On a lu 07/11/2011 à 19h18

BHL en Libye, sur les traces de Lawrence d'Arabie

Pierre Haski | Cofondateur Rue89


Bernard-Henri Lévy avec des soldats du CNT à Tripoli le 16 septembre (Eric Feferberg/Reuters)

« La Guerre sans l’aimer », un gros pavé de 640 pages, est un récit épique très « bhlien » de la campagne de Libye de Bernard-Henri Lévy.

Du pur BHL : un journal de bord écrit tout au long de ces six mois de conflit libyen, et dont le héros est, sans surprise, l’auteur.

Pas une page sans qu’il se mette en scène, qu’il apparaisse, un jour en train de manger le mouton au riz graisseux dans le désert libyen avec des chefs de tribus en révolte contre Kadhafi, le lendemain en train de dîner dans un restaurant chic avec Arianna Huffington et Charlie Rose, deux stars des médias américains, ou encore avec Jean-François Copé, le secrétaire général de l’UMP.

Mais c’est aussi un livre d’histoires : un peu l’Histoire avec un grand H, mais beaucoup d’histoires avec un petit h et au pluriel.

L’attelage avec Sarkozy

C’est d’abord celle de son attelage improbable avec Nicolas Sarkozy. Dans un livre précédent, « Ce grand cadavre à la renverse » (éd. Grasset), BHL relatait un entretien téléphonique avec Nicolas Sarkozy qui venait d’enrôler André Glucksmann dans sa campagne de 2007, et cherchait – en vain – à détourner Bernard-Henri Lévy de son soutien à Ségolène Royal.


la couverture du livre de BHL (Grasset)

En 2011, les rôles sont inversés : Glucksmann, échaudé par le revirement cynique de Nicolas Sarkozy vis-à-vis de Vladimir Poutine, s’en est éloigné, alors que Bernard-Henri Lévy, par le concours de circonstances libyen, s’en est rapproché.

Pas au point de se rallier politiquement au futur candidat de l’UMP. BHL se dédouane dès la page 12 :

« Et faut-il que je redise, ici, tout ce qui m’a séparé, me sépare et me séparera de ce Président qui n’est pas de ma famille, et dont la politique, en France, n’a jamais eu mon adhésion ?

Reste qu’une drôle d’alliance s’est nouée là – de celles qu’exigent parfois les situations extrêmes et qui se dénoue aujourd’hui, la guerre gagnée, aussi naturellement qu’elle s’était nouée. »

Le portrait, en creux, est néanmoins très flatteur pour Nicolas Sarkozy au cœur de l’épreuve de la guerre, « faisant mentir, ainsi, bien des idées reçues le concernant. Je ne juge pas, j’observe », écrit-il fort aimablement.

Cela donne des moments cocasses, comme la première conversation téléphonique entre Benghazi et l’Elysée qui conduisit à la venue et à la reconnaissance des rebelles libyens à Paris en mars.

Un dialogue sur une ligne pourrie, trois fois coupée, menée dans un hall d’hôtel où rodent journalistes et espions à la pelle... Quelques lignes intéressantes, aussi, sur ses relations avec Alain Juppé, pas nécessairement son meilleur ami.

Reste le sentiment que c’est la rencontre de deux opportunistes – au sens où ils savent saisir une opportunité... :

  • l’un, chef d’Etat en difficultés ayant besoin d’un succès en politique étrangère pour laver l’humiliation de l’épisode MAM et la Tunisie, et ne se sentant jamais mieux qu’en manager de crise ;
  • l’autre, intellectuel engagé dans les bons conflits, au bon moment, au bon endroit, mais habité par le rêve d’une victoire là où, à Kaboul ou à Sarajevo, il a goûté aux limites de sa capacité d’action.

Ces drôles de rebelles

L’autre grande question qui traverse le livre, est la nature de cette rébellion dont BHL est devenu l’avocat et même plus, puisqu’il en organise à la fois les relations internationales, l’approvisionnement en armes, la médiatisation en manipulant au passage quelques journalistes...

Il prend même la plume pour rédiger avec les chefs de tribus – après le célèbre mouton au riz graisseux – leur manifeste pour une Libye unie.

Là encore, BHL s’engage, mais s’exonère de toute responsabilité sur ce qui pourrait tourner mal, et a déjà tourné mal avec la mise à mort cruelle et indigne de Kadhafi. Sans oublier la déclaration du chef du CNT, Mustafa Abdeljalil, l’homme dont il vante tant les louanges, en faveur de la réintroduction de la polygamie dans la « nouvelle Libye ».

Il écrit dans son prologue :

« J’ignore [...] si la Libye de demain tiendra toutes les promesses de son printemps.

Je ne suis, pas plus que quiconque, capable de prédire avec certitude qui l’emportera des révolutionnaires et des libéraux de Benghazi, adeptes d’un islam paisible, fidèle à l’esprit des Lumières, ami du droit et des droits de l’homme – ou de cette poignée de radicaux que j’ai aussi rencontrés [...].

Ce dont je suis certain, c’est que l’ordre ancien des choses ne laissait pas le choix [...]. Aujourd’hui, l’Histoire recommence. Le peuple libyen, et, au-delà de lui, les peuples arabes réapprennent les mille et une façons que l’on a de soupirer, de dire son tourment, d’y remédier.

Un débat s’instaure, brouillon, discordant, tumulte de paroles gelées et qui fondent au soleil de la révolte – joyeuse, parfois inquiétante, mais le plus souvent féconde discorde d’où le pire peut sortir mais aussi, et pour l’heure, un espoir raisonnable. »

La responsabilité de l’intellectuel

BHL apparait une nouvelle fois, à la lecture de ces 640 pages, comme un romantique narcissique en quête d’un trip à la Lawrence d’Arabie ou à la Malraux époque brigades internationales (ou à la Chateaubriand, le seul intellectuel à avoir déclenché une guerre avant lui, rappelle-t-il) du XXIe siècle. Le livre, de fait, se lit comme un récit d’aventure plus que comme un livre d’histoire.

Mais il est aussi un « intellectuel engagé » dans la meilleure (ou pire, selon les points de vue) tradition française, car dans quel autre pays que la France un philosophe pourrait-il, à ce point, influencer les politiques et jouer un tel rôle opérationnel au coté du chef de l’Etat, court-circuitant régulièrement les rouages de l’Etat en franc-tireur autoproclamé ?

Ça reste le mystère très français de cette aventure, incongru, tellement irresponsable, même si, en l’occurence en Libye, ça a bien tourné.

Parmi les nombreuses questions posées par ce livre, celle-ci, inévitable comme à chaque fois : comment Bernard-Henri Lévy peut-il employer de tels accents passionnels et fiévreux pour parler de la révolte libyenne, et se taire sur le sort des Palestiniens, vouant à Israël un soutien inconditionnel ?

« La Guerre sans l’aimer » a un titre trompeur : si BHL n’aime pas la guerre (écrite avec un G majuscule), au moins semble-t-il en goûter l’idée, le parfum, la force romanesque qui participe au plus haut point de son personnage.

Infos pratiques
La Guerre sans l'aimer
Journal d'un écrivain au coeur du printemps libyen

Par Bernard-Henri Lévy, Grasset, 640 pp. 22€.

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  • HSEHNAMAP
    HSEHNAMAP
    Votre commentaire a été (...)
    • Posté à 19h35 le 07/11/2011
    • Internaute 132226
      Votre commentaire a été (...)

    Punaise ils sont sacrément bons ses nègres, parce que 640 pages en 6 mois il faut le faire, même avec un bon salaire... Chapeau bas.

    • Pi.K
      Pi.K répond à HSEHNAMAP
      Vilain Parisien
      • Posté à 20h40 le 07/11/2011
      • Internaute 105016
        Vilain Parisien

      Ça peut se faire dans, disons, trois cas : (1) après des mois (années) de travail de recherche minutieux, et sous réserve d’être doté d’une mémoire et d’une capacité d’analyse exceptionnelles, au point d’avoir déjà en tête tout le plan de l’ouvrage ; (2) quand on s’appelle Stendhal ; (3) quand on fait le récit pompeux, anecdotique, égocentrique et sans recherche de sa mise en scène comme Sauveur du Monde Libre.

      Comme il est assez clair que BHL ne brille pas par ses qualités de chercheur, l’hypothèse (1) peut être écartée. Il est clair aussi que, son nom étant Lévy, et non point Beyle ou Stendhal, l’hypothèse (2) ne saurait être retenue. Ne reste que l’hypothèse (3), qui semble plutôt vraisemblable.

    • jmc06-
      jmc06- répond à HSEHNAMAP
      chasseur de gorille
      • Posté à 08h05 le 08/11/2011
      • Internaute 75030
        chasseur de gorille

      bé sur que c possible,pour 119€ ta un stylo scanneur

    • Antoine.1936
      Antoine.1936 répond à HSEHNAMAP
      Français, donc révolutionnaire
      • Posté à 17h04 le 09/11/2011
      • Internaute 145322
        Français, donc révolutionnaire
  • leeway
    leeway
    encombreur de routes
    • Posté à 19h38 le 07/11/2011
    • Internaute 156133
      encombreur de routes

    Le guère en s’aimant !

    • Gringo65
      Gringo65 répond à leeway
      Rabatteur de merlus
      • Posté à 17h57 le 08/11/2011
      • Internaute 93849
        Rabatteur de merlus

      La mer sans les gays.

  • 3èmeàgauche
    3èmeàgauche
    Expatrié
    • Posté à 19h39 le 07/11/2011
    • Internaute 86345
      Expatrié

    « car dans quel autre pays que la France un philosophe pourrait-il, à ce point, influencer les politiques et jouer un tel rôle opérationnel au coté du chef de l’Etat »

    Pardonnez ma méfiance, mais je doute beaucoup des arguments humanistes. Peut-on envisager que de ce Grand Philosophe soit quelque peut utilisé pour mettre un visage à cette action. C’est plus facile que de porter ce genre de responsabilités en tant qu’homme politique... surtout si on est pas vraiment sûr de l’aboutissement..

    • HSEHNAMAP
      HSEHNAMAP répond à 3èmeàgauche
      Votre commentaire a été (...)
      • Posté à 19h51 le 07/11/2011
      • Internaute 132226
        Votre commentaire a été (...)

      Ce que vous suggérez est scandaleux, BHL est un penseur indépendant.
      Il n’a besoin de personne pour avoir des idées à la con.

      • merle-moqueur
        merle-moqueur répond à HSEHNAMAP
        GRRRRRRRRRRRR (...)
        • Posté à 07h21 le 08/11/2011
        • Internaute 17922
          GRRRRRRRRRRRR (...)

        « 

        Qu’il en soit récompensé ....

         
        • DBL8
          DBL8 répond à merle-moqueur
          Retraité
          • Posté à 07h53 le 08/11/2011
          • Internaute 19562
            Retraité

          Étant donné qu’il a des idées à chier, qu’il soit content que ce ne soit qu’un entartrage !
          Écrire que BHL est un philosophe... n’est-ce pas insultant pour eux, les vrais ?
          Pour ce livre, peut-être a-t-il fait comme d’autres auteurs qui ont toute une équipe (d’esclaves gratte-papiers) qui travail pour eux ?

          • la choukette
            la choukette répond à DBL8
            libre penseur si possible
            • Posté à 12h39 le 08/11/2011
            • Internaute 90914
              libre penseur si possible

            philosophe milliardaire pour être exact ...

            y’a bien des curés pédophiles donc pourquoi pas après tout

        • pierrejcallard
          pierrejcallard répond à merle-moqueur
          http://www.nouvellesociete.org
          • Posté à 21h33 le 08/11/2011
          • Internaute 3366
            http://www.nouvellesociete.org

          Me rappelle la blague du clochard qui, avant pu s’acheter une bouteille de gnole, la met dans sa poche, sort, glisse, tombe, se relève, sent un liquide tiède couler sur sa cuisse et s’ecrie... » Mon Dieu, faites que ce soit du sang ! « 

          Je crois qu’il est interdit de souhaiter la mort de quelqu’un. Vous savez, la magie noire..., on n’est jamais trop prudent. Je crois qu’on peut encore crier “ Que justice soit faite ! ‘ Mais, par les temps qui courent, ça fait un peu trop révolutionnaire.

          Peut-être peut-on user avec précaution de la méthode traditionnelle de malédiction juive, qui commence souvent en souhaitant une longue vie, la richesse, l’amour et de beaux enfants... avant que ca ne se gâte...

          Pierre JC A lard

        3 autres commentaires
  • Féline
    Féline
    fée
    • Posté à 19h46 le 07/11/2011
    • Internaute 111221
      fée

    « dans quel autre pays que la France un philosophe pourrait-il, à ce point, influencer les politiques et jouer un tel rôle opérationnel au coté du chef de l’Etat, court-circuitant régulièrement les rouages de l’Etat en franc-tireur autoproclamé ? »

    Je ne sais pas dans quel autre pays, mais certainement pas dans une démocratie indépendante.

    • zé ninguem
      zé ninguem répond à Féline
      lecteur
      • Posté à 19h56 le 07/11/2011
      • Internaute 103600
        lecteur

      Dans un pays ou l’éxecutif et le législatif sont soumis parce que dominés par un chef incompétent.

    • zé ninguem
      zé ninguem répond à Féline
      lecteur
      • Posté à 19h57 le 07/11/2011
      • Internaute 103600
        lecteur

      D

    • C. Creseveur
      C. Creseveur répond à Féline
      D'actualité, de dessin surtout
      • Posté à 22h07 le 07/11/2011
      • Internaute 7715
        D'actualité, de dessin surtout

      Déjà : où, un philosophe peut-il même envisager l’idée d’une guerre ?

      • vorivzakonie
        vorivzakonie répond à C. Creseveur
        toujours juste -Ceterum censeo (...)
        • Posté à 00h35 le 08/11/2011
        • Internaute 168643
          toujours juste -Ceterum censeo (...)

        Vous voulez dire que c’est antinomique ?

         
        • C. Creseveur
          C. Creseveur répond à vorivzakonie
          D'actualité, de dessin surtout
          • Posté à 10h23 le 08/11/2011
          • Internaute 7715
            D'actualité, de dessin surtout

          Je ne vous le cache pas ! « Sophia » c’est la sagesse en grec, non ?

          Mais si la philophie consiste à aller vers l’autre pour mieux le comprendre et éclairer chacun, la nouvelle philosophie, consiste plutôt à prendre l’éclairage pour être bien vu des autres.

          • Voyageur
            Voyageur répond à C. Creseveur
            • Posté à 13h09 le 09/11/2011
            • Internaute 1117

            Ca montre dans ce cas precis que la philosophie avait une limite appelée Khadafi.

            Comme le disait si bien Confucius, quand le sage montre la Lune, l’idiot regarde le bout du doigt.

          • vorivzakonie
            vorivzakonie répond à C. Creseveur
            toujours juste -Ceterum censeo (...)
            • Posté à 18h58 le 09/11/2011
            • Internaute 168643
              toujours juste -Ceterum censeo (...)

            Entièrement d’accord avec pour votre seconde phrase.
            Mais BHL n’est pas un philosophe.

            De fait la « Sophia » n’aurait guère pu prospérer sans la « Polis » et la polis se construit entre autres sur l’idée d’une solidarité des citoyens qui s’affirme tout particulièrement dans cette formation militaire qu’est la phalange et sans laquelle les guerres Médiques n’auraient sans doute pas pu être gagnées.
            Paradoxalement Spartes a peut-être plus fait pour la démocratie qu’Athènes....

            Si vous prenez l’histoire de la Philosophie, presque tous ont réfléchi à la question de la guerre. Kant qui s’engage dans un « Projet de paix perpétuelle » ne peut s’empêcher de signaler que les énergies déployées en temps de guerres peuvent favoriser certains progrès. Hegel écrit sa « Phénomènologie » en entendant passer au-dessus de sa tête les boulets de canon de la bataille de Iena et accueille Napoléon comme l’esprit à cheval...

            Il est assez drôle de penser que j’avais d’emblée par je ne sais quel lapsus transformé « La guerre sans l’aimer » en « la guerre sans la faire » Je dirais qu’il est d’autant plus facile de ne pas aimer la guerre qu’on ne la fait pas.
            Cela marque encore une fois le double dilettantisme de BHL : celui d’un « intellectuel » médiatique qui survole les questions sans les penser ; celui d’un va-t-en guerre qui ne mesure pas les enjeux et laisse agir les autres à sa place.

            Poser avec ces deux attachés de presse en un lieu hors de portée de toute arme ennemie voilà bien ce qui caractérise ce petit-bourgeois français qui a fait 68 avec Glucksman et Jean Edern-Allier dans la Rolls du père de ce dernier.

            « La guerre sans l’aimer » c’est bien là le titre de quelqu’un qui n’a jamais fait la guerre. Contrairement justement à Lawrence d’Arabie qui a connu la plus trouble des ivresses : celle de prendre goût au fait de tuer.

            Interroger n’importe quel guerrier véritable. Je ne parle pas de ces civils à qui ont a mis des armes dans la main et qui ont tiré par ci par là. Il vous dira que les deux plus terribles expériences pour un homme qui fait la guerre c’est de tuer son premier être humain (souvent dans une situation de corps à corps) et ensuite plus tard
            de ressentir cette ivresse qui vous vient du fait que vous êtes passé de l’autre côté : celui de la mort d’où vous donnez la mort.

            • C. Creseveur
              C. Creseveur répond à vorivzakonie
              D'actualité, de dessin surtout
              • Posté à 19h36 le 09/11/2011
              • Internaute 7715
                D'actualité, de dessin surtout

              Oui ! je ne dis pas autre chose plus bas, concernant les philosophes grecs.
              Sur BHL, on se rappelle aussi comment arrivant à Sarajevo il a plongé, sous les yeux amusés des soldats français, derrière les sacs de sables au premier bruit de balle, distant de plusieurs kms !

            • doudou9174
              doudou9174 répond à vorivzakonie
              mes deux phares dans la nuit
              • Posté à 19h32 le 10/11/2011
              • Internaute 140131
                mes deux phares dans la nuit

              merci , contrairement a moi « c’est long mais c’est bon “
              comme le dit si bien le dicton .

          • vorivzakonie
            vorivzakonie répond à C. Creseveur
            toujours juste -Ceterum censeo (...)
            • Posté à 18h58 le 09/11/2011
            • Internaute 168643
              toujours juste -Ceterum censeo (...)

            Entièrement d’accord avec pour votre seconde phrase.
            Mais BHL n’est pas un philosophe.

            De fait la « Sophia » n’aurait guère pu prospérer sans la « Polis » et la polis se construit entre autres sur l’idée d’une solidarité des citoyens qui s’affirme tout particulièrement dans cette formation militaire qu’est la phalange et sans laquelle les guerres Médiques n’auraient sans doute pas pu être gagnées.
            Paradoxalement Spartes a peut-être plus fait pour la démocratie qu’Athènes....

            Si vous prenez l’histoire de la Philosophie, presque tous ont réfléchi à la question de la guerre. Kant qui s’engage dans un « Projet de paix perpétuelle » ne peut s’empêcher de signaler que les énergies déployées en temps de guerres peuvent favoriser certains progrès. Hegel écrit sa « Phénomènologie » en entendant passer au-dessus de sa tête les boulets de canon de la bataille de Iena et accueille Napoléon comme l’esprit à cheval...

            Il est assez drôle de penser que j’avais d’emblée par je ne sais quel lapsus transformé « La guerre sans l’aimer » en « la guerre sans la faire » Je dirais qu’il est d’autant plus facile de ne pas aimer la guerre qu’on ne la fait pas.
            Cela marque encore une fois le double dilettantisme de BHL : celui d’un « intellectuel » médiatique qui survole les questions sans les penser ; celui d’un va-t-en guerre qui ne mesure pas les enjeux et laisse agir les autres à sa place.

            Poser avec ces deux attachés de presse en un lieu hors de portée de toute arme ennemie voilà bien ce qui caractérise ce petit-bourgeois français qui a fait 68 avec Glucksman et Jean Edern-Allier dans la Rolls du père de ce dernier.

            « La guerre sans l’aimer » c’est bien là le titre de quelqu’un qui n’a jamais fait la guerre. Contrairement justement à Lawrence d’Arabie qui a connu la plus trouble des ivresses : celle de prendre goût au fait de tuer.

            Interroger n’importe quel guerrier véritable. Je ne parle pas de ces civils à qui ont a mis des armes dans la main et qui ont tiré par ci par là. Il vous dira que les deux plus terribles expériences pour un homme qui fait la guerre c’est de tuer son premier être humain (souvent dans une situation de corps à corps) et ensuite plus tard
            de ressentir cette ivresse qui vous vient du fait que vous êtes passé de l’autre côté : celui de la mort d’où vous donnez la mort.

          • vorivzakonie
            vorivzakonie répond à C. Creseveur
            toujours juste -Ceterum censeo (...)
            • Posté à 18h58 le 09/11/2011
            • Internaute 168643
              toujours juste -Ceterum censeo (...)

            Entièrement d’accord avec pour votre seconde phrase.
            Mais BHL n’est pas un philosophe.

            De fait la « Sophia » n’aurait guère pu prospérer sans la « Polis » et la polis se construit entre autres sur l’idée d’une solidarité des citoyens qui s’affirme tout particulièrement dans cette formation militaire qu’est la phalange et sans laquelle les guerres Médiques n’auraient sans doute pas pu être gagnées.
            Paradoxalement Spartes a peut-être plus fait pour la démocratie qu’Athènes....

            Si vous prenez l’histoire de la Philosophie, presque tous ont réfléchi à la question de la guerre. Kant qui s’engage dans un « Projet de paix perpétuelle » ne peut s’empêcher de signaler que les énergies déployées en temps de guerres peuvent favoriser certains progrès. Hegel écrit sa « Phénomènologie » en entendant passer au-dessus de sa tête les boulets de canon de la bataille de Iena et accueille Napoléon comme l’esprit à cheval...

            Il est assez drôle de penser que j’avais d’emblée par je ne sais quel lapsus transformé « La guerre sans l’aimer » en « la guerre sans la faire » Je dirais qu’il est d’autant plus facile de ne pas aimer la guerre qu’on ne la fait pas.
            Cela marque encore une fois le double dilettantisme de BHL : celui d’un « intellectuel » médiatique qui survole les questions sans les penser ; celui d’un va-t-en guerre qui ne mesure pas les enjeux et laisse agir les autres à sa place.

            Poser avec ces deux attachés de presse en un lieu hors de portée de toute arme ennemie voilà bien ce qui caractérise ce petit-bourgeois français qui a fait 68 avec Glucksman et Jean Edern-Allier dans la Rolls du père de ce dernier.

            « La guerre sans l’aimer » c’est bien là le titre de quelqu’un qui n’a jamais fait la guerre. Contrairement justement à Lawrence d’Arabie qui a connu la plus trouble des ivresses : celle de prendre goût au fait de tuer.

            Interroger n’importe quel guerrier véritable. Je ne parle pas de ces civils à qui ont a mis des armes dans la main et qui ont tiré par ci par là. Il vous dira que les deux plus terribles expériences pour un homme qui fait la guerre c’est de tuer son premier être humain (souvent dans une situation de corps à corps) et ensuite plus tard
            de ressentir cette ivresse qui vous vient du fait que vous êtes passé de l’autre côté : celui de la mort d’où vous donnez la mort.

        7 autres commentaires
      • Pi.K
        Pi.K répond à C. Creseveur
        Vilain Parisien
        • Posté à 01h13 le 08/11/2011
        • Internaute 105016
          Vilain Parisien

        Si on considère que la guerre a existé avant l’activité philosophique, et qu’il n’y a pas de restrictions particulières au champ couvert par la philosophie, rien n’empêche un philosophe digne de ce nom de s’intéresser à la guerre.

        Ce qui est sujet à discussion, ce n’est pas tant la guerre comme objet philosophique, c’est surtout ce qu’on en dit. Et il y a beaucoup, beaucoup de choses à dire de la guerre ; bien plus en vérité que n’en sait dire notre BHL national.

         
        • C. Creseveur
          C. Creseveur répond à Pi.K
          D'actualité, de dessin surtout
          • Posté à 10h24 le 08/11/2011
          • Internaute 7715
            D'actualité, de dessin surtout

          Je ne dis pas que la guerre n’est pas un sujet de philosophie.
          Je métonne qu’elle puisse être déclenchée par un philosophe.

          • Pi.K
            Pi.K répond à C. Creseveur
            Vilain Parisien
            • Posté à 12h44 le 08/11/2011
            • Internaute 105016
              Vilain Parisien

            Là non plus, il n’y a rien de foncièrement contradictoire. Un philosophe qui valorise, disons, une forme de dépassement de soi dans l’action collective peut très bien valoriser la guerre (ou au moins le courage comme vertu dans la guerre : sur ce point, je crois me souvenir que Platon est un peu ambigu, mais ça fait longtemps que je l’ai lu). Ou alors, exemple un rien caricatural, un philosophe qui valorise l’élévation de l’Homme par l’acte guerrier, doublé d’une forte composante identitaire — je suppose que ça peut ressortir d’une lecture de Carl Schmidt.

            Après, évidemment, de telles positions sont sujettes à controverse. Mais il n’est pas possible de les rejeter « gratuitement », en tout cas pas dans le cadre d’une pratique philosophique.

            • C. Creseveur
              C. Creseveur répond à Pi.K
              D'actualité, de dessin surtout
              • Posté à 16h26 le 08/11/2011
              • Internaute 7715
                D'actualité, de dessin surtout

              Platon évoque la guerre dans la République, je crois dans la façon d’éduquer les hommes, parce qu’il vit à une époque où la guerre est un fait régulier.
              Dans notre cas non seulement nous sommes sensés vivre en paix, mais la guerre qui a été déclenchée est une guerre préventive, ce qui est un genre absolument nouveau, et dont la philosophie est plus que discutable, elle !

        3 autres commentaires
      • a déménagé 23-04-2013
        a déménagé 23-04-2013 répond à C. Creseveur
        non connue
        • Posté à 11h06 le 08/11/2011
        • 169677
          non connue

        « Guerres justes et injustes : Argumentation morale avec exemples historiques » Michael Walzer. Bonne lecture.

    • Kolyse
      Kolyse répond à Féline
      psychédélique
      • Posté à 03h18 le 08/11/2011
      • Internaute 124863
        psychédélique

      Y a de l’usurpateur chez BHL : les spécialistes roulent sur le tapis en rigolant quand on leur demande si BHL a eu rôle dans Sarajevo !

      • Voyageur
        Voyageur répond à Kolyse
        • Posté à 14h37 le 09/11/2011
        • Internaute 1117

        C’est qui les specialistes ?

  • Félonie Aigrefin
    Félonie Aigrefin
    The Corpse Grinders Groupie
    • Posté à 19h48 le 07/11/2011
    • 173459
      The Corpse Grinders Groupie

    Le v’là rhabillé pour l’hiver le BHL ! Ça tombe bien, le premier ministre de son président préféré nous promet des lendemains de guerre ...

  • zé ninguem
    zé ninguem
    lecteur
    • Posté à 19h48 le 07/11/2011
    • Internaute 103600
      lecteur

    « comment Bernard-Henri Lévy peut-il employer de tels accents passionnels et fiévreux pour parler de la révolte libyenne, et se taire sur le sort des Palestiniens, vouant à Israël un soutien inconditionnel ? “
    C’est tout comme caro .

    • pierrejcallard
      pierrejcallard répond à zé ninguem
      http://www.nouvellesociete.org
      • Posté à 02h11 le 08/11/2011
      • Internaute 3366
        http://www.nouvellesociete.org

      BHL, dans des temps où le choix est pourtant large, m’apparait comme l’individu le plus répugnant de France. Nul autre ne se vanterait d’avoir incité à un conflit où sont morts 70 000 civils sans défense sous les bombes d’un pays qui se dit civilisé. BHL a le talent - et les flagorneurs - de ses moyens et nul autre.

      Je suis dégoûté que pas une Française n’ai encore eu le courage de mettre un gifle à ce triste individu, par qui nous sommes devenus complices de l’établissement au Maghreb de la charia, ce terrible pas en arrière pour les droits de la femme.

      Aucune personne d’honneur ne devrait acheter un livre de ce Levy, ni encourager ses commanditaires. Botul est un déshonneur pour la diaspora juive de France. ANATHEMA SIT.

      Quant à vous, Haski, qui avez l’infâme inconscience de nous dire que cette opération de brigandage en Libye « a bien tourné », les enfants libyens vous en sauront gré. Je vois que êtes de ces opportunistes qui font que les médias en France ne libèrent plus, mais asservissent. Des escrimeurs mercenaire de la plume qui n’ont gardé que l’image d’un coeur à gauche.

      Il y eu t sans doute des gens comme vous pour applaudir, quand nous avons brulé l’Ancien Palais d’Été, ce que les Chinois pourraient bien nous rappeler, maintenant qu’on les approche en quémandeurs et la tête bien basse.

      « Le coq baissa la tête... » Merci, Victor

      Pierre JC Allard

      • Homere elmero
        Homere elmero répond à pierrejcallard
        communiste primitif
        • Posté à 07h04 le 08/11/2011
        • Internaute 87706
          communiste primitif

        ta nouvelle société de stalags et goulags, tu te la gardes pour toi seul, ok ?

  • Charles Mouloud
    Charles Mouloud
    Bras gauche de la Vénus de (...)
    • Posté à 19h49 le 07/11/2011
    • Internaute 12542
      Bras gauche de la Vénus de (...)

    C’est le nouveau SAS de Gérard de Villiers , avec BHL en prince Malko ?

    • 3èmeàgauche
      3èmeàgauche répond à Charles Mouloud
      Expatrié
      • Posté à 17h46 le 08/11/2011
      • Internaute 86345
        Expatrié

      Étant donné le rythme de la rédaction, le bruit court que c’est en fait un San-Antonio ressuscité, avec un Bérurier métamorphosé en guignol de salon. L’ensemble est très petits-fours-champagne militant. A prendre au quatrième degré.

  • alsacien du var
    alsacien du var
    senateur
    • Posté à 20h10 le 07/11/2011
    • Internaute 109983
      senateur

    arrêtez de donner à ce pseudo philosophe l’importance qu’il n’a pas

  • Philippe Leclercq
    Philippe Leclercq
    dilettante
    • Posté à 20h12 le 07/11/2011
    • Internaute 64790
      dilettante

    BHL, la Mata-Haridelle fatiguée et fatigante qui sert de monture, sous la forme d’âne bâté, à Sarkoléon-s’en-va-t’en-guerre...

  • Noamy
    Noamy
    Lecteur
    • Posté à 20h24 le 07/11/2011
    • 174594
      Lecteur

    Il y raconte comment la France a livré des armes en Libye
    Pourtant la Résolution 19-73 proposée et votée par la France prévoyait un embargo sur les armes ...

    Une guerre « juste » pour BHL avec des éléments de realpolitik totalement illégaux, et une guerre basée sur les Droits de l’homme ... quelle combinaison !

    Attendons peut-être quelques mois pour faire un bilan.

    Un parallèle avec l’Irak est-il possible ? Voyez ce post :

    http://bit.ly/s0TqmX

  • L-imprecateur
    L-imprecateur
    citoyen du monde
    • Posté à 20h24 le 07/11/2011
    • Internaute 59195
      citoyen du monde

    « Comment BHL peut-il parler de Libye et se taire sur le sort des Palestiniens ? »

    Vous êtes décidément obsédé : a-t-on le droit de parler d’autre chose que de la Palestine ?

    • Pi.K
      Pi.K répond à L-imprecateur
      Vilain Parisien
      • Posté à 20h46 le 07/11/2011
      • Internaute 105016
        Vilain Parisien

      Parlons de cohérence, alors.

      • L-imprecateur
        L-imprecateur répond à Pi.K
        citoyen du monde
        • Posté à 20h56 le 07/11/2011
        • Internaute 59195
          citoyen du monde

        Ne pas parler de Palestine serait incohérent ? ?

         
        • Pi.K
          Pi.K répond à L-imprecateur
          Vilain Parisien
          • Posté à 21h44 le 07/11/2011
          • Internaute 105016
            Vilain Parisien

          Si vous avez un peu de notions de logique formelle, ça devrait vous sauter aux yeux. Si (1) on accepte la validité universelle d’une proposition quelconque, et (2) on n’adopte pas cette position dans un cas particulier (et accessoirement pas trop « confidentiel » : on ne parle pas de la condition féminine dans l’Uttar Pradesh, là), alors (3a) la proposition initiale n’est pas valide, ou (3b) on est incohérent.

          Comme je vois mal notre ami dire qu’une des propositions qu’il a formulées n’était pas valide, il ne reste que l’incohérence.

        2 autres commentaires
      • licia
        licia répond à Pi.K
        de-ci de-là
        • Posté à 22h44 le 07/11/2011
        • Internaute 118601
          de-ci de-là

        Deux poids, deux mesures comme disait ma grand mère
        Si seulement ce BHL avait la même fougue pour défendre les Palestiniens qu’il en a eu pour les Libyens....
        C’est juste un matamore. Toujours en recherche a se faire valoir sans risque, Il reste de lui un autre souvenir en Georgie, ou il racontait sa guerre au front dans le Monde, sans être même allé voir les combats.
        Et puis toujours lui accoler ce nom de Philosophe, c’est faire honte aux vrais.

    • scarlet44
      scarlet44 répond à L-imprecateur
      juriste
      • Posté à 00h03 le 08/11/2011
      • Expert 155615
        juriste

      « a-t-on le droit de parler d’autre chose que de la Palestine ? »

      Manifestement, non ! La Palestine et le soutien aux Palestiniens semblent être devenu, en quelque sorte, une unité mesure du Bien pensant.

      • A déménagé le 29-08-2012
        A déménagé le 29-08-2012 répond à scarlet44
        non connue
        • Posté à 08h51 le 09/11/2011
        • Internaute 169676
          non connue

        Quand on a vu le reportage (chaine LCP) sur la récente visite de 2 Sénateurs français (dont Jean François-Poncet, ministre des AE du Gvt de R.Barre) dans la Bande de GAZA, on ne peut oublier ces images, sur des kilomètres ce n’est qu’un tas de ruine de 3 mètres de hauteur. Comme après, un séisme de Force 8, des gens vivent dedans et autour.
        Le film « Le cochon de Gaza » donne une vision analogue sur la friche qu’est devenue ce pays. Quand certains rechignent en France pour le moindre effort collectif (sans justifier la politique de Sarko !), on est mal placés pour zapper la Palestine. Franchement ? !
        On peut aussi se demander comment Israël peut en même temps faire cette guerre longue et coûteuse et avoir les moyens de mener une vie « normale », créer des colonies d’une architecture somptueuse : appartement de surfaces exceptionnelles, piscines etc...

    • orange
      orange répond à L-imprecateur
      • Posté à 09h45 le 08/11/2011
      • Internaute 27539

      Oui je pense qu’on a le droit de parler d’autres choses que des palestiniens...à condition de ne pas les oublier...et je crois que c’est ce qui se passe un peu non...

  • momo la salade
    • Posté à 20h26 le 07/11/2011
    • Internaute 110276
      foutus

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