17/10/2011 à 18h42

J'écris pour les profs qui pètent les plombs


Choquée par la mort de « la prof de maths qui s’est immolée », Prof Falbala – qui enseigne les lettres sur la Côte d’Azur – a envoyé cette tribune à Rue89.

J’écris de chez les profs qui croyaient au pouvoir de la littérature. J’écris pour celles les hystériques, celles qui pètent les plombs, qui savent pas « gérer les conflits », celles qui s’absentent parce qu’elles ne peuvent plus faire face à une situation d’hostilité larvée, celles qui restent fidèles au poste, regard éteint, rasant les murs.

J’écris d’un lieu où règne la peur

Celles qu’ont pas réussi à avoir des classes à faibles effectifs, celles qui n’ont pas le nouveau manuel adapté au nouveau programme parce qu’au lycée il n’y avait pas assez de crédits pour les acheter, celles qui officient dans des salles où ne peut pas pousser les murs, où il n’y a pas de rideaux pour faire le noir quand on passe un film, où il y a juste 35 chaises et 35 tables collées les unes contre les autres pour 35 élèves qui ont parfois la faiblesse de s’agiter et de bavarder.

J’écris d’un lieu où règne la peur, la peur de l’autre malveillant, et au lycée chacun a son autre, l’administration qui a peur de sa hiérarchie, les surveillants aux emplois précaires qui ont peur de l’administration, les profs qui ont peur des élèves, des parents, du regard des autres profs et les élèves eux, qui ont juste peur de rater leur vie.

Il ont peur de ne pas avoir accès au meilleur enseignement parce qu’ils n’ont pas eu la chance de naître dans les beaux quartiers, d’avoir des parents friqués qui pourraient les mettre dans le privé où les conditions d’enseignement sont un peu meilleures.

« Aux ouvriers de s’adapter aux boulons »

J’écris d’un lieu où se propage la rumeur malveillante contre tel prof ou tel élève, rendu responsable de toute cette pagaille – agité, dépressif, ennuyeux, paresseux, bavard, absent, « j’men-foutiste », agressif, bordélique, instable, provocateur, etc.

Un lieu où les inspecteurs, si par miracle ils viennent, regardent, avant d’inspecter, l’ancien rapport d’inspection, parce que comme ça ils ont déjà une idée et un jugement formés – c’est plus simple et puis il ne s’agit pas de contredire l’inspecteur précédent et d’ailleurs, le prof est d’abord :

  • une nature en général infantile (dixit les rapports, normal il n’a jamais quitté le cadre scolaire),
  • peu susceptible d’évoluer,
  • rangé dans des catégories – rayonnant ou pas, bordélisé ou pas, assidu ou pas, aux ordres ou pas.

Quand j’ai rencontré le médecin du rectorat à laquelle j’avais justifié mon désir d’obtenir un poste adapté parce que je n’en pouvais plus, elle m’avait expliqué que dans une usine, quand les boulons changeaient il fallait bien que les ouvriers s’adaptent aux nouveaux boulons et que dans l’enseignement, c’était pareil, il fallait s’adapter.

J’étais tellement sidérée que j’ai omis de lui demander qui étaient les boulons.

C’est beau un cours de littérature

Je trouve ça formidable qu’il y ait aussi des profs de lettres tranquilles, épanouis, qui savent captiver un auditoire de 35 élèves sur « Madame Bovary » en jonglant avec les consignes ministérielles :

  • « constitution et enrichissement d’une culture littéraire ouverte sur d’autres champs du savoir et sur la société » ;
  • « construction progressive de repères permettant une mise en perspective historique des œuvres littéraires » ;
  • « développement d’une conscience esthétique permettant d’apprécier les œuvres, d’analyser les émotions qu’elles procurent et d’en rendre compte à l’écrit comme à l’oral » ;
  • « étude continue de la langue comme instrument privilégié de la pensée, moyen d’exprimer ses sentiments et ses idées, lieu d’exercice de sa créativité et de son imagination ».

C’est beau un cours de littérature. Je me dis que les gens qui ont élaboré ces programmes, ça fait très longtemps qu’ils n’ont pas mis les pieds dans une classe.

« C’est une chaudasse, madame Bovary ? »

A la fin de la séquence « étude du roman réaliste », après une « lecture analytique » de « Madame Bovary » (étude des passages-clés) et visionnage du film de Claude Chabrol, j’ai obtenu des résultats assez encourageants finalement (j’ai réussi à cocher la case « culture littéraire ouverte sur d’autres champs du savoir et sur la société contemporaine ») :

« Ben m’d’am , en fait, c’est une chaudasse madame Bovary ?

– Ben oui, si vous voulez, on peut dire ça comme ça.’

Mais trêve de plaisanterie, en écrivant ces lignes, j’apprends que la prof de maths qui s’est immolée est morte.

Pourquoi l’administration s’est-elle obstinée à soutenir la thèse selon laquelle cette professeure était dépressive, contrairement aux affirmations de tous ses collègues ? Il ne s’agit plus du même registre. Silence.

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  • Craca
    Craca
    Arachnophobe
    • Posté à 18h54 le 17/10/2011
    • Internaute 132400
      Arachnophobe

    J’aurais bien voulu que vous écriviez aussi à ceux qui souffrent, ceux qui pètent les plombs, ceux qui rasent les murs le regard éteint. Enfin. Un homme est viril, il tient une classe par la seule présence de ses poils.

    • yrvan
      yrvan répond à Craca
      immorteldenature
      • Posté à 21h43 le 17/10/2011
      • Internaute 158856
        immorteldenature

      Paix à l’âme de cette femme qui s’est donné la mort.

      Les causes de la dégradation de l’enseignement public en France sont malheureusement simples et connues :

      1°- Le refus idéologique d’organiser une quelconque sélection dans les établissements, hormis quelques exceptions ciblées.
      A l’heure actuelle dans l’enseignement public en France, il est par exemple interdit de créer des classes de niveau. Les élèves brillants doivent donc supporter les élèves nuls et violents. C’est le principe de l’« égalité des chances »...et sans doute aussi, pourquoi pas ... des tempéraments. Alors qu’autrefois grâce aux options il était possible de sélectionner les élèves en fonction de leur choix de langue (par exemple Allemand 1ère langue/ ou russe/ou latin), c’est interdit de nos jours... On saupoudre donc dans les classes un peu de bons élèves avec beaucoup de moyens et pas mal de carrément retardés. (Je précise que la ’droite’ au pouvoir cautionne à 200% ce système).
      2°- Ce principe bidon d’« égalité » des chances » dissimule en fait un argument économique imparable : l’enseignement public(primaire-collège-lyçée) dit ’général’ ne coute pas cher. Cela coute bien moins cher par élève que de créer des écoles d’apprentissages spécifiques dès la classe de cinquième, comme autrefois, ou comme cela se pratique dans d’autres pays. Un atelier de formation en mécanique, plomberie, etc., cela revient par élève beaucoup plus cher...
      3°-La loi oblige en outre les établissement publics à accueillir les élèves violents qui ont été exclus dans d’autres établissements. Sans limitations du nombre d’exclusions. Ce n’est pas le cas pour le privé. Ces élèves évidemment empêchent leurs camarades de travailler.
      4°- Il est particulièrement mal vu pour les directeurs d’établissements scolaires publics de faire remonter dans les rectorats trop de cas d’indiscipline ou de violence. Cela montre que l’on est pas capable de ’tenir’ ses troupes. Pour pouvoir avancer dans ces carrières, il faut donc minimiser systématiquement voire nier ces problèmes d’élèves violents ou attardés ou inadaptés dans l’enseignement de type général. On y est pratiquement noté au nombre le moins élevé possible de conseil de discipline. Résultat, on ne vire presque pas, ou alors pour des cas très graves. Le quotidien des établissement scolaires en France est donc devenu invivable, d’abord à cause de l’absence de discipline organisée, pour des raisons autant idéologiques qu’économiques.

      L’idéologie démagogique d’une classe d’âge au niveau du bac est donc largement partagée par l’idéologie libérale qui ne voit dans chaque élève qu’un facteur coût. Le résultât est donc un pourrissement généralisé du système éducatif public.

      C’est un fait que tout le monde n’est pas capable de courir un 100m en dix secondes, ou de sauter en hauteur à 2m. Pourtant, les démagogues de l’« égalité des chances » n’ont jamais cherché à donner des cours de soutien ou de rattrapage aux élèves en difficulté en éducation physique ou en technologie, dite anciennement travaux-manuels. C’est un fait tout autant évident que les intellects ne sont pas égaux.

      Prétendre que ces phénomènes de violences dans les établissements scolaires relèvent du ’générationnel’ est absurde. En Corée, on a exactement le système inverse de la France : sélection hyper-stricte dès la maternelle. Résultat, ce sont les élèves qui se suicident. Il y a certainement la place pour davantage de sélection en France sans tomber dans de tels excès.

      • nemo3637
        nemo3637 répond à yrvan
        Déchoukeur
        • Posté à 00h18 le 18/10/2011
        • Internaute 44521
          Déchoukeur

        Et vlan ! C’est ce qu’il fallait dire....

         
        • lancetre
          lancetre répond à nemo3637
          • Posté à 22h19 le 18/10/2011
          • Internaute 18658

          • EdkOb
            EdkOb répond à lancetre
            • Posté à 22h46 le 18/10/2011
            • Internaute 85736
            • anini
              anini répond à EdkOb
              terrienne de souche !
              • Posté à 09h45 le 19/10/2011
              • Internaute 51759
                terrienne de souche !

              J’ai lu , je ne crois pas que tout le monde puisse décrypter .......

            • lancetre
              lancetre répond à EdkOb
              • Posté à 16h39 le 19/10/2011
              • Internaute 18658

              Le Monde Diplomatique est généralement mieux inspiré que dans cet article grotesque.

              Ce que vous tentez d’expliquer, si j’ai bien compris le message, c’est que la fille de Mohamed Cherif Adjani joue le premier rôle dans un film raciste ?

              Vous ne craignez pas le ridicule !

              Ce qui est paradoxal dans votre point de vue, c’est que vous glapissez à la stigmatisation, alors que ce que dénonce ce film, ce sont des comportements de type fasciste, que vous identifieriez comme tels, à bon droit, s’ils venaient de Blancs.

              Mais puisqu’ils sont Noirs ou Maghrébins, ils ont bien évidemment le droit de hurler en classe, de garder leur casquette sur la tête, d’’insulter les profs...Victimes de par leur naissance, ils ont tous les droits.Ce qui, soit dit au passage, ne serait toléré dans aucun Etat d’Afrique.

          • dzerjinski
            dzerjinski répond à lancetre
            « ne vous indignez pas, (...)
            • Posté à 14h54 le 19/10/2011
            • Internaute 162727
              « ne vous indignez pas, (...)

            Alors moi j’adore !
            Mais un beretta 92fs dans une école publique j’y crois pas
            Surtout comme elle le tient. Elle a le chien levé ! Dans le film je ne me souviens pas que quelqu’un a levé le chien... Mais peu importe Ce n’est pas comme cela que l’on règle les problèmes...
            Ou alors...

        5 autres commentaires
      • Squall Lionheart
        Squall Lionheart répond à yrvan
        Un message que les riverains (...)
        • Posté à 00h37 le 18/10/2011
        • Internaute 103509
          Un message que les riverains (...)

        Et on en fait quoi des élèves qui n’arrêtent pas de se faire virer, si on ne leur permet pas de rerentrer dans l’école ?

        Sinon pour la selection, on selectionne beaucoup très tôt, et finalement on se retrouve avec un manque de cadres et de chercheurs ?

        Dans votre commentaire, il n’y a absolument aucune remise en cause du nombre d’élèves par prof, dans beaucoup de pays, il y a 20-25 élèves par classe (je ne parle pas des pays du sud comme l’Italie ou l’Espagne ou des pays de l’est comme la Pologne).
        Aucune remise en question de la non formation des profs, avant il n’était formé que dans leur matière, on ne leur apprenait quasiment pas à la transmettre. Et maintenant avec les contractuels, ils ne sont même plus à l’aise dans leur matière.

        Le problème, c’est que pour que la France continue d’être une puissance économique honorable, on a besoin de beaucoup de gens qualifiés. Ben sinon on peut aussi avoir beaucoup d’ouvriers et peu de personnes qualifiées comme de nombreux pays non développés et régresser, c’est vrai qu’après tout ce n’est pas interdit.

      • SiDi
        SiDi répond à yrvan
        En état de choc
        • Posté à 01h33 le 18/10/2011
        • Internaute 24795
          En état de choc

        Tu me files la gerbe... ce ramassis idéologique comme quoi un gamin de 10 ans serait tout juste bon à apprendre comment visser des boulons quand un autre pourrait utiliser ses capacités intellectuelles... il n’y a aucun critère valable pour couper l’herbe sous le pied à un jeune qui a une chance de s’épanouir, sous prétexte que dans telle matière enseignée par telle personne avec telle méthode à tel moment de sa vie personnelle d’enfant, il a eu tel résultat. C’est con, et c’est à l’encontre de tout ce qui fait la vocation des enseignants de tous poils.

         
        • Xavtak
          Xavtak répond à SiDi
          Père de famille, bobo, parisien
          • Posté à 09h29 le 18/10/2011
          • Internaute 14855
            Père de famille, bobo, parisien

          Laisser à tous les gamins leur chance de s’épanouir, oui.
          Mais au bout d’un moment, il faut bien reconnaître que certains ne sont pas faits pour les études générales.
          À quoi cela sert-il de traîner un gamin de la 6è à la Terminale en lui faisant redoubler une classe sur deux ? Le seul résultat, c’est qu’il se sent exclu, rabaissé, et ne s’intéresse plus à une école qu’il juge comme n’étant pas faite pour lui. Avec les comportements afférents... Alors que si on trouvait rapidement une filière qui lui convienne (et qui ne soit pas stigmatisée comme « la filière des cancres » !), il pourrait s’épanouir. Pas forcément dans le vissage de boulons d’ailleurs ! Ça peut être de l’agricole, de l’associatif...

          Un tel aiguillage ne peut être qu’individualisé, et ne doit pas être fait pour faire rentrer l’enfant dans des cases préconçues. Ne serait-ce que parce que tous les jeunes ne vont pas faire leur puberté au même âge, et que mine de rien, cela influe énormément sur l’attention et l’attitude des jeunes !

          Alors évidemment, ce ne sont que des « y a qu’à ; faut qu’on »... Je n’ai pas de solution toute faite, mais reconnaître les problèmes est déjà un premier pas, non ?

          • Sébounet
            Sébounet répond à Xavtak
            Null
            • Posté à 09h24 le 19/10/2011
            • Internaute 131965
              Null

            Forcer 80 % d’une génération au bac est une connerie monumentale et il n’y a que nos politiques atteints de cécité mentale qui ne le voient pas. Mais l’aptitude à atteindre le bac n’a rien à voir avec une quelconque aptitude biologique, c’est en rapport avec l’environnement.

        2 autres commentaires
      • Sébounet
        Sébounet répond à yrvan
        Null
        • Posté à 09h46 le 18/10/2011
        • Internaute 131965
          Null

        Je suis à peu prés d’accord avec tout ce que tu as dit sauf :

        « C’est un fait que tout le monde n’est pas capable de courir un 100m en dix secondes, ou de sauter en hauteur à 2m. Pourtant, les démagogues de l’“ égalité des chances ” n’ont jamais cherché à donner des cours de soutien ou de rattrapage aux élèves en difficulté en éducation physique ou en technologie, dite anciennement travaux-manuels. C’est un fait tout autant évident que les intellects ne sont pas égaux. »

        Ça, j’y crois pas une seconde. Je crois à la valeur travail et à l’entrainement, pas aux aptitudes naturelles.

         
        • neutron
          neutron répond à Sébounet
          juriste
          • Posté à 09h47 le 18/10/2011
          • Expert 54951
            juriste

          J’aurais aimé partager votre critique, mais en étant totalement honnête, je pense qu’en effet, entre 15 et 20 ans, tous les élèves/étudiants ne sont pas égaux devant la matière scolaire.

          J’approche les 28 ans, je travaille depuis 4 ans et j’ai, depuis et en parallèle, été chargé de TD et enseigné à des jeunes de 18-20 ans.

          Je pense avoir suffisamment de recul personnel et d’observation sur mon entourage pour affirmer que certains captent l’enjeu et la méthode scolaires dès 16 ans, d’autres à 20 ans, d’autres à 22 et d’autres à 24.

          Je pense qu’il est inutile de forcer un élève qui n’a pas découvert le plaisir de la réflexion abstraite et de l’apprentissage à user son pantalon sur les bancs de l’école ou de la fac.

          Je ne pense pas d’ailleurs que le fait d’être passionné par les études à 18 ou 20 ans soit particulièrement normal ou sain.

          Tout le monde a la capacité de développer les mêmes aptitudes intellectuelles, mais pas selon le même parcours et au même rythme. Pas mal de mes amis en échec scolaire à 22 ans ont travaillé 2 ans avant de s’apercevoir qu’une orientation professionnelle, c’était pour la vie et que les études leur permettraient d’avoir plus de choix. Vers 24-25 ans, ils prennent sur eux de reprendre des études ambitieuses, avec un sérieux et un succès qui me sidèrent encore. Avant, ce n’était pas le moment.

          A l’inverse, mettez cette situation en perspective avec cet article paru sur Rue 89, à propos de cet ingénieur qui aurait voulu être boulanger « mais était bon en maths ». Il regrette tout autant le cantonnement dans une voie qu’il a subi trop jeune.

          Conclusion : sélection au lycée et (surtout) en fac ne sont pas de mauvaises choses en soi, A LA SEULE ET UNIQUE CONDITION de mettre en place un véritable système d’école de la deuxième chance pour permettre les reconversions.

          Il faut que l’on accepte le fait que la société est devenue suffisamment compliquée et que les parcours sont maintenant suffisamment chaotiques pour que l’on ne se forme plus entre 18 et 22 ans, mais entre 18 et 30 ans.

          A ce titre, c’est un des arguments qui me fait m’orienter vers un vote Eva Joly : un projet ambitieux et de bon sens d’un « crédit formation », c’est à dire un bon pour 5 années d’études (je crois que la durée est adaptable) avec allocation au niveau du SMIC, à utiliser selon les besoins, à n’importe quel âge.

          Ca me semble ambitieux et adapté à la situation actuelle.

          • Atila59
            Atila59 répond à neutron
            Néophyte
            • Posté à 09h04 le 19/10/2011
            • Internaute 167942
              Néophyte

            Merci pour cette brillante analyse

            Je plussois

        • Atila59
          Atila59 répond à Sébounet
          Néophyte
          • Posté à 09h58 le 18/10/2011
          • Internaute 167942
            Néophyte

          « Je crois à la valeur travail »

          Belle idéologie simpliste

          aujourd’hui, dans l’entreprise votre « Valeur travail » se réduit à des salarié payé au smic devant travailler comme des bêtes (en oubliant qu’ils sont des hommes avant tout) tout en faisant enrichir des patrons qui finissent par avoir l’argent nécessaire pour vivre 7 vies sans levée le petit doigt

          Il faut en finir avec cette valeur travail, le travail ne sert auà avoir l’argent pour vivre et rien d’autre

          Pour en revenir à l’école, l’école permet (ou devrait permettre) à chacun de s’épanouïr en fonction de ses envies, et ses potentialité et non faire du bourrage de crâne comme aujourd’hui (ce système mène à l’échec scolaire et le chômage TRES LONGUE durée)

          Pour en revenir avec le prof qui ont peur, sachez aussi qu’il a des élèves VICTIMES de l’éduc mais biensure il est plus facile de parler du jeune d’une autre manière

          • Sébounet
            Sébounet répond à Atila59
            Null
            • Posté à 11h42 le 18/10/2011
            • Internaute 131965
              Null

            On peut savoir pourquoi c’est simpliste ? Mon métier me plait et j’aime travailler. J’ai été élevé comme ça. Il y’a plein d’artisans, de personnes qui adorent leur boulot, comme certains profs ici même. Tout ne se réduit pas à la lutte des classes. Simpliste, toi même, va. ; -)))

            Je vais répondre, en haut, sitôt que j’ai une seconde et tu verras que nos points de vue ne sont pas si différents.

            • Atila59
              Atila59 répond à Sébounet
              Néophyte
              • Posté à 16h02 le 18/10/2011
              • Internaute 167942
                Néophyte

              Du calme... : D

              D’ailleurs tu réponds toi même
               » Mon métier me plait et j’aime travailler. »

              Ce que je veux dire, c’est que l’on ne peut pas simplement parler de « travail », il y a l’humain
              Tout le monde ne peut pas être ingénieur, ou docteur
              il faut aller en fonction de chaque élève et de leur potentialité, leur gout, les couleurs qui leurs sont propre.
              Voila ce que je dit, c’est pourquoi pour moi, le fait de dire que tous le monde peut tout faire et qu’il suffit de le vouloir et de « travailler » est très réducteur

              Les artisans, justement, font le métier qui LEUR plait, dans lequel ils peuvent s’épanouïre c’est pourquoi ils peuvent réussir. un élève qui vient en classe en trainant les pieds, pour aller dans un cours qui ne l’intéresse pas ou que certains ont réussis à l’en dégouter à vie, c’est une autre paire de manche

              J’ai fait une formation, il y a peu, dans cette formation il y avait des cours d’anglet, la première chose que nous a demander le formateur (par ailleurs enseignant en master), est « Est-ce quelqu’un parmi vous est allergique à l’anglet » car celons lui « La manière d’enseigner l’anglet est catastrophique »
              Je peux dire qu’il parlait très sérieusement.

              Rien à voir avec la lutte des classe : D

        • DIOPZO
          DIOPZO répond à Sébounet
          • Posté à 21h55 le 18/10/2011
          • Internaute 24613

          Le rythme cardiaque maximum d’un individu est déterminé génétiquement ; quel que soit l’entrainement subi, on ne pourra l’améliorer. La nature ne nous fait pas égaux. Mais comme nous avons besoin de nous rassurer, nous croyons dur comme fer que notre intellect n’est pas concerné par une quelconque limitation.

          • Sébounet
            Sébounet répond à DIOPZO
            Null
            • Posté à 10h44 le 19/10/2011
            • Internaute 131965
              Null

            Si il y’avait matière (et possibilité de le faire) je comparerais les rythmes cardiaques et irrigations de cerveau entre futurs cancres et bac +8 sur un panel d’enfants de 3 ans.

            La nature ne nous fait certes pas égaux mais l’inégalité supposée en face du cortex n’est certainement pas aussi grande. Faut arrêter de délirer.

        7 autres commentaires
      • EdkOb
        EdkOb répond à yrvan
        • Posté à 09h50 le 18/10/2011
        • Internaute 85736

        Quel fatras rance.

        ***Les élèves brillants doivent donc supporter les élèves nuls et violents***

        Déjà, ce tri sélectif d’un esprit étriqué qui condamne des élèves à ne rester que dans une case bien précise ET définitive est complètement FAUX.

        Les soi-disant élèves brillants ne le sont pas toujours, et les « nuls » changent, évoluent.

        Chez vous, c’est direct le goulag.
        Ou l’apprentissage, dès 12 ans.

        Selon l’adage « c’était mieux avant », qui n’est que « c’était vieux avant ».

        Ce sont toujours les mêmes qui iront en apprentissage, l’école s’est toujours bien arrangée avec les petits cons fils de bourges, dont les écarts sont tout aussi terribles mais toujours « pardonnés ».

         
        • Atila59
          Atila59 répond à EdkOb
          Néophyte
          • Posté à 10h02 le 18/10/2011
          • Internaute 167942
            Néophyte

          Les élèves NUL n’existent pas car cela reviens à dire que les dit élèves sont NUL en tout

          Ce n’est pas parce qu’un élève n’est pas bon scolairement qu’il ne peut pas exceller ailleurs

          • EdkOb
            EdkOb répond à Atila59
            • Posté à 22h54 le 18/10/2011
            • Internaute 85736

            Nous sommes d’accord.

            L’école devient l’outil de tri sélectif définitif, dès la maternelle, selon le bon vouloir des « élites » actuelles.

            Comment, dans ces conditions, donner des ailes à tous les mômes ?

        2 autres commentaires
      • dzerjinski
        dzerjinski répond à yrvan
        « ne vous indignez pas, (...)
        • Posté à 10h02 le 18/10/2011
        • Internaute 162727
          « ne vous indignez pas, (...)

        D’accord avec vous sur le diagnostic en général.Manque pourtant une réflexion sur les remèdes.
        1) la création de classes de niveau
        a) se fait implicitement d’abord de part le choix des sections ensuite des options dans les sections.
        b) l’expérience a montré que la seule création de classe de niveau avait plutôt tendance à faire régresser les plus faibles
        Par contre des effectifs plus restreints qui donnent plus de temps à l’enseignant et permettraient comme en Angleterre un soutien mais spontanée pas institutionnalisé des plus faibles par les plus forts...

        Pour le reste entièrement d’accord avec vous sur le fait que des intérêts idéologiques faussent le jeu en permanence et que les administrations doivent se soumettre ici comme ailleurs à l’absurde logique statistique.

        De fait, on fonctionne ici sur le même modèle que les marchés financiers. On se fout de la réalité pourvu que la logique calculante y trouve son compte.

      • Rom19b
        Rom19b répond à yrvan
         » Ce que nous faisons pour (...)
        • Posté à 10h24 le 18/10/2011
        • Internaute 171731
           » Ce que nous faisons pour (...)

        Plutôt que de chercher à Sanctionner un élève violent, qui ne s’adapte pas à l’école, ne faut il pas mieux chercher les raisons de cette inadaptation sociale ?
        Si on mettait à l’écart tout les jeunes qui font de mauvais choix sans leurs laisser la chance de faire le bon, la société n’évolura pas. C’est à cause au contraire de raisonnements à la con que tout va mal. Des gens qui portent toute la responsabilité de ce qui va mal sans jamais se remettre en question.

      • emiboot
        emiboot répond à yrvan
        Mammifère
        • Posté à 11h47 le 18/10/2011
        • Internaute 81944
          Mammifère

        1/ plusieurs études démontrent qu’à long terme, il vaut mieux mixer les niveaux (et c’est mon sentiments aussi). certes les meilleurs élèves progresse moins vite. Mais les moyens et les moins bons profitent beaucoup plus de l’ambiance de travail.
        1 bis/ tu oublies le biais INCROYABLE de la notation. Les notes sont souvent une pure vision de l’esprit, car si toute la classe avait le même niveau, il y aurait encore des profs pour les catégoriser en ’bons’, ’moyen’, ’passable’ (expérience déjà faite et concluante : on crée artificiellement des niveaux).
        1/ter : du coup tu prônes (pourquoi pas) une vision de l’école non égalitaire. Je préfèrerais une école égalitaire, surtout avant le lycée, où on se recentre sur le groupe plutôt que l’individu.
        2/ je plussoie. L’école de la 5ème repu EST inégalitaire, de plus en plus, et de plus en plus tôt. Et ton idée de classe ne niveau risque - à mon sens, j’me trompe peut être- de plomber encore un peu plus le système.
        3/ Pas si vrai et affirmation à priori. J’ai été dans un Lycée de petite ville de province en Midi Pyrénées, un lycée avec plus de 90% de réussite au bac et très peu de violence, qui accueillait tous le sans les ’ratés’ de Toulouse. en les éloignant de 200 bornes, bizarrement, ça clamait beaucoup leur ardeurs et surtout ça leur laissait une chance de se refaire une scolarité, des amis, un cercle plus vertueux quand dans leur bahut d’origine.
        4/ je ne savais pas, merci pour l’info/analyse.
        5/ le principe de sélection s’oppose à celui d’égalité, à moins qu’on induise des passerelles nombreuses entre les niveaux. Les problème de la sur-sélection, à termes, c’est que c’est mortifère pour une société de pousser à la fois la sélection si jeune et la spécialisation à outrance (2 philosophie très convergente hélas). Ou alors on crée clairement une école non égalitaire et on repense un programme. Mais les enfants n’ont pas à être ni des travailleurs en puissance, ni des adultes en puissance. Cette pression folle qu’on leur fait peser sur les épaules avant 16 ans ne se justifie pas aujourd’hui dans cette société, sinon par la pression des entreprises et du ’monde’ du travail, de la forme capitalistique et parasitaire qu’à adopté l’économie de marché au sens large.

         
        • hoihoi
          hoihoi répond à emiboot
          périphérique du clavier
          • Posté à 21h21 le 18/10/2011
          • Internaute 169612
            périphérique du clavier

          Je confirme le 1 bis/ J’ai même lu une statistique démontrant que toute les classes de France connaissaient la même répartition de notes, quelques soit le niveau de la classe ... En d’autres termes, il y a toujours le même nombre de bon, de moyen et de mauvais et cela dans toutes les classes... Ce qui est franchement improbable (voir impossible).

        1 autres commentaires
      • Herostrate
        Herostrate répond à yrvan
        mal barré...
        • Posté à 12h08 le 18/10/2011
        • Internaute 147050
          mal barré...

        Ce que vous dites se tient du point de vue de l’orientation professionnelle.

        Mais que faites vous du role de l’ecole primaire et secondaire - qui est aussi de former des citoyens, de leur fournir une culture generale qui leur permettra plus tard de penser un minimum par eux memes... ?

        Ou alors on classe aussi les citoyens par niveau de Alpha a Epsilon ? (ca vous rappelle pas quelque chose ca... ?)

        Tout le monde n’a pas les moyens de passer un doctorat (encore que...) mais tout le monde devrait avoir un minimum de culture - ou du moins avoir la chance de l’obtenir. Ca aiderait aussi a ce que certains n’aient pas « starac loto ou footballeur » comme plan de carriere (entre autres problemes relies a ca...).

         
        • ring de boxe
          ring de boxe répond à Herostrate
          jojo
          • Posté à 12h47 le 18/10/2011
          • Internaute 114594
            jojo

          Personnellement,

          S’ils avaient fait des classe part niveau...j’aurai jamais rencontré ma femme :)

        • Moby Dick37
          Moby Dick37 répond à Herostrate
          Se jouer des tempêtes ...
          • Posté à 09h47 le 19/10/2011
          • Internaute 114534
            Se jouer des tempêtes ...

          « qui est aussi de former des citoyens, de leur fournir une culture generale qui leur permettra plus tard de penser un minimum par eux memes... ? “
          Comment voulez-vous avoir de bons employés dociles qui accepterons des salaires de chinois parce que c’est la Loi Inéluctable du Saint Marché si vous formez des citoyens capables de penser .

        2 autres commentaires
      • Hyde
        Hyde répond à yrvan
        Etudiant
        • Posté à 14h29 le 18/10/2011
        • Internaute 158234
          Etudiant

        Pourquoi être aussi dur avec les gamins en difficulté ? J’ai l’impression de toujours devoir le rappeler quand on parle d’éducation, mais un élève bon à l’école n’est pas forcément intelligent, et vice-versa. Car l’essentiel des capacités requises à l’école sont des capacités de rétention d’informations. Certains sont doués pour ça, d’autres non. Tout votre raisonnement repose sur la séparation des élèves, comme si certains étaient simplement des gangrènes qui pourrissent les classes.
        Je me permet donc de rappeler un basique : l’école éduque. Au même titre que la famille, le corps enseignant est là pour donner une éducation aux élèves, et je parle pas d’une éducation uniquement culturelle, je parle aussi d’une éducation comportementale. L’école est l’endroit ou les jeunes vivent en société entre 2 et 18 ans, pensez-vous réellement qu’elle n’a aucun rôle à jouer dans la construction de la génération future ?

        Evidemment, tous les problèmes énoncés dans l’article sont réels. Mais votre commentaire constitue à mon avis une solution radicale et inutile, qui ne servira qu’à mettre encore plus au banc de la société des individus, dès leur plus jeune âge. La reproduction sociale est forte en France, et l’école est justement l’outil théoriquement présent pour lutter contre cette même reproduction (même si évidemment, c’est limité, elle reproduit plus les élites qu’autre chose).

        Rien n’est parfait, mais c’est pas une raison pour renoncer à toute éthique.

      • Julian Cerelil
        Julian Cerelil répond à yrvan
        • Posté à 16h56 le 18/10/2011
        • Internaute 116392

        « C’est peut-être » - Allain Leprest

         
        • dzerjinski
          dzerjinski répond à Julian Cerelil
          « ne vous indignez pas, (...)
          • Posté à 15h04 le 19/10/2011
          • Internaute 162727
            « ne vous indignez pas, (...)

          Bon désolé. Moi je n’aime pas, sans doute parce que j’ai un passé de metteur en scène cette prise de son du pianiste qui monte en ton et fait hurler le chanteur qui du coup n’a plus rien à dire . Alors je vois bien entendu la référence musicale mais sans la profondeur ni musicale ni du texte.

        1 autres commentaires
      • Theolegyptien
        Theolegyptien répond à yrvan
        jeune et déjà fatigué
        • Posté à 17h56 le 18/10/2011
        • Internaute 143982
          jeune et déjà fatigué

        Mon Dieu.
        Comment voulez-vous que les élèves se sentent bien si l’on instaure des classe de niveau ? C’est complètement crétin !
        C’est la meilleure solution pour stigmatiser les gamins dès la 5eme, entre « les cancres » qui finiront par couper des cheveux ou serrer des boulons ; « les moyens », inutiles ; et « les bons », future élite de la nation et seuls destinés aux études longues (et à la filière S, interdiction d’aller en STG !). Cela aboutira forcément à la constitution de groupes durs, de règlements de comptes entre les cancres et les génies...
        Par ailleurs la mixité des niveaux à souvent tendance à tirer les « moyens » vers le haut, car l’aide des « bons » est parfois complémentaire et plus accessible que celle de certains profs...
        De plus je ne pense pas que l’on puisse juger dès le collège le niveau que les élèves auront réellement dans X années... Des très bons baissent, et des moyens deviennent très bons entre la 5eme et la Terminale.
        Pas de sélection ! ! !
        Enfin, je trouve, comme squall lionheart, que vous n’abordez pas énormément de problèmes de l’éducation Nat. actuels...

      • hoihoi
        hoihoi répond à yrvan
        périphérique du clavier
        • Posté à 21h33 le 18/10/2011
        • Internaute 169612
          périphérique du clavier

        Si je vous suis, et par simple transposition de vos statistiques :
        « On saupoudre de bons professeur avec beaucoup de moyens et pas mal de carrément retardés »

        Le système éducatif est en panne, il ne vit pas avec son époque, il s’est replié sur lui même et la sacro-sainte exception culturelle française.
        De plus, « les chats ne font pas des chiens », donc les bons élèves ont des parents cultivés, et les mauvais... (suivez ma pensé) Résultat : panne d’ascenseur social.

        Incriminer les élèves, sans prendre en compte leurs véritables différences, me parait d’une grande malhonnêteté intellectuelle.
        Il faut dire que dans ce système, les professeurs ont été essentiellement de bons élèves (adapté au système). On ne peut attendre d’eux qu’ils comprennent les mauvais (inadapté au système).
        La solution de la sélection est extraordinaire, Les bons d’un côté, les mauvais d’un autre. Et les vaches seront bien gardées.

        Personnellement, je n’ai jamais vu de corps enseignant manifester pour une réforme du système éducatif, pour alléger des programmes dépassés et sans rapport avec ce que peuvent vivre les élèves dans la société. A médité, dans les années 50, le Latin était la discipline reine servant à sélectionner les futures élites intellectuelles (cela en dit long sur notre système éducatif).

        Quand au contenue et à la structure des programmes, c’est le zéro pointé. Les livres de mathématiques sont des collections de cours n’ayant aucun rapport les uns avec les autres (alors qu’en réalité, a travers l’histoire, cette discipline s’est construit de façon très cohérente).
        L’anglais est un autre exemple frappant, si l’enseignement de cette discipline s’est réellement améliorée (mondialisation oblige), les français sont longtemps restés très nuls en la matière.

        Si notre système scolaire est si bon, comment se fait il que deux patrons sur trois sont des autodidactes, la nullité scolaire mènerait elle à la réussite professionnelle ?

        Alors, les élèves sont tous moyen ou mauvais, soit, pourquoi pas... Mais tant que les enseignants seront d’anciens bons élèves ne remettant en doute ni contenue ni forme des programmes scolaires, pourquoi les choses changeraient elles ?

         
        • Balerin 1er
          Balerin 1er répond à hoihoi
          Professeur des écoles
          • Posté à 13h11 le 19/10/2011
          • Expert 136581
            Professeur des écoles

          Je suis un de ces enseignants « anciens bons élèves ».
          Je ne pense pas être un mauvais enseignant pour autant et j’avoue m’intéresser plus aux « mauvais » élèves qu’aux « brillants ».
          Cependant, je trouve effectivement dommage que le monde enseignant ne soit composé (presque) uniquement d’anciens bons élèves.
          Il me semble qu’un peu de mixité à ce niveau ne serait que profitable pour les enseignants, le système en général et, du coup, pour les élèves.

          Malheureusement, la masterisation que beaucoup d’enseignants ont dénoncée (vous savez, ces fameuses grêves !) n’a rien arrangé...

        1 autres commentaires
      • Balerin 1er
        Balerin 1er répond à yrvan
        Professeur des écoles
        • Posté à 12h51 le 19/10/2011
        • Expert 136581
          Professeur des écoles

        Contrairement aux idées reçues, le principe de sélection par les options n’est pas fait pour améliorer le système, mais, comme vous le dîtes très bien, protéger les élèves à vos yeux « brillants » des élèves « nuls et violents ».

        Cette sélection par les options protège en réalité les élèves dont les parents connaissent les rouages et astuces de ce système.
        J’ai vu des élèves très « brillants » faire anglais-espagnol parce que leurs parents n’étaient pas au fait de cette « astuce » et d’autres, loin d’être du même niveau, faire comme vous le conseillez et choisir des options « élitistes ».

        Le problème en France est cette conception élitiste de sélection.
        Les enfants (dès la maternelle maintenant sous la pression des parents) travaillent pour avoir une bonne note.
        Combien de « C’est noté, maître ? » ai-je entendus ?

        Le classement des systèmes éducatifs de l’OCDE donne raison à une école loin de toute pression de « la note ».
        Le meilleur système éducatif européen depuis plus de 10 ans (la Finlande) refuse la notation et, par là même, la sélection jusqu’au collège !

        En France, ils apprennent pour ... une note !
        En Finlande, ils apprennent pour ... apprendre !

        Concernant les élèves violents, les renvois, etc. il est normal que l’enseignement public soit contraint d’accueillir les élèves exclus d’autres établissements pour une raison très simple : l’instruction est obligatoire jusqu’à 16 ans.
        Cependant, l’idée d’intégrer ces élèves dans des établissements « spécialisés » afin, effectivement ,de protéger les autres élèves, mais surtout de permettre à ces élèves en grande difficulté d’espérer revenir sur « le droit chemin » est certainement à fouiller.
        Malheureusement, comme vous le dîtes, cela coûte cher ! Les suppressions de postes du RASED (enseignants spécialisés) montre bien que ce n’est pas l’idée suivie.

        Réformer l’éducation nationale, je suis pour !
        Mais avec une politique éducative, pas une politique ... économique !

  • setori
    setori
    retraité
    • Posté à 18h58 le 17/10/2011
    • Internaute 43503
      retraité

    J’ai passé 35 ans dans des établissements scolaires et j’ai cru finir moi aussi ,les pieds en avant...La société a évolué très vite dans plusieurs directions : gosses matures très tôt (les parents les associant intimement à la vie des adultes dès le berceau !),confrontation des cultures de plus en plus diverses ,nombreuses et parfois opposées ,violences de plus en plus présentes ,incivilités de la part de gens in civilisés,gethoisation des quartiers qui entrent en conflits pour un oui un non...La hiérarchie n’a rien fait pour préparer les enseignants à ces nouvelles conditions de vie dans les établissements .Pire ,elle a fait l’autruche et abdiqué depuis des lustres .Les larmes de crocodiles ne manquent pas dès qu’un drame se joue et comme il y en a TOUS les jours ,les lacrymales sont sollicitées..Je plains sincèrement mes collègues qui n’en peuvent plus de tenir le système à bout de bras : sont écrasés par l’ampleur de la tâche.Le redressement sera dur ,très dur...

    • Lucius Sergius
      Lucius Sergius répond à setori
      Citoyen
      • Posté à 23h35 le 17/10/2011
      • Internaute 28239
        Citoyen

      « La hiérarchie n’a rien fait pour préparer les enseignants à ces nouvelles conditions de vie dans les établissements . »

      Parce que c’est impossible de préparer quelqu’un à une situation inextricable et sans aucune issue. On préfère refiler le bâton merdeux l’air de rien...
      Et aussi parce que si on « prépare » en prévenant à l’avance des réalités, il n’y aura plus aucun candidat pour s’y frotter.
      C’est pratique, il ne faut pas chercher beaucoup plus loin, c’est comme ça et sera définitivement de plus en plus comme ça quelle que soit la tendance du ministère qui de toute façon ne voudra jamais entendre parler de problèmes, on a bien autre chose à y faire (carrière).
      Officiellement il n’y a que des monchérimoncoeurs qui sont forcément merveilleux et géniaux, même ceux qui bavent et ne savent pas aligner trois mots ayant un sens évident autre que l’insulte, et qu’il faut comprendre dans leur « révolte ». Quand il y a quelque chose qui ne va pas c’est nécessairement de la faute des profs qu’il faut alors éliminer d’une manière ou d’une autre (administrativement ou autrement), jamais de la faute des merveilleux monchérimoncoeurs ou des politiques débiles qui ont aussi mis les plus crasses et les plus malveillants au centre du système pour mieux le démolir...

      • chtluck
        chtluck répond à Lucius Sergius
        instituteur
        • Posté à 08h43 le 18/10/2011
        • 173794
          instituteur

        à Lucius Sergius
        C’est bien dit. Les français ont toujours eu la réputation d’être des batailleurs très politiques, très prompts à défendre leurs droits de travailleurs. Il n’y a pas longtemps il n’était pas rare de rencontrer des ouvriers érudits dans la rue. Pour les riches cette culture du combat chez le peuple à toujours été une épine plantée dans leurs têtes, donc un problème à résoudre, et vite ! La solution : évider les cerveaux
        de la jeunesse avec un pédagogisme bidon et crasse, d’apparence révolutionnaire bon genre. Forcément, préparer les enseignants à cet évidage et à ses ravages est impossible. Au Québec le Ministère de l’éducation à créer une compote similaire avec son cahot et sa violence ordinaire dans les écoles..L’évidage de cerveaux produit de la bonne chaire à canon....

         
        • soutenable lourdeur du néant
          • Posté à 14h57 le 19/10/2011
          • Internaute 134590

          euh... ben justement, je vis au Québec, et la situation y est bien moins préoccupante qu’en France. On entend pas, ici, parler de profs qui s’immolent, et un gamin qui insulte un adulte se voit en général remettre à sa place et comprend.

          C’est rare et choquant ici, la violence. Et quand je raconte ce que c’est que la réalité française (pas seulement dans les écoles, mais dans la rue ou au boulot aussi) : violence, machisme, abus physique, racisme ouvert et exacerbé, etc, les québécois n’en reviennent pas. Il faut comparer ce qui est comparable, et les réalités de ces deux pays est extrêmement différente.

        1 autres commentaires
      • setori
        setori répond à Lucius Sergius
        retraité
        • Posté à 12h24 le 18/10/2011
        • Internaute 43503
          retraité

        Non ,il peut y avoir des formations spécifiques pour faire face à ces situations .Il y en a bien pour les flics !

    • Lucius Sergius
      Lucius Sergius répond à setori
      Citoyen
      • Posté à 23h37 le 17/10/2011
      • Internaute 28239
        Citoyen

       ;

    • Lucius Sergius
      Lucius Sergius répond à setori
      Citoyen
      • Posté à 23h36 le 17/10/2011
      • Internaute 28239
        Citoyen

      Doublon

  • Cannibal Ferox-
    Cannibal Ferox-
    mangeur de chouineur
    • Posté à 19h02 le 17/10/2011
    • Internaute 159072
      mangeur de chouineur

    Personnellement, j’essaie d’oublier mon taf quand je sors du bahut, sinon, je flipperais pour plein de raisons, pas seulement d’ordre disciplinaire.

    Bon courage.

  • Roblochon
    Roblochon
    Fromage
    • Posté à 19h15 le 17/10/2011
    • Internaute 134407
      Fromage

    Et qui écrira une lettre pour les élèves qui pètent les plombs ? Qui s’immolent, s’écrasent des cigarettes sur les bras, quand ils ne se mutilent...
    Ils ne comptent pas ?
    OK...

    • lidiot du village-
      lidiot du village- répond à Roblochon
      imbécile heureux
      • Posté à 20h37 le 17/10/2011
      • Internaute 106647
        imbécile heureux

      Parler des problèmes des uns est-il forcément une manière d’éluder ceux des autres ?

      Je ne le pense pas, mais si vous tenez absolument à faire un match-du-camp-qui-souffre-le-plus, ça nous promet de belles envolées au firmament de la connerie humaine.

      • marabbeh
        marabbeh répond à lidiot du village-
        au comptoir du café du commerce
        • Posté à 22h47 le 17/10/2011
        • Internaute 20412
          au comptoir du café du commerce

        Que ces choses-là sont bien dites !

      • nemo3637
        nemo3637 répond à lidiot du village-
        Déchoukeur
        • Posté à 00h21 le 18/10/2011
        • Internaute 44521
          Déchoukeur

        C’est dans une série avec Monk que celui-ci participe à un concours du plus malheureux...
        Les profs et les élèves souffrent comme tout le monde dans cette p.. de société.

      • chtluck
        chtluck répond à lidiot du village-
        instituteur
        • Posté à 08h51 le 18/10/2011
        • 173794
          instituteur

        Merci pour votre sens de l’humour savoureux, j’ai besoin de rire en ces jours sinistres.....

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