Le 9-15 d'Arrêt sur images 19/10/2011 à 09h46

Notre pote Gilad Shalit : pourquoi cette liesse en France ?

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Daniel Schneidermann | Fondateur d'@rrêt sur images


Gilad Shalit et son père sur la base aérienne de Tel Nof en Israël, le 18 octobre 2011 (Ho New/Reuters)

Dissipons d’abord tout malentendu. Je suis content pour l’ex-otage Gilad Shalit. Vraiment content. Pour ses parents, pour ses frères, ses sœurs, ses cousines, sa petite amie, ses copains de foot, ses amis de Facebook.

Le héros de la fête, c’était Gilad

Je suis aussi heureux que tous mes confrères journalistes français, notamment des médias d’information continue, toute la journée de mardi, nous aient fait vivre, minute par minute, les étapes de la libération de l’ex-otage.

Il est arrivé en Egypte. Il est monté dans un hélico. Il est descendu de l’hélico. Il a revêtu l’uniforme israélien. Il est arrivé sur une base israélienne. Il a été accueilli par Netanyahu. Et voilà, ses parents sont là. Etc, etc.

On sentait bien qu’ils faisaient l’effort méritoire de traiter aussi le retour à Gaza des prisonniers palestiniens, histoire de ne pas se coller encore le CSA sur le dos, mais bon, le héros de la fête, c’était Gilad.

Ce n’était pas aussi haletant que la couverture live du voyage en monospace de François Hollande de chez lui jusqu’à la rue de Solférino, dimanche soir, sur BFM, mais quasiment.

Si profonde soit ma joie, il y a tout de même une bizarrerie, dans cette affaire. Gilad Shalit, dit-on, est franco-israélien. Dans franco-israélien, il y a franco, bien entendu. Sa mère étant française, le soldat a hérité de sa nationalité française. Il a même – rendez-vous compte – « regardé le Tour de France à la télévision » a répété l’ambassadeur de France en Israël, au comble de l’extase, devant tous les micros.

Mais dans franco-israélien, il y a aussi israélien. Shalit est né en Israël. Il y a toujours vécu. Il a été capturé sous l’uniforme israélien. C’est donc un événement de politique étrangère qui s’est déroulé mardi. Un événement peut-être important, concernant deux pays dont on peut penser ce que l’on veut – et Dieu sait que l’on pense des choses – mais dont aucun des deux n’est la France.

Pourquoi cette liesse nationale ?

Et voici donc le motif de mon incompréhension. Le système médiatique en général distingue deux types d’événements :

  • ceux qui concernent l’étranger (couverture sobre, neutre, distanciée, images d’agences) ;
  • et ceux qui concernent, de près ou de loin, la France (couverture intime, usage abondant des prénoms, témoignages récurrents des proches, etc).

Pourquoi les médias français ont-ils traité l’événement comme un événement national, comme un retour d’otages français ? En quoi la libération de Gilad Shalit – fort heureuse, répétons-le, aussi heureuse que celle de chacun des quelque 1 000 Palestiniens libérés en échange – mérite-t-elle d’être le sujet d’une liesse nationale ? C’est la question matinale de ce mercredi.

Publié initialement sur
Arretsurimages.net
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  • Mon-Al
    Mon-Al
    roturière : -)
    • Posté à 12h47 le 19/10/2011
    • Internaute 24219
      roturière : -)

    Nous sommes bien sûr ravis du retour de ce jeune homme après 5 années otage ...

    Mais il est curieux que nulle part sur la Rue, il n’est fait état de l’assassinat de notre autre otage : Marie Dedieu ! Car Marie Dedieu n’est pas n’importe qui : elle fut l’une des figures de proue des luttes des 70s pour les femmes : Lien ...

    Cette nouvelle m’attriste ... mais bien évidement, au niveau gouvernemental, tout le monde s’en fout : pas assez électoraliste.