Nabbu 28/10/2011 à 09h11

« On achète des best-sellers par suivisme ou snobisme intellectuel »

Nabbu"
Salomé Kiner | Journaliste

Professeur de droit public, Frédéric Rouvillois a rédigé une thèse sur la naissance de l’idée de progrès à la fin du XVIIe siècle. Depuis, ce mordu d’utopie s’est fait l’observateur amusé et amusant de nos mœurs particulières.

Dans des ouvrages à la fois rigoureux et originaux, il a passé au peigne fin nos usages du snobisme, de la politesse et de l’imposture, ce grand art français.

Sa dernière enquête, « Une histoire des best-sellers », décortique le phénomène par ses acteurs : l’objet-livre, l’auteur, et le lecteur. Chiffres, anecdotes et témoignages à l’appui, vous saurez tout des mystères du succès littéraire. Sauf la méthode, bien entendu.


Frédéric Rouvillois (Nabbu)

Votre « Histoire des best-sellers » n’est pas un essai à thèse : vous n’élaborez pas de mode d’emploi, vous ne jugez pas non plus de la portée de ce terme sur le contenu d’un ouvrage...

A l’origine, j’étais parti pour faire non seulement un essai à thèse, mais aussi à charge, contre le best-seller.

Je partais de l’optique classique française, celle de Flaubert et Sainte-Beuve, selon laquelle quantité et qualité ne feraient pas bon ménage. Par conséquent, l’ère du best-seller serait celle du déclin de la vie littéraire et de l’intelligence, remplacée par l’industrie du livre.

Je nourrissais particulièrement ce sentiment pendant toute la période de la sortie des tomes 4, 5 et 6 de « Harry Potter », mêlés aux « Da Vinci Code » et autres fantaisies de Dan Brown.

J’avais le sentiment d’une massification définitive des choses, et j’étais énervé par le fait que certains bons esprits (journalistes, écrivains, etc.) semblaient s’enthousiasmer pour la chose, affirmant que lorsqu’on lit « Harry Potter » à 12 ans, on lira Stendhal à 17 ans. C’est un raccourci rapide et pour le moins incertain.

Qu’est-ce qui vous a fait changer d’avis ?

De fil en aiguille, plus qu’une histoire du best-seller, c’est devenu une histoire du succès en littérature, et plus particulièrement de son mystère qui, sans qu’on sache très bien pourquoi, vient couronner des romans de gare, des choses très lamentables, autant que des chefs d’œuvre universels.

La seule chose qui les rapproche, ce n’est pas leur qualité, c’est leur chiffre de ventes.

Vous dites cependant que ces chiffres sont souvent faussés. Le best-seller serait-il une science inexacte ?

Il faut savoir que les chiffres sont très incertains : on a pris l’habitude de les truquer depuis le XIXe siècle, et on le fait de plus en plus systématiquement depuis que le chiffre de ventes est devenu un critère capital.

Il n’y a qu’à voir les bandeaux rouges sur les ouvrages : c’est redoutablement efficace !

On sait pourtant que les chiffres n’engagent en rien la qualité...

Ce n’est pas la qualité qui fait vendre. Dans le cas des best-sellers, les gens achètent par obligation, par suivisme ou par snobisme intellectuel.

On parle d’« alicaments » pour les produits qui sont supposés soigner autant que nourrir. De même, le best-seller peut être utilisé à ces fins : c’est une littérature de confort, qui permet de se sentir mieux, en s’assimilant à l’auteur ou au contenu.

C’est particulièrement vrai concernant l’envahissement de la littérature par les anges, et par une certaine spiritualité New Age de troisième ordre dont les débuts remonteraient plus ou moins à Paolo Coelho, et aujourd’hui repris par Marc Lévy et Musso.

Leurs histoires réconfortent, de la même façon qu’on lit son horoscope. Cela dit, ça n’a pas empêché certains très bons ouvrages de se vendre à la hauteur de leur mérite.

Tout dépend, selon vous, du succès ou non de la rencontre entre un livre et son lectorat ?

Oui, et c’est précisément cette rencontre qui reste mystérieuse : on ne sait jamais quand, pourquoi, ni comment cette rencontre va ou peut se faire. C’est d’ailleurs ce qui rend le métier d’éditeur aussi fascinant, et difficile. Même lorsqu’on prétend faire un best-seller, on n’est pas certain d’y arriver.

Je pense à Bernard Grasset autour des années 20 et à l’exemple de « Maria Chapdelaine », sur lequel je m’étends dans l’ouvrage.

C’est un ouvrage écrit en 1913 par un jeune auteur canadien, qui meurt accidentellement peu de temps après. Le roman est d’abord publié en France, en feuilleton, mais c’est la guerre, on pense à autre chose, et l’ouvrage passe inaperçu... Il reparaît au Canada en 1916 : zéro succès.

Bernard Grasset le lit début 1920 et décide de le publier, persuadé que le livre peut faire un énorme succès. Comment peut-il croire que le livre, qui a déjà fait deux flops, va marcher ? Après la guerre de surcroît !

Pourtant, « Maria Chapdelaine » va devenir une des plus grosses ventes mondiales du moment, avec un immense succès en France, mais aussi aux Etats-Unis, en Angleterre, en Allemagne, etc. Et ça le restera jusqu’aux années 50 et 60 ! Ce coup de maître ne l’empêchera pas d’en rater d’autres...

C’est la même chose de nos jours : Fixot ou Michel Lafon se trompent parfois, même si leurs pourcentages de succès de librairie sont plus importants qu’ailleurs, en particulier pour des raisons de rewriting très serré, de choix d’auteurs et de sujets ; bref, de marketing éditorial.

Fort heureusement, l’inverse est également vrai : il continue d’y avoir des ouvrages initialement publiés à compte d’auteurs, ou à très petits tirages, et qui deviennent des best-sellers, passant aisément le cap du million. Ce fut le cas des « Bienveillantes » et de « Millenium » : dans les mentalités générales, on croyait que le polar, plutôt destiné à des gens moins cultivés, plus pressés, ne pouvait pas séduire au-delà de 300 pages.

Doit-on opposer le best-seller, qui se ferait dans la rapidité, au chef-d’œuvre, qui s’inscrirait dans la longévité ?

Non, je pense que c’est une idée complètement fausse. Tout d’abord, cela supposerait une opposition entre best-seller et chef-d’œuvre, ce que je conteste formellement.

Je le pensais avant d’écrire ce livre, mais j’ai pu constater l’inverse : un grand nombre de chefs-d’œuvre immortels furent aussi des best-sellers immédiats. Ce fut le cas de « Don Quichotte », en 1605, très vite publié dans tout l’empire espagnol, puis au Pérou, à Anvers, au Portugal.

En 1610, à Paris, on crée un ballet sur le thème de Don Quichotte, dont la première partie sera traduite en français en 1612.

Comment distinguer, dès lors, au sein de la littérature industrielle, les « serial best-sellers » au succès garanti de livre en livre, comme San Antonio, Katherine Pancol ou Danielle Steel, mais qui racontent finalement toujours la même histoire, et la littérature de « création » ?

La littérature industrielle est en effet basée sur le principe rassurant consistant à toujours donner à son lectorat ce qu’il attend, ce qui ne le déroutera pas. Or, je pense que l’une des particularités de la littérature, c’est peut-être la possibilité d’une surprise.

Par exemple, pour prendre un serial-best seller francophone, Amélie Nothomb, on ne sait jamais très bien ce qu’elle va écrire. Tout le monde sait qu’elle va publier fin août, on connaît grosso modo la taille du bouquin mais, au fond, on ne sait jamais vraiment sur quoi elle va écrire.

Aux Etats-Unis, c’est pareil avec Stephen King : on sait que son prochain livre sera un succès, mais on ne sait pas à quoi il va s’attaquer ; il sait se renouveler, sur le fond et sur la forme.

Dans votre « Histoire des best-sellers », vous dites que l’essor du best-seller est intimement lié à la révolution industrielle. Pourquoi ?

Le best-seller s’est développé avec le progrès, c’est clair. Il y a une montée graduelle du XVIe au XIXe siècle, puis un décrochage spectaculaire au milieu du XIXe, qui se stabilisera avant une deuxième montée en puissance après la Seconde Guerre mondiale.

Ces accélérations se font d’une part pour des raisons romanesques, puisque c’est tout d’abord l’explosion du genre romanesque, qui fait augmenter la demande. Mais c’est surtout rendu possible par la technique : les progrès de la typographie, la fabrication de papier en continu, l’imprimerie à vapeur, les chemins de fer pour la distribution, etc.

Il y a enfin, et c’est non-négligeable, la professionnalisation du métier d’éditeur, qui n’est plus un libraire-éditeur, mais un industriel à part entière : c’est le cas de Louis Hachette et de Gallimard, plus tard.

Vous citez le critique E. Marsala, pour qui les best-sellers sont « le bras armé de la mondialisation. » L’augmentation des chiffres de vente est-elle le signe d’une massification des goûts, ou d’un appauvrissement de la diversité des productions ?

Je dirais oui en ce qui concerne les méga best-sellers contemporains. Les « Twilight », « Harry Potter » et autres m’inquiètent un peu. Ou plutôt, ce sont leurs lecteurs admiratifs qui m’inquiètent. Mais ça n’a pas toujours été le cas.

« Le Cid » de Corneille ou « Don Quichotte » dont j’ai déjà parlé étaient des best-sellers mondiaux, et d’excellents ouvrages.

La saison des prix littéraires est lancée. Quelle influence ont-ils sur la fabrique d’un best-seller ?

Ça dépend : aux Etats-Unis, les prix n’ont quasiment pas d’impact sur les chiffres de vente. En les étudiant, j’ai pu constater que depuis 1968, aucun ouvrage n’ayant gagné le Pulitzer n’a figuré sur la liste des dix meilleures ventes de l’année.

A l’inverse, en France, il n’y a pas un seul Goncourt qui n’ait pas figuré parmi les dix succès de l’année depuis la fin des années 20. Ce prix est une assurance sur le succès.

Oprah Winfrey a abandonné son émission en mai, et plus aucune émission littéraire française n’a le pouvoir de prescription qu’avait Bernard Pivot. Les réseaux sociaux vont-ils prendre le relais ?

C’est encore difficile à prédire. Les blogs – ceux d’un Pierre Assouline ou d’Elisabeth Lévy – ont eu leur petit effet, mais rien en comparaison de la télévision. Je connais mal Twitter, mais j’y vois une forme de bouche-à-oreille électronique, qui est un moyen d’information et de publicité ancestral et très efficace.

L’émergence du livre numérique va-t-elle changer la donne en matière de best-sellers ?

Il y a déjà des best-sellers numériques, avec des ouvrages ayant dépassé le million d’exemplaires vendus. Après, je pense – et j’espère ! – qu’il y aura toujours des éditeurs papiers pour fabriquer des livres, parce qu’il y a dans cet objet une jouissance esthétique des cinq sens que rien ne pourra remplacer.

Mais il n’est pas impensable que dans quelques années ou quelques décennies, l’ère des gigantesques best-sellers papiers se termine et devienne à son tour une espèce d’époque de dinosaures, à la manière du papyrus aujourd’hui. Auquel cas la lecture de masse n’aura été qu’une parenthèse historique.

Publié initialement sur
Nabbu
Infos pratiques
« Une histoire des best-sellers »
De Frédéric Rouvillois

Editions Flammarion, 346 pages, 19 euros

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  • 23 réactions
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  • FDCraie
    FDCraie
    Censuré.
    • Posté à 15h17 le 28/10/2011
    • Internaute 121689
      Censuré.

    « ’ère du best-seller serait celle du déclin de la vie littéraire et de l’intelligence, “

    J’ai toujours un peu de mal avec les notions de jugement qualitatif surtout lorsqu’il prend des faux airs d’élitisme.

    Considérer que les lecteurs de Rowling ou de Brown sont un déclin de l’intelligence c’est un peu insultant, surtout pour encenser Nothomb un peu plus loin.

    Bref, autant les éléments factuels ont l’air intéressants autant les jugements de valeur du bonhomme laissent perplexe.

    Mais ce n’est qu’un avis, le mien...

    • Frangipanier
      Frangipanier répond à FDCraie
      Plante verte, rouge et noire.
      • Posté à 17h53 le 28/10/2011
      • Internaute 106626
        Plante verte, rouge et noire.

      Ouais enfin quand on a lu un Musso, on peut se dire sans honte que c’est une sacrée bouse.

      Vocabulaire pauvre, scénario pauvre, personnages très pauvres, dialogues encore plus pauvres.

      Tout est d’une pauvreté affligeante.

  • Clarisse85
    Clarisse85
    étudiante
    • Posté à 15h52 le 28/10/2011
    • 174547
      étudiante

    Un avis que je partage complètement :), vous m’avez ôté les mots de la bouche !

    • FDCraie
      FDCraie répond à Clarisse85
      Censuré.
      • Posté à 16h09 le 28/10/2011
      • Internaute 121689
        Censuré.

      Toutes mes excuses ! :)

  • Sebek
    Sebek
    Assis debout
    • Posté à 16h22 le 28/10/2011
    • Internaute 148937
      Assis debout

    Il n’a pas tout à fait tort. Surtout quand on sait comment certains livres deviennent des best-sellers (par exemple, le Goncourt qui est sévèrement truqué, et dont les membres du jury ne lisent même pas les livres).

    Cependant, il ne faut pas faire l’erreur de croire que les best-sellers sont forcément lus par effet de mode. On peut très bien aimer un bouquin qui se vend. La littérature reste de l’art, les goûts et les couleurs ...

    Pour ma part, je lis rarement ces best-sellers, je préfère passer des heures à chercher le bouquin rare, la perle inconnue. Très cliché mais aussi gratifiant quand on a lu quelque chose de profond et qui sort des sentiers battus. Et puis, quel plaisir de découvrir les us et coutumes étrangers au détour d’un roman local bien écrit ..

  • A déménagé le 22-01-2013
    • Posté à 17h12 le 28/10/2011
    • Internaute 127750
      non connue

    « Ce n’est pas la qualité qui fait vendre. Dans le cas des best-sellers, les gens achètent par obligation, par suivisme ou par snobisme intellectuel. »
    ––––––––––––––––––––––––––––
    il y a très longtemps, j’ai lu une critique sur un livre qui m’a donné envie de l’acheter et de le lire. il a fallu le commander et il semblait difficile de l’obtenir. Environ une semaine plus tard, il recevait le prix Goncourt et dés le lendemain il y en avait des piles chez les libraires avec le fameux petit bandeau rouge. Donc depuis je pense que oui il y a un important aspect commercial derrière le phénomène des Prix et de ce qui en fait des best sellers, que tout cela est largement pipoté.
    Je continue à n’acheter que les livres qui m’attirent et surtout je n’offre jamais le « dernier Goncourt » ni le « dernier Donton Cause » comme un parfum ou une boîte de chocolats.

  • Frangipanier
    Frangipanier
    Plante verte, rouge et noire.
    • Posté à 17h58 le 28/10/2011
    • Internaute 106626
      Plante verte, rouge et noire.

    J’ai essayé une fois un best-seller. J’ai mouru.

    Cela dit, y’a best-seller et best-seller. Y’a Musso & Lévy, et y’a Rowling.

    Harry Potter, la vraie révélation : ’)

  • DiaboloSatanas
    DiaboloSatanas
    Fou du volant
    • Posté à 18h18 le 28/10/2011
    • Internaute 79165
      Fou du volant

    Un vrai snob ne les achete pas et ne les lit pas les best-sellers, justement.
    A la rigueur, il les reçoit en service de presse et les offres pour la tombola de son journal a destination du petit personnel..
    Ou alors il lit les épreuves non corrigées dans sa maison du Luberon pendant ses vacances..

  • rumpus
    rumpus
    friend/unfriend
    • Posté à 18h25 le 28/10/2011
    • Internaute 96441
      friend/unfriend

    « Dans le cas des best-sellers, les gens achètent par obligation, par suivisme ou par snobisme intellectuel. »
    Comprends pas.
    Je croyais que les snobs crachaient sur tout ce qui est populaire. Ou alors il y aurait un degré supplémentaire avec des gens qui snobent les snobs en prenant des poses populo ? Ah oui, il me semble avoir déjà vu ça dans les inrocks.

    • Sexus Empiricus
      Sexus Empiricus répond à rumpus
      • Posté à 18h42 le 28/10/2011
      • Internaute 6004

      Je ne sais plus qui définissait le snobisme comme les goûts des autres (de même que Raymond Aron disait que l’idéologie, « ce sont les idées des autres »).

  • Sexus Empiricus
    • Posté à 18h35 le 28/10/2011
    • Internaute 6004

    Bien entendu, best-seller (catégorie commerciale) et chef-d’oeuvre (catégorie esthétique) font deux, et se rejoignent rarement (on compte plus de best-sellers que de chefs-d’oeuvre). La vente n’a jamais prouvé la valeur d’un livre, tout au plus sa côte, à une certaine époque.

    « Dans le cas des best-sellers, les gens achètent par obligation, par suivisme ou par snobisme intellectuel. » La mode ? La publicité ? La marchandise de saison ?
    On pourrait ajouter aussi un sentiment de curiosité pour l’actuel : vouloir « vivre avec son temps » ou « être de son temps », ce n’est pas forcément du suivisme ou du snobisme, ou pas seulement du suivisme ou du snobisme.

  • blablax
    blablax
    Un peu tout
    • Posté à 18h36 le 28/10/2011
    • 174560
      Un peu tout

    Snobisme et imposture voilà qui décrit très bien ce Môssieur. On achète un livre parce qu’il nous tente et non pour ce faire bien voir... Ce cher Môssieur a selon moi mal dirigé sa thèse. Puis je suis entièrement d’accord avec sur ce qu’a dit FDCraie.

    Et en ce qui concerne la dernière partie de cette phrase :
     »... L’augmentation des chiffres de vente est-elle le signe d’une massification des goûts, ou d’un appauvrissement de la diversité des productions ? »
    Je dois dire que ça m’a bien fait rire, je ne connais pas Twiligth, mais Harry Potter et ce que j’ai justement apprécié avec Harry Potter c’est justement parce que c’était NOUVEAU, alors dire que c’est un appauvrissement de la diversité quand depuis Tolkien on avait pas vu ça je trouve que c’est sérieusement exagéré !
    Et ce qu’il dit sur les autres les autres journalistes par ce passage que je cite : « J’avais le sentiment d’une massification définitive des choses, et j’étais énervé par le fait que certains bons esprits (journalistes, écrivains, etc.) semblaient s’enthousiasmer pour la chose, affirmant que lorsqu’on lit “ Harry Potter ” à 12 ans, on lira Stendhal à 17 ans. C’est un raccourci rapide et pour le moins incertain. »
    Je confirme que cela peut être vrai sauf que pour la personne ce n’était pas Stendhal mais Zola et Jules Verne et en ce qui me concerne j’ai lu avant et après Harry Potter et d’aimer Harry Potter ne m’empêche absolument pas d’aimer le classique, le littéraire, ou encore le policier...
    Enfin bref, pour moi ce Môssieur est un peu le genre de personne qui veulent faire de leur cas des exemples à suivre. Le genre de personne qui pense, qu’ils sont les seuls à agir et penser avec raison.

  • Atlantis
    Atlantis
    Etudiant apolitique
    • Posté à 18h39 le 28/10/2011
    • Internaute 39710
      Etudiant apolitique

    Il y a un truc que je n’ai pas compris durant cette rentrée littéraire : comment l’immonde bouse de Murakami (1Q84) a-t-il pu devenir un best seller ? Sur le cout, je suis d’accord avec l’auteur, c’est sans doute le symbole d’un suivisme total...
    Mais bon, taper sur ce qui se vend bien, c’est un peu facile. Harry Potter, sans être un prélude à Stendhal (qui a sorti de pareilles stupidités ?), c’est tout de même le livre qui a fait découvrir la lecture à des milliers de gamins.

    • dmz
      dmz répond à Atlantis
      expat
      • Posté à 20h54 le 28/10/2011
      • Internaute 59103
        expat

      Je n’ai pas lu 1Q84, je vais le lire... ca sera peut-etre la premiere fois qu’un Murakami me decevra.

      • Atlantis
        Atlantis répond à dmz
        Etudiant apolitique
        • Posté à 21h37 le 28/10/2011
        • Internaute 39710
          Etudiant apolitique

        C’est le seul que j’ai lu de lui. Enfin, le premier tome, mais j’ai le deuxième en cours (histoire de pouvoir juger sur l’ensemble). Je trouve ça, très mal écrit, sans meme parler du scénario. Enfin, ce n’est qu’un point de vue.

  • boboétie
    • Posté à 18h40 le 28/10/2011
    • Internaute 2816

    On empruntait des livres.
    On achète des « best-sellers ».
    On... Non. No future, comme ils disent ?

  • Pas lolo
    Pas lolo
    fasciné
    • Posté à 20h25 le 28/10/2011
    • Internaute 29635
      fasciné

    Ben moi, j’achète que des best-sellers, puisque je banque que pour des poches.
    A part pour Ellroy, mais que les bests...

  • Patutiki
    Patutiki
    Je ne réponds pas aux trolls...
    • Posté à 01h40 le 29/10/2011
    • 172832
      Je ne réponds pas aux trolls...

    ( Note d’humour sérieuse ) Si la règle du best-seller systématique est peut-être une honte pour l’intelligence, il faut reconnaitre qu’il y a quand même des exceptions qui relèvent parfois grandement le niveau !

    M’est avis que certains succès littéraires ne devraient pas finir au bûcher !

    ( source de la photo : Lien )

  • Roblochon
    Roblochon
    Fromage
    • Posté à 02h09 le 29/10/2011
    • Internaute 134407
      Fromage

    « Or, je pense que l’une des particularités de la littérature, c’est peut-être la possibilité d’une surprise. (...) Par exemple, pour prendre un serial-best seller francophone, Amélie Nothomb, on ne sait jamais très bien ce qu’elle va écrire. »

    Je me suis arrêté ici. Ce monsieur est décidément sénile.

  • Sylvain7
    • Posté à 06h11 le 29/10/2011
    • 31797

    Totalement d’accord

  • Joël Clisson
    Joël Clisson
    Formateur
    • Posté à 08h39 le 29/10/2011
    • Internaute 116029
      Formateur

    Je me suis toujours demandé toujours si c’était bien payé de faire de grandes découvertes qui riment avec « enfoncer les portes ouvertes » ? ? ? ?

  • pemmore
    pemmore
    geek
    • Posté à 21h40 le 29/10/2011
    • Internaute 121073
      geek

    J’achète rarement un best seller (plutôt je l’’emprunte si on m’en dit du bien) ,pour moi un livre doit être à la littérature ce qu’est le vin d’Anjou au « pinard » un truc qui glisse et ne se coince pas dans gosier.
    J’ouvre un livre ,un peu n’importe lequel sur des critères sans logique et j’en lis 3 ou 4 pages ,en lecture transversale je lis à environ 160 pages à l’heure ,ça va vite et si ça me donne envie de continuer l’aventure je le met dans dans le panier.
    Un merci pour les hyper qui n’ont pas séparé la bouffe, la techno et l’intellect.
    Pour le numérique je vais voir ,s’il y a un youtube du book c’est ok.

  • opopop
    • Posté à 00h00 le 30/10/2011
    • Internaute 18034

    Jusqu’à mes 30 et quelques années, j’ai lu jusqu’à 40 ouvrages par mois.
    Tout, ou presque, ce qui me passait sous la main était lu. Rares étaient les livres que je ne terminais pas.
    Puis un jour, une formation professionnelle longue et douloureuse a eu raison de ma passion pour les livres. Depuis, plus un livre ne me tiens en main. Je ne dépasse plus les 30 pages. L’envie a disparue. L’amour de l’aventure rédigée n’est plus. L’angoisse de ne plus rien avoir à lire le lendemain, disparue également. J’ai aimé lire, profondément. Je ne suis jamais considéré comme un lecteur « supérieur », je lisais autant de la littérature classique que des polars de gare, des pavés comme des nouvelles, je ne faisais aucune collectionnite, ne considérais pas plus un lecteur qu’un autre, je lisais pour moi, tout simplement. Et je me noyais dans tous ces livres, me confondais avec les personnages, les auteurs.
    Rien d’exceptionnel en bref, j’étais comme tous les lecteurs, comme vous, j’aimais lire.
    Depuis 10 ans, plus un livre ne me captive, je passe devant les librairies comme une âme en peine. Je pleure mon plaisir disparu. J’ai bien essayé, persévéré aussi, lu les livres que mes amis me conseillaient, rien, rien, rien.
    La disparition de mon envie de lire me rend sincèrement malheureux.
    Alors si un best seller vous tente, si un auteur célèbre vous donne envie de lire son livre, achetez le sans honte, lisez le sur un banc à la vue de tous, celui qui vous jugera pour vos goûts de lecture est le dernier des ânes.

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