Pour/contre 22/12/2011 à 12h22

Pour ou contre l'évaluation des profs par le chef d'établissement ?

Nolwenn Le Blevennec | Journaliste Rue89


Un contrôle (Leonardo da Sourdan)

Le texte prévu par Luc Chatel sur la notation des professeurs par les chefs d’établissement a fuité sur le blog Café pédagogique.

Depuis, le ministre n’arrête pas de répéter qu’il n’était pas validé, qu’une discussion syndicale est en cours. Mais dans les coulisses, selon notre blogueur de l’Education nationale, le Mammouthologue, on se réjouit que ces textes aient été diffusés à un moment peu propice aux manifestations :

« Luc Chatel pose ainsi la première brique d’une réforme du métier et des statuts des enseignants. Un chantier “présidentiel” qui pourrait être l’une des propositions du candidat Sarkozy. »

Les syndicats et la plupart des profs qui s’expriment sur le site sont contre la notation des profs par le chef d’établissement. En un mois, près de 70 000 personnes ont signé la pétition intersyndicale en ligne.

Ceux qui travaillent dans le privé et regardent l’école de loin ricanent. « Ah ! Les profs vont enfin rendre des comptes et c’est bien normal. »

Voici une liste non exhaustive des arguments de chaque camp (nous nous sommes largement inspirés des commentaires des riverains de Rue89).

1

Pour

  • Ce type d’évaluation existe dans la fonction publique depuis des années. Pourquoi les profs y échapperaient ? (Vieilanarfatigué)
  • Il est temps que les profs perdent leur statut d’électron libre, qu’ils aient des objectifs à remplir. Cette merveilleuse entreprise aux ouvriers sans aucune hiérarchie, ni contrainte réelle, doit disparaître. (Pierrrrre)
  • Les chefs d’établissement sont les personnes les mieux placées pour évaluer les profs. Ils les côtoient tous les jours et savent tout d’eux, grâce aux retours des élèves et de leurs parents. Ils sont bien plus compétents pour les évaluer que des inspecteurs qui viennent tous les six ou sept ans. (Pmithrandir)
  • Le système de l’inspection est injuste : tous les profs ne se font pas inspecter au même rythme, et donc ne profitent pas des mêmes chances d’avancement. C’est bien que le système change. (Rubeus gris)
  • Il y a des profs très mauvais qui, le jour de l’inspection, font un cinéma convaincant. Au contraire, des excellents profs ratent tout. A l’image du bac, la pression de la journée d’inspection est terrifiante. (Mr PMB)

Enfin, l’argument le plus facile :

  • Les profs notent les élèves, mais ne veulent pas être notés. Ce n’est pas normal. (Edgar Poe)
2

Contre

  • Les chefs d’établissement n’enseignent plus depuis longtemps. Parfois, ils n’ont jamais enseigné. Quelle légitimité a un ancien prof de techno, par exemple, pour évaluer un prof de français ? Comment saura-t-il si un prof d’allemand a un bon accent ? Le proviseur ou principal est apte à mettre une note administrative (ce qu’il fait déjà, de façon très encadrée), pas une note pédagogique (donnée par l’inspecteur). (GoOogle, Franzfranz)
  • Une bonne évaluation, équilibrée, passe par le regard croisé entre le proviseur et l’inspecteur. Ils sont complémentaires. (Madjungleman)
  • Le chef d’établissement n’a pas le temps d’entrer dans les classes, de s’installer au fond de la classe et d’écouter. Il est un « homme de couloir » qui trottine. Il ne va évaluer que « le travail visible » à partir du bruit qui émane de la classe et des cahiers de texte mis en ligne. Ou alors, il se fiera à son intuition : il mettra des bonnes notes aux profs qui font le plus parler d’eux. (Farchouette)
  • La « capacité à faire progresser chaque élève », qu’est supposé évaluer le chef d’établissement, est invisible. Elle ne se concrétise pas forcément par une amélioration des notes. (Prof Falbala)
  • Les inspecteurs pédagogiques régionaux (IPR), même si tous ne se valent pas, même si leurs visites sont trop rares, sont des experts de leur matière : ils donnent souvent des conseils pédagogiques utiles (indications de références, conseils de stages, outils ou logiciels à utiliser). Dans ce nouveau système, ils disparaissent. (Farchouette)
  • La plupart des établissements sont des « paniers de crabe ». Il y a des risques de copinage : le proviseur donnera une bonne note aux lèche-bottes ou aux professeurs qui gonflent les notes. Parallèlement, il est très difficile de quitter un établissement à cause d’une mésentente (contrairement au privé). (Fred24, Papy_tergnier)
  • Cela peut mettre une mauvaise ambiance dans les établissements, notamment dans les établissements de l’enseignement primaire dans lesquels les responsables des écoles sont souvent des profs, collègues de ceux qu’ils devront évaluer. (Amelscando)
  • Les chefs d’établissement sont souvent d’anciens profs. S’ils ont arrêté d’enseigner, c’est qu’ils n’aimaient pas ça ou qu’ils ne savaient pas faire. (Lancetre)

L’argument très discutable lu sur Rue89 :

  • Quand ils quittent la fonction de prof, les chefs d’établissement subissent un lavage de cerveau, et se mettent « à la botte des recteurs ». On tombe souvent sur des profils de « pervers manipulateurs ». (Galibi)

Article initialement publié le 22/12/2011.

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  • Cannibal Ferox-
    Cannibal Ferox-
    mangeur de chouineur
    • Posté à 15h25 le 22/12/2011
    • Internaute 159072
      mangeur de chouineur

    « Les chefs d’établissement sont les personnes les mieux placées pour évaluer les profs. Ils les côtoient tous les jours et savent tout d’eux, grâce aux retours des élèves et de leurs parents. Ils sont bien plus compétents pour les évaluer que des inspecteurs qui viennent tous les six ou sept ans. (Pmithrandir) »

    Ouais, dans un bahut de 1500 élèves et 150 profs, c’est Super-Proviseur.

  • JulienV
    • Posté à 15h58 le 22/12/2011
    • Internaute 51406

    Question bête en passant, qu’en pensent les chefs d’établissement ?

  • franzfranz
    franzfranz
    le monde de kafka
    • Posté à 17h43 le 22/12/2011
    • Internaute 163427
      le monde de kafka

    Bonjour,

    Et merci de me citer.
    Dire d’abord que je ne vois pas pourquoi (simple impression ? expérience ? a priori ? réaction à l’expression « lavage de cerveau ») vous qualifiez le dernier argument « très discutable » Car de fait, et
    de plus en plus, les proviseurs et les personnels administratifs en général sont soumis à des pressions diverses et s’applique la même logique statistique absurde que dans d’autres administrations.

    Les C.R.S. avec lesquels je discutais lors de la manif de jeudi me disais que dans la police ne comptait plus que le chiffre et que le mec qui ne faisait pas son lot d’interpellations subissait des pressions parfois insupportables. Moins visibles que les suicides qui augmentent de manière inquiétante, les dépressions que l’on cache - « les mecs vont chialer dans les chiottes », « se bourrent de tranquillisants », « font des mélanges avec de l’alcool » « passent leur WE au pmu ou dépensent des fortunes au loto dans l’espoir d’envoyer chier toute cette merde » Ce sont des mecs que je connais depuis un certain temps comme les R.G. avec qui nous avons l’habitude d’être en relation afin que les manifs se passent le mieux possible.

    La pression sur les proviseurs et les personnels d’encadrement est bien réelle. Et s’il ne s’agit pas bien entendu de lavage de cerveau, il y a cependant martelage d’une certaine idéologie du rendement à tout prix qui doit être rendu possible par la soumission. Quand même de mettre un discours de Sarkozy à une épreuve du concours des CPE, vous ne pensez pas que cela a quelque chose de profondément stalinien ?

    De plus, de plus en plus de proviseurs ne sont pas directement issus de l’enseignement, donc n’ont jamais été face à une classe en tant qu’enseignant mais viennent de l’administration et n’en connaissent que l’aspect gestionnaire. Beaucoup de jeunes loups arrivent qui ne pensent que carrière et sont trop content d’empocher les prîmes au rendement (c’est-à-dire la carotte pour la soumission) Des proviseurs « critiques » qui de par leurs qualités humaines et leur capacité à organiser intelligemment leur établissement, mais qui osent l’ouvrir se trouvent mutés dans des établissements au trou du cul du monde, etc...

    Mais je reviendrai point par point sur les divers arguments des riverains en un autre post. J’aimerai en celui -ci simplement rappeler les principaux aspects du problème et le but caché réellement poursuivi par cette mesure, dont on ne parle guère.

    - A signaler d’abord, puisqu’il faut le rappeler, que les profs ont toujours été évalués. Sous-entendre qu’ils seraient donc enfin « évalués » aujourd’hui alors qu’avant ils pouvaient faire n’importe quoi est en ce sens un pur mensonge. La plus grossière des intox auxquels Chatel est d’ailleurs accoutumé.

    Cette notation est double : administrative par le proviseur (40% de la note globale) et pédagogique par l’inspecteur (60% de la note) Il y a donc une notation des professeurs, même si celle-ci comporte des défauts et demanderait à être améliorée. Cela personne ne le conteste.

    - Parlons d’abord de la notation administrative. Elle est annuelle et elle est supposée au départ rendre compte de l’aspect purement formel de la chose. Ponctualité, rayonnement, autorité, etc...

    Elle est nécessaire et je me souviens que durant ma première année d’enseignement j’étais allé voir mon proviseur afin de lui demander ce qu’il pensait de moi. Bon, en fait en visitant la ville j’avais trouvé un chien errant qui s’était avéré être celui de l’épouse du proviseur, et celle-ci pour me remercier m’avait invité à boire l’apéro. Lorsque le proviseur est arrivé, il était plié de rire : « Et un verre de porto à la main en plus ! Ben le nouveau prof de Philo ne perd pas son temps ! Il est à peine arrivé que déjà il s’installe dans mon appart et picole avec ma femme ! “ J’en ai du coup profité pour lui demander ce qu’il pensait de moi ( en tant que prof bien entendu, non pas en tant que futur potentiel amant de sa femme ; -) ) et il m’a expliqué par le menu (ben oui du coup je suis resté pour déjeuner) le rôle précis du proviseur en la matière. Comme le vin était bon, il m’a bien entendu aussi
    avoué que les divers aspects humains et psychologiques, de sympathie ou d’antipathie (parfois même inconscients) pouvaient influencer la note. ‘Mais quoi, me dit cet ancien prof de Lettres Classiques, c’est comme avec les élèves. Vous en avez des bons que vous n’aimez pas trop. Et des glandeurs qui vous sont sympathiques. Le tout est que vous en soyez le plus conscient possible que vous trouviez à rester humain tout en étant objectif Et de partir dans un grand discours sur la docimologie, son grand dada. Et bien cet homme durant le temps qu’il dirigeait ce, ces lycées il a fallu regrouper à sauvé dans cette vallée perdue qui se mourrait les divers établissements scolaires qui se trouvaient toujours menacés de fermeture non seulement en les regroupant, mais en y faisant venir des sections rares et en se battant comme un beau diable pour la survie et le développement de ces établissements. De garder par exemple les L en faisait du Lycée un lycée art plastique. En faisant venir au lycée pro une spécialité qui n’existe à part là qu’à Paris ! Je ne vous dis pas le gueule des parisiens qui venaient faire passer les oraux de bac au fin fond de cette vallée perdue.
    Mais en sauver le lycée, il n’a pas seulement sauvé des établissements scolaires. Il a contribué à sauver la vallée ! Plus de bus scolaires par exemple : plus de liaisons autre aussi. Quand je suis arrivé là, la même année que lui je voyais les magasins fermer les uns après les autres. Petit à petit, la tendance s’est inversée. Honneur à un proviseur de cette couture ! Et j’en ai connu quelques uns comme cela dans ma carrière. Et qui ont plus fait pour le développement politique et économique des patelins où ils étaient que ceux qui tentent de se faire mousser auprès des édiles du cains et de leur administration en diffusant cette idéologie libérale délétère qu’on leur demande de diffuser Ceux-là ce sont tout simplement de sales cons. Et malheureusement le MEN les clone à la vitesse grand V !

    Mais trêve d’anecdotes. Encore que les anecdotes’, c’est la vie .... Et ma psy ne cesse de me tanner pour que j’écrive un livre sur l’éducation (‘Mais je ne suis aps une Natacha Polony !’) parce qu’elle prétend que j’aime l’enseignement alors que je ne cesse de m’en plaindre. ‘Il y en tellement qui s’en foutent et s’accommodent . Si vous étiez dans ce cas tout ce qui va mal ne vous révolterait pas autant

    Revenons donc à cette notation.
    Elle est à mon sens absolument nécessaire parce qu’un enseignant c’est d’abord uin fonctionnaire qui comme disait Hegel et/ou Godard doit fonctionner.
    Elle n’est pas sans poser problème déjà en la forme existante.
    D’abord, il y a tout simplement des proviseurs qui n’ont presque jamais vu un enseignant, surtout s’il est par exemple de passage (TZR , remplacement à l’année)

    Il y a des proviseurs qui ne viennent jamais en salle des profs !

    Et vous donneriez quoi comme note là ?

    Qui n’envoient pas même leur adjoint. Et vous pouvez passez des mois sans voir en la salle des profs de l’administration d’autres personnes que les secrétaires qui viennenet mettre les avis officiels dans les casiers. Je me suis trouvé (encore l’anecdote je sais, mais c’est la vie) un jour en un lycée où le proviseur qui habitait dans un chalet classé par le patrimoine a déplacé la salle des profs en un obscur coin du lycée moderne’ (ex Pailleron, j’ai un ami qui s’est fait exclure de l’EN parce qu’il disait que c’était dangereux, après bien entendu ce sont les morts qui ont parlé...) parce q’uil ne supportait de croiser (et je vous assure que c’est vrai) les profs dans l’escalier ! pour une malheureuse question de changement de salle son adjointe que j’avais abordée dans le couloir devant son bureau m’a dit ‘demander RDV !’ La secrétaire à qui j’ai demandé rdv m’a dit : ‘mais vous venez de lui parler, elle est dans son bureau’ Elle était éberluée. Vous savez : ces femmes consciences qui font de leur mieux, remplissent les formulaires, classent les dossiers, rectifient discrètement les erreurs. ‘Jamais je n’ai vu cela’ Mais encore de l’anecdote.

    Et puis anecdote pour anecdote. J’ai ausi connu un lycée où TOUS les matins la Proviseure venait dans le bureau du proviseur adjoint, porte ouverte. Les profs avaient deux trajets pour rejoindre la salle des profs : ce n’était donc pas u lieu de contrôle. C’était le briefing du matin. Non seulement les mecs montraient qu’ils bossaient, mais de plus ils disaient : nous sommes là pour vous disponibles... De plus tous les jours, il venaient en salle des profs, matin, après midi, soit l’un soit l’autre soit les deux ensembles à dire ne serait-ce que bonjour, à vois s’il y avait des problèmes et comment on pouvait les règler au plus vite : même si ce n’était qu’un problème de place de parking.
    Lycée en milieu difficile, il y a avait aussi des rencontre avec les flics : le principe étant : plius vite on repère et traite le problème, mieux on sauve l’élève et on s’attaque au réseau... Quand les élèves on demandé un distributeurs de préservatifs la Proviseure leur a demandé de constituer un argumentaire en la faveur Ils ont discuté avec elle sur la base de ce texte et ont obtenu le distribitueurs. Comme il y a avait beaucou d’élèves originaires d’Afrique du Nord et de Turquie, on travaillait sur les ‘problèmes familiaux’ Il y avait une salle de théâtre et les élèves ont proposés des petites piècettes sur leur vie et le rapport à leur famille. Je vous garantie, la première fois que deux élèves ont joué les parents et ont répondu aux élèves qui jouaient les enfants, j’ai entendu se lever les youyous au point où les larmes me reviennent aux yeux à cette seule évocation, alors que je suis et resterai un salaud de stalinien !

    Lionel Jospin, ( qui a fait beaucoup de mal au socialisme et au trotskisme, et je ne vous parle de ce qu’il a fait en tant que Ministre de l’Education Nationale en sbire de Meirieu !) a été sans doute le premier a promulguer un décret imposant un entretien régulier du chef d’établissement avec les enseignants.
    Je suis sur un nouvel ordi. Mon vieux papy est en rade parce qu’il n’y a probablement plus de mémoire (Je l’utilise exclusivement pour popdcaster les émission de France Culture et il a du saturer)Mon 17 pouces vient de recevoir un nouveau DD mais n’a du coup pas de système d’exploitation et mon petit Samsung double coeur est sur le réseau mais n’a pas accès à tout

    Tout cela pour dire que je n’ai pas là le texte du B.O. en question et donc son argumentation.

    On pourrait reprocher à Jospin d’être le précurseur de l’évaluation à la Chatel !
    Et les dieux savent combine j’ai de chose à liu reprocher !
    Mais là il me semble que cela avait été plutôt une idée qui se justifie : le fait que les proviseurs aient au moins un contact par an avec le prof afin que le notatio de procède pas de la simple rumeur.

    Il s’agissait sans doute d’établir une régularité dans le contact.

    A signaler que pas mal de proviseurs, de manière plus ou moins discrète, opposent au ‘plan’ Chatel le fait que même sur une prériode trois ans ils ne parviendront pas à trouver le temps de répondre aux exigences du projet qui ne se limite pas à un entretien, mais est bien plus pervers. Et c’est là où 1/ le projet est réellement stalinien ( je n’utilise pas ce terme au hasard quand je dis stalinien, cela signifie qu’il entre dans le cadre d’une conception réellement stalinienne du rapport (autocritique) et donc totalitaire.
    2/et dans ce que j’appelle la méthode du brave soldat Schweyk il existera une manière toute simple d’en faire le cauchemard des proviseurs. Apliquez les instructions à la lettre en utilisant l’abbérration du texte de loi et vous en faîtes une fête kafkaïenne.

    Pour le dire plus simplement :

    1/ Ce projet relève d’une idéologie inepte qui n’a aucunement pour but d’azméliorer en quoi que soit les conditions de l’enseignement

    2/ Il y a un moyen simple de la déconstruire : en jouant sur sa propre duplicité. C’est-à-dire en l’appliquant à la lettre. Autrement dit ce projet porte en lui son propre sabotage. Seule ceux qui adhèrent (ou sont sommés ou y voient un intérêt) vont tenter de l’appliquer. Les administratifs, seront obligés de le faire. J’ai le sentiment parfois de me retrouver dans la bonne Union soviétique avec ses abbérrations bureaucratiques. A ceci près que là l’abbérration est voulue puisque le but final est de montrer que puisque le public ne marche pas il faut se rabattre sur le privé.

    Voici la véritable raison de la chose !

    Mais en attendant, ce que ce dispositif implique, c’est la destruction du système d’avancement existant :
    1/ pour mettre tout le monde à un même niveau soviétique de médiocrité
    2/ pour donner au kapo d’établissement le pouvoir de choisir les plus dociles dans le cadre d’une distribution de quota où les putes auront toujurs l’avantage.

    Grace au système des TICE j’ai vu des profs enseignenr 7h pour en être payer 23 parce q’uils se font les salopes du système. Là moi j’ua juste envie de sortir mon AKs 74...

    Revenons au systèeme d’avancement.

    Je le dis de mémoire. Je n’ai pas les documents sous les yeux.

    1/ Tout le monde est au même degréd’avancement : l’ancienneté.
    2/ Le seul proviseur (alors qu’avant c’était l’inspecteur grand choix, peti choix) peut décider d’une accélération de ce système (3 mois- 7mois je crois et e fonction de pourcentages préalablement fixés - autrement dit il faut qu’il remplisse les quotas)
    3/ Vous allez me dire que cela existait déjà ( sauf que là on stagne plus longtemps because manque de fric du MEN et salaires bloqués

    AUTREMENT DIT : la raison caché de ce dispositif est une raison économique.

    1/ On va reconvertir le corps, idéologiquement génant (je parle surtout ppour la Philo parce que dans d’autres disciplines on m’ a dit, en des réunions syndicales récentes, que le fameux ‘lavage de cerveaux’ avaioent opéré sous la forme d’ue idéologie pédagolâtrique à la MEIRIEU et où les inspecteurs se font effectivement al courroie de transmission depusii longtemps d’une idéologie pédagogistes dominantes et depuis peu d’une idéologie libérale advenante. Mais comme dit en son si beau livre Natacha Polony : les deux se rejoignent. Et c’est là où il n’y aura rien à attendre du soi disante gauche qui viendrait au pouvoir, dès lors que ce ex-président de l’UNEf est déjà inféodé aux mots d’ordre de l’OCDE.

    2/ On va transformer l’enseignement national en en un système déodal avec des kapos qui vont favoriser la médiocrité par les plus merdiques copinages. Là encore je n’ai pa le dossier sous les yeux, mais je me souvient d’un texte de la patronne des patrons, voous savez la Schleyer française, qui voyant en la régionalisation, dont l’autonolie des établissements est une des maillons une résurection des économies locales.

    Outre que c’est dans la logique d’un libéralisme de merde, c’est économiquement une arnaque.
    Parce que ce ne seront pas les boites locales qui auront les contrats. Ce seront sdes boites nationales voire internationales.

    La logique de l’OCDE est donc non seulement un totalitarisme économique, m ais ce quie est encore plus grave une errerur de calcul !

    Bon ! Je cesse là !
    Déjà parce que je pense que sont très peu nombreuc les gens qui ont lu jusque là
    Ensuite parce que ma psy a sans doute raisons que d’écrire un livre serait une bonne chose
    Surtout parce que nous sommes acculés à une lutte qui n’est plus des mots

  • Alain Provist
    • Posté à 18h39 le 22/12/2011
    • Internaute 19517

    LA NOTE, LA NOTE Etienne Denhaut

    Notation par l’inspecteur :
    Avantages :
    - elle est faite par un spécialiste de la matière
    - qui juge de la pertinence du cours vu en fonction d’un programme et d’une progression
    - l’entretien permet de prendre du recul sur le cours ponctuel et de mesurer l’investissement de l’enseignant
    Inconvénients :
    - le caractère beaucoup trop factuel et artificiel de cette rencontre qui est forcément sur-préparée et exceptionnelle
    - ces inspections sont beaucoup trop espacées dans le temps (les inspecteurs étant trop souvent pris par des tâches annexes)
    Notation par le chef d’établissement
    Avantages :
    - la compétence et l’investissement de l’enseignant peuvent davantage être appréciés dans leur exhaustivité, dans leur globalité et dans la durée
    - le bon chef d’établissement qui est le partenaire d’une équipe éducative, des élèves et des parents peut se faire une idée assez précise de ce que vaut l’enseignant dans son rapport à sa matière et à ses interlocuteurs
    Inconvénients :
    - le chef d’établissement ne peut pas être un « spécialiste » de chaque matière. Il ne pourra donc juger de l’adéquation de l’enseignement aux exigences particulières d’une matière
    - le risque d’appréciation subjective du chef d’établissement est élevé : sympathies, affinités privées, antipathie, confrontations syndicales…
    - les rapports avec le chef d’établissement en seront faussés. Le chef d’établissement doit être impliqué dans son action professionnelle avec les enseignants, pas replié sur son Aventin à surveiller les profs qui arrivent en retard ou les statistiques de réussite aux examens.

    Chaque solution a ses inconvénients. Les chefs d’établissement qui ont une connaissance sérieuse et un jugement objectif de leurs professeurs existent mais ceux qui se laissent aller à la facilité et à la subjectivité aussi. Certains inspecteurs essaient de faire leur métier de conseil et d’évaluation avec lucidité, d’autres cèdent aux illusions et à la précipitation. On peut rêver d’un idéal où l’appréciation se ferait en concertation entre un très bon chef et un inspecteur qui prendraient le temps de discuter entre eux et avec l’enseignant de sa carrière ou de ses difficultés. On pourrait même imaginer un monde idyllique où les élèves et les parents auraient leur mot à dire.

    En attendant la réalité est plus prosaïque. Il faut ralentir l’avancement des professeurs (lié à ces notes), instiller une absurde culture du résultat (l’accord du participe passé et le théorème de Thalès vont perdre leur triple A) et préparer les esprits à la privatisation de l’école (c’est-à-dire abandonner la notion d’égalité républicaine et la notion de fonction publique d’état). Je crains aussi qu’on ne veuille finir de convaincre l’opinion publique que les fonctionnaires sont le « cancer » de la société (comme disait un certain ministre) et que la meilleure façon de les noter sera finalement de les précariser puis de les marginaliser et enfin de les écarter du joli monde du marché.

  • Poil à gratter
    • Posté à 23h43 le 22/12/2011
    • Internaute 32612

    La réforme, c’est toujours le progrès, non ?

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