A Séoul, les « femmes de réconfort » de l'armée japonaise réclament justice
Les « femmes de réconfort » forcées par l’armée japonaise de se prostituer pendant la Seconde Guerre mondiale attendent toujours justice. Stéphane Mot, un riverain installé à Séoul (Corée du Sud), a participé mercredi à la millième manifestation de soutien aux « comfort women » devant l’ambassade japonaise.

D’anciennes « femmes de réconfort » autour de la statue qui leur rend hommage, face à l’ambassade du Japon (Stéphane Mot)
(De Séoul) La fillette reste assise sur sa chaise, un moineau sur son épaule. Ses yeux tristes fixent le bâtiment de l’autre côté de la rue, attendant une réponse. En vain. Cette fois encore, l’ambassade du Japon à Séoul reste silencieuse.
Pire : le gouvernement japonais persiste à protester contre la statue de la fillette récemment érigée en face de l’ambassade en hommage aux victimes coréennes de l’esclavage sexuel organisé par l’Empire pour ses troupes.
Ces victimes attendent depuis plus de soixante ans que justice soit faite et que le gouvernement japonais fasse officiellement des excuses.
Aujourd’hui, la fillette est entourée de quelques vieilles copines : forcées comme elle à devenir « comfort women » (« femmes de réconfort »), ces survivantes sont aujourd’hui âgées de 80, 90 ans et plus. Elles habitent dans la « House of Sharing », une résidence-musée dans la banlieue de Séoul, et viennent comme chaque mercredi, qu’il vente ou qu’il neige, pour protester. Pas contre la statue, mais avec elle, pour la justice.
Ce mercredi, ces « halmoni » (grands-mamans) sont entourées de centaines d’amis : des activistes et soutiens de longue date de la cause, ou de simples citoyens du monde, de tous âges et de tous horizons.
Le 14 décembre 2011 marque le millième mercredi de protestation depuis le 8 janvier 1992, et une foule immense s’est massée à Junghak-dong en face de l’ambassade qui, jusqu’à l’arrivée de la fillette en bronze, attendait tranquillement que les dernières survivantes disparaissent une à une.
Mais séchant leurs larmes, les « halmoni » font fièrement face aux caméras : elles ont dépassé leur honte il y a vingt ans, et depuis ce moment plus encore, la honte est sur les leaders nippons.
Le Japon doit enfin faire face à l’Histoire
Ce n’est pas une question de nationalisme, et certainement pas une question de type « Corée contre Japon ».
Cela se joue entre le Japon et la justice, entre le Japon et son propre avenir. Des crimes abominables ont été commis et les victimes ont le droit à la justice. Une fois de plus, s’il veut avoir un futur, le Japon doit enfin faire face à l’Histoire. Et ses dirigeants ne peuvent plus continuer à cacher la vérité aux citoyens japonais.
« Justice » veut dire, de la part du gouvernement japonais :
- reconnaître l’enrôlement contre leur gré de filles et de femmes coréennes en esclaves sexuelles pour les militaires ;
- formuler des excuses officielles ;
- révéler les atrocités dans leur ensemble ;
- ériger un mémorial pour les victimes ;
- compenser les survivantes ou leurs familles ;
- enseigner aux étudiants japonais la vérité et les faits afin que jamais ils ne se reproduisent ;
- punir les criminels de guerre.
J’ai souvent écrit la même chose à propos d’autres sujets : il s’agit aussi de sauver le Japon. Et si j’ai rejoint la manifestation, c’est aussi parce que j’aime le Japon, et que je n’accepte pas de voir une minorité d’ultra-conservateurs trahir son propre peuple et torpiller l’avenir de l’archipel.
Quant aux ultra-nationalistes coréens (le Japon n’a hélas pas l’exclusivité) qui tentent de récupérer cette cause pour leurs propres tentatives révisionnistes, je leur dis ceci : mettez déjà un terme à vos propres impostures, et restaurez la Commission de vérité et de réconciliation.
House of Sharing / Nanum : houseofsharing.org / nanum.org. Rejoignez le groupe sur Facebook. NB : jusqu'à vendredi, House of Sharing organise près de Hongdae, à Séoul, une expo d'art sur le thème de l'esclavage sexuel, du trafic d'humains, de la violence et de l'oppression contre les femmes, avec des projections de films et des oeuvres d'artistes.
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Sur Rue89L'amertume des Coréens face au trésor pillé « prêté » par la France - Sur Rue89La Grande Muraille de Chine encore plus grande : objectif, la Corée ?
- Sur blogspot.comLa note originale sur le blog de Stéphane Mot
- Sur wikipedia.orgLes "femmes de réconfort" sur Wikipédia
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Lien
Japan Probe évoque le cette nouvelle. J’attire votre attention sur le point suivant (en anglais) :
« The issue of war reparations was addressed in the 1965 Treaty on Basic Relations between Japan and the Republic of Korea. Under the treaty, the South Korean government accepted a huge sum of money from Japan, stating that it would take care of the distribution of reparations to individual Korean victims of Japanese imperialism. The South Korean government agreed that its citizens would no longer have the legal right to demand compensation payments from the Japanese government.
Unfortunately for the victims, the South Korean government hid the reparations agreement from its citizens and used the money for other purposes. For decades, South Koreans believed that Japan had not properly paid reparations to their country. The South Korean government eventually admitted the truth in 2005. »




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