à lire sur Nouvelobs.com 30/11/2011 à 14h22

Nicolas Sarkozy, dopé à l'injonction paradoxale

Le président a une arme redoutable quand il part au combat électoral, qu’il ne faut surtout pas négliger : l’injonction paradoxale. L’expression rebute au début, mais on s’y fait. Elle a été conceptualisée par Paul Watzalawick, sémiologue américain de l’école de Palo Alto (Californie). Une injonction paradoxale, une IP, consiste à interpeller l’adversaire par une provocation délibérée. Exemple : un dirigeant socialiste ou un magistrat s’interroge sur l’efficacité des bracelets électroniques sur certains délinquants. Nicolas Sarkozy lui lance alors : « Vous voulez que les tous les criminels soient livrés à eux-mêmes dans la rue ? »

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  • pablico
    pablico
    À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
    • Posté à 15h22 le 30/11/2011
    • Internaute 14278
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

    Il a un autre truc redoutable
    il pose une question, attend une demie seconde pour qu’on commence à réfléchir, et pouf il donne sa réponse, qu’on fait sienne.....
    on a l’impression qu’on a répondu pareil que lui....

    Il fait cela super bien comme tout les bonimenteurs...

    L’injonction paradoxale c’est un peu pareil... sauf qu’il casse en même temps ses concurrents, ennemi(e)s en simplifiant au maximum les réflexions qui se composent en général d’une thèse, d’une anti thèse et d’une synthèse.

    les plus grands philosophes sont réduits à de tristes idiots..... mais bon ça marche quand on tire vers le bas.... (J’arrête là sinon : point godwin)...

  • dilettante non mélomane
    • Posté à 16h31 le 30/11/2011
    • Internaute 107984
      En stand-by

    Technique classique et efficace de manipulation mentale basée sur :
    - le paralogisme informel du faux dilemne. Un vrai dilemne peut exister lorsque nous devons nous décider face à une alternative : 2 choix s’offrent à nous, mais nous avons de bonnes raisons d’opter pour l’un ou l’autre. Le faux dilemne est repérable par le fait que nous nous laissons convaincre d’avoir à choisir entre deux et seulement deux options mutuellement exclusives, alors que les propositions ne le sont pas.
    Exemple :
    si on ne diminue pas les dépenses publiques, notre économie va s’écrouler.

    Comme cette manipulation est très simple à éventer, la contre-attaque du manipulateur est évidente : faux trilemnne, faux quadrilemne, etc. L’idée étant toujours de prétendre énumérer une liste complète des options existantes, tout en glissant dans la liste une et une seule proposition acceptable (parce que moralement défendable, par exemple). Ce genre de technique plombe souvent totalement ce que l’on appelle des débats, parfois parce que les encadrants du débat n’ont reçu aucune formation leur permettant d’éviter ce genre de piège, très simple à mettre en place en un minimum de temps, beaucoup plus long à déconstruire.

    - et renforcée ici par une certaine paresse de l’interlocuteur, qui se laisse convaincre par un paralogisme de diversion (la pente glissante ou l’effet domino) . Très efficace aussi : une chaîne d’événements est suggérée par le truqueur, et l’interlocuteur ne pousse pas son raisonnement suffisamment loin pour s’avouer non seulement que chacun des maillons est faible et de plus qu’il n’existe aucune preuve de relation logique entre chacun des éléments de la chaîne proposée.

    Et l’article proposé en lien relève du terrorisme conceptuel.
    Le problème ne vient pas de l’utilisation de ces techniques, vieilles comme la politique. Mais bien 1) de l’incapacité de nombreux journalistes à les reconnaitre et à négocier ou arracher une ligne éditoriale dans ce cas : stopper le frauduer en lui mettant le nez dans sa merde, ce qui nécessite de connaitre son sujet sur le bout des doigts, et non pas de gérer son journal en suivant les tendances médiatiques par les flux rss de facebook et twitter.
    Et 2) de l’incapacité de nombreux hommes politiques ou intervenants spécialistes à identifier les pièges inhérents à certains formats courts télévisuels, écrits ou radiophoniques, pour ne citer que ceux-là. Il est impossible si l’on se laisse piéger par le fraudeur, en un laps de temps court, de démonter ces techniques ET de faire passer son message. C’est d’une évidence crasse.
    Alors, rien à voir avec une faux dilemne UMP efficace/PS est trop pédagogique. On peut Et démonter en un temps court ce genre de technique ET faire passer un message de manière rationnelle et pédagogique. Pour cela, il faut rentrer directement dans le lard, et donc maitriser la cohérence logique de sa position.
    Sans fond, la forme ne sert à rien, qu’à faire briller un temps celui qui la pratique...

  • PaulTron
    PaulTron
    Ce champ sera visible par tous (...)
    • Posté à 16h12 le 30/11/2011
    • Internaute 168564
      Ce champ sera visible par tous (...)

    Avec son IP sarko laisse des traces dans un débat public qu’il pirate par sa démagogie.

  • lolcat
    lolcat
    nette
    • Posté à 17h15 le 30/11/2011
    • Internaute 159928
      nette

    Décortiqué, le phénomène offre une autre parade. Si dans chaque ip, la proposition est pathétique, autant éventer la forme, et enchaîner sur le fond.
    Pour edf : des chômeurs si moins de nuke : C’est pathétique ; un électricien mis au service de l’éolien ne risquera pas l’irradiation.

  • MIKY STOUFFS
    MIKY STOUFFS
    médecin U.E.
    • Posté à 04h23 le 01/12/2011
    • Internaute 170502
      médecin U.E.

    Les termes « injonctions paradoxales » s’utilisent aussi en sexologie, depuis Master et Johnson, cela signifie que quand il y a un problème sexuel de couple, on interdit les rapports sexuels (comme on le fait dans les 3-4 semaines, après une grossesse, par exemple ........)