Primaire 19/09/2011 à 18h39

DSK plante un pacte dans le dos d'Aubry, la « Hollandie » biche

Pascal Riché | Redchef Rue89


Dominique Strauss-Kahn et Martine Aubry lors d’un meeting de Ségolène Royal en mars 2007 à Paris (Jacky Naegelen/Reuters).

La phrase la plus explosive prononcée par Dominique Strauss-Kahn sur TF1 dimanche soir n’est pas : « C’était une faute morale » (ça, on s’en doute un peu), mais : « Nous avons en effet un pacte ». Les socialistes y ont vu, non sans raisons, un coup de poignard dans le dos de Martine Aubry, qu’il a pourtant présentée comme son « amie », et dont il a apprécié la « présence » pendant les jours difficiles qu’il a vécus. (Ecouter le son)

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DSK sur TF1 parle du « pacte ».

Ce fameux pacte, on en parle depuis déjà un moment. Il aurait été scellé dès 2008 dans le riad des Strauss-Kahn à Marrakech. Aubry et DSK se seraient entendus pour ne pas se présenter l’un contre l’autre lors de la présidentielle 2012, et barrer ainsi la route aux autres candidats.

Début mai, avant l’épisode du Sofitel, Le Nouvel Observateur indiquait sur son site
qu’Aubry avait confié à quelques proches qu’elle ne se lancerait pas contre son camarade... L’écho de L’Obs avait mis en fureur la première secrétaire du PS, qui avait aussitôt téléphoné à l’hebdomadaire pour protester.

Lorsque Dominique Strauss-Kahn a « manqué son rendez vous avec les Français », comme il dit, dans la suite 2806 du Sofitel de New York, la voie était libre pour Martine Aubry. Elle s’est alors officiellement présentée, et a démenti catégoriquement cette affaire de pacte (une « affabulation », selon elle). Elle fait tout, depuis, pour ne pas apparaître comme une « candidate par défaut ».

Le 31 août, invitée de Jean-Jacques Bourdin (RMC et BFM-TV) , elle déclare ainsi : « Non, il n’y avait pas de pacte », en ajoutant toutefois : « Il y avait simplement un raisonnement politique commun. » (Ecouter le son)

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Martine Aubry sur RMC

Dominique Strauss-Kahn peut se vanter d’avoir déclenché dimanche une belle bataille dans le camp socialiste. Une sorte de nouvelle « Guerre des boutons », comme si on avait pas assez de deux remakes sur les écrans...

Dès dimanche soir, les « hollandais » se sont précipités sur la petite phrase, avec l’empressement de piranhas découvrant un bout de viande :

  • Bruno Le Roux, député PS de Seine Saint Denis sur Twitter :

    « Au moins on sait qui devait et voulait être candidat dans le pacte. La volonté, l’envie ça ne s’improvise pas après un empêchement. »

  • André Vallini, député de l’Isère, sur le site du Nouvel Obs, dans un communiqué :

    « Si Martine Aubry est aujourd’hui candidate, c’est donc parce que DSK ne peut pas l’être. Tous ceux qui, depuis trois mois, nous disent le contraire ne disent pas la vérité. »

  • Pierre Moscovici, sur i>Télé :

    « J’ai noté qu’il a mentionné un pacte, pacte que Martine Aubry elle-même niait il y a encore peu de temps. J’ai noté qu’il avait dit lui-même qu’il allait être candidat alors qu’elle nous disait il y a quelque temps qu’il n’y avait rien de fait. »

Les Aubrystes ont rétorqué, indignés :

  • David Assouline, sénateur de Paris, au Monde :

    « Candidate par défaut ou pas par défaut, c’est absurde. Et les plus gros soutiens de François, Moscovici, Peillon, Collomb et Le Guen, ils ne l’ont pas choisi par défaut ? »

  • Marylise Lebranchu, députée du Finistère :

« Oui, il était candidat. Mais la décision ferme n’était pas prise. Rien n’était joué. Nous préparions les deux scénarios. Martine avait pris en compte le fait qu’il fallait qu’elle se prépare. »

Martine Aubry elle-même a cru bon intervenir, en déclarant à Nice, sur le mode Arletty :

« Est-ce que j’ai l’air d’une candidate de substitution ? »

Selon sa version, Dominique Strauss-Kahn et elle-même n’avaient pas déterminé, dans leurs discussions, qui des deux serait le ou la candidate. Aujourd’hui, elle répète que cette présidence, elle la veut, elle y est « prête ».

Quant au pacte, si elle n’en niait plus dimanche son existence, elle se bornait à dire qu’elle « n’aime pas ce mot ».

Reste une question : pourquoi Strauss-Kahn, fin politique, a ainsi décidé d’embarrasser l’ex-première secrétaire ? Deux hypothèses :

  • parce qu’il n’a pas apprécié qu’Aubry prenne ses distances (« Sur le comportement de Dominique Strauss-Kahn, je pense comme beaucoup de femmes », a-t-elle par exemple déclaré) et il se venge ;
  • parce qu’il ne supporte pas l’idée que sa « partenaire de pacte » prenne la place dont il rêvait.

Dans les deux cas, ce ne sont pas de très jolis sentiments.

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  • DiaboloSatanas
    DiaboloSatanas
    Fou du volant
    • Posté à 18h48 le 19/09/2011
    • Internaute 79165
      Fou du volant

    Hé ben élire un(e) président(e) qui n’avait pas complétement envie d’ y aller, ce que Martine Aubry a d’ailleurs dit, donc pas avec un égo totalement surdimensionné et qui n’ y pensait pas tous les matins en se rasant je ne sais quoi, je trouve que ce serait vachement un plus !

  • supertoto
    supertoto
    post-doc expatrié
    • Posté à 18h59 le 19/09/2011
    • Internaute 100724
      post-doc expatrié

    Je ne suis pas sûr que DSK considère cela comme un coup de poignard, au contraire cela revient à un soutien implicite.

    Par contre, cela prouve que Martine Aubry ne représente en rien l’aile gauche du PS.

  • javin
    javin
    Chômeur de + 55 ans
    • Posté à 19h08 le 19/09/2011
    • Internaute 170575
      Chômeur de + 55 ans

    Reste une question : pourquoi Strauss-Kahn, fin politique, a ainsi décidé d’embarrasser l’ex-première secrétaire ? Deux hypothèses.
    Il y en a peut-être une troisième : Il a peut-être plus à gagner si Hollande emporte les primaires....

  • ANASTASIE
    ANASTASIE
    vieille dame
    • Posté à 19h36 le 19/09/2011
    • Internaute 165262
      vieille dame

    La bataille des primaires est dure,certes,mais les électeurs se prononceront.
    Le reste,ce sont de petites histoires....