29/10/2011 à 17h21

Sincère, le prix Goncourt ? « Tout le monde dit que Gallimard va gagner »

Aurore Chaillou, Célia Di Girolamo, Fanny Stolpner



Edmond de Goncourt, portrait par le peintre Jean\-François de Raffaëlli (1888)

Le 2 novembre, l’Académie Goncourt décernera son fameux prix. Créé en 1903 dans le but de récompenser « l’originalité du talent », des « tentatives nouvelles et hardies de la pensée et de la forme », il est aujourd’hui l’assurance pour un éditeur d’écouler plus de 400 000 exemplaires d’un même ouvrage.

Dans ces conditions, difficile de croire encore que seul l’amour des mots guide le choix des jurés.

« Si vous êtes puissants et que vous avez de l’argent, vous pouvez jouer. » Raphaël Sorin, chroniqueur littéraire et ancien éditeur (Flammarion, Fayard, le Sagittaire), envisage le prix Goncourt comme une partie de poker.

« Aujourd’hui plus que jamais, Gallimard est en position de force. Il occupe tout le terrain littéraire avec ses filiales P.O.L, Verticales, Mercure de France, qui lui permettent de rafler d’autres prix comme le Femina ou le Médicis. »

Un coup d’œil à la sélection finale du Goncourt 2011 le confirme :

  • deux Gallimard (« L’Art français de la guerre » d’Alexis Jenni et « Du domaine des murmures » de Carole Martinez) ;
  • un Grasset (« Retour à Killybegs » de Sorj Chalandon) :
  • et la maison Actes Sud, représentée par « La Belle Amour humaine » de Lyonel Trouillot.

Gallimard a donc une chance sur deux de l’emporter. Peut-être même un peu plus, sachant que Sorj Chalandon a reçu jeudi 28 octobre le prix de l’Académie française.

« Galligraseuil » a raflé deux Goncourt sur trois

Si le prix remis par les jurés de l’Académie Goncourt est symbolique (10 euros), il assure des ventes colossales à l’auteur et à son éditeur. Les cinq derniers Goncourt se sont vendus à plus de 400 000 exemplaires, selon une étude GfK 2011 (PDF), qui montre que « les prix littéraires restent des rendez-vous décisifs pour la tonicité du marché ».

En effet, sur les 700 nouveaux romans qui paraissent à chaque rentrée littéraire, moins de vingt atteindront un tirage égal ou supérieur à 50 000 exemplaires.

Or décrocher un prix assure un tirage d’au moins 100 000 exemplaires. Ce qui change considérablement la donne pour une maison d’édition. « Pour les plus petites, un prix, c’est le jackpot, assure un libraire de Vivement Dimanche, à Lyon. Cela permet de se financer plusieurs années. »

Ainsi les grosses maisons se jugent au nombre de prix remportés : le terme « Galligraseuil » a même été forgé pour dénoncer la suprématie de Gallimard, de Grasset et du Seuil. Depuis la création du Goncourt, le trio a ainsi raflé les deux tiers des prix. Tout en éditant les trois quarts des jurés.

Cette année, la maison d’édition JC Lattès, représentée par Delphine de Vigan et son roman Rien ne s’oppose à la nuit, a été éliminée au troisième tour.

« Nous tentons tous les ans d’être sur les listes du Goncourt. Cette année, nous avons envoyé deux livres, celui de Delphine de Vigan et “Les Iles” de Philippe Lançon », explique Brigitte Béranger, attachée de presse aux éditions Lattès.

« Nous ne sommes pas la maison la plus importante, et nous sommes victimes de cette domination Gallimard/Grasset. » Les jeux seraient-ils déjà faits ? « Tout le monde dit que Gallimard va gagner, car la maison d’édition fête ses 100 ans. »

Juré et écrivain : l’inévitable conflit d’intérêts

« Depuis 1940-1950, les prix littéraires ont dégénéré. Il y a trop d’argent en jeu », juge Raphaël Sorin. La bataille que se livrent les éditeurs a pris le pas sur la célébration de la littérature et nombre de scandales émaillent l’histoire du Goncourt.

Pour les éditeurs, toutes les moyens sont bons pour s’assurer le soutien d’un juré, souvent lui-même écrivain. « Au premier tour, tu votes selon ton cœur, au deuxième, tu votes pour ton éditeur », avait coutume de dire Yves Berger, ancien directeur littéraire de chez Grasset, surnommé « Monsieur Prix » et disparu en 2004.

Un libraire, qui a préféré garder l’anonymat, détaille :

« On donne des à-valoir aux jurés, c’est-à-dire des avances, pour leurs livres. Bien sûr, on leur verse plus d’argent que ce qu’ils valent commercialement. On leur trouve des chroniques dans des journaux... On entoure le juré, on le bichonne, on le surveille et il est redevable. »

En 2006, la publication posthume du journal de l’écrivain Jacques Brunner (1986-2004), qui consigne sur dix ans toutes les tractations entre éditeurs et jurés des prix Goncourt et Renaudot, affole le Landerneau littéraire. Bernard Pivot, juré du Goncourt depuis 2004, relativise l’importance de l’affaire :

« Nous n’avons pas beaucoup parlé de ces choses-là à l’époque. Avant, ça existait : il y avait des combines entre certains membres de l’Académie Goncourt. Aujourd’hui, c’est révolu, nous sommes indépendants des éditeurs. »

En 2008 pourtant, le Goncourt modifie son règlement : interdiction pour les jurés de recevoir des prébendes de la part des éditeurs. Interrogé sur l’influence que pourrait avoir sur lui son éditeur, Albin Michel, Bernard Pivot conteste :

« Quand je publie un livre, il y a un contrat de confiance entre l’éditeur et moi. Ensuite, nous sommes quittes. »

Des jurés cooptés et souvent nommés à vie

Les procédés du Goncourt ont tout de même attiré l’attention du ministère de la Justice. En 2004, un rapport du service central de prévention de la corruption admet :

« il est difficile de faire la part des choses entre les membres des jurys, généralement tous auteurs d’œuvres littéraires, et les maisons qui les éditent. Il y a bien là un risque évident de conflits d’intérêts.

Or, les conditions dans lesquelles sont recrutés, voire cooptés, les jurés, souvent désignés à vie, sont peu claires, ce qui les rend a priori suspectes. »

Sous la houlette d’Edmonde Charles-Roux, qui préside l’Académie Goncourt depuis 2002, les dix membres du jury sont élus à la majorité relative, mais « il suffit d’une seule opposition catégorique sans que l’opposant ait besoin d’en donner les motifs pour qu’une proposition soit écartée », détaille le site de l’Académie.

Depuis 2008, les jurés ne peuvent voter que jusqu’à leurs 80 printemps. Auparavant, c’était à vie. Un mardi par mois, les académiciens déjeunent chez Drouant, restaurant huppé du deuxième arrondissement de Paris, où ils remettent chaque année le Goncourt. Ils causent alors littérature dans un esprit de « véritable camaraderie. »

Un entre-soi cultivant un certain snobisme, déjà dénoncé il y a plus d’un siècle par Jules Renard :

« L’Académie des Goncourt me paraît malade ; ça a l’air d’une maison de retraite pour vieux amis. La littérature s’en désintéressera. »

Les jurés Goncourt prennent peu de risques

Si le jury se voit souvent reprocher son académisme en matière littéraire, c’est pourtant par anti-conformisme que l’écrivain Edmond de Goncourt, ami de Flaubert, Zola et Maupassant, a créé cette distinction en 1896.

Selon l’universitaire Sylvie Ducas, dans la revue Contextes de mai 2010, il voulait une alternative « au monopole exclusif de la consécration littéraire détenu par l’Académie française et à l’interdit qui frappe alors le roman et le rejette ».

Dans son testament, Edmond de Goncourt souhaitait que son prix soit attribué « à la jeunesse, à l’originalité du talent, aux tentatives nouvelles et hardies de la pensée et de la forme ».

Depuis la mort d’Yves Berger, le temps des « grands tambouilleurs et autres faiseurs de prix » a tendance à disparaître, remarque Raphaël Sorin. Le Goncourt chercherait-il à faire taire les critiques ?

Possible, en consacrant des auteurs difficiles comme Marie NDiaye en 2009. Même si les « dix de chez Drouant » n’ont pas pris trop de risques ces dernières années, en récompensant des livres qui se vendent déjà bien (« Les Bienveillantes » de Jonathan Littell en 2006) ou des auteurs installés (Michel Houellebecq avec « La Carte et le territoire », en 2010).

Pour l’heure, l’idée d’un Goncourt intègre et moins conformiste fait surtout plaisanter les libraires. L’un d’eux lâche :

« Vous avez regardé la composition de l’Académie ? Ce sont de vieux schnocks ! Et tous auteurs ! Seul un libraire malhonnête vous dira qu’il se fiche du Goncourt. Mais vu de province, ces simagrées nous semblent un peu ridicules. »

Il pronostique, un brin ironique :

« Chez Gallimard, on a dû faire comprendre aux jurés qu’un Goncourt serait symbolique pour célébrer le centenaire de la maison...

Alexis Jenni a tellement le profil qu’ils sont capables, chez Drouant, de choisir Carole Martinez. Ils détestent qu’on leur impose le choix. La sélection reste ouverte, mais ça sent quand même le Gallimard à plein nez. »

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  • bancoseul
    bancoseul
    touriste
    • Posté à 17h39 le 29/10/2011
    • Internaute 152273
      touriste

    Et tout le monde dit que Sarkosy va perdre.
    Méfiance, méfiance.

  • DiaboloSatanas
    DiaboloSatanas
    Fou du volant
    • Posté à 18h18 le 29/10/2011
    • Internaute 79165
      Fou du volant

    Dites , un article sur les magouilles du Goncourt comme chaque année au moment de la remise du prix bonjour l’originalité.
    Jamais un article sur les magouilles du prix des lycéens du Livre Inter ou du Grand Prix de Formule 1 de Kuala Lumpur, pour changer un peu ?

    • Jacques Bolo
      Jacques Bolo répond à DiaboloSatanas
      Auteur-Editeur-Libraire
      • Posté à 11h43 le 02/11/2011
      • Internaute 37329
        Auteur-Editeur-Libraire

      Une presse sans marronniers ? MDR !

  • luminalbe
    luminalbe
    L'inconnu n'est pas dangereux, (...)
    • Posté à 20h00 le 29/10/2011
    • Internaute 68745
      L'inconnu n'est pas dangereux, (...)

    Oui, d’accord, on connait les coulisses, on sait que, et que... et on fait quoi ?

  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 20h13 le 29/10/2011
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    PRIX GONCOURT ? ? ? .... laissez moi rire.

    Rien de tel qu’une bonne pompe à graisser...
    ... les pattes des Jurés, évidemment !

    Il n’y a pas plus « commerciale » que l’attribution de ce prix littéraire.
    C’est vrai que ça assure un tirage, certains acheteurs étant des collectionneurs.

    Nombreux sont ceux qui l’achètent sans être séduits, juste pour la bibliothèque,
    comme l’acheteur compulsif du prix de l’€urovision, même si le « tube » est nul !

    • Lairderien
      • Posté à 22h30 le 29/10/2011
      • Internaute 22751

      Vous avez raison sans doute, mais moi qui suis un gros lecteur de livres (rien que devant moi, au dessus et à coté de mon écran, il y a environ 800 livres, sur les quelques 1400 que je possède et que l’ai lus !), je ne dois avoir aucun Goncourt, ou autre Renaudot,Médicis etc... ou alors par inadvertance. Cette littérature me gonfle par le simple fait qu’on veut nous l’imposer au moyen de ces « prix » qui ne sont que des opérations marketing.
      Jamais je n’achète un livre parce qu’il a reçu un prix quelconque. C’est toujours en fouillant chez les libraires, que par hasard je tombe sur, le bouquin que je vais avoir envie de lire.

      • Yvon le Zébulon
        Yvon le Zébulon répond à Lairderien
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
        • Posté à 23h22 le 29/10/2011
        • Internaute 65781
          L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

        Nous sommes totalement d’accord.

        Les prix sont en général des pièges à gogos (pas toujours qd même)
        et certains livres sont achetés parce lorsqu’on revendique un certain
        standing, il est de bon ton de les avoir « visibles » sur les rayonnages.

        Un peu comme le piano qui trône dans le salon, alors que personne à
        la maison ne sait lire une partition ! ...mais comme on dit : ça fait bien !

        Continuez donc à acheter vos livres à l’instinct ou au coup de coeur...
        ...et un « coup de coeur » n’a strictement rien à voir avec un coup de pub.

      • TiloNys
        TiloNys répond à Lairderien
        Délivre-moi
        • Posté à 10h48 le 30/10/2011
        • 174159
          Délivre-moi

        Marrant, cela : tout en critiquant le vernis bien superficiel des prix, vous trouvez le moyen de glisser que vous possédez 1 400 livres (je trouve ça rigolo, quand même, les gens qui comptent leurs livres) ; comme si, finalement, la quantité était meilleur gage de qualité que les prix...
        (Remarquez, ça pourrait être drôle, les conversations : « Moi, j’ai acheté le Chalandon... - Ouais, ben moi, j’ai acheté l’intégrale Musso, qui n’a jamais eu de (vrais) prix... Alors, c’est qui qui le plus cultivé, hein ? » : -))

        Je chambre... ; -) Je suis d’accord avec vous sur le fond : petit éditeur, donc directement confronté, je sais combien les gros monopolisent l’attention médiatique et les tables de librairie.
        Ceci dit, en vous félicitant de n’avoir aucun prix dans votre bibliothèque et en appliquant une sorte d’« ostracisme », je pense que vous passez à côté de nombreux bons livres. Le syllogisme - Houellebecq, c’est de la merde ; Houellebecq a eu le Goncourt ; tous les Goncourt sont de la merde - me semble un peu caricatural.

        Et arrêtons de toujours tomber sur les éditeurs ; ce sont avant tout des commerçants ; si un truc marche, pourquoi ne le publieraient-ils pas ? et pourquoi n’auraient-ils pas le droit de défendre avec force prix, pub et marketing ce qu’ils publient, s’ils en ont les moyens ? Si un livre nul se vend, il me semble que c’est d’abord la faute des acheteurs, non ?

        De très belles lectures à vous, primées ou non !

         
        • Yvon le Zébulon
          Yvon le Zébulon répond à TiloNys
          L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
          • Posté à 18h02 le 30/10/2011
          • Internaute 65781
            L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

          « Si un livre nul se vend, il me semble que c’est d’abord
          la faute des acheteurs, non ?
           »

          Pas forcément, et vous venez même d’expliquer pourquoi.

          La plupart des prix trouvent clients parmi des gens qui se trouvent
          influencés par vos promotions et vos plans marketing.
          ...et à bien regarder et comparer, très peu tiennent la route !

          • TiloNys
            TiloNys répond à Yvon le Zébulon
            Délivre-moi
            • Posté à 00h24 le 31/10/2011
            • 174159
              Délivre-moi

            Oui, j’ai un peu tout mélangé, et c’était un peu confus.

            Je verrais un peu la chose sous la forme d’un cercle vicieux :
            * un livre complètement formaté, genre, au hasard, Musso, Lévy et autre Pancol (selon mes critères personnels, non absolus), est soutenu par une campagne marketing poussée ;
            * ce livre rencontre un succès immense, acheté qu’il est par des « lecteurs » tout aussi formatés ;
            * l’éditeur, pas con, comme il a trouvé une formule qui marche, renouvelle l’expérience : livre tout nul + marketing = public toujours au rendez-vous ;
            * et ainsi de suite.

            Si le public, faisant montre d’une soudaine clairvoyance, ne se pliait pas à la publicité, et ne la suivait pas, l’éditeur arrêterait aussitôt de telles publications - l’éditeur ne perd jamais de l’œil sa nécessité économique. Et il pourrait alors peut-être consacrer tous ces budgets à soutenir des livres qui en valent la peine.

            Je crois qu’il ne faut pas dédouaner, dans le livre comme ailleurs, le public de ses responsabilités, surtout aujourd’hui où la diversité culturelle lui est accessible si facilement, via Internet par exemple, et où il n’est plus soumis au diktat d’une presse omnipotente.

            • Yvon le Zébulon
              Yvon le Zébulon répond à TiloNys
              L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
              • Posté à 05h39 le 31/10/2011
              • Internaute 65781
                L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

              « Je crois qu’il ne faut pas dédouaner, dans le livre
              comme ailleurs, le public de ses responsabilités
               »

              Tout à fait vrai ► mais je vais vous raconter quelque chose :
              Il y a très longtemps de ça, dans les années 80, j’ai été amené à participer à une sélection de Disques qui devaient figurer au Top-50....et si possible en très bonne place.

              C’est donc tout à fait en dilletante que je me suis retrouvé - avec une vingtaine d’autres - à constituer une plateforme d’appel téléphonique dans une grande société d’édition musicale...
              ....avec pour seule mission d’appeler un N° spécial et de voter pour tel disque - le même, toute la journée - en non-stop.

              J’ai du pour ma part voter 250 fois pour le même tube, les quotas exigibles étant déterminés par le budget PUB qui aura été investi par le promoteur du morceau de musique.

              Je ne me suis amusé à celà que pendant 48 h environ, davantage par curiosité (bien que rémunéré) qu’autre chose...
              ...et croyez moi, en 48 h, on apprends plein de trucs là-dessus !
               ; -))

        3 autres commentaires
    • Lairderien
      • Posté à 23h58 le 29/10/2011
      • Internaute 22751

      doublon

  • Cannibal Ferox-
    Cannibal Ferox-
    mangeur de chouineur
    • Posté à 20h45 le 29/10/2011
    • Internaute 159072
      mangeur de chouineur

    Et combien de mines réjouies le 24 décembre ? Un paquet sans doute.

    • pelicano
      pelicano répond à Cannibal Ferox-
      intermittent
      • Posté à 21h34 le 29/10/2011
      • Internaute 156246
        intermittent

      moi cette année pour noel, je vais offrir le dernier album d’ACCEPT, au moins les gens seront contents ; mais fait dire que j’ai pas de vieux dans mon entourage. Une tite écoute de temps en temps et ils sont contents pour l’année, pas d’arnaque.

  • A déménagé le 22-01-2013
    • Posté à 22h29 le 29/10/2011
    • Internaute 127750
      non connue

    Tiens moi aussi je vais faire de la copie (de moi même ça tombe bien :

    « il y a très longtemps, j’ai lu une critique sur un livre qui m’a donné envie de l’acheter et de le lire. il a fallu le commander et il semblait difficile de l’obtenir. Environ une semaine plus tard, il recevait le prix Goncourt et dés le lendemain il y en avait des piles chez les libraires avec le fameux petit bandeau rouge. Donc depuis je pense que oui il y a un important aspect commercial derrière le phénomène des Prix et de ce qui en fait des best sellers, que tout cela est largement pipoté.
    Je continue à n’acheter que les livres qui m’attirent et surtout je n’offre jamais le “ dernier Goncourt ” ni le “ dernier Donton Cause ” comme un parfum ou une boîte de chocolats. »

    • lonesome
      lonesome répond à A déménagé le 22-01-2013
      un parmi tant d'autres
      • Posté à 08h59 le 30/10/2011
      • Internaute 165032
        un parmi tant d'autres

      Le dernier Donton Cause était pas mal mais à mon humble avis ne mérite pas le Goncourt.

  • egide
    egide
    Littéral
    • Posté à 18h46 le 30/10/2011
    • Internaute 45067
      Littéral

    Les prix littéraires représentent vraiment l’un des aspects de l’étrangeté culturelle française. (Ne pas confondre avec l’exception culturelle, ce «  bâton merdeux  » qui fleure la décadence par trop d’outrecuidance).

    Est-ce le signe de l’audience de plus en plus faible des critiques littéraires dont on ne lit presque plus les articles dans les encarts dédiés à l’actualité de l’édition  ?

    Jamais les lecteurs ne se sont autant fiés aux choix des jurés de la petite dizaine de «  grands prix littéraires  ».

    Il faut savoir que près de 3000 jurys élisent un livre quelque part en France. Et qu’il n’y a plus de petits profits, tous les éditeurs courtisent les jurés pour faire obtenir la récompense à un de ses auteurs du moment.

    Quand au prix Goncourt, c’est le grand Conseil de la république des Lettres dont la capitale est St Germain-des-Prés, un petit quartier de Paris, quelques rues et quelques bouts d’avenues depuis l’église St-Germain jusqu’au quai rive gauche de la Seine.

    C qu’on appelle un «  gros lecteur  » en France lit au moins 12 livres par an, ceux primés et quelques nominés, le compte y est.
    Ce sont eux, ces lecteurs là, qui causent les dérives des prix littéraires, surtout les pires, celles des toutes dernières années.

    En effet, ces lecteurs là se rebiffent de plus en plus. Quand un livre primé ne leur plait pas, ils en achètent beaucoup moins. Plus, ils se plaignent, du moins ceux qui les représentent, ces quelques prescripteurs qu’on lit encore parce qu’ils flattent leurs goûts à ces Verdurin lecteurs chagrins qu’on n’ose plus prendre à rebrousse poil.

    Il en veulent pour leur argent, le livre et l’auteur primés doivent leur plaire à eux, et ils ont des exigences, de se divertir et de se faire mousser dans les dîners en ville, et donc la première est que l’ouvrage, le texte qualifié de littéraire, soit absolument lisible du premier mot jusqu’au dernier.

    Ne pas oublier que seulement les ouvrages dont on fait cas à la télévision intéressent ces lecteurs là.
    À quoi servirait-il de lire un livre dont personne n’a jamais entendu parler  ?
    Non seulement à rien mais, en plus, tout ce temps perdu à le lire  !

    Aussi même les auteurs difficiles doivent faire un effort pour avoir le prix que l’éditeur convoite, et qui fera de l’auteur difficile un grand auteur, même si, plus tard, on ne le lira plus, jusqu’à oublier son nom à la dame postérité.

    Du moins, quelques curieux, et tatillons, qui aiment aller au fond des choses, liront la listes des primés depuis l’origine de la première récompense.
    Y figurer donc est gage d’une certaine persistance, et pérennise la qualité d’écrivain si recherchée. Pensez aux ayants-droits  !

    Et aujourd’hui, il faut mettre beaucoup d’eau dans le vin de l’ivresse littéraire pour être non seulement lu, mais aussi et surtout, récompensé.

    Ah lecteurs, cette légion de traîtres pires que les traducteurs  !

  • kestucroa
    • Posté à 06h16 le 30/10/2011
    • Internaute 111844

    Ca va recommencer chaque année cette polémique ?
    Y a bien plus préoccupant dans la vie que la recherche d’équilibre promotionnel des éditeurs par un cénacle de vieilles biques.

    • A déménagé le 22-01-2013
      A déménagé le 22-01-2013 répond à kestucroa
      non connue
      • Posté à 14h06 le 30/10/2011
      • Internaute 127750
        non connue

      C’est comme ça : week end de 4 jours alors ce sera quéquette, Goncourt et marronniers. C’est ça ou « La belle histoire des chrysanthèmes à travers les ages » par tonton Haski et l’ensemble de la rédaction.

  • Jean gabin
    Jean gabin
    anarchiste d`appartement
    • Posté à 08h37 le 30/10/2011
    • Internaute 109903
      anarchiste d`appartement

    C`est la méme chose pour le ciné et le monde du spectacle , ou on voit toujours les mémes artistes a la télé assurait a chaque fois une promo intensive qui a forcément un impact sur le public .
    Quant au goncour si celà permet de faire lire au moins une fois par an des personnes qui habituellement ne touche pas un bouquin , c`est plutot une bonne chose !

  • Etienne63
    Etienne63
    Lecteur
    • Posté à 22h54 le 30/10/2011
    • 174668
      Lecteur

    Cet article ne serait-il pas le parfait exemple de ce que l’on appelle un « marronnier », c’est à dire une article saisonnier qui revient tous les ans à date fixe... C’est tellement éculé de critiquer les prix littéraires. Cela reste pourtant un des bons moyens de sélectionner les bons bouquins à lire, maintenant que les libraires se font rares...
    Si vous voulez changer cela, un seul moyen : acheter vos livres dans une librairie de quartier après avoir discuté avec le libraire, si vous avez la chance d’en avoir encore une. En tous cas, jamais sur le net !

  • Autruchette
    Autruchette
    Dieu est mort !
    • Posté à 11h22 le 31/10/2011
    • Internaute 134171
      Dieu est mort !

    Je suis peut-être conne, mais je n’ai jamais lu de prix Goncourt. Et pourtant, j’ai 2 à 3 livres à mon actif par semaine et ce, depuis des années. Le Goncourt, c’est comme les prix Nobel et les Légions d’honneur : à foutre à la poubelle. Ceci dit, je me trompe peut-être mais, plus de pub est faite autour d’un livre, moins je m’y colle.

  • Keloglan
    • Posté à 13h40 le 31/10/2011
    • Internaute 11536

    Courteline déjà, dans la revue Nos Loisirs (1906 ou 1907), racontait l’histoire d’un auteur qui, pour être assuré d’un Prix littéraire, devait supprimer un des jurés. Commence une chasse à l’homme. La chute : au dernier carrefour, le fiacre (saboté, si j’ai bon souvenir) du juré à abattre entre violemment en collision avec un autre fiacre. Hurlement de bonheur de l’auteur assuré de gagner son Prix. Puis hurlement de malheur du même auteur : dans l’autre fiacre se trouve son principal supporter, juré dans le même prix et gravement blessé, lui aussi...

  • C. Creseveur
    C. Creseveur
    D'actualité, de dessin surtout
    • Posté à 18h41 le 31/10/2011
    • Internaute 7715
      D'actualité, de dessin surtout

    Raphaël Sorin précise que le Goncourt a dégénéré dans les années 40 - 50, mais il faut rappeler, que déjà en son temps Proust l’avait obtenu en « flattant l’estomac des jurés » comme le signalait un journaliste de l’époque.

  • We want a shrubbery
    We want a shrubbery
    Fonctionnaire à chat. Ni!
    • Posté à 22h23 le 01/11/2011
    • Internaute 100046
      Fonctionnaire à chat. Ni!

    Le roman de Carole Martinez est certes publié chez Gallimard, mais il est vraiment très beau, ce serait bien qu’il ait le prix, ça permettrait à ceux qui achètent le Goncourt tous les ans (ce qui me fait penser à un chanson de Renaud...) de lire enfin quelque chose de bien. Déjà qu’ils vont échapper à Foenkinos....

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