Copwatch, le site anti-flics, va être bloqué
En référé, le tribunal de grande instance de Paris a prononcé le blocage du site Copwatchnord-Idf.org. Le ministre de l’Intérieur avait demandé un filtrage ciblé à quelques URL, mais la mesure a été jugée trop complexe et le tribunal a opté pour un blocage total. Rappel des faits.
Fin septembre apparaissait sur la Toile Copwatchnord-Idf, un site à la rhétorique violente, destiné à recueillir photos et informations personnelles de policiers du Nord et d’Ile-de-France et à documenter leurs bavures.
Directement inspirés du « copwatching », une pratique répandue aux Etats-Unis, certains de ses articles ont convaincu la Place Beauvau de porter l’affaire devant la justice.
« Fosse commune de l’humanité, charnier de l’évolution »
Pour le ministère, le site se rend coupable de diffamation, notamment en qualifiant la police de « fosse commune de l’humanité » ou de « charnier de l’évolution », et « met en péril la sécurité des agents de police dont les photographies ont été diffusées ».
Les « copwatchers » ont pris soin de camoufler leurs traces : les avocats du ministère ont affirmé qu’il était impossible de remonter directement jusqu’à eux ou jusqu’à leur hébergeur.
Le 7 octobre dernier, le ministre de l’Intérieur Claude Guéant a donc choisi de contourner le problème en déposant un référé contre six fournisseurs d’accès à Internet (FAI) à qui il a demandé non pas de bloquer en intégralité l’accès au site, mais de filtrer onze URL incriminées et de les rendre inaccessibles à leurs clients. (Voir l’assignation en intégralité, que s’est procuré le site PCInpact)
Un obstacle technique de taille
La connexion à Copwatch se fait en « https » : les communications entre le serveur où est hébergé le site et l’ordinateur de l’internaute sont cryptées.
Les FAI (Free, Orange, SFR, Bouygues, Numéricable et Darty) ont expliqué à l’audience, qui s’est tenue mercredi, qu’il leur était impossible de procéder au filtrage dans ces conditions. Ils ont souligné qu’ils ne disposaient pas des techniques de DPI, nécessaires pour inspecter le contenu des connexions.
Ils ont également demandé à être dédommagés des coûts afférents au filtrage, si besoin en passant par la case de la question prioritaire de constitutionnalité.
Les avocats du ministère ont balayé l’argument de l’infaisabilité technique et maintenu leur demande de filtrage. A rebours de l’avis du parquet :
« Il faut que la mesure soit efficace, les difficultés [techniques, ndlr] ne peuvent être rejetées d’un revers de manche. »
La solution : le blocage total
C’est donc finalement la solution du blocage qui a été retenue. Les FAI seront dédommagés, contrairement à ce qu’avait demandé le ministère. La décision du tribunal n’empêchera pas la consultation du site. En effet, des dizaines de sites « miroirs » avaient été créés.
Cette décision en référé est valable jusqu’à ce que la justice se prononce à nouveau sur le cas Copwatch. Deux plaintes ont en effet été déposées par Claude Guéant il y a quelques jours :
- l’une pour « diffamation publique envers un fonctionnaire de police » ;
- la seconde pour « diffamation publique de l’administration ».
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Sur Rue89Copwatch : Guéant en mauvaise posture au tribunal - Sur owni.frLes paparazzis de la police
- Sur telerama.frCopwatch, le site que le ministre de l'Intérieur veut faire interdire
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Informaticien
Informaticien
Ce qui est quand même assez désolant dans l’histoire, c’est s’obstiner à vouloir filtrer à tout prix et par n’importe quel moyen technique que ce soit ...
Si on fait l’analogie avec le courrier postal, c’est comme si on demandait à la poste d’ouvrir toutes les lettres qui circulent dans son réseau de distribution pour vérifier qu’il n’y a rien d’illégal dans les correspondances. On se rend bien compte que c’est très difficile (pour ne pas dire impossible), d’autant plus sans compensation financière pour les moyens qu’il va falloir mettre en œuvre ...
Techniquement on peut faire beaucoup de choses, dans la pratique il faut encore qu’il y ait un réel intérêt (qu’il n’y ait pas de contournement possible) et que la demande soit encore réellement censée.
On à jamais demandé à la poste d’ouvrir tous les colis qui transitent pour savoir si jamais il n’y a pas des stupéfiants à l’intérieur, par contre on arrête les auteurs des trafics ...
Si légalement on à du mal à faire fermer un site jugé illégal, il faut que le législateur se mette au travail, pas que l’on compense ça par une démarche totalement inadaptée à la réalité de ce qui peut se faire aujourd’hui sur internet : un FAI transporte des données d’un point A à un point B et c’est à peu pres tout ce qu’on lui demande.




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