Enquête 21/12/2011 à 15h47

Un collège pour les nuls ? L'idée qui a failli tenter l'UMP

Nolwenn Le Blevennec | Journaliste Rue89

Promu par la Fondapol, think tank de droite, le concept prévoit d’enterrer le collège unique en réservant certains établissements aux élèves les plus en difficulté.


Des vieux bureaux d’école (Alex Liivet/Flickr/CC)

Un article du Figaro du 12 décembre nous a marqué. Sur une page entière, dans un article baptisé « Education : les propositions chocs de la Fondapol », une journaliste offre un espace gigantesque aux solutions du think tank proche de l’UMP. Elles sont issues du programme « 12 idées pour 2012 ».

La journaliste écrit, dans sa chute, qu’elles ne vont pas plaire à tout le monde. C’est un euphémisme. On y apprend que Dominique Reynié, directeur général de la Fondapol, Fondation pour l’innovation politique, veut créer des « écoles fondamentales » et doubler le salaire des enseignants qui y travaillent :

« Ces écoles destinées à accueillir les élèves en difficulté de la sixième à la troisième se concentreraient sur des matières principales : mathématiques, français, éducation physique et sportive et “savoir-être”.

La méthode d’enseignement “privilégiera les exercices pratiques” et s’appuiera “très largement sur les nouvelles technologies”. »

Des collèges pour les nuls, où l’on enseignerait l’essentiel. Retour sur l’idée d’un think tank très proche de l’UMP.

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« Nous sommes dans la logique de l’éducation du sauvageon »

Que penser de cette idée ? Sur un blog spécialisé, Choukri Ben Ayed, sociologue, professeur à l’université de Limoges, s’énerve le long d’une tribune.

Joint par Rue89, il remarque d’abord que le texte sur les écoles fondamentales de la Fondapol ne s’appuie sur aucune source (études, expérimentations), et cela révèle « le caractère idéologique et fantasmé » de cette proposition.

« C’est la fin du collège unique. Cela renvoie à l’école de la IIIe République, ou quelque-chose de cet ordre-là, avec un double réseau de scolarisation tant combattu. On ne mélangeait pas les enfants.

La matière “savoir-être” renvoie à une logique d’éducation du sauvageon, de l’inéducable, de l’inenseignable. »

Selon Choukri Ben Ayed, l’idée sous-jacente est de « sauver les classes moyennes », une partie de la population qui intéresse particulièrement la Fondapol.

« Une fois le peuple parqué, on peut laisser une bonne place à la promotion de la classe moyenne. »

« Une question de loyauté à l’égard du réel »

Dans le bureau parisien de la fondation, à deux pas de la rue Saint-Guillaume et de Science-Po Paris où il enseigne, Dominique Reynié est très surpris qu’on souhaite lui parler du fond : « Cela n’arrive jamais. » S’il avait su, il aurait bloqué plus de temps avec nous.

Il explique que la partie sur l’Education de « 12 idées pour 2012 » a été rédigée en partie par un membre du Conseil d’Etat, Tanneguy Larzul (la partie sur l’autonomie des universités). Sur les autres, notamment l’école fondamentale, il s’est beaucoup impliqué « personnellement » :

« Ce sont mes travaux. Je discute de cette idée avec des professeurs depuis deux ans. C’est une question de loyauté par rapport au réel. Il existe au moins deux écoles en France. Le collège unique est un mythe.

Certains enfants, environ 300 000, pour partie issus de l’immigration ou de la France rurale, ne réussiront pas. On le sait dès la sixième. Ils ont trop de lacunes. A part quelques-uns qui auront ce qu’on appelle des destins d’exception, selon l’expression de Bourdieu. »

Après l’école fondamentale, des filières pros

Pourquoi leur enseigner le français, les mathématiques et la gym ? Pourquoi avoir mis de côté l’anglais ?

« Ça fait partie des choix. Je crois à l’éducation du corps. Et leur difficulté est telle en français, qu’il est difficile de prendre appui sur elle pour apprendre l’anglais. »

Des commissions d’évaluation trimestrielle permettraient de refaire passer les meilleurs en filière générale. Et après l’école fondamentale ? Les étudiants auront accès aux filières professionnelles, dit Dominique Reynié.

Ce dernier pense aussi que ce dispositif facilitera le travail des profs, dans les collèges normaux. « Ces élèves avec d’immenses lacunes gênent les cours. »

A noter, l’idée de la fin du collège unique se rencontre aussi à gauche. En 2001, Jean-Luc Mélenchon jugeait qu’il était une « machine à casser ». Il souhaitait lui une orientation technologique facilitée dès la quatrième.


Dominique Reynié à la Fondapol, le 16 décembre (Audrey Cerdan)

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L’UMP peut-elle reprendre cette idée dans son programmme ?

Dominique Reynié, qui n’a jamais rencontré le président de la République, explique que la Fondapol l’a influencé une fois. C’est son équipe qui aurait mis « la règle d’or » au centre du débat, l’été dernier. L’idée viendrait d’une note de l’économiste Jacques Delpa, publiée en janvier 2010.

Le programme « 12 idées pour 2012 » a été envoyé à tous les parlementaires, aux cabinets ministériels et à tous les membres du cabinet de Nicolas Sarkozy. « Je pense que cela peut inspirer », dit Dominique Reynié.

La Fondapol fait aussi partie du « Conseil des clubs et des think tanks » réuni par Jean-François Copé, qui a pour objectif d’alimenter les débats en vue de la préparation du programme de 2012.

« Je n’ai jamais vu à l’œuvre tout un processus »

Mais l’influence des think tanks est à relativiser. Dans un article de Mediapart, Marc-Oliver Padis, vice-président, directeur éditorial de Terra Nova, dit :

« Je n’ai encore jamais vu à l’œuvre l’ensemble d’un processus, qui partirait d’une idée et aboutirait à un argument politique ou à une politique publique. Je n’ai encore jamais observé de manière linéaire une fonctionnement à l’anglo-saxonne, où un think tank pousse une idée qui devient un projet de loi. »

Amaury Bessard, fondateur de l’Observatoire français des think tanks, auteur du blog Think Twice, explique que c’est surtout la convergence de plusieurs facteurs qui va permettre à une idée d’émerger. Pour lui, les think tanks sont des acteurs partisans du débat social, qu’il ne faut pas diaboliser.

« Il ne faut pas les prendre pour des anges, ni pour des démons capables d’instrumentaliser le pouvoir. »

« Réagir au collège, c’est un peu tard »

D’ailleurs Valérie Rosso-Debord, déléguée générale adjointe de l’UMP chargée du projet, nous dit la même chose : « Ils font des propositions et nous ne retenons pas tout. »

Elle dit que l’idée de l’école fondamentale n’a pas été sélectionnée dans le projet présidentiel présenté en novembre (à télécharger). Et il n’est pas question de s’en inspirer dans un second temps.

Voir le document

(Fichier PDF)

Sur l’autonomie des responsables d’établissement, calqué sur le modèle du privé, l’UMP et la Fondapol avaient « des idées convergentes ». Mais sur l’école fondamentale, le parti ne les suit pas.

« Nous, nous pensons qu’il faut mettre l’accent sur la primaire. Le maximum doit être fait pour que tous les élèves aient acquis les fondamentaux à la sortie du CM2. Réagir au collège, c’est un peu tard. »

Quand on lui a demandé pourquoi il ne mettait pas l’accent sur la primaire, ce qui semble plus juste, Dominique Reynié n’a pas vraiment répondu. Il s’est mis à parler de la révolution des écrans, parfois déstructurante pour les jeunes enfants. Valérie Rosso-Debord assure par ailleurs que l’UMP n’est pas dans « une mécanique généralisée du soutien avec la création d’établissements spéciaux. »

Dans son projet, l’UMP s’en prend autrement au collège unique. Le parti propose une plus grande personnalisation des parcours, avec la mise en place de classes « métiers-études » sur le modèle des « sport-études ».

Les élèves pourront entamer un parcours en alternance dès la quatrième, avec un programme de découverte des métiers. L’initiation aux métiers se ferait en milieu scolaire et en lien avec les entreprises.

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  • mezneth
    mezneth
    Onomatopée antropomorphe
    • Posté à 16h53 le 21/12/2011
    • Internaute 70709
      Onomatopée antropomorphe

    Atterrant...

    Alors qu’il suffirait quand des lacunes sont détectées de mettre les élèves en difficultés dans des écoles à moyen renforcées ou il n’y aurait que 5-10 élèves par classe. C’est d’ailleurs ce qui est fait pour certains élèves en décrochement (je ne me souviens plus du nom de la structure) avec des résultats garantis.

    A moins qu’en fait, le vrai problème des études, ce soit qu’on ait aujourd’hui trop de gens qualifiés et plus assez d’ouvriers/ manutentionnaires, etc.

    Auquel cas, effectivement, le programme de ces gugus se tient :
    « Les élèves pourront entamer un parcours en alternance dès la quatrième, avec un programme de découverte des métiers. L’initiation aux métiers se ferait en milieu scolaire et en lien avec les entreprises. »

    L’école selon l’ump ou comment transformer la machine à se construire en machine à apprendre un métier pérenne puisque les possibilités d’ascension sociales sont plus ou moins déterminées à l’obtention du diplôme, en espérant que d’ici qu’ils arrivent sur le marché du travail, leur voie soit encore d’actualité et qu’il n’y ait pas d’apprentissages bidons qui ne débouchent sur rien, sans quoi ils seront bien dans la merde et chômeurs à vie.

  • Agata
    Agata
    maman
    • Posté à 17h24 le 21/12/2011
    • Internaute 53153
      maman

    Ce projet me semble excellent !

    Le college unique est un leurre, la France est l’un des pays les plus inegalitaire d’Europe pour sa correlation entre reussite scolaire et niveau socioeconomique (cf rapport Pisa). Le college en est le maillon faible. Les eleves irrecuperables en 6 sont une realite.

    Oui ils derangent les autres.
    Oui ils ont besoin d’un recentrage sur les fondamentaux.
    Oui ils ont droit a une vraie seconde chance (revenir dans la vraie filiere generale en cas de rattrapage).

    A noter que les idees retenues par l’UMP sont infiniment plus inegalitaires. La professionnalisation en 4e est une voie de garage, une vraie : ce n’est pas en travaillant a mi-temps qu’on aquerra les fondamentaux qu’on n’a pas acquis a temps plein.

    Et garder des eleves qui ne profitent pas et derangent en 5e-6e c’est bel et bien sacrifier les classes moyennes en tirant vers le bas la filiere generale.

    (Degrader le statut de l’enseignant et couper les moyens c’est aussi sacrifier les classes populaires et moyennes, mais c’est un autre debat.)

    Ne nous trompons pas d’ennemi. Si la droite s’occupait reellement des classes moyennes comme le demandent les vitrines Reynie ou Wauquiez ce ne serait pas si mal. En attendant, constatons qu’elle n’est efficace que pour assurer les niches fiscales pour les cours a domicile.

  • Agata
    Agata répond à Santea
    maman
    • Posté à 17h32 le 21/12/2011
    • Internaute 53153
      maman

    Je ne connais que les SEGPA, qui concernent tres peu de monde (par rapport aux 20% ne sachant pas lire en 6e), ne sont pas si centres que ca sur les fondamentaux et surtout ne permettent pas de recuperer la filiere generale.

    Les SEGPA sont une voie de garage, le projet de Reynie pas forcement.

  • Santea
    Santea répond à Agata
    Prof
    • Posté à 17h44 le 21/12/2011
    • Internaute 157422
      Prof

    On peut très bien réintégrer un collège normal après avoir été orienté en SEGPA. Travaillant dans une école assez défavorisée, c’est entre 1 et 3/4 élèves de CM2 (sur 25 environ) qui sont envoyé en SEGPA tous les ans.

    C’est une voie de garage je vous l’accorde, qui amène a une formation professionnelle comme le projet ci dessus. Je ne vois pas trop la différence.

    On y met souvent des instits titulaires d’un CAPASH qui travaillent surtout sur le français et les maths comme en primaire (si on en trouve pas on envoie des débutants fraîchement nommés).

    Ah oui dernière chose ces instits ne touchent pas un salaire double, juste une petite prime ridicule ...

  • yalienx
    • Posté à 18h07 le 21/12/2011
    • Internaute 66859

    Moi, et désolé de vous choquer, mais cette idée ne me déplait pas. A un bémol près : je ne suis pas favorable à un « collège pour les nuls », mais plutôt, à l’intérieur des collèges traditionnels, à des classes pour les élèves en difficulté.

    Car aujourd’hui, le collège ne me semble pas vraiment adapté à la réalité. On mélange dans une même classes des élèves « nuls », des élèves « moyens » et des élèves « doués ». Avec un programme qui est plutôt axé sur les élèves moyens.

    En conséquence, les élèves moyens s’en sortent à peu près bien, les élèves doués également, et les élèves nuls ne rattrapent jamais leur retard. De fait, on ne leur permet pas de progresser et le collège (plus généralement l’école) ne joue plus son rôle premier qui devrait être de soutien à l’ascenseur social.

    Il faut arrêter de se voiler la face. Ceux qui pensent que des classes « pour les nuls » n’auraient pour but que de créer / maintenir de la main d’oeuvre pas chère se trompent à mon avis. Au contraire, de telles classes pourraient permettre à des élèves en difficulté de progresser et donc, pourquoi pas, de pouvoir aspirer à un meilleur job plus tard.

    Evidemment, tout dépend de la façon dont de telles classes seraient mises en place, des moyens qui leurs seraient alloués, etc.

    Mais à la rigueur, au pire, on ne serait pas dans une moins bonne situation qu’aujourd’hui, avec des tas de gosses qui sortent du collège sans savoir lire ni écrire, ou quasiment. Ce qui est en pratique une condamnation au chômage ou à des emplois totalement non qualifiés.

  • Nestor Romero
    Nestor Romero
    Ancien enseignant
    • Posté à 18h25 le 21/12/2011
    • Expert 5556
      Ancien enseignant

    Monsieur Reynié fait preuve de fort peu de délicatesse morale, comme le font ordinairement les idéologues qui se disent libéraux quand ils pillent le lexique du discours émancipateur pour en déguiser leur propre discours qui est celui de l’inéluctabilité de la domination c’est-à-dire de l’oppression.
    Ainsi, dans le champ de l’éducation, des mot « liberté » (bien sûr), autonomie (celle des dominants bien sûr), équipe (à la tête de laquelle se trouve un chef tout puissant, bien sûr), égalité (mais des chances bien sûr, pas égalité, comme ça, toute seule) et puis « talent », « projet », etc. Et voici maintenant école « fondamentale », cette école dont le fondement est qu’elle soit la même pour tous et que monsieur Reynié transforme sans scrupules en lieu de relégation précoce. Car il fait semblant d’ignorer (à moins qu’il l’ignore vraiment) que la même école pour tous sait, ou devrait savoir, prendre en charge chaque enfant dans sa singularité spirituelle, culturelle et sociale. Que c’est cela qui s’appelle pédagogie différenciée et que cela nécessite des moyens et des pédagogues formés... Mais le comble de l’indélicatesse, du cynisme pour le dire comme il faut, se trouve dans la proposition de doubler le salaire des « gardiens » de ces enfants ainsi relégués auxquels, en outre, on interdirait l’apprentissage de l’anglais du fait de leur faiblesse en français ! A-t-on déjà entendu pire ineptie ? Pauvres étudiants de Science-Po...
    L’école de monsieur Reynié est une école de malheur, je le disais encore ici voici peu :

  • mewtow
    mewtow répond à yalienx
    • Posté à 18h28 le 21/12/2011
    • Internaute 138470

    Il y a une sociologue du nom de Marie Duru-Bellat qui a justement cherché à savoir si séparer les élèves en classes de niveau fonctionnait. Il me semble (j’ai pas les souvenirs frais sur le sujet) que ça ne fonctionnait pas vraiment : les résultats étaient les mêmes que les classes homogènes, avec un léger écart en défaveur des classes de niveau.

    Mais le truc, c’était que ça accentuait les écarts entre élèves : les élèves dans les classes pour bons élèves devenaient de plus en plus bons tandis que les élèves placées dans la classe de rattrapage restaient « nuls » et avaient toujours de mauvais résultats et comblaient difficilement leur retard .

    Et en plus, ces classes de niveau existent encore et sont même très fréquentes. Environ 51% des collèges utiliseraient ces classes de niveau. : Lien

    Ça peut paraitre bizarre et contre-intuitif, mais c’est toujours ça les données scientifiques : la vérité choque toujours le sens commun.

    A la rigueur, les classes adaptées à des élèves particuliers qui ont un problème ou handicap spécifique (dys quelque chose), ou un problème avec les apprentissages bien identifié qui possède une solution spécifique, des classes adaptées peuvent aider, mais pas faire ça de façon globale avec des élèves dont on ne sait pas pourquoi ils ont de mauvais résultats.

    Le véritable problème avec l’école, c’est la pression scolaire (venant des parents et de l’école) et l’emprise du diplôme (faut bac+5 sinon chômage et t’as raté ta vie) qui s’est intensifiée ces dernières années, pas autre chose.

  • Nain Glumeux
    Nain Glumeux
    Nalyseur de proximité.
    • Posté à 18h57 le 21/12/2011
    • Internaute 148099
      Nalyseur de proximité.

    Un collège pour les nuls ?
    Promu par la Fondapol, think tank de droite

    C’est vrai qu’un truc émanant d’un réservoir à pensée UMP (pensée et UMP ça fleure un peu l’oxymore) peut être a priori considéré comme suspect, voire inquiétant.
    Mais la façon partisane dont est introduit l’article donne le ton (binaire), en gros choisi ton camp camarade, soit affreux élitiste ou défenseur de l’égalité des chances, campe vertueusement sur les principes et évite de réfléchir à un problème qui lui n’est ni de droite ni de gauche.

    Quiconque a fréquenté un collège ou lycée a rencontré des élèves qui perdaient leur temps et faisaient perdre celui des autres. Soit ils n’aimaient pas les études et auraient préféré apprendre un métier manuel (sisi ça existe mais papa maman ne veulent pas ça craint devant les voisins) soit ils n’étaient intellectuellement pas outillés pour les faire ces études, ça existe aussi, mais ça il ne faut surtout pas le dire.

    Quiconque n’a pas constaté cela est soit imperméable aux réalités dérangeantes soit a fait toute sa scolarité entre écoles privées et lycée huppé.
    L’éducation nationale avec ses objectifs productivistes coupés des réalités traîne jusqu’à un bac dévalorisé des élèves qu’elle abandonnera au mieux à la porte d’études sans avenir, au pire sur le marché du travail sans aucune qualification.
    Ce problème essentiel mériterait mieux que les habituels affrontements dialectiques stériles entre enseignants arc-boutés sur des principes généreux et allumés du darwinisme social.

    Et le bruit retombé on passe à autre chose mais l’honneur est sauf et les bonnes consciences satisfaites, chacun a eu sa chance.

    Sa chance ? Tu parles !

  • Scif
    Scif répond à mezneth
    patatoïde
    • Posté à 22h36 le 21/12/2011
    • Internaute 48662
      patatoïde

    « Alors qu’il suffirait quand des lacunes sont détectées de mettre les élèves en difficultés dans des écoles à moyen renforcées ou il n’y aurait que 5-10 élèves par classe. »

    Euh sans vouloir vous vexer, je ne vois pas trop la différence avec l’école fondamentale ^^

  • A déménagé le 18-06-2012
    A déménagé le 18-06-2012 répond à Scif
    non connue
    • Posté à 12h31 le 22/12/2011
    • 177174
      non connue

    L’école « fondamentale » c’est entre 25 et 33 élèves par classe. Quand aux anciennes « classes de perfectionnement » qui regroupaient une dizaine d’élèves en difficulté « moyenne » après orientation, elles ont été supprimées graduellement depuis 2002 au titre de la « meilleure gestion des moyens » et les élèves qui bénéficiaient de ces structures sont maintenant « intégrés » dans des classes « ordinaires » où ils se tiennent sagement (ou pas) près du radiateur. Pour être juste, il existe encore des CLIS (classes d’intégration scolaire) qui accueillent, toujours après orientation, des enfants victimes de grosses difficultés scolaires non associées à des troubles graves de la personnalité (litote). Je signale au passage que les élèves en difficulté scolaire « simple » dans des classes ordinaires étaient (sont toujours... quand ils ont de la chance...), pris en charge (par petits groupes et quelques heures par semaine) par les membres des réseaux d’aide spécialisée aux élèves en difficulté...Malheureusement le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux a touché de plein fouet les enseignants spécialisés (Ben oui, il est plus facile de supprimer un poste de réseau qu’un poste de classe...les parents gueulent moins) et les élèves en question sont de moins en moins aidés...

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