Décryptage 26/09/2011 à 10h55

Comment Munch s'est caché dans sa « Nuit étoilée »

Gaspard Dhellemmes | Journaliste


« La Nuit étoilée », d’Edvard Munch.

Angela Lampe, commissaire de l’exposition « Edvard Munch, l’œil moderne » présentée au Centre Pompidou, à Paris, jusqu’au 9 janvier, décrypte l’un des tableaux les plus célèbres de l’artiste, « Nuit étoilée ».

Un autoportrait caché dans une ombre

« La peinture évoque dans sa partie supérieure une toile de Van Gogh, “La Nuit étoilée”, qui se trouve au Moma [le Museum of Modern Arts, à New York, ndlr], et que Munch a pu voir à Paris dans les galeries au début des années 80-90.

En bas, il y a un profil, et ce profil c’est Edvard Munch. C’est un autoportrait caché. On trouve ça dans quelques photographies de l’exposition, ça lui permet de laisser une trace, de signer son œuvre grâce à son ombre. »

L’ombre est un motif très important dans la culture du nord. Dans la littérature romantique, chez Andersen par exemple, il y a une histoire qui s’appelle « L’Ombre », où l’ombre s’autonomise et devient un vrai personnage. »

Inspiré par une histoire de banquier déchu

« Il y a aussi une deuxième ombre dans le tableau, en bas de l’escalier. La scène se déroule à Ekely dans la banlieue d’Oslo, où Munch s’est acheté une grande maison atelier en 1916. Une grande maison qui a un escalier d’entrée avec des pierres. Cet escalier existe toujours.

Cette ombre au milieu nous ramène vers une autre source d’inspiration de Munch : une pièce d’ Henrik Ibsen, autre grand artiste norvégien, qui s’appelle “John Gabriel Borkman”.

La pièce raconte l’histoire d’un banquier déchu, incarcéré pour avoir détourné des fonds, un thème très actuel... Il revient chez lui et il s’emprisonne dans son appartement. A la fin, il s’échappe de cet appartement qui est devenu sa prison, et il s’enfuit dans la nature, dans la neige.

C’est la dernière scène de la pièce, dans laquelle il va essayer de retrouver son premier amour. On sait que Munch s’identifie à ce personnage, pas par le fait qu’il soit banquier, mais parce que c’est un personnage traumatisé par ses anciennes amours. »

Munch aimait les ateliers en extérieur

« On retrouve dans ce tableau la façon qu’a Munch de travailler de façon très diluée. On voit sur la droite la peinture qui dégouline.

Ça peut être aussi la coulure de la pluie. Il faut savoir que Munch avait fait construire des ateliers à l’extérieur. Il aimait poser ces peintures dehors. Il voulait ainsi donner une patine à ses peintures. C’est une façon d’éviter l’achèvement.

Munch détestait tout ce qui était achevé. Il voulait garder une forme assez brute et accidentée à son travail. Il aimait bien laisser la nature achever son œuvre. Il considérait d’ailleurs ses peintures comme sa progéniture, et il les mettait à l’extérieur comme des enfants qu’on veut revigorer. »

Edvard Munch, l’œil moderne au centre Pompidou, Beaubourg, Paris IVe - jusqu’au 9 janvier - tlj. 11h-21h, le jeu. jusqu’à 23h - 8€/12€.

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  • enfumage
    enfumage
    parti de rien pour arriver (...)
    • Posté à 11h04 le 26/09/2011
    • Internaute 97031
      parti de rien pour arriver (...)

    il y a plein de choses qui se cachent dans les portraits ...le mien par ex

    • enfumage
      enfumage répond à enfumage
      parti de rien pour arriver (...)
      • Posté à 15h38 le 26/09/2011
      • Internaute 97031
        parti de rien pour arriver (...)

      Lien@N05/4575391803/

  • Teignouse
    Teignouse
    Active
    • Posté à 12h01 le 26/09/2011
    • Internaute 149553
      Active

    « Elle pièce raconte l’histoire d’un banquier déchu, incarcéré pour avoir détourné des fonds, un thème très actuel… »
    Coquille.
    Il est dommage d’en retrouver désormais dans quasiment tous les articles de Rue89. Avant de poster un mail, une lettre, une note, je me relis. Ça fait plus sérieux...

  • Chilem2.0
    Chilem2.0
    Distributeur Automatique
    • Posté à 12h13 le 26/09/2011
    • Internaute 114472
      Distributeur Automatique

    Très bel Article, Merci Rue89

    J’aime par ailleurs votre pub en page de garde.

    Good choix, good choix.

  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 12h54 le 26/09/2011
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    Voici une oeuvre qui vaut son pesant d’ombre !

    Peut-on l’acquérir avec l’ombre de quelques liasses de billets ?

    Angela Lampe, la bien nommée, et commissaire de l’exposition...
    ...participe, comme toute « Lampe » qui se respecte, au jeu des ombres.

  • brogilo
    • Posté à 14h37 le 26/09/2011
    • Internaute 164675

    L’ombre est un motif très important dans la culture du Nord

    Bonjour Gaspard,

    Pas seulement du Nord puisque dans la littérature artistique gréco-romaine, la légende veut que la toute première peinture ait été un portrait de profil, tirée d’une image au naturel, à savoir l’ombre portée d’un corps éclairé par le soleil ou par une chandelle dont on trace le contour sur le mur.

    Pline l’Ancien raconte la légende à sa façon dans son Histoire Naturelle avec le potier Butadès de Corinthe dont la fille est amoureuse d’un jeune homme qui doit partir pour l’étranger :
    « Elle entoura d’une ligne l’ombre de son visage projetée sur le mur par la lumière d’une lanterne ; son père appliqua de l’argile sur l’esquisse, en fit un relief qu’il mit à durcir au feu avec le reste de ses poteries, après l’avoir fait sécher ».

    Quelques siècles plus tard, le poème de Charles Perrault, intitulé La peinture est peut-être plus explicite encore :

    Encore s’il me restait de ce charmant visage
    Quelque trait imparfait, quelque légère image,
    Ce départ odieux, disait-elle en son coeur,
    Quelque cruel qu’il soit, aurait moins de rigueur..

    Sur la face du mur marqué de cette trace,
    Chacun du beau berger connût l’air et la grâce,
    Et l’effet merveilleux de cet évènement
    Fut d’un art si divin l’heureux commencement.

    Merci pour cet article et notamment ce que vous dites du caractère inachevé de la peinture de Edvard Münch, Cézanne pratiquait cela beaucoup aussi, c’est par là qu’une peinture respire..
    La finition parfaite, c’est la mort.

    • A déménagé le 9-4-2012
      A déménagé le 9-4-2012 répond à brogilo
      Explore l'indéterminé
      • Posté à 16h07 le 26/09/2011
      • Internaute 22643
        Explore l'indéterminé

      Oui, et pourtant, cette part d’ombre essentielle à la peinture n’est-elle pas trop souvent oubliée (surtout d’une certaine histoire de l’art) ? Et d’ailleurs, Munch n’est-il pas l’ombre de Cézanne ?

      Bien à toi Brogilo

      • brogilo
        • Posté à 11h04 le 27/09/2011
        • Internaute 164675

        Bonjour Galibi,

        Si tu veux dire (et je sais que c’est ce que tu veux dire, puisque nous nous avons poursuivi ce petit échange hors fil ;) que Munch, je te cite est largement sous-estimé dans les histoires de l’art françaises, tout particulièrement dans les versions de ce que Yves Michaud appelle « L’Histoire sainte » de l’art moderne, où tout doit obligatoirement passer par l’enchaînement Cézanne/cubisme et qu’il n’est pas seulement le précurseur de l’expressionnisme, mais ouvre une voie indépendante de la lignée de Cézanne : celle de l’« intériorité », mais aussi de la prise en compte des forces psychiques, en avance sur la psychanalyse notamment., ben, je suis tout à fait d’accord avec ça.
        Même s’il faudrait, pour être tout à fait complet, ce qui en même temps rendrait les choses bien moins simples, évoquer la période dite « couillarde » de Cézanne qui est elle aussi une sorte de pré-expressionnisme d’une violence assez peu égalée, je pense à Meurtre par exemple.

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        Tu le sais, je ne suis pas un intellectuel et je fonctionne d’abord par réminiscences ; l’intérêt de la toile qui nous est présentée, c’est qu’elle montre dans le même cadre deux ombres de Munch très différentes l’une de l’autre : celle en bas à droite nous ramène directement à la tradition de la circumductio umbrae évoquée par Pline dont j’ai parlé plus haut et, comme dans l’histoire du potier de Corinthe et de la jeune fille amoureuse, on peut y lire le signe d’une absence, l’expression d’une nostalgie, une réponse à la mort.
        (On peut très bien imaginer une jeune fille amoureuse en avoir tracé le contours sur une surface plane en se servant de la lumière des astres qu’on aperçoit en haut du tableau, c’est de l’imitation de réel directement appréhendé).
        Tandis que la seconde ombre, par contre, est distordue, amplifiée, déformée par une source lumineuse presque certainement artificielle, feu, chandelle, etc... Et là on se rapproche de la projection auctorielle par ombre portée dont parle l’auteur de la Brève histoire de l’ombre dont je mettrai le lien ultérieurement.

        Ce qui m’intrigue, c’est la présence des deux dans le même tableau.

        Ce que Picasso, par exemple, a fait en deux tableaux, Munch l’a fait en un :

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        Son autoportrait à gauche en haut, en profil de médaille, avec une belle « Méduse » au premier plan. 1929.

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        L’ombre, 1953. qu’on trouvera menaçante si on veut, en tout cas qui signale un hors-champ.

        Petit rappel historique de photographies de la même période, trouvées également dans Brève histoire de l’ombre sauf Derain qui n’est pas sur Google :

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        Lui, j’ai paumé l’auteur, mais je vais retrouver.

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        A.Stieglitz Shadows in lake, 1916

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        Photographie de Claude Monet, avec sa propre ombre au premier plan, 1920.

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        André Derain.

        J’essaierai de repasser dans la journée pour les liens car j’ai quelques soucis avec l’ordi et, en plus, suis très à la bourre.

        A plus, l’ami.

         
        • A déménagé le 9-4-2012
          A déménagé le 9-4-2012 répond à brogilo
          Explore l'indéterminé
          • Posté à 16h09 le 27/09/2011
          • Internaute 22643
            Explore l'indéterminé

          Cher Brogilo : cette méditation sur les ombres portées est très stimulante !

          Sur la période « couillarde » de Cézanne, oui, le rapprochement est à creuser. Mais je vois tout de même deux différences : cette période de Cézanne se rapporte à Delacroix et à toute la tradition du romantisme, d’une part, et, d’autre part, c’est une veine qu’il abandonnée. Cela dit, je parlais plus du Cézanne de « L’Histoire sainte » que du vrai Cézanne, plus complexe en effet. Et il est intéressant de voir ressurgir aussi le Cézanne romantique chez l’un de ses disciples : Picasso.

          Or, selon moi, Edvard Munch ne se rattache pas au romantisme. Il fait son apprentissage dans la tradition, certes anti-académique, du réalisme nordique pour inventer une « subjectivité » radicalement moderne. Ce que j’avance là est l’étayage après-coup d’un sentiment lié au premier contact avec son oeuvre (ce n’était pas Le Cri), que j’ai trouvé confirmé par ce que j’ai appris de lui par la suite.

          Mais cet exemple de la confrontation chez lui des deux ombres, s’il se confirme que c’est une originalité de Munch, pourrait être un indice et donc aussi une piste pour ce que j’en dis.

           ; -))

          • brogilo
            • Posté à 15h42 le 28/09/2011
            • Internaute 164675

            Les liens que je n’arrivais pas à mettre ce matin...

            Avec Nosferatu, pour aller dans le sens que tu dis ;)...

            Lien

            Lien

            Sur Picasso et L’ombre de 1953...
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            Et puis la Brève histoire de l’ombre de Victor Ieronim Stoichiță.

            Lien

            Par contre, si quelqu’un veut bien m’expliquer ce qu’a voulu faire Jaspers Johns en s’inspirant de L’Ombre de Picasso pour sa série Seasons, je suis preneur.

            Lien

            Quel fut ce premier contact dont tu parles avec l’oeuvre de Munch ?

            Moi, ce que je préfère dans sa production, ce sont ses gravures sur bois, entre autres pour leur « transparence » , c’est-à-dire pour la façon dont elles laissent entrevoir le support mais aussi comment il se sert dles « accidents » ainsi que le veinage du bois pour donner un supplément d’âme à ses créations. La place laissée au hasard, à l’aléatoire, ce qu’elle peut réserver à l’artiste de surprises bonnes ou mauvaises fait partie intégrante du processus créatif et rejoignent ce que dit Gaspard dans l’article sur le goût de Munch pour les coulures et sa pratique d’un savant ’inachevé ».

            Au risque de me répéter :), c’est par-là qu’un tableau respire.

            Bonne nuit et à plus.

          • brogilo
            • Posté à 11h18 le 28/09/2011
            • Internaute 164675

            Quelques-unes de ses gravures sur bois les plus stimulantes...

            Lien
            Den feta horan et son ombre démesurée.

            Lien
            Kyss.

            Lien
            Mansken.

            Lien
            Et Manshuvud i k vinnohar, les trois pour la façon dont Munch
            utilise le veinage du bois.

            Lien
            Till skogs, pour la transparence et le veinage.

            Enfin, pour l’au-delà du ratage dont parle Giacometti à propos de Derain, mais qui est le lot de tous les grands artistes, cette superposition de deux gravures différentes, comme il arrivait parfois jadis que l’on superpose par erreurdeux diapositives lors de leur projection...

            Lien

            Edit : De Giacometti à propos de Derain :

            « Les quailtés de Derain n’existent qu’au-delà du ratage, de l’échec, de la perdition possible et je crois, il me semble, que dans ces qualités là, au moins dans l’art moderne.
            Derain était dans un lieu, dans un endroit qui le dépassait continuellement, effrayé par l’impossible et toute oeuvre était pour lui un échec avant même de l’entreprendre.
            Et pourtant, il ne voulait peut-être que fixer un peu l’apparence des choses, l’apparence merveilleuse, attrayante et inconnue de tout ce qui l’entourait. »

            Bonne journée, Galibi.

            • A déménagé le 9-4-2012
              A déménagé le 9-4-2012 répond à brogilo
              Explore l'indéterminé
              • Posté à 15h16 le 28/09/2011
              • Internaute 22643
                Explore l'indéterminé

              Oui, les gravures de Munch manifestent pleinement sa modernité. Ce qui est très intéressant, c’est la façon dont elles sont faites. Ce sont des panneaux découpés et assemblés, comme des puzzles d’enfants en bois, qui permettent ces jeux d’inclusions des figures et, surtout, d’assemblage de couleurs et de transparences. C’est aussi une anticipation du collage, d’où l’aboutissement conséquent à des superpositions de deux gravures différentes.

              • brogilo
                • Posté à 21h19 le 29/09/2011
                • Internaute 164675

                Je vois que tu es très au fait de tout ça et je n’y reviendrai pas donc, mais cela ne nous dit toujours pas quel fut ton premier contact avec l’oeuvre de Munch, je veux bien savoir : -)...

        5 autres commentaires
    • Quelqu-une
      Quelqu-une répond à brogilo
      sans
      • Posté à 22h30 le 26/09/2011
      • Internaute 168978
        sans

      Un petit écho, à la fois proche et éloigné ?

      J’ai tant rêvé de toi

      J’ai tant rêvé de toi
      que tu perds ta réalité.
      Est-il encore temps d’atteindre ce corps vivant et de baiser
      sur cette bouche la naissance de la voix qui m’est chère ?

      J’ai tant rêvé de toi
      que mes bras habitués en étreignant ton ombre
      à se croiser sur ma poitrine
      ne se plieraient pas au contour de ton corps, peut-être.
      Et que, devant l’apparence réelle de ce qui me hante et
      me gouverne depuis des jours et des années,
      je deviendrais une ombre sans doute.
      O balances sentimentales.

      J’ai tant rêvé de toi
      qu’il n’est plus temps sans doute que je m’éveille.
      Je dors debout, le corps exposé à toutes les apparences de la vie
      et de l’amour et toi, la seule qui compte aujourd’hui pour moi,
      je pourrais moins toucher ton front et tes lèvres
      que les premières lèvres et le premier front venu.

      J’ai tant rêvé de toi,
      tant marché, parlé, couché avec ton fantôme
      qu’il ne me reste plus peut-être, et pourtant,
      qu’à être fantôme parmi les fantômes et
      plus ombre cent fois que l’ombre qui se promène et
      se promènera allégrement sur le cadran solaire de ta vie.

      Robert Desnos (1900 - 1945)

      • A déménagé le 9-4-2012
        A déménagé le 9-4-2012 répond à Quelqu-une
        Explore l'indéterminé
        • Posté à 15h56 le 27/09/2011
        • Internaute 22643
          Explore l'indéterminé

        Merci Quelqu’une : je trouve que c’est tout à fait approprié concernant Edvard Munch !

         
        • Quelqu-une
          • Posté à 16h13 le 27/09/2011
          • Internaute 168978
            sans

          En tout cas, c’est ce qui m’est venu à l’esprit (on va supposer que j’en ai un) en lisant le commentaire de Brogilo...et en « relisant », oh, soyons modeste, en regardant, quelques tableaux de Munch. Même si Desnos est plus, je trouve, apaisé.

        1 autres commentaires
  • Maharajay
    Maharajay
    Trium Virat Sublimus
    • Posté à 15h33 le 26/09/2011
    • Internaute 88427
      Trium Virat Sublimus

    N’empêche il a réussi son coup !
    Braquer les lumières sur lui en peignant son ombre !

    Lien

  • Philippe Erbs
    Philippe Erbs
    Sans titre
    • Posté à 16h29 le 26/09/2011
    • Internaute 134672
      Sans titre

    Il y a une autre des constantes de Munch dans ce tableau que vous présentez et que je ne connaissais pas : le pont (dans « Le Cri ») et la rambarde, avec souvent des personnages qui s’y appuient.
    Les routes, les rambardes, les personnages penchés sur le vide, Munch les a souvent peints : ainsi dans « Rue Lafayette » peinture de 1891 montrant un homme appuyé sur un balcon à Paris ; également dans « Jeunes filles sur la jetée » (ci-dessous), peinture de 1889, ou encore dans « Portrait idéal de F. Nietzsche » peint en 1906. Ces éléments sont indéniablement des constantes chez Munch.

  • egide
    egide
    Littéral
    • Posté à 18h36 le 26/09/2011
    • Internaute 45067
      Littéral

    L’«  histoire  » de l’art quelle fumisterie !
    N’importe quoi entre l’interprétation fantaisiste et la paraphrase.

    Ministère de la culture toute petite, petite et, surtout de la grande communication fraîche dorée grâce au partenariat du public (maigre) avec le privé (gros).

    Sire Qui-Rote et Sacha Pansu nous mènent en bateau à l’assaut des moulins hollandais. (C’est voisin de la Norvège).

    • A déménagé le 9-4-2012
      A déménagé le 9-4-2012 répond à egide
      Explore l'indéterminé
      • Posté à 22h29 le 26/09/2011
      • Internaute 22643
        Explore l'indéterminé

      À part ça, outre votre ignorance manifeste de cette discipline, vous avez quelque chose à dire sur Munch ?

      • egide
        egide répond à A déménagé le 9-4-2012
        Littéral
        • Posté à 23h18 le 26/09/2011
        • Internaute 45067
          Littéral

        Malgré votre obstination à le nier, l’histoire de l’art n’est pas une discipline, c’est une récupération désespérée de l’art même par ceux qui discourent vainement sur les œuvres dont ils ne savent que faire comme Marcel Duchamp les a pourtant invités.
        Vainement.

        «  Ils  » s’en sont emparés pour faire un commerce divertissant et leurs bavardages sont obséquieux et terriblement mondains.

        Mais que ne ferait-on pas pour valoriser extrêmement des collections, et surtout profiter par des produits dérivés de la vague nordique qui fait fureur à Paris depuis 3 ou 4 saisons  ?

        En anglais, on invoque captain obvious, (général Évidence) faux cul, et bavard avec ça, qui confisque la parole au nom d’une hypothétique discipline sans fondements ni légitimité.

        Edward Munch est insaisissable par la critique compassée des universitaires. Il faut être poète comme Apollinaire et humble comme lui pour saisir en un court paragraphe l’essence d’une œuvre.

        Et puis, vous prenez à partie comme un bretteur vaniteux, et sans savoir. Ombrageux et futile comme un petit commerçant prompt à faire valoir une réglementation aporétique et qui fige dans les conventions, la sensibilité et les évocations.

        Rien qui ne soit construit sur des interprétations spécieuses ; rien sur les faits qui disposent dans son temps et son contexte, une œuvre exceptionnelle et inattendue, surtout celle de Munch.

        C’est risible de la voir réduite à un seul tableau spectral et dont l’invention est tellement plagiée et reprise.
        Ad nauseam.

        Comment expliquer Munch à l’époque de l’image, lui, cet artiste de la fracture symbolique  ?

        Comment expliquer Munch en ce pays français si peu expressionniste, tel qu’il a été et tel qui le demeure, insensible à la protestation par l’image travaillée du réel en une nation iconoclaste  ?

        Comment expliquer la nature profondément tragique de l’œuvre de Munch, les façons dont il saisit la dynamique de l’élan vital, et qui déconstruisent la morbidité terrible de son temps et de la société dans lequel il vit et qui est bien plus vaste que cet Norvège provinciale dont il comprend pourtant qu’elle est dans le monde et dans son époque, pleinement et pour le pire.

        Et réduire la complexe trame de sa peinture à une sorte d’inachèvement est d’un grotesque absolu.

        Mme Verdurin est reine en ce palais des glaces sans tain et qu’on nomme Paris, caveau funéraire de l’art moderne.

        .

         
        • Quelqu-une
          Quelqu-une répond à egide
          sans
          • Posté à 00h11 le 27/09/2011
          • Internaute 168978
            sans

          Edward Munch est insaisissable par la critique compassée des universitaires. Il faut être poète comme Apollinaire et humble comme lui pour saisir en un court paragraphe l’essence d’une œuvre.

          Humilité d’Apollinaire que vous ne partagez pas.

          • egide
            egide répond à Quelqu-une
            Littéral
            • Posté à 08h55 le 27/09/2011
            • Internaute 45067
              Littéral

            Que signifie l’humilité qu’on partagerait, à part un gout certain pour la formule creuse  ?

            Cette manière de renvoyer à l’interlocuteur ses propres mots vidés de signification est digne d’un cadre «  manager  » afin d’éviter toute controverse.

            Aimez-vous tant les mondanités que vous en défendez le primat  ?

            Et bien sûr, vous n’osez pas soutenir le principe de la communication, celui d’un consensuel bavardage, vain désamorçage du questionnement de l’artiste tandis qu’une vulgate insignifiante autour de l’œuvre et qui a les effet d’un brouillard pervers, empêche qu’on l’apprécie en dehors de toute démarche de valorisation.

            Et pour affirmer le primat de l’exploitation commerçante d’un filon patrimonial, faut-il le travestir en ce rituel obscène de salutation des icônes pendant que braillent dans les écouteurs des faux dévots, les récitants de l’idéologie dominante, vrais Tartuffe.

            Ces nouvelles conventions du discours sur l’art entérinent sa vulgarisation en produits dérivés dont les commentaires interprétatifs et les foultitudes de détails inutiles qui n’ont d’autres objectifs que de renforcer la tendance du moment d’une marchandisation forcenée de la culture.

            Quelle fondation représentant les multinationales impose son logo pendant cette exposition et lors des performances évènementielles qui se déroulent à cette occasion  ?

            • Quelqu-une
              Quelqu-une répond à egide
              sans
              • Posté à 09h15 le 27/09/2011
              • Internaute 168978
                sans

              Mais que ne dites-vous simplement ce qui est simple à dire ? Le complexe est suffisamment abondant pour n’en pas ajouter.

              (Édit : oui, j’adore les mondanités. Vous ferez rire ceux qui me connaissent, c’est toujours ça de gagné. Où êtes-vous allé pêcher ça, grand mystère.)

              • brogilo
                brogilo répond à Quelqu-une
                • Posté à 09h38 le 27/09/2011
                • Internaute 164675

                Encore quelques p’tits fours ? ;)...

                Merci beaucoup pour Desnos.

                • Quelqu-une
                  Quelqu-une répond à brogilo
                  sans
                  • Posté à 10h15 le 27/09/2011
                  • Internaute 168978
                    sans

                  Je préférerais une omelette aux cèpes (aïe aïe aïe, je hors-sujettte gravement !).
                  Sinon, Desnos, il a écrit des chefs d’œuvre (dont celui-ci), mais j’ai de plus en plus de mal à en parler ici. Je ne veux pas qu’on lui crache dessus.

                  • brogilo
                    brogilo répond à Quelqu-une
                    • Posté à 11h08 le 27/09/2011
                    • Internaute 164675

                    Allons bon, qui songerait à cracher sur Desnos, dis moi qui ? ...

                    Bonne journée Quelqu’une.

                    • Quelqu-une
                      Quelqu-une répond à brogilo
                      sans
                      • Posté à 11h38 le 27/09/2011
                      • Internaute 168978
                        sans

                      Allons bon, qui songerait à cracher sur Desnos, dis moi qui ? ... Il faudrait être laid, mais il s’en trouve en ces lieux, et tu le sais.

                      Bonne journée, Brogilo. Un : -), tiens ! (Deux, même)

              • egide
                egide répond à Quelqu-une
                Littéral
                • Posté à 15h35 le 27/09/2011
                • Internaute 45067
                  Littéral

                Chère Marguerite qui riez tant de vous voir en toute simplicité, quel maître abonderait votre souhait, touchant, de facilité  ?

                À moins que vous n’appréciez que ceux qui sont morts, et, c’est pourquoi on vante leur maîtrise en reprenant à si bon compte et sans risques leurs mots, non pour illustrer, ou marquer par la citation un effet d’éclaircissement, seulement pour le goût effréné de la juxtaposition.
                L’accumulation n’est pas une performance.

                Non, on préfère piller les fleurs poétiques pour le simple plaisir du relativisme.
                C’est tellement post-moderne.

                La confusion est une manière de sentimentalisme quand la pensée est absente, quand le regard sur l’œuvre n’est que fatuité spectaculaire.

        • A déménagé le 9-4-2012
          A déménagé le 9-4-2012 répond à egide
          Explore l'indéterminé
          • Posté à 13h29 le 27/09/2011
          • Internaute 22643
            Explore l'indéterminé

          Où avez-vous vu que l’esquisse d’analyse présentée ci-dessus, qui fait d’ailleurs penser à un prospectus de réclame, prétendait en quoi que ce soit « expliquer Munch » ? On dirait que vous avez vous-même fait le tour de la question ! Il faut garder le sens des proportions.

          Ce texte ne prétend à rien d’autre qu’à attirer l’attention sur un aspect d’un tableau de l’artiste en question afin, sans doute, de donner envie d’aller y voir plus.

          Enfin, ce n’est pas un texte d’histoire de l’art, mais de commissaire d’exposition, ce qui n’est pas du tout la même chose. Ce qui prouve bien que vous ignorez tout de l’histoire de l’art, qui est bien une discipline universitaire, c’est-à-dire une branche des sciences historiques, ni plus ni moins.

          • egide
            egide répond à A déménagé le 9-4-2012
            Littéral
            • Posté à 15h39 le 27/09/2011
            • Internaute 45067
              Littéral

            Sans esquisse de commentaire.Votre réponse suffit en soi pour clore là.

        11 autres commentaires
  • Quelqu-une
    Quelqu-une
    sans
    • Posté à 16h30 le 27/09/2011
    • Internaute 168978
      sans

    Rien à voir avec Munch, mais c’est pour le passant qui passe.

    Demain

    Âgé de cent mille ans, j’aurais encore la force
    De t’attendre, ô demain pressenti par l’espoir.
    Le temps, vieillard souffrant de multiples entorses,
    Peut gémir : le matin est neuf, neuf est le soir.

    Mais depuis trop de mois nous vivons à la veille,
    Nous veillons, nous gardons la lumière et le feu,
    Nous parlons à voix basse et nous tendons l’oreille
    A maint bruit vite éteint et perdu comme au jeu.

    Or, du fond de la nuit, nous témoignons encore
    De la splendeur du jour et de tous ses présents.
    Si nous ne dormons pas c’est pour guetter l’aurore
    Qui prouvera qu’enfin nous vivons au présent.

    Robert Desnos (État de veille, 1943)

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