Sur le terrain 16/09/2011 à 16h58

Dans les couloirs d'un hôpital, la tentation du Front national

Nolwenn Le Blevennec | Journaliste Rue89

Restructuration, non-respect de la laïcité, crise de l’euro : le personnel d’un hôpital se divise.


Photo : un membre du personnel hospitalier dans un couloir des urgences de l’hôpital Lariboisière, à Paris, en février 2005 (Gilles Coulon/Tendance floue)

En juin, j’enquêtais sur Claudy Siar, nouveau délégué interministériel pour l’égalité des chances des Français d’outre-mer. Je cherchais à me faire une idée de la façon dont il était perçu par la communauté ultramarine. Devant la boîte de nuit antillaise « Titan » de la place de Clichy (Paris), j’alpaguais des gens.

Christophe, ambulancier martiniquais dans un hôpital de banlieue parisienne, ne pensait pas grand-chose de Claudy Siar. Mais il m’a dit :

« J’ai plein de collègues antillais autour de moi à l’hôpital qui vont voter FN. C’est nouveau. »

Deux hypothèses à vérifier : le vote FN montait en milieu hospitalier ou dans la communauté antillaise. Ou les deux.

Il y a trente ans, il y avait des Bretons et des Antillais

J’ai exploré la première hypothèse, en passant l’après-midi à l’hôpital Louis-Mourier de Colombes. Un centre à taille humaine avec ses problèmes, les autres hôpitaux ne vivent peut-être pas du tout la même réalité.

Ici, personne ne peut assurer que le vote FN est en progression. Mais tout le monde admet qu’il se passe quelque chose, que « des idées » – xénophobes, identitaires – circulent dans les couloirs.

Le personnel hospitalier a changé ces dernières années. Il y a trente ans, à l’hôpital, il y avait surtout des Bretons, des Normands et des Antillais, dit Daniel Dalin, Martiniquais, syndicaliste CFDT de l’hôpital. Celui qui est aussi président du collectif DOM explique :

« En plein boom économique, ces métiers n’intéressaient pas les autres. Au même moment, le taux de chômage aux Antilles était délirant : notamment parce que la coupe de la canne avait été automatisée. Ils ont organisé notre venue en France en promettant l’eldorado. »

Puis, il y a eu des Portugais et des Espagnols « avec la même culture chrétienne ». Depuis, une dizaine d’années, des jeunes issus de l’immigration, d’origine africaine ou maghrébine, ont commencé à être embauchés à l’hôpital.

L’hôpital a toujours été un lieu de mixité, les nouvelles arrivées ne dérangent pas. Mais depuis quelques années, des tensions apparaissent et des clans se forment.

Le personnel hospitalier râle pendant le ramadan

Le contexte économique est difficile. La restructuration de l’AP-HP crispe les relations. L’hôpital Louis-Mourier, par exemple, a découvert ce qui l’attendait en 2008. Depuis, l’hôpital a entamé un regroupement avec quatre autres établissements d’Ile-de-France, pour créer des pôles d’activité « transversaux ».

Les départs à la retraite ne sont pas remplacés. De source syndicale, environ 160 postes ont disparu et il n’y a plus qu’un DRH pour 8 500 personnes. S’il y a un problème avec une fiche de paye, il faut aller à l’hôpital Beaujon.

Daniel Dalin :

« Alors, l’ambiance est tendue et le personnel se fout sur la gueule. »

Au centre de long séjour de Louis-Mourier, les conditions de travail sont particulièrement difficiles. Pas un jour ne se passe sans un incident communautaire. Au local CGT, on raconte qu’une infirmière du Cap-Vert engueule une Portugaise (lui rappelant les désastres de la colonisation). Une autre traite une infirmière de singe.

Des membres du personnel pestent contre les congés bonifiés des Antillais - pas assez de renfort prévu pour compenser - ou s’énervent du rythme de travail amoindri de ceux qui font le ramadan.

Des patientes ne veulent pas être soignées par des hommes

D’autre part, côté patients, la laïcité est de plus en plus bousculée au sein de l’hôpital. C’est sans doute la cause de ras-le-bol numéro un, qui finit par se répercuter sur les relations entre les personnels d’origines différentes.

Il y a des conflits avec des conjoints, qui ne veulent pas que leurs femmes se fassent soigner par une femme noire – par racisme – ou un homme.

Un technicien se souvient d’être entré dans une chambre en néonatalogie pour réparer une ligne téléphonique. Un homme a caché le visage de sa femme et lui a demandé de partir. Il s’en est ensuite pris à l’infirmière qui lui avait promis qu’il n’y aurait aucune présence masculine dans la pièce.

Un cadre administratif à l’hôpital, se souvient :

« J’ai été confrontée à un couple musulman dont l’épouse était en crise d’éclampsie, son pronostic vital était engagé ainsi que celui de son enfant. Elle ne voulait pas se faire soigner par l’aide-soignant masculin qui était de garde à cause de son mari. J’ai dû expliquer longuement au mari qu’il y avait un risque de décès. Il a fini par entendre raison. »

A la maternité, on voit arriver de plus en plus de femmes voilées des pieds à la tête, ce qui inquiète les infirmières, et « des Témoins de Jéhovah qui ne veulent pas de péridurale », explique une syndicaliste de la CGT.

Une aide-soignante du service maternité :

« Il y a une recrudescence du voile intégral chez les jeunes femmes. Cela nous met mal à l’aise, quand il faut leur demander de tout enlever. On trouve ça pas normal de ne pas savoir à qui on a affaire. Entre collègues, on en parle. »

Tout le personnel rencontré pense que l’administration doit prendre ses responsabilités et imposer des règles claires. Isabelle Lévy, formatrice en hôpital, a écrit un livre sur le sujet. Elle pense que le non-respect de la laïcité entrave de plus en plus le soin (des extraits de son livre sont souvent repris pas des sites FN).

« L’euro nous a mis dedans »

En repensant à la phrase de Christophe, on se demande si au sein de l’hôpital, le personnel antillais est particulièrement sensible aux idées de Marine Le Pen. Une aide-soignante guadeloupéenne du local CGT :

« J’en parle avec des collègues de l’hôpital. C’est vrai, il y en a de plus en plus qui adhérent aux idées. Pas forcément au parti. Il se passe quelque chose.

Moi-même, quand je suis en colère, j’y pense, certaines idées sur l’insécurité ou la sortie de l’euro me parlent. C’est l’euro qui nous a mis dedans. »

Maryse, aide-soignante martiniquaise, toute petite avec un chignon grisonnant, n’est pas d’accord :

« On entend beaucoup dire : “Il faudrait que Marine Le Pen passe pour six mois, pour faire le ménage et après elle pourrait laisser la place à quelqu’un d’autre.” Il y a un vrai mal-être, un ras-le-bol au sein de la communauté. Mais ce n’est pas propre à l’hôpital. Au contraire, les Antillais de l’hôpital sont plus tolérants. On a l’habitude d’être mélangés. Ici, les Antillais fêtent l’aïd par exemple. »

Francette : « Je vais voter une sanction de la France »

C’est finalement une infirmière de nuit de l’hôpital Corentin-Celton (Issy-les-Moulineaux, dans les Hauts-de-Seine) de 57 ans, rencontrée quelques jours plus tard, qui nous parle de Marine Le Pen avec espoir. Mais elle n’est pas d’accord avec tout : elle ne pense pas, par exemple, qu’on puisse sortir de l’euro.

Sa bouche tremble. Elle est scandalisée par le « gâchis » dont elle est témoin à l’hôpital. Elle considère que la Sécurité sociale est mal gérée : « On garde des jours et des jours des gens qui n’ont rien à faire dans les services. » Elle regrette qu’il n’y ait plus beaucoup d’Antillais à l’hôpital, le personnel a changé.

Elle estime enfin qu’on ne peut pas « continuer à faire entrer des gens qui n’ont pas de quoi vivre et cassent les boîtes aux lettres » :

« On en a marre d’être amalgamés avec eux alors qu’on est français. En 2007, j’ai voté Sarkozy. Cette fois, je vais voter une sanction de la France. On sera beaucoup à faire pareil. »

Mis à jour le 23/09/2011 à 12h25. Contrairement à ce qu’il nous avait été dit par ailleurs, Daniel Dalin nous a convaincu du fait que ce ne sont pas particulièrement les Antillais qui râlent au moment du ramadan. Nous avons remplacé « les Antillais » par « personnel hospitalier ». D’autre part, le cadre administratif ne souhaite pas que son prénom apparaisse.

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  • A déménagé le 9-4-2012
    A déménagé le 9-4-2012
    Explore l'indéterminé
    • Posté à 19h38 le 16/09/2011
    • Internaute 22643
      Explore l'indéterminé

    Excellent article merci ! Il faut dire que, venant d’Antillais, ce problème de l’évolution récente du vote FN prend du relief et invite réellement à réfléchir.

    En effet, contre les procédures en dédiabolisation en cours, je persiste à penser que l’identité du FN, comme de toute extrême droite est fondamentalement raciste et antidémocratique. Demandons-nous donc ce qui se passerait en Europe si l’extrême droite gagnait partout les élections en même temps et disposait du pouvoir pour cinq ans ! Donc, le souhait de les porter au pouvoir pour « faire le ménage » et les chasser ensuite témoigne vraiment d’un profond désarroi et d’une très grande ignorance (fabriquée comme le dirait JC Michéa), comme Redroom l’affirme à très juste titre. Quand on pactise avec le diable, le prix à payer est toujours exorbitant et n’est pas Faust qui veut.

    Par conséquent, quand des personnes qui pourraient dans ce contexte se trouver en grande difficulté sont néanmoins tentées par un tel vote, cela me trouble. Pour moi, cela témoigne au moins de deux problèmes assez basiques : la stratégie néolibérale de destruction de toute alternative de gauche commence à produire les fruits empoisonnés qu’elle prétendait pourtant (hypocritement) combattre, d’une part, et, d’autre part, s’il y a un échec de l’éducation publique, il est bien là. D’ailleurs, cet échec de l’éducation et de l’instruction publiques est également le fruit de sa destruction selon le même agenda néolibéral.

    Reste un petit conseil de (re)lecture pour prendre la mesure du caractère global de la désorientation et de la destruction programmées des consciences politiques par le néolibéralisme : La stratégie du choc de Naomi Klein.

  • lilliputh
    • Posté à 19h50 le 16/09/2011
    • Internaute 156940

    Infirmière depuis six ans, je ne peux que constater que la dégradation de nos conditions de travail amène effectivement une dégradation des rapports humains au sein des équipes hospitalières.

    Mais en dix ans (je compte mes études où nous étions à l’époque la moitié de l’année en stage) de pratique et d’usage de sabots dans toutes sortes d’établissements (du public le plus défavorisé au privé le plus onéreux), il serait mensonger de prétendre que le communautarisme et l’exacerbation des questions identitaires n’a pas, lui aussi, atteint le monde hospitalier qui finalement est un bon thermomètre de la société en général.

    Quelques exemples :

    -la cardiologue de garde (je bosse de nuit) qui me dit qu’elle viendra dans 30 mn (j’ai un patient qui va mal) « car là, [elle] est en train de rompre le jeune ».....

    - le porc qui a disparu de nos plateaux-repas car les collègues musulmans ont fait savoir que si jamais un jour il ne leur restait que ce choix-là, ils ne pourraient pas manger. On a donc le choix entre du poisson et de la viande tout-sauf- halouf, ce qui est complètement con vu que de toute façon ils ne prennent que le poisson (bah oui, la viande elle est pas halal).

    - Il y en avait quelques-uns qui ne rechignaient pas à boire un godet avec les mécréants que nous étions pour les quelques anniversaires ou pots de départ qu’on organisait de temps en temps. Il a suffi de l’arrivée d’un ou deux collègues plus religieux (aka pète-burnes) pour remettre tout le monde dans le droit chemin : on boit entre babtous (et avec les antillais ^^) vu qu’il leur est soudainement apparu comme intolérable, non pas de picoler, mais de simplement cotoyer une bouteille d’alcool un peu trop haram à leur goût.

    - Bossant de nuit j’échappe aux baisses de régime dûes au ramadan. Mais il est évident (et aussi rapporté par de nombreux collègues de jour) que ne pas boire ni manger de la journée a un lourd impact sur la productivité des collègues pratiquants. D’autant plus que c’est une période à laquelle fleurissent bon nombre d’arrêts maladie intempestifs, et que vu les conditions assez drastiques dans lesquelles on bosse déjà...

    - On voit de plus en plus d’aide-soignantes d’origine maghrébine (ou simplement musulmanes) essayer de faire stipuler dans leur contrat qu’elles ne s’occuperont pas des soins de nursing des patients de sexe masculin. J’avais un collègue à qui je préparais toutes ses seringues d’un produit qu’il refusait de poser « par conviction religieuse »...Que faire ? Lui dire d’aller se faire foutre ou laisser son patient en chier ?

    Et puis les gynécos qui se font menacer, les patientes qui demandent à être piquées « à travers le niqâb », celles qui repartent sans avoir été examinées car elles n’ont pas voulu montrer un cm de peau...C’est beaucoup plus fréquent que vous ne le croyez.

    Et encore, je n’ai jamais bossé dans les coins les plus « ethnicisés ».. Enfin si, deux nuits en vacation dans un bon coin pourri du 93, où tous les collègues ont soigneusement parlé en arabe, en wolof et en antillais toute la nuit histoire que je n’y comprenne pas un mot. Bon, les patients les comprenaient, c’était bien le principal.

    Et on parle d’un milieu où les gens ont fait un minimum d’études, sont socialisés, payent des impôts....Alors on extrapole et on regarde la grosse bombe à retardement de tous ces mômes déscolarisés, n’ayant comme échappatoire que la rue ou la mosquée...

    Et on finit par comprendre ceux qui se tournent vers le vote FN. Parce qu’il faut être complètement hypocrite (ou habiter dans des beaux endroits bien préservés, ce qui est souvent le cas des belles âmes) pour nier qu’il y a un truc qui se passe, qui nous échappe, qui est à l’encontre même de nos valeurs humanistes, égalitaires, laïques. Qui se nourrit du pire obscurantisme et qui ferait passer nos curetons pour des libertaires défoncés au LSD dans des champs de tulipes. Le pire racisme, le plus décomplexé que j’aie pu entendre, je ne l’ai jamais entendu de la part de p’tits blancs, mais de personnes de couleurs entre elles (ou alors contre les blancs, un des seuls points de ralliement).

    Je regarde et je déplore. J’ai peur, de la haine des uns et du bisounoursisme des autres. J’ai peur que ceux qui prétendent qu’il n’y a pas de problèmes ne fassent qu’augmenter le dépit et la haine de ceux qui subissent, voient, constatent, et que l’on traite de fachos dès qu’ils tentent de parler de ce qu’ils vivent. Après tout si le vote fn pète le score, ça sera pour moi en grande partie à cause de ceux qui prétendent, contre vents et marées, que le bateau France navigue sur une mer d’huile.

  • Gaston80
    Gaston80
    bibliothécaire
    • Posté à 20h14 le 16/09/2011
    • Internaute 167292
      bibliothécaire

    J’en viens, à lire certains commentaires et autres réactions d’amis gauche caviar, à me demander si certains ne souhaitent pas un nouveau 21 avril.
    La camp du bien, car c’est de cela qu’il s’agit,sous couvert de tolérance n’accepte pas que diverge d’iota de son idéologie

    Il a cette souffrance que l’on se refuse à entendre, que l’on préfère insulter.

    Il y a ce peuple, que l’on déteste, ce prolo, que l’on conchie, dans tout ce qu’il est.

    Il y a le blanc pauvre, l’immigré intégré, que l’on ignore, qui nous gène, car cela ne correspond pas à notre lecture simpliste du monde.

    Il y a ce désir de sécurité, que l’on raille, qui fait crier au fascisme, Qu’a-t-il donc à ce pépé qui n’ose sortir de chez lui ! IL pense à sa sécurité avant de penser au sort de celui qui l’agresse, mais quel ordure.

    Il y a ces origines que l’on exalte, dont on ne veut voir la tyrannie. Rien n’est plus liberticide que les origines, mais vu que l’on trouve cela beau ! Cela rappelle les vacances avec papa maman, d’ailleurs, ce salaud qui vote FN, ils ne partaient même pas en vacance eux, si ce n’est pas un signe qu’ils détestent les étrangers !

    Il y aura, des drames, dont les pauvres d’où qu’ils soient seront les victimes, et le camp du bien continuera à s’époumoner : Salaud de prolo ! Car Fn ou pas, ce sera toujours eux qui seront gagnant,. Qu’elle soit de gauche ou de droite, la victoire de la bourgeoisie reste toujours la domination de la bourgeoisie.

  • Nolwenn Le Blevennec
    Nolwenn Le Blevennec
    Auteur(e) de l'article Journaliste Rue89
    • Posté à 19h47 le 26/09/2011
      rédacteur
    • Journaliste 61084
      Journaliste

    Droit de réponse de Daniel Dalin, reçu par mail, le 26/09/2011 :

    « J’ai été sollicité par Madame Nolwenn Le Blevennec au sujet d’une prétendue montée des idées du Front National dans le milieu hospitalier et particulièrement au sein de la communauté antillaise.

    A cette occasion, j’ai été interviewé le 16 septembre 2011 en ma qualité de délégué syndical et de président de COLLECTIFDOM, association de loi 1901 engagée dans la lutte contre les discriminations.

    Au cours de cette interview qui s’est déroulée en présence d’autres délégués syndicaux, mon discours à consisté à dire que selon moi, les idées du Front National n’avaient pas d’échos au sein de l’AP-HP et encore moins au sein de la communauté antillaise. Mes propos ont d’ailleurs été partagés par d’autres personnes présentes lors de cette interview.

    Je ne fais donc pas partie de ceux qui ont dit ou admis que : “ ‘ des idées ’ - xénophobes, identitaires – circulent dans les couloirs. ”.

    Par ailleurs, j’ai indiqué que le personnel hospitalier avait changé au cours des dernières années et expliqué les raisons de la présence importante d’antillais dans les administrations. Toutefois, je n’ai jamais établi de lien de causalité entre les origines du personnel hospitalier et l’existence de tensions.

    J’ai expliqué que ces tensions résultaient de la conjoncture économique difficile et de la restructuration de l’AP-HP.

    Enfin, je n’ai jamais dit que “ Les Antillais râlaient pendant le ramadan ”. Une telle idée, dresser les communautés les unes contre les autres, est contraire à mon éthique et aux valeurs républicaines que je défends et va à l’encontre de mes engagements tant syndicaux qu’associatifs.

    L’hôpital, à l’image de la population française, doit rester un lieu de mixité. »