Egypte : la transition fragilisée par de nouveaux affrontements
A neuf jours des premières élections depuis la révolution qui a chassé du pouvoir Hosni Moubarak, Le Caire et Alexandrie ont connu tous le weekend de graves affrontements entre manifestants et forces de l’ordre. Bilan : au moins vingt morts, et plus d’un millier de blessés.
Les images se multiplient sur les réseaux sociaux, comme cette photo qui montre des blessés à l’œil, semblant indiquer que les forces de l’ordre ont tiré à hauteur de visage.
Une riveraine de Rue89 au Caire nous a écrit cette nuit pour nous alerter :
« Je reviens juste de la place Tahrir, on nous a dit de la quitter le plus rapidement possible car la police commencerait à tirer à balles réelles.
Tous les rideaux des commerçants sont baissés, les trottoirs sont éventrés pour servir de munitions contre la police qui tirent sur les manifestants. Les barrages filtrants ont été mis en place de nouveau pour accéder à la place. Les salafistes sont loin d’être la majorité des manifestants. »
Les vidéos disponibles sur les réseaux sociaux témoignent de la violence de la confrontation.
Une fois de plus, c’est la place Tahrir qui a été l’épicentre des événements au Caire, comme lors de la révolution de janvier et février, qui a chassé Moubarak. Cette fois, c’est l’armée, qui contrôle l’Egypte post-Moubarak et préside la transition, qui est la cible des manifestants.
Principale cible des slogans : le maréchal Mohammed Hussein Tantawi, chef du Conseil suprême des forces armées égyptiennes, le chef de l’Etat de fait de l’Egypte.

Capture d’écran un tweet : « Slogans place Tahrir : “Où est notre révolution ?”, “Tantawi dehors” » (Twitter)
Les manifestants étaient restés sur la place Tahrir après une importante manifestation islamiste, vendredi, regroupant plus de 50 000 personnes. Des milliers de personnes se sont retrouvées samedi sur la place centrale du Caire – et pas seulement des islamistes selon les témoins – pour protester contre la répression des autorités militaires.
Le fossé entre la population et l’armée
Les affrontements ont duré six heures, et illustrent le fossé croissant entre le Conseil suprême des forces armées égyptiennes et une partie de la population, qui ne se satisfait pas de la confiscation du pouvoir par les militaires après le départ de Moubarak auquel ils avaient été associés.
Les protestataires se sont ainsi indignés d’une proposition de l’armée de modifier la Constitution pour lui donner le droit de gérer ses propres affaires et son budget de manière autonome, tel un Etat dans l’Etat.
Cette violence contraste avec le processus politique qui doit franchir un pas décisif le 28 novembre avec l’élection d’une assemblée qui devra rédiger une nouvelle Constitution. Certains voudraient précipiter le mouvement et élire, dès à présent, le président de la République.
Selon les agences de presse, le gouvernement égyptien a appelé « à la raison » dans un communiqué lu à la télévision, ajoutant que « ce qui se passe depuis ce matin est dangereux et a un impact direct sur la marche du pays ».
Plusieurs partis politiques ont réagi, l’un demandant la constitution d’un gouvernement de salut national, tandis qu’un autre a réclamé le report des élections. De leur côté, les Frères musulmans ont appelé au calme afin de ne pas « ternir l’image de la révolution ».

Des manifestants et les forces de l’ordre s’affrontent, à proximité de la place Tahrir, le 20 novembre 2011 (Gaë ; l Favari)
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Gabriel Nadeau-Dubois, talentueux porte-parole des étudiants québécois 








yetiblog.org
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« la transition fragilisée par de nouveaux affrontements »
Ah, c’est étrange, j’aurais presque dit que ces nouveaux affrontements la renforcent, au contraire, la transition en question. En ne se laissant pas mener en bateau par les militaires au pouvoir, les Égyptiens montrent leur détermination à l’accélérer (la transition, toujours) et à ne pas se laisser confisquer leur révolution.




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