qui en jugerez au quotidien. La Rue existe d’abord avec ses lecteurs/riverains/citoyens : ce sera encore plus le cas en 2012, année fatidique s’il en est, n’en doutez pas.

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  • gehu
    gehu
    ailleurs
    • Posté à 11h53 le 07/01/2012
    • Internaute 87457
      ailleurs

    Quand on est racheté, on perd sa liberté, c’est un fait....
    Pourquoi vouloir dans des circonvolutions épistolaires, des arguments bidons, et des tirades pseudo libertaire nous faire croire le contraire.
    Ayez au moins la politesse de croire en l’intelligence de vos lecteurs.
    C’est un fait messieurs, vous avez fait ce choix.
    Nous ne sommes pas dupes.....

  • licia
    licia
    de-ci de-là
    • Posté à 11h54 le 07/01/2012
    • Internaute 118601
      de-ci de-là

    Pourquoi tant de commentaires agressifs à l’encontre des dirigeants de la Rue ?
    Il me semble que c’est leur Société et leur choix. Nous n’avons rien à critiquer et ils n’ont dans l’absolu rien a justifier.
    La pertinence des commentaires a participé au succès du site, c’est vrai, mais ca n’est pas pour cela que Rue89 appartient aux riverains.
    Wait and see...

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 11h55 le 07/01/2012
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    Bon . les fondateurs de Rue89 ont tenté une belle aventure de nouvelle presse indépendante participative.

    On y a tous cru, ou essayé d’y croire, au début. la conjoncture, les difficultés et sans doute quelques maladresses ont dégonflé petit a petit le projet grandiose et fait partir quelque uns des plus créatifs du début.

    Tout a été tenté, peut être maladroitement, pour financer le machin , mais c’est foiré. Et au bout de quatre ans, l’équipe et complétement crevée, ça ne pouvait pas continuer comme ça de toute façon.

    La solution Perdriel n’est pas la pire . le Groupe du Nouvel Obs est un peu plus indépendant que d’autres. Même s’il dépend beaucoup de la pub et d’un groupe industriel, mais les sanibroyeurs ne dépendent pas des commandes de l’ état et ne participent pas d’un lobying forcené.

    Rue89 devient un peu la danseuse du groupe, un peu comme l’ Echo des Savanes, Jazz Hot et le regretté 7 a Paris chez Fillipachi ce qui n’est pas très exaltant comme situation , mais aussi effectivement un laboratoire, ce qui est déja plus intéressant.

    Bon moi en tant que Riverain, je vais voir si on peu continuer à faire avec .
    Et je remercie même sincèrement en tant que fayot les fondateurs du début, parce que de toute façon , je trouve qu’on a bien rigolé grâce a eux et qu’en plus je me suis fait plein de nouveaux amis , c’est une réalité indiscutable .

  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 12h23 le 07/01/2012
    • Internaute 5159
      Chroniqueur Grolandais

    « Le “ contrat de confiance ” » ça me rappel quelque chose comme slogan. J’espère que Rue89 n’a pas été racheté en sous main par Darty

  • caro
    caro répond à Numerosix
    délinquante avérée
    • Posté à 12h37 le 07/01/2012
    • Internaute 6484
      délinquante avérée

    bien vu, numerosix ;)
    ça m’énerve déjà un peu de voir « Le nouvel Observateur » accolé à « Rue89 ». Difficile de tourner la page quand on est riverain-e quasi depuis le départ. Je comprends qu’il fallait garder le secret des négociations, mais, être mis devant le fait accompli, alors qu’on considérait La Rue, comme un peu la nôtre, ça ne passe pas bien.
    Oui, attendre et voir ...

  • ludogero
    ludogero
    arf !
    • Posté à 12h37 le 07/01/2012
    • Internaute 99379
      arf !

    Certes, Rue89 n’est plus indépendant au moins du point de vue financier, ce serait malhonnête que de le nier. Mais je pense qu’on peut croire les différents acteurs de cette fusion quand ils garantissent l’indépendance éditoriale et d’opinion de la rédaction de la rue (serais-je naïf ?). Mais dans ce cas, ce sera démontré quand un article du NouvelObs fera l’objet d’une critique constructive et objective d’un journaliste de Rue89, n’est ce pas ?

    A vrai dire, il y a peu de médias totalement indépendants, à commencer par la presse écrite. Marianne dont j’étais un lecteur régulier peut probablement encore s’en targuer. Pour rappel, Jacques Julliard avait quitté l’édito du nouvel obs en 2010 pour rejoindre celui de Marianne, donc les journalistes et éditorialistes peuvent et doivent prétendre à leur liberté et indépendance (au moins à priori, car comme tout le monde, il faut bien aussi pouvoir gagner sa vie), en tant qu’individu et face à des pressions de toutes sortes.

    Question publicité, si on supprimait les pages de pub qui polluent l’obs (que je ne lie plus beaucoup depuis belle lurette), l’hebdo serait peut -être allégé de moitié (à la louche bien sûr), message pour la planète ! et je ne compte pas les suppléments farfelus.

    Pour ma part, je reste un fidèle riverain. Continuez à nous donner cette information de qualité que j’estime être indépendante dans son contenu. Pour finir, et c’est valable pour tout le monde, restons objectifs, tolérants et sans à priori quel que soit son opinion et ses accointances, autant que faire se peut.

  • michel1832
    michel1832
    Optimiste, sans plus...
    • Posté à 13h00 le 07/01/2012
    • Internaute 118757
      Optimiste, sans plus...

    Meilleurs voeux à toute l’équipe de Rue89, ainsi qu’à tous les riverains.
    Je pense que vous avez choisi la meilleure solution pour assurer la survie de Rue89, dans le contexte économique et surtout politique de ce début d’année.
    En tant que lecteur du Nouvel Obs depuis quelques années, je suis certain de l’orientation politique de ce journal. Par ailleurs je ne doute pas de la préservation de la tonalité de Rue89.
    Certains riverains grinceront des dents, attachés à l’indépendance du site, ils feront contre mauvaise fortune bon coeur je l’espère : j’imagine que sans cette opération de rapprochement nous aurions pu assister à plus ou moins long terme à la disparition de Rue89 !
    Tous mes voeux de réussite donc et longue vie à Rue89 !

  • Tilô
    Tilô
    déLivre-moi
    • Posté à 13h53 le 07/01/2012
    • Internaute 105036
      déLivre-moi

    Je dois avouer que toutes les critiques, a priori, de ce rachat me font bien rire.

    Jadis, j’avais entendu Paul Otchakovsky-Laurens expliquer, sans ciller, que son rachat par Gallimard, en lui offrant une solidité financière à laquelle s’adosser, ne lui avait nullement fait perdre son indépendance, et, bien au contraire, lui garantissait un équilibre minimal.
    Nous étions alors de jeunes cons, pétris de bons sentiments, utopistes. En un mot : candides. Et, évidemment, nous nous étions gaussés de cette tartufferie d’un éditeur engagé qui avait vendu son âme au diable.

    Et puis nous avons grandi, nous avons repris une petite maison d’édition indépendante. Nous nous sommes retrouvés confrontés aux enjeux, aux obligations d’une entreprise, avec toutes les responsabilités économiques inhérentes. (Celui qui nie que le culturel - et le journalisme, selon moi, en fait partie - ne peut exister sans l’économique est soit un révolutionnaire qui ferait mieux de vivre dans une autre société - et donc ne pas intervenir ici - soit un doux rêveur qui gagnerait à se réveiller.)
    Alors quand l’opportunité de céder du capital à un généreux mécène s’est présentée, nous n’avons pas hésité très longtemps. Et celui-ci, comme il s’y était engagé, n’est jamais intervenu dans la ligne éditoriale, même si, bien sûr, nous lui présentons les comptes en fin d’exercice.

    Je crois, pour lire de temps en temps du P.O.L., que, in fine, il en va de même pour eux.

    Alors pourquoi condamner la Rue avant de lui laisser la moindre chance ?
    Vous rêvez d’un média totalement indépendant, gratuit et sans publicité ? Il faudra bien un jour que quelqu’un vous déçoive, car cela ne peut être.
    Je préfère une Rue qui se donne les moyens d’exister plutôt qu’une Rue en redressement, voire liquidation, judiciaire - et au vu des derniers comptes publiés, cela semblait inéluctable. Pardon pour cette lapalissade, mais apparemment, il est important de rappeler l’évidence...

    Alors laissons leur chance à Haski, Riché et consorts, prenons le temps de voir leurs évolutions, avant de les vouer aux gémonies en ne se fondant que sur des préjugés.

    Longue vie à la Rue - et ce bien que, souvent, elle me hérisse le poil que je n’ai pourtant pas à foison !