à lire sur Le blog d'Amira Yahyahoui 28/11/2011 à 16h24

Aujourd'hui en Tunisie, il devient difficile d'être un « ami de la France »

Au Forum Libération de Lyon, ce weekend, la blogueuse tunisienne Amira Yahyahoui, alias @Mira404, a fait une analyse sévère des relations franco-tunisiennes, y compris après le remplacement de Michèle Alliot-Marie par Alain Juppé. Dans son intervention, reprise sur son blog, elle dénonce :

« On aurait pu croire qu’après ces couacs diplomatiques, le quai d’Orsay ferait un peu plus attention avec le dossier tunisien. Hélas, les sorties médiatiques de son nouvel ambassadeur, Boris Boillon, n’a pas arrangé les choses.

Plus récemment et après les premières élections libres, Alain Juppé avant même de féliciter la Tunisie pour le grand pas qu’elle vient d’accomplir vers la démocratie, se pose en donneur de leçons et parle de “ lignes rouges ” à ne pas dépasser sous peine de réprimande économique. Où étaient ces lignes rouges du temps de Ben Ali Monsieur le Ministre ?

Les hommes politiques français sont-ils, encore, en position pour donner des leçons aux Tunisiens ? Autant de dérapages, ne font pas honneur au pays des droits de l’homme. Aujourd’hui en Tunisie, il devient difficile d’être un “ ami de la France ”. Le terme “élite francophone” est devenu une injure. Les nouveaux dirigeants du pays multiplient les déclarations hostiles à la francophonie.

Les responsables politiques français doivent comprendre que les tunisiens ont fait une révolution pour la dignité. Il est révolu le temps du paternalisme postcolonial et des arrangements entre amis. Les tunisiens veulent une tolérance zéro avec l’irrespect. Ils veulent que ce renouveau citoyen en Tunisie soit accompagné de considération pour les Tunisiens, où qu’ils soient. »

Lire sur Le blog d'Amira Yahyahoui
  • 3518 visites
  • 5 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • HDEBBASCH
    HDEBBASCH
    Voyagiste
    • Posté à 17h03 le 28/11/2011
    • 176590
      Voyagiste

    Je viens d’accompagner un groupe de 70 voyageurs, pour la plupart Français, pour un voyage en Tunisie sur le thème du printemps arabe. Nous avons rencontré des universitaires, des chercheurs, de nouveaux élus de l’assemblée constituante et de nombreux militants :
    Photos du voyage en Tunisie : le printemps arabe

    Nous avons toujours été très bien accueillis et les Tunisiens continuent d’aimer les Français et ils nous l’ont souvent dit fortement. Ils distinguent les citoyens et leurs dirigeants. D’autre part, concernant la personne de Boris Boillon, tous ceux qui le connaissent un peu savent à quel point il sait se rendre proche de tous et il a rencontré des élus d’Ennahda avant et après les élections. C’est un homme qui mouille sa chemise et il est plus facile de lui reprocher des choses qu’aux ambassadeurs qui restent enfermés dans leur bureau et dans leur tour d’ivoire. Ses débuts très médiatisés en France ne sont plus à l’ordre du jour maintenant.

    Les Français sont aimés et très attendus en Tunisie, dès lors qu’ils n’arrivent pas en conquérants et qu’ils n’entretiennent pas un tourisme de bas étage qui nuit aux deux pays.

    • loremis
      loremis répond à HDEBBASCH
      graphiste
      • Posté à 02h41 le 29/11/2011
      • Internaute 121988
        graphiste

      Il y a des fois ou on se dirait qu’un embassadeur en carton-pate serait preferable a un embassadeur en pate-a-couacs.

  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 18h33 le 28/11/2011
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    « Les responsables politiques français doivent comprendre que les tunisiens ont fait une révolution pour la dignité. Il est révolu le temps du paternalisme postcolonial et des arrangements entre amis ».

    Ah, c’est donc ça... ? Au départ, j’avais pas tout compris.
    Je comprends maintenant pourquoi la plupart des tunisiens qui vivent en France
    désirent retourner « au pays » pour aider celui-ci à se reconstruire dignement.

    C’est vrai que la Tunisie d’aujourd’hui à besoin de tous... surtout des diplômés.

  • ourwa
    ourwa
    oeiciole
    • Posté à 03h51 le 29/11/2011
    • Internaute 43943
      oeiciole

    « Plus récemment et après les premières élections libres, Alain Juppé avant même de féliciter la Tunisie pour le grand pas qu’elle vient d’accomplir vers la démocratie, se pose en donneur de leçons et parle de “ lignes rouges ” à ne pas dépasser sous peine de réprimande économique. Où étaient ces lignes rouges du temps de Ben Ali Monsieur le Ministre ? “
    Alain Juppé, à l’instar du coq-girouette de la célèbre B.D d’Astérix, il lui arrive de se hausser sur ses ergots, un peu comme dans ses bottes, pour cocoricoter des chants confus et incohérents, ça dépend du fond de l’air pollique ambiant, en Gaule et chez les barbares.A force d’écouter ses mentors successifs, hier Chiarc, aujourd’hui Sarko ( pére et fils ennemis), il ne parle plus, il bafouille et il finira bien par prêcher dans le désert ; ça lui plairait bien, lui qui est un grand tribun... Quand on consent à se mettre sous la coupe de nuls, on finit par être plus nul qu’eux : ce serait la vocation de Juppé.

    ‘Les hommes politiques français sont-ils, encore, en position pour donner des leçons aux Tunisiens ?’ Question judicieuse, restée sans réponse, jusqu’à ce que la Tunisie entende un autre son de cloche de la part de la sphère politique française conforme aux idéaux de la Réublique française...

    ‘Le terme élite francophone ’ est devenu une injure. Les nouveaux dirigeants du pays multiplient les déclarations hostiles à la francophonie.”
    C’est logique de la part d’un parti au pouvoir en Tunisie, islamiste et liberticide. Le rejet de la francophonie signifierait le rejet de la France, cest bien dommage, malgré les efforts de MAM et de Boillon, excellents serviteurs de la République et de ses idéaux universels. Il est bien clair qu’Ennahda projette le retrait pur et simple du champ francophone à tous les niveaux inscrits dans la Constitution française et la Déclaration Universelle des Droits de lHomme et du Citoyen : Liberté, y compris celle des femmes,Egalité, y compris entre les hommes et les femmes, Démocratie débarrassée de toute entache et influence religieuses ( la Tunisie étant menbre de l’ONU depuis longtemps), liberté du culte à condition que la religion n’empiète pas sur les libertés publiques et individuelles. Ennahda, parti au pouvoir en Tunisie, parti religieux, fondamentaliste qui projette d’appliquer la charia comme source de droit, ne pourrait, selon sa propre logique, que rejeter toute référence à la France et à la culture française, un danger pour ses options liberticides et totalitaires et ainsi faire le choix de placer le pays sous la dépendance d’une hégénomie financière peu productive, integriste, esclavagiste, abjecte, celle des pays du Golfe.Il set malheureux, indigne pour la France, que gauche et droite s’accordent ( implicitement ou explicitement ?) à bafouer les idéuax de la République quand il s’agit de politique étrangère, avec la complicité assourdissante des Français, pour servir leurs interêts nationaux et partisans : Le P.S. n’a jamais remis en cause, ni protesté l’inscription du RCD de ben Ali dans l’Internationale Socialiste...Chirac, MAM, Sarko et aujourd’hui Juppé ne font pas autre chose ; après avoir soutenu explicitement ou implicitement Ben Ali, joué une danse du ventre ambigue lors de la Révolution tunisienne, metent des conditions au souien de la France, soutien assujetti au respect des Droits de l’Homme, de la Démocratie , toutes choses que les politiques de la Vème République ont érodées, laminées, bafouées, directement ou en sous-main, en sous-traitance. C’est ce que Juppé se proposerait de faire en semblant de faire les gros yeux à Ennahda ?

  • abdelmoumen samir
    • Posté à 15h24 le 29/11/2011
    • 176591
      Mèdecin

    On n’a pas de leçons à recevoir de la part de la France. Je suis anti-nahdha, mais ce parti est élu démocratiquement. C’est la volonté du peuple Tunisien, la France n’a pas un autre choix que de respecter. La Tunisie d’aujourd’hui est plus démocratique que la France où des journalistes se font virer parce qu’ils critiquent Sarkozy, où le népotisme fait ravages dans le gouvernement français.
    Si le Front National gagnera aux élections en 2012, la France se sentira-t-elle obligée de s’expliquer au près de nous ? Sûrement pas !
    Il faut que la France apprenne et il faut que nous tunisiens apprenions à traiter avec la France d’égal à égal. Fini la colonisation en Tunisie et dans tout les pays du Maghreb