Revista de prensa 27/10/2011 à 14h12

Les Espagnols, cocus des accords de Bruxelles ?

Blandine Grosjean | Redchef adj Rue89

Les éditorialistes espagnols ont le sentiment que leur pays a été sacrifié sur l’autel du sauvetage grec. Pour le plus grand profit de l’Italie, et pour arranger les affaires de l’Allemagne et de la France.

« Les établissements bancaires espagnols sont les grands perdants », titre El Pais, premier quotidien de la péninsule :

« L’ensemble de la presse européenne souligne que nos banques ont besoin de 26 milliards, soit un quart du total des 106 milliards de recapitalisation prévue pour l’ensemble des banques européennes. Cette recapitalisation, initialement pensée pour faire face à la suspension de remboursement de la Grèce, finit par se retourner contre l’Espagne, alors que ses banques étaient les moins liées à la dette grecque. »

La France et l’Allemagne, qui sont les grands détenteurs de titres grecs s’en tirent, elles, « comme des fleurs » :

« Les grandes banques françaises et allemandes, se retrouvent à devoir lever moins de capitaux que les banques espagnoles ! »

L’Italie préservée pour le confort des « voyageurs de première classe »

« Tous [les leaders européens] ont une obsession : que le Titanic ne coule pas. Et tous savent que si l’Italie de Berlusconi s’enfonce, les voyageurs de première classe s’enfonceront avec elle », analyse le quotidien dans un autre article.

Dans ce sauvetage forcé de l’Italie, qui risque de laisser l’Espagne sur le carreau :

« C’est l’Allemagne qui décide du calendrier, des formes et des chiffres. La France suit, en essayant de mettre un peu d’humanité et de chaleur là où Berlin ne voit que bonimenteurs, gaspillage, indiscipline. »

L’Espagne, un exemple à suivre...

Sur son blog, Carlos Segovia, rédacteur en chef du quotidien de droite El Mundo, farouchement anti-Zapatero, se désole de l’abandon délibéré de l’Espagne par Merkel et Sarkozy :

« S’ils n’ont pas fait pression ces derniers jours sur Zapatero comme ils l’ont fait sur Berlusconi, ce n’est pas parce que la situation de l’Espagne ne les intéresse pas pour la stabilité de l’euro, mais parce qu’ils pensent qu’il n’y a plus rien à discuter avec lui. Ils attendent le changement de gouvernement [les élections espagnoles auront lieu le 20 novembre, ndlr]. C’est très regrettable. »

Et d’autant plus injuste que la chancelière Merkel, en personne, et devant le Bundestag, avait reconnu les immenses efforts consentis par l’Espagne, « un exemple du changement d’attitude nécessaire en Europe ».

Les Anglais confirment, on a bien oublié l’Espagne

La presse britannique a elle aussi le sentiment que les Espagnols sont victimes... de la faiblesse de l’économie italienne. Laurence Knight de la BBC analyse :

« Il semble que c’est l’Italie et non l’Espagne qui est désormais vue comme le principal candidat de cette contagion parmi les grandes économies européennes. »

Et donc comme le principal bénéficiaire possible du soutien européen.

Le Guardian ne dit pas autre chose :

« L’Italie est le nouveau mouton noir de l’Eurozone : l’Irlande est félicitée pour avoir recollé à nouveau son économie, l’Espagne a été en grande partie oubliée. »

Avec Emilie Brouze

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  • la choukette
    la choukette
    libre penseur si possible
    • Posté à 15h05 le 27/10/2011
    • Internaute 90914
      libre penseur si possible

    le plus dur ne sera pas l’atterrissage mais cette chute sans fin qui permet à la classe politique de faire passer tout et surtout n’importe quoi,

    la carotte grossi de jour en jour, à la fin nous finirons quand même comme un pays sous développé,

    cette lente agonie pour faire passer la pilule est pire que l’impasse où nous finirons quoi qu’il arrive

    tel le crabe que l’on plonge dans l’eau tiède pour finir par l’ébouillanter , tout cet enfumage ne sert qu’a endormir les consciences,

    le réveil sera dur pour certains, il n’y survivrons peut être même pas ...

  • miiichaaaeeel
    miiichaaaeeel
    Citoyen du Monde
    • Posté à 15h19 le 27/10/2011
    • Internaute 57747
      Citoyen du Monde

    Il faut aussi comprendre que la démocration en Espagne, quoiqu’on dise du cas Zapatero, est en bien meilleure santé. Alternance il y aura sans doute, mais l’Espagne a encore un gouvernement qui fonctionne (et qui fonctionnera après les élections).
    Le cas de l’Italie est bien plus grave : d’abord les soucis personnels de Berlusconi monopolisent l’attention du gouvernement et puis le système démocratique avec des coalitions hétéroclites et fragiles est instable.
    Il y a mon avis plus de souci à se faire sur le cas Berlusconi.

  • Charles Mouloud
    Charles Mouloud
    Bras gauche de la Vénus de (...)
    • Posté à 17h21 le 27/10/2011
    • Internaute 12542
      Bras gauche de la Vénus de (...)

    Nouvelle campagne de pub des banques espagnoles :
    « Tapas 100 balles ? »

  • EdkOb
    EdkOb
    la France d'après...
    • Posté à 18h16 le 27/10/2011
    • Internaute 85736
      la France d'après...

    Il faut humilier jusqu’à l’os les « socialistes » européens.
    Grèce, Espagne.

    Berlusconi a tellement rendu de si bons services.... loge P2, proxénétisme, mafia, extrême-droite.
    A ce titre l’Italie est LE laboratoire des nouvelles expérimentations post-libérales : un peuple rendu abruti par la télé (je ne développe pas, ni ne mets tous les italiens dans le même sac, mais la taille du sac est immense).

  • stamino
    • Posté à 18h16 le 27/10/2011
    • Internaute 81071

    C’est ce qui arrive quand on vote pour la gauche utopique.

  • alankin
    alankin
    peu importe
    • Posté à 19h22 le 27/10/2011
    • Internaute 140809
      peu importe

    Aberration consistant à renoncer au rôle de la monnaie via la BCE pour gérer cette crise financière et sociale
    1) on perd nos sous pour la Grèce
    2) on continue a emprunter plein pot sur les marchés
    3) on se met dans les pattes des chinois du brésil ou qui voudra bien.
    4) le FESF est trop maigre
    5) on perdra notre AAA...
    6) les taux longs français passeront de 3 à 6%
    donc on a creusé notre trou au bulldozer il n’y a donc pas que l’Espagne qui est victime, mais il faut bien comprendre qu’à partir de ce jour l’Europe prendra 10 ans pour s’en remettre, parce que quoi ?
    parce que nos h politiques franco allemands veulent passer les élections..

  • jmc06
    jmc06
    chasseur de gorille
    • Posté à 09h44 le 28/10/2011
    • Internaute 75030
      chasseur de gorille

    bruxelles ,la putain de Hu Jintao ?

  • Pierrrrre
    Pierrrrre
    → → → → → → → le marché autant (...)
    • Posté à 11h32 le 28/10/2011
    • Internaute 23078
      → → → → → → → le marché autant (...)

    « Les Espagnols, cocus des accords de Bruxelles ? »

    ► « Cocufiés¹ » surtout par leur gouvernance socialiste qui les a mis dans la panade,
    socialistes élus grâce à un attentat islamiste,
    et socialistes dont l’Espagne va se débarrasser à ses prochaines élections

    ¹ Cocufié = terme populiste repris du titre de l’article et destiné à affecter d’une connotation négative de rancœur et de tromperie,
    des décisions internationales pourtant conduites par le rationnel et la rigueur.

  • jmc06
    jmc06
    chasseur de gorille
    • Posté à 19h32 le 28/10/2011
    • Internaute 75030
      chasseur de gorille