Des journalistes en Syrie, la fin du huis-clos sur les atrocités
Depuis quelques semaines, de plus en plus de journalistes accèdent à la Syrie, comme ceux de France 2 ou de i-Télé ces derniers jours. Finies les images amateurs contestées par le régime de Bachar el-Assad : cette fois, les reporters rapportent et diffusent ce qu’ils voient.
La révolution syrienne, qui a débuté en mars, aurait fait au moins 4 000 morts, selon l’ONU, le double selon les comités de manifestations. Filmés et datés par les manifestants eux-mêmes, les mouvements sont systématiquement contestés par le régime. Qui dément toute cruauté.
Le fait que des reporters puissent désormais en témoigner aide à accréditer l’horreur de la répression, même si cela ne permet pas de vérifier le nombre des victimes. La journaliste Manon Loizeau en revient :
« Le régime dit qu’il n’y a pas de bombardements, on en a filmé, par exemple. Nous trouvons donc des fragments de preuves. Mais il faudrait rester des semaines sur place pour tout prouver. »
Brandir sa pancarte de dos
Un des premiers journalistes à entrer dans le pays a été une reporter française, Sofia Amara, dès le mois d’août, pour Arte. Elle a recueilli le témoignage d’un Syrien, en français :
« S’il vous plaît, aidez-nous, le régime de Bachar el-Hassad nous tue. »
Pour la même chaîne, les dix derniers jours de septembre, Nicolas Henin s’est rendu à Homs et montre très bien comment les opposants organisent leurs manifestations tout en assurant leur sécurité : ils brandissent des pancartes de dos.
« Seuls les enfants se laissent filmer sans crainte », notait Nicolas Henin.
« Le ciblage délibéré des enfants »
Manon Loizeau, elle, s’est rendue en Syrie, à Homs, entre le 9 et le 17 octobre pour « Envoyé spécial ». Elle débute son reportage, diffusé le 1er décembre sur France 2 (visible ensuite sur le site Pluzz.fr), par des images d’enfants tournées dans un camp de réfugiés au Liban, avant qu’elle franchisse la frontière.
L’un d’eux raconte comment il a été torturé :
« J’ai 13 ans. [...]. Ils m’ont frappé, ils m’ont bandé les yeux. Ils m’ont enfermé dans le coffre d’une voiture. [...]. Ils m’ont jeté dans une cellule qui sentait mauvais. Ils m’ont arraché les ongles. »
Manon Loizeau, qui a notamment couvert la guerre en Tchétchénie et la répression en Iran, a été frappée par la violence du régime syrien :
« En dix ans en Tchétchénie, j’en ai vu, des atrocités. Mais jamais à ce point. Le ciblage délibéré des enfants, je n’avais jamais vu. »
« Des disques durs qu’on cachait sous des pierres »
Selon la reporter, plusieurs des témoins interrogés par d’autres journalistes ont été arrêtés depuis :
« Les miliciens du régime ont même reconnu des gens filmés de dos par la BBC. C’est pour ça que nous n’avons pas filmé de visages, seulement des mains, des pieds, des débuts de dos.
Comme nous n’étions pas sûrs de pouvoir sortir du pays, après chaque interview, on enregistrait les images sur des disques durs qu’on cachait sous des pierres. On les a tous récupérés au retour, comme le Petit Poucet. »
Un signe d’affaiblissement du régime
Paul Moreira ne s’est pas rendu à Homs comme la plupart de ses confrères, mais dans la montagne du nord-ouest du pays, en entrant par la Turquie. Entre le 4 et le 15 novembre, il a suivi des rebelles de l’Armée libre de Syrie (ALS), dans un reportage réalisé avec Pedro da Fonseca pour l’agence Premières Lignes et Canal +, qui sera diffusé le 5 décembre à 22h35.
Dans cette région moins médiatisée, les reporters infiltrés dans l’ALS ont été accueillis comme des héros, selon Moreira :
« Les gens nous remerciaient. On était l’événement. Alors forcément, au bout de trois jours, on était grillés. »
Le jeu de cache-cache avec l’armée régulière, qu’ont aussi connu les autres reporters, s’est donc intensifié. Paul Moreira considère que ces entrées plus nombreuses de journalistes en Syrie sont un signe d’affaiblissement du régime :
« Parfois, j’ai eu l’impression que c’était l’armée régulière qui était assiégée par les insurgés, et pas l’inverse. »
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Fin du huis clos sur les atrocités... ?
Mais c’est justement à cause des atrocités qu’on en parle de la Syrie...
(C’est comme pour Florence Aubenas au moyen Orient, c’est parce qu’elle était otage qu’on en a parlé, sinon personne n’aurait su !)
A s’écrouler de rire...
Si les journalistes peuvent aller en Syrie, croyez moi, les scoops sont déjà prévus.
Qui croira autre chose ?
Vous voyez les journaliste de Libé (De la banque Rotschild, ou de France 2 ) faire les images vraiment cachées ?
(Seulement dans les images cachées mais autorisées.... Cela impressionne les grand mères)
Bon, ils sont où les journalistes ?
Au G20 ? Bon, ok...
Parce qu’il s’agit de soigner les amis du Fouquet’s et demain du capitaine de pédalo !)




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