Aujourd'hui en Tunisie, il devient difficile d'être un « ami de la France »
Au Forum Libération de Lyon, ce weekend, la blogueuse tunisienne Amira Yahyahoui, alias @Mira404, a fait une analyse sévère des relations franco-tunisiennes, y compris après le remplacement de Michèle Alliot-Marie par Alain Juppé. Dans son intervention, reprise sur son blog, elle dénonce :
« On aurait pu croire qu’après ces couacs diplomatiques, le quai d’Orsay ferait un peu plus attention avec le dossier tunisien. Hélas, les sorties médiatiques de son nouvel ambassadeur, Boris Boillon, n’a pas arrangé les choses.
Plus récemment et après les premières élections libres, Alain Juppé avant même de féliciter la Tunisie pour le grand pas qu’elle vient d’accomplir vers la démocratie, se pose en donneur de leçons et parle de “ lignes rouges ” à ne pas dépasser sous peine de réprimande économique. Où étaient ces lignes rouges du temps de Ben Ali Monsieur le Ministre ?
Les hommes politiques français sont-ils, encore, en position pour donner des leçons aux Tunisiens ? Autant de dérapages, ne font pas honneur au pays des droits de l’homme. Aujourd’hui en Tunisie, il devient difficile d’être un “ ami de la France ”. Le terme “élite francophone” est devenu une injure. Les nouveaux dirigeants du pays multiplient les déclarations hostiles à la francophonie.
Les responsables politiques français doivent comprendre que les tunisiens ont fait une révolution pour la dignité. Il est révolu le temps du paternalisme postcolonial et des arrangements entre amis. Les tunisiens veulent une tolérance zéro avec l’irrespect. Ils veulent que ce renouveau citoyen en Tunisie soit accompagné de considération pour les Tunisiens, où qu’ils soient. »
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Voyagiste
Voyagiste
Je viens d’accompagner un groupe de 70 voyageurs, pour la plupart Français, pour un voyage en Tunisie sur le thème du printemps arabe. Nous avons rencontré des universitaires, des chercheurs, de nouveaux élus de l’assemblée constituante et de nombreux militants :
Photos du voyage en Tunisie : le printemps arabe
Nous avons toujours été très bien accueillis et les Tunisiens continuent d’aimer les Français et ils nous l’ont souvent dit fortement. Ils distinguent les citoyens et leurs dirigeants. D’autre part, concernant la personne de Boris Boillon, tous ceux qui le connaissent un peu savent à quel point il sait se rendre proche de tous et il a rencontré des élus d’Ennahda avant et après les élections. C’est un homme qui mouille sa chemise et il est plus facile de lui reprocher des choses qu’aux ambassadeurs qui restent enfermés dans leur bureau et dans leur tour d’ivoire. Ses débuts très médiatisés en France ne sont plus à l’ordre du jour maintenant.
Les Français sont aimés et très attendus en Tunisie, dès lors qu’ils n’arrivent pas en conquérants et qu’ils n’entretiennent pas un tourisme de bas étage qui nuit aux deux pays.




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