Combattre le streaming illégal, oui, mais comment ?
Depuis quelques semaines, la lutte contre le « streaming » illégal fait l’unanimité à droite et chez les pros. Les solutions pour y parvenir, beaucoup moins. Explicateur.
Le système Hadopi a été créé pour combattre le téléchargement illégal. Mais il est devenu insuffisant, juge la majorité présidentielle et les professionnels de la culture, qui ont multiplié ces dernières semaines les attaques contre les sites illégaux de « streaming ».
Cette pratique – qui n’est pas « surveillée » par la Hadopi – consiste à regarder des films ou écouter de la musique sur Internet gratuitement et sans téléchargement. Deezer ou YouTube sont des sites de streaming tout à fait légaux (sauf certains fichiers, sur le second), mais d’autres proposent des contenus (films, séries) illicites.
Le ministre de la culture Frédéric Mitterrand était mardi dernier l’invité de Pascale Clarke sur France Inter :
« Je m’attaque au streaming ? On dirait Superman. Mais c’est vrai... Vous avez vu comme c’est compliqué ? »
Oui, c’est compliqué, technique... Et personne n’est d’accord. Explicateur.
Blocages mou, dur et déférencement
Trois syndicats français du cinéma ont assigné en justice des fournisseurs d’accès à Internet (Free, Orange, SFR...) et des moteurs de recherche (Google, Yahoo ! , Bing...) afin d’empêcher l’accès à des sites de streaming illégal. L’audience en référé se tiendra jeudi.
L’assignation vise les sites du « réseau AlloStreaming », une sorte d’annuaire particulièrement fréquenté qui recense et organise les liens vers les fichiers (séries, films) visionnables en streaming. Ce type de site est une des principales voies d’accès vers les contenus en streaming illégaux.
L’action en justice ne vise même pas à faire fermer les sites en question : juste à empêcher les internautes d’y accéder. C’est plus simple car :
« En l’état, il n’est pas possible de connaître précisément quel(s) est/sont le(s) responsable(s) des sites composant le réseau AlloStreaming. »
Blocage mou
Parmi les actions qui sont réclamées par les syndicats du cinéma, figure une solution « classique », souvent utilisée pour tout type de contenus litigieux : le blocage DNS.
Le « DNS “ est un service qui permet de faire le lien entre une adresse IP (le numéro qui désigne le serveur du site web) et un nom de domaine (Google.fr ou Rue89.com sont des noms de domaine). C’est utile, ça permet d’accéder à Google en tapant ‘Google.fr’ dans son navigateur au lieu de 74.125.113.104 (essayez, ça marche).
Si les DNS qui mènent vers une adresse IP – en l’occurrence celle d’un site de streaming – sont bloqués, le navigateur internet ne peut plus accéder au site en question. Un peu comme si, sur votre téléphone portable, on déconnectait les noms de votre répertoire des numéros.
Cela rend plus compliqué l’accès à ces sites, mais de nombreux moyens existent pour contourner cet obstacle (diffusion de l’adresse IP du site, ‘sites-miroir’ qui copient le contenu, services de DNS alternatifs...).
Blocage dur
Du coup, comme souvent dans les demandes de filtrage, les syndicats ont demandé un blocage de l’adresse IP : les fournisseurs d’accès à Internet ne doivent plus laisser leurs abonnés accéder aux adresses IP incriminées, rendant impossible l’accès à ces sites. Ce type de blocage, plus lourd, est aussi plus difficile – mais pas impossible – à contourner.
C’est ce blocage dur (IP ou DNS) qui a été retenu dans le cas du site Copwatch.
Déréférencement
Par ailleurs, l’assignation demande à différents moteurs de recherche de cesser d’afficher les sites du réseau AlloStreaming dans les résultats de recherche, afin d’en limiter le trafic et donc les ressources financières.
Google a déjà mis en place (voir en bas de cette page) ce filtre après qu’une mise en demeure lui a été adressée cet été par ces mêmes syndicats du cinéma.
Blocage automatisé, privatisé et sans juge
L’assignation émise par les syndicats comporte une innovation.
Prenant acte du fait que de nombreux internautes ont appris à contourner les divers types de blocages et qu’il ne faut que quelques minutes aux exploitants des sites illégaux pour ‘déplacer’ leurs sites ailleurs, elle réclame un blocage automatisé, privatisé et sans intervention du juge.
L’assignation imagine un couple formé de l’Association de lutte contre la piraterie audiovisuelle (Alpa) et de la société Trident Media Guard (TMG), qui serait chargé de détecter les mouvements éventuels des sites visés, afin d’empêcher leurs administrateurs de continuer leurs activités à une autre adresse.
Un logiciel détecterait les adaptations et les déplacements et un agent assermenté se chargerait de valider ces changements.
Cette solution est très controversée. La Quadrature du Net, une association qui milite pour les droits des internautes, a dénoncé, dans un communiqué :
‘une fuite en avant répressive, disproportionnée et extrêmement préoccupante sur le plan des libertés fondamentales’.
Dans une tribune sur Rue89, Laure de la Raudière, députée UMP très en pointe sur les questions numériques, s’est insurgée contre cette ‘police privée’ sans passage devant le juge, ‘incontournable pour l’UMP’.
La société TMG, qui est déjà un prestataire technique de la Hadopi, avait en outre été épinglée pour ses sévères manquements à la sécurité, ce qui avait conduit à une mise en demeure par la Cnil.
La solution Hadopi
Si le gouvernement et l’UMP n’aiment pas la solution radicale proposée par les syndicats du cinéma, ils n’ont pas avancé d’alternative très claire pour empêcher le streaming illégal. Fin novembre, le ministre de la Culture a chargé la Hadopi de réfléchir à des solutions pour :
- évaluer le phénomène du streaming légal ;
- engager le dialogue entre les différents acteurs ;
- formuler des éventuelles solutions d’ici à la fin du premier trimestre 2012.
Afin de connaître l’avancement de ces travaux, nous avons contacté la Hadopi, qui n’a pu revenir vers nous avant la publication de cet article.
A Avignon, Nicolas Sarkozy a repris une idée, celle du blocus bancaire.
‘Le streaming c’est l’idéologie de l’argent, je vole d’un côté et je vends de l’autre, qu’on ne me demande pas de soutenir cela !’
En privé, il s’est prononcé en faveur d’un blocus bancaire visant les sites de streaming qui proposent des abonnements payants.
Cette méthode, qui a fait ses preuves contre WikiLeaks, fait également partie des hypothèses sur lesquelles travaille la Hadopi.
Créer une nouvelle taxe
Un rapport remis récemment aux ministres de la Culture et de l’Industrie suggère une nouvelle taxe qui compenserait les effets néfastes des sites de streaming illégal et plus généralement de ceux qui diffusent des contenus illicites.
Pour cela, le rapport préconise de taxer les intermédiaires techniques d’Internet, ce qui permettrait, note le rapport :
‘d’établir une contribution minimale sur la diffusion de contenus illégaux sur Internet’.
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http://www.jaiuneidee.net
http://www.jaiuneidee.net
Voici quelques pistes possible en informatique :
- créer des sites de streaming utilisable et bon marché. Pour avoir essayer le streaming sur canal play, je n’ai jamais réussi à lancer le film avec le lecteur, et finalement j’ai vu harry potter avec un son de merde(vraiment très bas) une image pas top et le tout en streaming sur navigateur. Pour quelque chose qui coute normalement 5 euros, on va dire que mon essai gratuit a été concluant, je n’ai jamais plus envisager d’utiliser canal play(c’était en juin dernier).
- Abolir les notion de zone d’utilisation et de droit. En effet, lorsque j’étais au Canada, toujours sur du streaming légal, j’ai essayé de regarder aussi bien des émissions TV française que des film(Beaumarchaix l’insolent, introuvable outre atlantique). Dans les deux cas j’ai été prévenu que le film n’était pas disponible dans mon pays. Il m’a fallu 5 minutes pour l’avoir sur un site de torrent après 15 bonnes minutes de galères sur les sites légaux.
Et oui, le streaming, comme le téléchargement, c’est avant tout pratique. On recherche 3 à 4 minutes, on clique une fois, ca enregistre le fichier, et pour peu qu’il soit populaire, dans 4-5 minutes on peut le regarder sur un lecteur simple, en qualité tout à fait honorable, et sans pub intrusive comme dans un DVD. Oserais-je dire que la lecture est possible sur tous les supports, du téléphone portable à la tablette, en passant par MAC, linux ou windows... sans avoir de réelles connaissance techniques et sans problème de DRM.
Bon, maintenant, je dirai qu’il doit être possible de faire en sorte que les gens aient du contenu légal chez eux. Par exemple, en autorisant les gens a acheter non pas le film en tant que fichier, mais plutôt un certificat de paiement des droits.
On pourrait imaginer par exemple d’aller sur un site commercial une fois que l’on a trouvé un film et de payer une somme en échange d’un certificat de différent type :
- diffusion familiale illimitée(3 euro par exemple)
- diffusion en public (selon le nombre de personne qui visionne le film), pratique pour les association qui diffusent des films, par exemple dans les amphis de fac.
- location temporaire familiale(1 euro), valable pour 48 heures, difficilement revendable.
Comme nous aurions des certificats, garanti par les ayants droits, nous pourrions même envisager un marché de l’occasion avec cession de certificat à autrui de façon tout à fait légale.
Alors bien sur, ca demande un peu de boulot, déjà faire une liste de toutes les vidéos protégées et de leur ayant droits, puis proposer une plate forme qui permet l’achat et la cession de ces certificats, quitte à prendre une partie de la vente pour payer cette plateforme.(on parle de couts annuels compris entre 100 000 et 1 millions d’euros grand maximum)
D’un seul coup, vous proposez donc aux gens d’acheter des films et de rentrer dans la légalité, pour une somme relativement modique.
Vous profitez des circuits de distribution déjà créé par la communauté.(ainsi que des encodages)
Vous récupérez un pécule non négligeable à la place de rien du tout.
Cerise sur le gâteau, mise à part une base de donnée assez imposante en nombre d’unité, nombre de contenu enregistré et sauvegarde des certificats... on ne manipule aucun fichier volumineux qui sont très coûteux à héberger et surtout à envoyer.(la bande passante coûte chère)
Pour faciliter la tache des acheteurs potentiels, il serait intéressant de créer des logiciels capable de scanner les dossiers d’une personne à la recherche des contenus protégés, puis de faire le lien avec internet, et donc au final de lui proposer une facture de régularisation, avec prix de gros pour faire bonne impression et encourager à tout déclarer.
Mais là, je pense que je rêve un peu... ca voudrait dire avoir de l’initiative, et surtout que les majors acceptent après des années de déni que le CD et le DVD sont obsolètes et que c’est normal si ils ne se vendent pas.
C’est bien plus simple de taper sur une technologie qu’on ne peut pas supprimer... et de brider la création informatique en France.




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