Au Sénat, on aime la famille, surtout la sienne
Deux mois après les sénatoriales, ce lundi, les journalistes Mathilde Mathieu et Michaël Hajdenberg de Mediapart lèvent le voile sur une vieille tradition au Sénat, les « emplois familiaux ». Les parlementaires ont effectivement le droit d’embaucher des membres de leur famille en tant qu’assistants parlementaires. On découvre des procédés étonnants.
Depuis 2009, le Parlement européen interdit l’embauche des pères et mères ou de tout autre « parent proche » dans le but d’éviter la création d’emplois fictifs. Le sénat français, non.
Gilbert Roger, socialiste fraîchement élu, a salarié sa femme dès son arrivée. Dans les documents donnés aux nouveaux élus, il est précisé que chaque parlementaire bénéficie d’une somme de 7 500 euros brut par mois pour payer un à trois collaborateurs. Seul l’un d’entre eux peut être « membre de sa famille ».
Les salaires versés aux collaborateurs sont encadrés. Les épouses ne reçoivent pas plus d’un tiers du total, c’est-à-dire 2 500 euros brut par mois. Quant aux autres membres de la famille, ils peuvent être payés jusqu’à 3 800 euros. Et cela, sans y ajouter la prime d’ancienneté de 80 euros par an.
Avant les élections sénatoriales, Mediapart explique qu’on comptait 76 collaborateurs familiaux. C’est donc 76 sénateurs qui employaient un membre de leur famille. Au lendemain des sénatoriales et du basculement du Sénat à gauche, on n’en compterait pour le moment plus que 64.
Le chiffre est cependant invérifiable, puisqu’aucune liste nominative des 901 assistants est disponible. Il existe pourtant bien un trombinoscope sur l’intranet du Sénat, mais l’inscription à cet annuaire est purement facultatif.
Selon le Syndicat des collaborateurs parlementaires du Sénat (USCP-Unsa), le nombre d’emplois familiaux « pourrait être sous-estimé », entre autres à cause des « embauches croisées » : un parlementaire X emploie la femme d’un parlementaire Y, qui fait de même de son côté.
Cette astuce est cependant jugée peu employée par le service de presse que Médiapart a contacté. L’Unsa explique cependant être « inquiète de voir le nombre d’emplois familiaux progresser » à nouveau, « comme après les sénatoriales de 2008 ».
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citoyen Lambda
citoyen Lambda
Faut voir après si les collaborateurs familiaux bossent, si oui après tout c’est pas très propre mais tellement courant. Sinon c’est des emplois fictifs, sa devient tellement habituel que tout le monde s’en branle...
Bientôt le droit de cuissage, la dîme et la gabelle ? ! Honorons ces grandes familles de la royauté qui ont su si bien gérer le pays jusque là ! !




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