Pas de coups bas : le débat des « impétrants », ce mercredi soir sur France 2, est resté digne. Aubry a joué l’expérience, Hollande s’est posé en rassembleur.

Montage de captures d’écran de Martine Aubry et François Hollande sur France 2 ce mercredi soir (Leonardo da Cerdan/Rue89)
- Des airs de disputes familiales
- La baston
- Points Montebourg : Aubry 8 - Hollande 7
- Points Sarkozy : Aubry 7 - Hollande 6
- Points Royal : Aubry 2 - Hollande 3
- La soirée vue de Twitter
Martine Aubry a surpris nombre de télespectateurs en déclarant, dans le fil du débat : « Les Français ont l’impression que les politiques veulent les “empapaouter”. » Le mot vient de l’occitan « empapautar » qui signifierait selon certains dictionnaires « rouler », « arnaquer ». On en restera là. Que les esprits mal tournés (par derrière par exemple) se taisent.
Ce n’est pas la première fois que le terme est utilisé dans le vocabulaire politique. En janvier 2007, Jack Lang, alors conseiller spécial de Ségolène Royal, avait déclaré sur France Inter : « Va-t-on continuer à se laisser empapaouter, gruger par un monsieur Sarkozy qui en vérité souhaite faire de notre pays un champ d’expérience à l’ultralibéralisme et à l’atlantisme ? »
Les deux « impétrants “ finalistes de la primaire ont marqué quelques désaccords, mais sans grande agressivité. Le tutoiement rappelait les disputes familiales policées.
Martine Aubry et François Hollande sont d’accord sur l’essentiel :
- ils sont contre le protectionnisme cher à Montebourg, mais favorable au ‘juste échange’ (une sorte de protectionnisme light) ;
- ils sont pour une Europe confédérale, mais avec de nouveaux abandons de souveraineté (au sein d’un premier cercle de pays, selon la version de Hollande) ;
- ils sont désormais d’accord sur la nécessité d’interdire le cumul des mandats de parlementaire et d’exécutif local.
Pas grand-chose les distingue sur le fond : la façon de réduire le déficit (objectifs chiffrés à cinq ans, selon Hollande ; souplesse selon Aubry) et la façon de réformer l’éducation.
Quels messages ont-il passé ? Aubry a insisté sur sa ‘clarté’ et son ‘expérience’, une façon de pointer les deux faiblesses de son rival. Hollande s’est vendu sur sa capacité à ‘rassembler’ (et donc de gagner l’élection).
Elle parlait avec précision, stylo à la main, des dossiers ; il enchaînait les formules ciselées (‘Je suis pour une économie ouverte, pas une économe offerte’... ‘Nicolas Sarkozy avait parlé d’une République irréprochable, il a fait une République irresponsable’...).
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