Gaël Morel : « Je sais que je vais me faire allumer »
Gaël Morel est un garçon cérébral et distant. Au café, il garde cet air un peu renfrogné qu’il avait à 18 ans alors qu’il jouait dans « Les Roseaux sauvages ». Une vingtaine d’années ont passé depuis. Aujourd’hui, Gaël Morel sort « Notre Paradis », un film puissant sur le vieillissement et la prostitution masculine.
La face sombre de l’homosexualité
Qu’on ne vienne pas dire à Gaël Morel qu’il fait des films sur l’homosexualité : « Pour moi ce n’est pas un sujet. » Il préfère se définir comme « un cinéaste indépendant » :
« C’est un mot qu’on emploie à tort et à travers. Mais moi, c’est vrai que je n’ai jamais rien lâché de ce que j’ai voulu faire. »
Le cinéaste milite contre ce qu’il appelle une « représentation fascisante de l’homosexualité » :
« Je pense que je défends mieux la cause en montrant qu’il y a aussi une face sombre dans l’amour entre garçons. »
Il ne regrette pas de ne pas faire de films plus grand public mais fait attention à ne pas « ennuyer les gens ».
« Je pense que si un adolescent voit ce film-là, ça pourra lui rendre le cinéma un peu plus excitant que les robinets d’eau tiède que l’on peut voir à la télé. »
Une adolescence cinéphile
Gaël Morel a passé son adolescence dans la banlieue lyonnaise, dans une famille nombreuse, ouvrière.
« Le cinéma était quelque chose de sacré. On y avait droit comme une récompense quand on avait un bon trimestre. »
A 18 ans, il rencontre André Téchiné, qui lui propose le rôle de François dans « Les Roseaux sauvages ».
« André, ce qui le fascinait, c’était ma cinéphilie. Il ne voulait pas d’un acteur. Il disait que jouer la passion du cinéma n’était pas possible. »
A 19 ans, Gaël Morel a un choc en voyant « Les Nuits fauves » :
« Je voyais à l’écran des choses que je fantasmais. Je me suis rendu compte qu’on pouvait filmer des choses intimes. »
Il tourne dans la foulée son premier long-métrage, « A toute vitesse ». Il se souvient d’un tournage « hyper joyeux ».
Trouver une forme classique
Aujourd’hui, Gaël Morel cherche à atteindre ce qu’il appelle « une forme classique » :
« Pour moi, la maturité d’un cinéaste, c’est de trouver un langage personnel mais presque invisible, une sorte de légèreté sans tics. »
Avec la sortie de « Notre paradis », son cinquième long-métrage, Gaël Morel confie dans un haussement d’épaule :
« Je sais que je vais me faire allumer. Les gens sont choqués pour un rien. »
Mais le cinéaste s’en moque. On est indépendant ou on ne l’est pas.
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Aboyeur
Aboyeur
« ’il y a aussi une face sombre dans l’amour entre garçons. »
les mecs, on avait dit qu’on parlait pas de cul cette fois ci !




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