Sacrilège ! Michel-Ange, Pasolini... Une histoire de l'art blasphématoire
Sacrilège Rodrigo Garcia avec son « Golgota picnic » ? Pas plus que de très nombreux artistes dans l’Histoire, et parmi les plus grands.
Un point commun les réunit peut-être : l’espoir de voir le Ciel se manifester, comme le Dom Juan de Molière. Les peintres, poètes, écrivains, cinéastes qui s’attaquent aux figures du sacré cherchent une apparition, une révélation. A défaut de récolter le signe qui comblerait leur angoisse, ils captent du moins l’attention du public, des censeurs. Et parfois de l’Histoire. Petite revue de grands blasphèmes.
- Michel-Ange : tous à poil au paradis
- Caravage : une sainte famille dégénérée
- Renan : un Christ humain, trop humain
- Pasolini : une Passion qui sent le fromage
- Tronchet : Jésus en gaffeur impénitent
Entre 1534 et 1541, Michel-Ange reprend un chantier monumental entamé trois décennies ans auparavant : la décoration de la chapelle Sixtine. Le pape alors en place, Paul III, est tellement heureux qu’il laisse l’artiste composer son « Jugement dernier » comme bon lui semble.
Or, Michel-Ange y multiplie les impudeurs et les détails choquants. Le maître de cérémonie du Vatican, Biagio de Cesena, fit valoir ses doutes au pape : des représentations de nus et des parties génitales, pourquoi pas ? Mais dans les bains publics ou à l’auberge, explique-t-il, et certainement pas dans une chapelle. Michel-Ange se venge de l’individu en le figurant dans sa fresque en train de se faire mordre le sexe par un serpent (dans l’angle inférieur droit) !
L’Arétin, poète pourtant très licencieux, auteur de textes érotiques sulfureux, en ajouta une couche. Par ressentiment personnel et par souci de saper l’influence de Michel-Ange, il dénonça le caractère hérétique de la fresque, dans une lettre qu’il rendit publique en 1547. Il glissa au passage que l’artiste avait des relations ambiguës avec de jeunes hommes.
Dans un tel contexte, la question de l’éradication pure et simple de l’œuvre se posa à plusieurs reprises sous le pontificat de Paul IV. Finalement, à la mort de Michel-Ange, un de ses fidèles seconds, Daniel de Volterra, est mandaté pour corriger quelques détails scabreux de la fresque : une suggestion de copulation entre Saint-Blaise et Sainte-Catherine, notamment. Il ajouta quelques voiles de pudeur sur les parties intimes. D’où son surnom de « braghettone », « le faiseur de culotte »…
Pendant les siècles qui suivirent et jusqu’au pontificat de Pie XI dans les années 1930, on programma des retouches de la fresque originelle.
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Je pose une question.
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L’homosexualité de Michel-Ange ne faisant plus mystère, peut-être serait-il bon que Civitas et consort repeignent en blanc le plafond de la chapelle Sixtine ?




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