Grand-Rouen 29/11/2011 à 10h44

Logique médicale ou comptable ? Un hopital de Rouen dans la tourmente

Grand Rouen"
Sébastien Bailly | Journaliste

Le personnel du centre hospitalier du Belvédère, à Rouen, vit des semaines difficiles. L’établissement, quasi unique en France, subit actuellement une expertise qui pourrait, dans le pire des scénarios, le conduire à revoir sa conception du travail. C’est en tout cas ce que laisse à entendre un collectif, Soutenez le Belvédère, qui pointe du doigt ce qui ressemble à une impasse financière.

La mécanique est assez simple. Pour continuer à apporter les meilleurs soins, le Belvédère a besoin d’investir. Pour investir, il lui faut de l’argent. Pour avoir de l’argent, il faut qu’il en gagne. Pour en gagner, il essaye de travailler plus.

Seulement voilà, plus les accouchements qui ont lieu au Belvédère sont nombreux, moins chacun d’entre eux rapporte, et jamais il n’y aura assez d’argent pour investir. Explications.


Le centre hospitalier Belvédère (Grand-Rouen.com)

La réforme de 2004

En 2004, la réforme de l’assurance maladie a modifié le mode de financement de l’hôpital, jusqu’alors assuré par une dotation globale forfaitaire versée à chaque établissement. La grande majorité des ressources hospitalières dépend désormais du nombre et de la nature des actes et des séjours réalisés.

Ce mode de financement des hôpitaux s’appelle la « tarification à l’activité “ (T2A), car il s’appuie sur l’activité réalisée. Ainsi donc, en théorie, plus le nombre d’actes est élevé, plus le financement devrait être élevé. En théorie seulement, car si l’acte pratiqué est plus coûteux que ce qu’il rapporte, alors, la spirale est infernale : plus on travaille, plus on creuse le déficit.

Les mésaventures du Belvédère ont déjà fait l’actualité en 2008. A l’époque, le centre hospitalier public souhaitait investir 20 millions d’euros pour améliorer la qualité des services rendus. Mais le Belvédère est confronté à un déficit d’exploitation d’environ 1,1 million d’euros par an sur un budget d’environ 20 millions d’euros. Impossible pour l’Autorité régionale de santé de cautionner l’investissement sans retour à l’équilibre financier.

Le collectif Soutenez le Belvédère, qui date de cette période, espérait alors une revalorisation des tarifs de l’obstétrique au niveau national. Assez logiquement, c’est le contraire qui s’est produit.

La logique en est expliquée dans un rapport de la Cour des comptes :

‘ La baisse de recettes enregistrée par les hôpitaux surdotés signifie que ceux d’entre eux qui sont entrés déficitaires dans la période verront leurs perspectives s’assombrir d’ici 2012 ou, en d’autres termes, qu’ils devront accélérer leur retour à l’équilibre alors même que leur activité peut stagner. ’

Certaines activités – comme les missions d’intérêt général, les activités d’urgence ou les prélèvements d’organes – continuent de bénéficier d’un financement forfaitaire.

Mais cela n’arrange pas le cas du Belvédère : son activité d’urgences gynécologiques n’est pas prise en compte : l’établissement est un des seuls établissements publics de France à n’être pas inclus dans un centre hospitalier général, condition réglementaire pour être payé de cette activité.

C’est une perte chiffrée par le collectif à 600 000 euros annuels pour l’établissement.

L’établissement a fait des efforts pour atteindre l’équilibre financier : l’activité obstétricale a été augmentée à moyens quasi constants de 10%, le service de l’unité de néonatalogie a été étendu, l’hospitalisation à domicile postnatale développée.


Evolution du nombre d’acccouchements par an au Belvédère

Pour autant cela n’a pas suffit. Loin du ‘travailler plus pour gagner plus’, l’établissement hospitalier se heurte à l’inverse de ce que le collectif souhaitait : la tarification à l’acte baisse, et chaque naissance rapporte un peu moins en 2011 qu’en 2008. Autant dire que les équipes n’ont pas l’impression que leurs efforts soient récompensés.

L’établissement a proposé un projet de rénovation moins coûteux que le premier, ne comprenant pas le bloc opératoire, pour un montant de quatre millions d’euros. Selon un document diffusé en soutien au Belvédère :

‘ Ce projet a de nouveau été refusé par l’agence régionale en raison du déficit d’exploitation même si elle reconnaît le travail fait par l’établissement et la nécessité de l’investissement. ’

Une expertise indépendante

Face à ce qui ressemble à une impasse, l’agence régionale de la santé a commandité le 21 novembre une expertise indépendante pour trouver des solutions aux difficultés rencontrées par le Belvédère.

Pour le collectif, on est dans l’impasse, et, sauf surprise, il n’y aurait pas de bonne nouvelle à attendre de cette expertise. Le document d’explication de la situation, qui est ces jours-ci remis aux élus, conclut :

‘La question du déficit doit être résolue par l’augmentation des recettes pour permettre à l’établissement de se moderniser. Il faut donc redéfinir les missions de l’établissement pour en assurer l’avenir.’

La mission d’expertise pourrait arriver à une autre conclusion : faire rentrer les actes prodigués dans l’enveloppe prévue à cet effet.

Mais le Belvédère a construit toute sa démarche sur la qualité des soins. On lit ainsi, sur le site web du collectif :

‘L’équipe médicale pluridisciplinaire du Belvédère travaille de façon complémentaire afin d’assurer une qualité constante de prise en charge de la mère et de l’enfant, mais aussi du conjoint : le concept de sécurité est entendu autant sur le plan physique que psychoaffectif, la prise en charge de la mère et de l’enfant se fait de façon globale, la lutte contre la douleur physique ou psychique fait partie intégrante de la prise en charge.’

Des mots qui sous-tendent un projet d’établissement et une démarche. Une démarche qui a peut-être un coût trop élevé par rapport aux politiques aujourd’hui mises en place.

Baisser la qualité des soins, faire rentrer plus tôt chez eux la mère et l’enfant, trancher dans les dépenses qui n’apparaîtraient pas médicalement indispensables, bref, rentrer dans les clous.

Mais c’est manifestement contre cela que le collectif se prépare d’os et déjà à se battre. Logique médicale contre logique comptable.

Publié initialement sur
http://www.grand-rouen.com/
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  • Caniveau89
    • Posté à 10h54 le 29/11/2011
    • Internaute 26147

    Encore un groupe :

    « creusez le déficit, c’est vous qui payez, c’est nous qu’on est gentils ! “

    • ring de boxe
      ring de boxe répond à Caniveau89
      jojo
      • Posté à 13h10 le 29/11/2011
      • Internaute 114594
        jojo

      Non, le nom du groupe est :

      « creusons le déficit, vous comblerez la perte sans rien dire, c’est nous qu’on est gentils ! “

    • LienRag
      LienRag répond à Caniveau89
      • Posté à 15h29 le 29/11/2011
      • Internaute 34767

      C’est sûr que vous ne risquez pas d’accoucher (même pas d’une idée originale) donc l’argent dépensé à la qualité des soins néonataux est nécessairement gaspillé...

  • PaulTron
    PaulTron
    Ce champ sera visible par tous (...)
    • Posté à 10h56 le 29/11/2011
    • Internaute 168564
      Ce champ sera visible par tous (...)

    Si l’hôpital avait été privé, il aurait été rentable. Là, il creuse le trou de la sécu. Le coût pour le patient aurait explosé, bien plus que s’il s’était agit de rembourser le trou de la sécu, mais c’est anecdotique. L’essentiel est que la médecine de qualité publique devienne au plus vite une médecine de rentabilité privée.

    • DavidBZH
      DavidBZH répond à PaulTron
      .
      • Posté à 12h16 le 29/11/2011
      • Internaute 140372
        .

      Le privé concentre son activité uniquement sur les soins qui sont rentables (actes de chirurgie, obstétrique ...), et laisse les patients non rentables aux bons soins de l’hôpital public.
      C’est un des principe de l’économie libérale : on privatise les bénéfices, mais on collectivise les pertes (Ils font la même chose avec les banques)

      • harerama
        harerama répond à DavidBZH
        Indépendant
        • Posté à 12h34 le 29/11/2011
        • Internaute 122582
          Indépendant

        Il existe des structures associatives, ou en tout cas sans but lucratif (je ne suis pas allé voir les statuts de la maternité où ma femme a accouché), qui fonctionnent très bien (à la fois en terme de qualité des soins et d’équilibre économique). Ce n’est pas du public (pas le mammouth habituel), et les personnels ne sont pas là pour faire du fric.

        Si les personnels de l’hôpital en question ne sont pas content de leur sort, ils n’ont qu’à se prendre en main et aller faire ailleurs ce que d’autres ont déjà fait avec succès plutôt que de se plaindre et de demander des sous.

        Les études que j’ai lues sur les cliniques privées (à but lucratif cette fois) concluent toutes que le prix de revient - pour les actes concernés - est inférieur au coût qu’ils auraient engendrés en hôpital. Donc même dans ce cas, c’est gagnant-gagnant (moins cher pour le contribuable et au passage les actionnaires de la cliniques s’enrichissent).
        Mais c’est là un autre sujet qui n’a rien à voir avec l’article.

         
        • DavidBZH
          DavidBZH répond à harerama
          .
          • Posté à 13h31 le 29/11/2011
          • Internaute 140372
            .

          La situation fiancière des strucures privées à but non lucratif (FEHAP) est malheureusement guère plus brillante que celle des strucures publiques.
          La clinique ou a accouché votre épouse se porte bien fiancierement, c’est bien mais ce n’est pas révélateur d’une situation générale, d’ailleurs l’hôpital public de ma ville se porte bien financièrement et dégage même un éxédant budgétaire, ce n’est pas pour autant que je généralise a tous les hôpitaux publics.
          Pour finir, les études dont vous parlez sont completement tronquées car elles ne prennent pas en compte le coup global facturé aux patients (notament le cout des honoraires médicaux, dépassements, radiologie, laboratoire, ect..., qui sont facturés en plus de l’hospitalisation)

        • itOtO
          itOtO répond à harerama
          Externe
          • Posté à 14h54 le 29/11/2011
          • Internaute 78347
            Externe

          Sauf que vous oubliez que la maternité ou a accouché votre femme ne fait que des accouchements simple bien remboursés et se garde bien d’avoir un service d’urgence polyvalentes 24/24 7/7 et une réanimation, qui sont deux secteurs de dépenses énormes largement sous évalués par la T2A (bin oui la T2A à été fait pour les cliniques par pour le public ou les patients !)

          Et quand ça commence à beurrer on envoi la future mère au CHU qui récupérera les soins lourds couteux et remboursés en dessous de leur coût réel (mais on oublie pas de faire payer son séjour à la clinique ! !).

          Petite anecdote : dans le privé quand arrive une patiente pour accouchement prématuré qui ne peut être fait à la clinque mais doit être envoyé au CHU, on admet tout de même la patiente à la clinique on lui file 1 paracétamol et on fait une écho (bin oui ça c’est bien remboursé) on facture le tout et on transfert au public.

        • teteille
          teteille répond à harerama
          sans
          • Posté à 21h37 le 30/11/2011
          • 176654
            sans

          La maternité des Lilas (privée associative, à but non lucratif) a des problématiques très proches de celles ci, ce qui montre qu’on est très loin du débat public/privé, que certains, les yeux remplis de merde idéologique, voudraient provoquer. Cet hôpital, public, certes, est une petite structure efficace au budget à l’équilibre. Elle a plutôt l’apparence d’une souris que d’un mammouth.
          Effectivement, » ça n’a rien à voir avec l’article ». Pourquoi donc en parler ici ? N’y a t-il d’autre position possible que celle de l’idéologie ?

        3 autres commentaires
      • ring de boxe
        ring de boxe répond à DavidBZH
        jojo
        • Posté à 13h11 le 29/11/2011
        • Internaute 114594
          jojo

        oui, mais il semble que cet hopital soit justement spécialisé en « obsétrique »

      • potemkine
        potemkine répond à DavidBZH
        citoyen Lambda
        • Posté à 16h32 le 29/11/2011
        • Internaute 136011
          citoyen Lambda

        « C’est un des principe de l’économie libérale : on privatise les bénéfices, mais on collectivise les pertes (Ils font la même chose avec les banques) »

        Pas un principe, la nouvelle définition...

        Bien vu en tout cas !

    • itOtO
      itOtO répond à PaulTron
      Externe
      • Posté à 14h48 le 29/11/2011
      • Internaute 78347
        Externe

      Il aurait été rentable si il était privé et qu’il fermait les services non rentables en les laissant à la charge du public, comme les urgences gynéco par exemple.

      Et il faut bien dissocier le trou de la sécu et les coûts des structures de santé ! Le trou de la sécu n’est pas du à une augmentation des dépenses (qui certes ont augmenté, mais parallèlement au coût de la vie), mais à une diminution des recettes grâce aux nombreuses exonérations d’impôts et de charges distribuées à tout va par les gouvernements successifs, ajoutez un ça un chômage très haut (même si NS nous dit le contraire)...

  • J-Philippe
    J-Philippe
    Ingénieur & MBA
    • Posté à 11h09 le 29/11/2011
    • Internaute 139172
      Ingénieur & MBA

    L’hospital doit il être rentable ?

    Il y a une mission de service public : quand on est malade, on a besoin de pouvoir être soignés.

    Par ailleurs, mieux vaut être soigné moyennement QUE PAS SOIGNE DU TOUT.

    Si l’hopital n’équilibre pas ses comptes, du fait d’un politique de santé qui fait tout pour tuer les soins publics, c’est à la ville et la région de faire en sorte que l’hopital puisse réaliser les nvestissements qui sont nécessaires !

  • A déménagé le 7-12-2011
    • Posté à 11h13 le 29/11/2011
    • Internaute 50999
      non connue

    Pendant ce temps là, les cliniques se sont constitués en gros groupes (financiers), ont analysé la T2A et modifié totalement leurs services pour choisir les actes les plus rentables et maximiser les profits (chirurgie ambulatoire en particulier).

    Et qui est-ce qui paye ?

  • Pierrrrre
    Pierrrrre
    → → → → → → → le marché autant (...)
    • Posté à 11h41 le 29/11/2011
    • Internaute 23078
      → → → → → → → le marché autant (...)

    ► Ce n’est pas un article journalistique,
    c’est un pamphlet engagé,
    nettement anti gouvernemental (reprenant avec dérision le travailler plus pour gagner plus),
    et défendant becs et ongles la position de ceux qui désirent garder les hôpitaux en l’état, sans avoir à remettre en cause leurs modes de fonctionnements, quel qu’en soient le coût (que la collectivité paiera)

    Un article qui, un de plus, s’inscrit dans le cadre de la campagne électorale présidentielle et qui est destiné à brocarder l’action gouvernementale essayant de mettre de l’équilibre dans les déficits abyssaux de notre assistance maladie.

    • harerama
      harerama répond à Pierrrrre
      Indépendant
      • Posté à 12h09 le 29/11/2011
      • Internaute 122582
        Indépendant

      Quoi de plus normal que de contrôler les dépenses d’un service public ?

      Si ils veulent faire différemment, ils n’ont qu’à monter une clinique privée ou une structure associative - ils auront beaucoup plus de libertés pour adapter l’offre de soins à leur projet et pourront financer celui-ci via les dons / subventions et - ne pas l’oublier - l’adaptation des tarifs pratiqués.

    • A déménagé le 7-12-2011
      A déménagé le 7-12-2011 répond à Pierrrrre
      non connue
      • Posté à 12h37 le 29/11/2011
      • Internaute 50999
        non connue

      Basiquement, la T2A a surtout servi à affaiblir les hôpitaux publics qui de par leurs missions sont obligés à faire des actes peu rentables voire pas du tout ... et à enrichir les gros groupes de santé en un temps record.

      Avec de plus une logique pourrie d’indicateurs, qui entraîne des privatisations au sein de l’hôpital (PPP) selon une logique comptable qui externalise la dette pour passer en charge (loyer) ce qui était un investissement (construction et entretien) ... à des coûts de revient sensiblement plus importants et des garanties juridiques très limites (sans même parler des conditions de travail du personnel). Je vous promet que dans quelque années on aura de beaux procès médiatiques :)

      Et le différentiel, à part si tu es actionnaire de la Général de santé, Domusvi, Bouygues, GFC, Dalkia, Vinci pour les PPP ... c’est toi qui le paie !

      • ring de boxe
        • Posté à 13h17 le 29/11/2011
        • Internaute 114594
          jojo

        La T2a des hopitaux est plus élevée que pour les cliniques...mais ils perdent tout de même de l’argent...

        J’ai vu un reportage comparatif entre une clinique de Montauban et son hopital public : Le même médecin ophtalmo travaillait dans les deux établissements. conclusion :
        en une matinée à la clinique : 19 opérations de la cataracte
        en une matinée à l’hôpital : 5 opérations de la cataracte

        Il faut peut-être revoir l’organisation mise en place avant de demander des sous.

         
        • itOtO
          itOtO répond à ring de boxe
          Externe
          • Posté à 15h01 le 29/11/2011
          • Internaute 78347
            Externe

          Et les chirurgiens qui bossent à la clinique ont tous été formé à l’hôpital publique où heureusement il enchainait moins d’actes pour prendre le temps de formé les étudiants...

          Il y a de gros problème d’organisations dans les hôpitaux français, mais si on rétablissait enfin un bon équilibre entre le public et le privé, cela permettrait peut être de garder les bons gestionnaires dans le public et de continuer à assurer les missions de services public.

        • Pierrrrre
          Pierrrrre répond à ring de boxe
          → → → → → → → le marché autant (...)
          • Posté à 15h05 le 29/11/2011
          • Internaute 23078
            → → → → → → → le marché autant (...)

          « en une matinée à la clinique : 19 opérations de la cataracte
          en une matinée à l’hôpital : 5 opérations de la cataracte »

          ► Et faut pas croire,
          ça ne se fait pas à l’œil...

        2 autres commentaires
    • chris273776
      chris273776 répond à Pierrrrre
      salarie
      • Posté à 14h57 le 01/12/2011
      • 176769
        salarie

      On ne doit pas lire la même chose. Le fric n’est ni de droite ni de gauche et n’a pas d’odeur Pierrrrrrre (il va faire noir).

  • le.bullot.rhodanien
    le.bullot.rhodanien
    Exilé volontaire
    • Posté à 11h59 le 29/11/2011
    • 176235
      Exilé volontaire

    Et Kinder veut pas l’acheter pour du naming : (

    Le palais des sports de Rouen vend son nom à la marque Kinde

    • teteille
      teteille répond à le.bullot.rhodanien
      sans
      • Posté à 18h01 le 29/11/2011
      • 176654
        sans

      La T2A n’est absolument pas favorable au public. En ce qui concerne l’obstétrique, à acte égal (celui qui consiste à accoucher, avec ou sans péridurale, puis d’être hospitalisé (e) quelques jours, le privé touche 30% d’argent public en plus, car l’hôpital ne reçoit que le « pack » accouchement, tandis que le privé laisse aussi le chèque, qui de la consultation d’obstétrique, qui de l’acte chirurgical (faut bien recoudre l’épisio) , qui de la pose de la péridurale, qui de la consultation d’anesthésie... Tout cela, dans le public, ne constitue pas un acte facturé,donc payé par les deniers publics. Dans le privé, oui.
      Ensuite, en ce qui concerne cet hôpital, classé 1ere maternité de France en 2011 par le Figaro, qu’on ne pourra pas accuser de tendance antigouvernementale : la restructuration, réorganisation, mutualisation, amélioration de productivité... Tout cela a été fait. La qualité du travail effectué a été soulignée par la tutelle. Plus 400 accouchements en 4 ans, à effectifs constants. Le déficit a été comblé.
      Sans doute, le titre est-il mal choisi et l’article pas toujours explicite sur certains points. Pour faire simple, l’hôpital a nécessité d’investir dans un plateau technique pour pouvoir faire face à l’augmentation de l’activité, pour pouvoir accueillir les patientes en toute sécurité (dois je rappeler qu’accoucher, c’est pas juste gazou gazou chez les bisounours, mais qu’on en meure, encore...). Malgré un budget à l’équilibre, l’ARS refuse cet investissement, car l’activité obstétricale n’est pas suffisamment « rentable ». Pas suffisamment remboursée quoi. Ce qui est une vraie claque pour tous les soignants qui se sont investis dans un projet, dans une dynamique, en y donnant beaucoup de leur temps, de leur vie, et ce, en dehors de toute contingence idéologique ou politique. On sanctionne un hôpital qui fonctionne, uniquement parce qu’il est spécialisé sur une activité non rentable...

    • chris273776
      chris273776 répond à le.bullot.rhodanien
      salarie
      • Posté à 15h01 le 01/12/2011
      • 176769
        salarie

      Quand bien même, il faudrait monter un groupement de biens (fondation) avec des contraintes énormes de marché public et il ne s’agit pas juste de poser une plaque à l’attention d’un donateur ; imaginez si les labos et l’industrie sponsorisent les hôpitaux, quelle serait la contrepartie ? L’obligation d’utiliser tel ou tel médicament ? Tel ou tel lait de croissance ? Le scandale du médiator cela vous parle-t-il ? L’idée est bonne, mais ne résiste pas aux errements de la nature humaine ; à moins de verrouiller ça par un beau contrat, mais je vois mal un labo donner du pognon comme ça pour la gloire.

  • jmc06
    jmc06
    chasseur de gorille
    • Posté à 18h25 le 29/11/2011
    • Internaute 75030
      chasseur de gorille

    ben merde alors des hospitaux qui pratiquent des soldes ! ! ! ! ! ! !

    c la fin des mutuelles ?

    • chris273776
      chris273776 répond à jmc06
      salarie
      • Posté à 15h03 le 01/12/2011
      • 176769
        salarie

      Rien à voir ; si tu devais payer le coût réel de l’accouchement, bah, tu ferais pas de gosses.

  • Monard
    • Posté à 08h51 le 30/11/2011
    • Internaute 19095

    Evidemment on voit s’éclater les imbéciles libéraux qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez en admettant qu’ils soient honnête .
    Donc une femme vient accoucher dans une structure .
    Attirée par la publicité des cliniques privées : confort, bouffe , sourires .
    Lors de l’accouchement il y a un gros problème : une hémorragie impossible à maîtriser .
    Pas du tout du ressort de la clinique , faute de moyens (sang...), qualification (réanimation pointue ...)
    Et là de deux choses l’une :
    *Décès
    *Ou intervention en urgence SAMU vers un centre hospitalier très qualifié .
    Où cette femme sera sauvée et récupérera dans les meilleurs conditions ....
    Si le CHU pointu est liquidé il ne restera que l’option 1 .
    Ne pensez pas que ce que je dis est théorique . Dans ma famille , je l’ai vécu de près .

  • chris273776
    chris273776
    salarie
    • Posté à 14h54 le 01/12/2011
    • 176769
      salarie

    Si j’ai bien lu l’article, la difficulté de cet établissement n’est pas le résultat d’une mauvaise gestion mais d’une conjoncture entre d’une part le coût d’un service qui augmente en suivant l’évolution générale des coûts et un prix payé par la sécurité sociale qui est en diminution. Alors oui, on peut se dire comme je l’ai lu « le privé est rentable », mais le privé ou même l’associatif exécutent-ils les mêmes missions, avec les mêmes contraintes ?

    Un exemple, un hôpital public ne doit pas récupérer la TVA (comptabilité publique), voyez déjà où cela mène ses coûts si tout est réglé TTC, alors que le privé lui récupère ces montants de ses achats (il décaisse aussi au final, mais ça fait pas pareil sur le compte de résultat).

    Pour info et à l’attention des trolls : en cherchant sur Google, j’ai trouvé que cet établissement a été désigné meilleure maternité de France par le Figaro en 2009 et par le site Doctissimo en 2010 ; ils ne doivent donc pas être si mauvais que certains ici le supposent.

    Ce qui serait intéressant c’est de comprendre comment la sécurité sociale fixe le tarif d’un accouchement, parce que si c’est fait en fonction de la moyenne des coûts de l’ensemble des établissements publics, cela signifie que l’on traite au même niveau des structures comme ce petit centre hospitalier et des mastodontes comme les hôpitaux de Paris ou de gros CHU ; je doute que l’on puisse, à la sécu, mettre sur un pied d’égalité les capacités de production de gros établissements multifonctionnels avec les capacités d’un petit hôpital spécialisé (ou pas).