L'appli Android « Mon fils est-il gay ? » choque aussi l'Amérique
« Croyez-le ou pas. C’est vrai », hallucine la journaliste américaine. Après avoir provoqué de nombreuses réactions en France, la version anglaise de l’application pour Android « Mon fils est-il gay ? » fait débat aux Etats-Unis, comme sur les plateaux des chaînes CNN ou ABC.
Au départ commercialisée par Android Market, elle a été conçue par Christophe de Baran via un éditeur français, « Emmène-moi ». L’application propose de tester le risque d’homosexualité de sa progéniture en répondant à 20 questions. Extraits :
- « Aime-t-il bien s’habiller, fait-il très attention à ses tenues et aux marques ? »
- « Aime-t-il le football ? »
- « Est-il fan des chanteuses divas (Dalida, Mylène Farmer...) ? »
- « Vous posez-vous des questions sur l’orientation sexuelle de votre fils ? »
- « Dans ses relations familiales, dénote-t-on une certaine absence du père ? »
Sur CNN : « Il n’y a rien de drôle »
Jeudi, CNN a consacré un sujet intitulé « Polémique dans la communauté gay » sur l’application anglaise « Is your son gay ? ». Corey Johnson de Glaad (Alliance gay et lesbienne contre la diffamation) répond aux questions de la journaliste :
« Malheureusement, il n’y a rien de drôle sur cette application qui banalise inutilement et encourage des stéréotypes dépassés [...].
On espère que cette application sera retirée [...]. Il y a eu des progrès significatifs pour les gays et lesbiennes américains et une telle application n’a pas sa place. » (Voir la vidéo en anglais)
Sur ABC : « So stupid »
Sur le plateau de « The Views », sur ABC, les chroniqueuses parlent aussi de « stéréotypes ». L’une s’exclame, avant de lire quelques questions de l’application :
« Cela me rend furieuse [...]. Ce qui m’ennuie le plus, c’est que ces vieux clichés renvoient à la faute des parents. »
« So stupid », commente une femme autour de la table. Une autre prend la parole pour avancer, quand même, que ce type d’application peut aussi permettre d’entamer le dialogue dans les familles. (Voir la vidéo en anglais)
« Cette application a été créée par des homosexuels »
Sur CNN, Christophe de Baran, le créateur français de l’application se justifie. Il l’avait fait mots pour mots de la même manière, dans un e-mail adressé à Rue89 :
« Cette application a été conçue avec une approche ludique. Elle ne s’appuie sur aucune démarche scientifique. Elle part du principe que certains comportements, certains contextes sociaux et familiaux peuvent parfois être déterminants ou révélateurs d’une homosexualité cachée, ou non.
Les questions que je voudrais poser sont les suivantes : en quoi serait-ce grave qu’une mère veuille savoir si son fils est gay ? En quoi serait-ce grave qu’il le soit ? Si la réponse est en rien, alors cette application ne devrait pas déranger. Et pourtant...
Le seul objectif est de dédramatiser la situation et d’aider les mères à accepter l’homosexualité de leur fils. »
Christophe de Baran est aussi l’auteur d’un roman « La Raison du cœur » qui raconte la rencontre et l’attirance, en Corse, de Christophe... pour Romain. Il ajoute :
« Cette application créée par des homosexuels a l’avantage de relancer le débat. Elle joue à l’avocat du diable, elle dérange pour mieux faire avancer la lutte contre l’homophobie. Enfin, elle annonce la sortie du livre où l’on verra que ces questions ne sont ni discriminatoires, ni des clichés, ni forcement idiotes. »
Une action en justice
L’association Refuge envisage une action en justice contre la version française. Elle a chargé son avocat, Charles Bernier, d’examiner les éventuels recours civils et pénaux contre le créateur ou le support de l’application. Il explique :
« Il y a plusieurs problèmes. L’application révèle quelque chose de vrai ou de faux sans accompagnement : on ne maîtrise pas le danger qu’elle peut représenter. D’autre part, la réponse donnée présente l’homosexualité comme négative. »
Refuge n’a pour l’instant pas engagé de procédures.
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Twitter @srgvlt
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Il y a a quelques jour cette application était n°1 sur le marché Androïd dans sa catégorie.
Rien ne le justifiait apparemment : par rapport aux n°2, 3, etc., très peu de téléchargements (100+) et un classement moyen (3 étoiles sur 5, actuellement 2). Les commentaires se focalisent surtout autour de la censure et avant tout du scandale.
Un commentaire qui me fait comme un léger malaise avant de me faire rire : « C’est un scandale il faut laisser aux enfants le temps de s’accepter et le dire aux parents. En plus c’est juste une succession de clichés. » Extraordinaire ! Merci Kevin (il a donné la plus mauvaise note).
Peut-être est-ce le nombre de clics sur la présentation de l’application qui détermine son classement sur le marché ? Combien de journalistes l’ont fait ? Et de lecteurs comme moi ? Auquel cas on retrouve cette bonne vieille loi en la matière : en dire du mal ou en dire du bien revient en mal, puisque la différence s’établit sur le fait d’en parler ou pas.




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