Vibrations 10/09/2011 à 09h52

Docu : « The Black Power Mixtape, 1967-1975 »

Joël Vacheron | VibrationsMusic.com


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L’histoire des revendications afro-américaines des années 60 et 70 a déjà fait l’objet d’un certain nombre de documentaires et, notamment après l’élection d’Obama, la radicalité de cette cause tendrait facilement à se diluer dans les routines langagières de l’idéal démocratique.

Ce n’est pas le moindre des qualités de « The Black Power Mixtape 1967-1975 », de rappeler l’intensité et les paradoxes de cette période cruciale pour l’évolution des questions de races aux Etats-Unis.

Une rhétorique militariste radicale

On y retrouve la verve et le style des grandes figures de l’époque. En particulier le charismatique Stokely Carmichael qui en 1967, avait apporté une pièce importante à la cause en écrivant l’ouvrage « Black Power » avec Charles V. Hamilton. C’est à lui qu’on doit l’idée de racisme institutionnel et il poursuivra son positionnement pan-africaniste radical en se réfugiant en Guinée avec son épouse de l’époque, Miriam Makeba.

Bobby Seale, Huey P. Newton et Eldridge Cleaver, tous les piliers des Blacks Panthers sont aussi présents pour nous rappeler la rhétorique militariste radicale qui avait cours durant cette période.

Dans une interview poignante, l’impériale Angela Davis raconte son enfance dans l’Alabama et la peur constante d’être la cible d’agressions verbales ou physiques. A travers les différentes péripéties qui ont jalonné son inculpation, on comprend très vite l’hermétisme coupable des instances étatiques.

Cet aide-mémoire chronologique aborde également les répercussions tragiques qui ont suivi les vagues de répression : les assassinats, l’afflux d’héroïne... De nombreuses séquences témoignent, quelquefois de manière cruelle, de l’érosion progressive des espoirs et des solidarités tout au long de cette décennie capitale.

Le regard des Suédois

La grande originalité de ce documentaire tient au fait que l’intégralité des images qui le constituent ont été produites par des journalistes rattachés à la chaîne de télévision nationale suédoise. Ce regard externe témoigne à quel point la cause des Black Panthers connaissait un écho favorable auprès des certaines franges progressistes européennes et on ne manque pas d’être surpris par ce ton résolument partisan.

Si l’ensemble du documentaire de Goran Hugo Olsson est parfaitement réalisé, il faut également noter l’excellente BO signée par Guestlove et Om’mas Keith.

Même si ces extraits télévisés sont exclusivement d’époque, le producteur de ce docuementaire, qui n’est autre que l’acteur américain Danny Glover, a demandé à certains porte-parole actuels de la cause afro-américaine d’émettre des commentaires.

Erykah Badu, Guestlove ou Talib Kweli, donnent ainsi des éclairages extrèmement enrichissants sur l’actualité des questions de race aux Etat-Unis. A ce titre, Talib Kweli révèle cette anectode inquiétante survenue il y a quelques mois.

Peu de temps après avoir visionné un discours de Stokely Carmichael sur Internet, il a été arrêté à l’aéroport de Los Angeles par toute une troupe d’agents en costume noir qui l’ont interrogé sur les raisons de cet intérêt pour le leader subversif. Une manière de rappeler que, quarante ans plus tard, il subsiste quelques tabous au pays de la libre-expression

En partenariat avec Vibrations


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  • Féline
    Féline
    fée
    • Posté à 10h52 le 10/09/2011
    • Internaute 111221
      fée

    « Ce n’est pas le moindre des qualités de “ The Black Power Mixtape 1967-1975 ”, diffusé mercredi au Festival de Deauville, de rappeler l’intensité et les paradoxes de cette période cruciale pour l’évolution des questions de races aux Etats-Unis. »

    Tiens, je croyais que les races, ça n’existait pas. On nous aurait menti ?

    • Weatherboy
      Weatherboy répond à Féline
      v2=notes articles en moins...
      • Posté à 20h30 le 10/09/2011
      • Internaute 38063
        v2=notes articles en moins...

      Oui, les races existent bel et bien dans les têtes des racistes on le rappellera jamais assez.

      C’est comme « dieu » et le « père noel », c’est pas parce qu’on donne un nom à un concept qu’il dispose d’une réalité.

      « l’évolution des questions de races » ça signifie l’égalité en droit pour tous, si faut traduire.

  • Patsy Stone
    Patsy Stone
    Champagne darling !
    • Posté à 11h54 le 10/09/2011
    • Internaute 169499
      Champagne darling !

    Je ne peux qu’admirer Angela Davis pour son combat. A lire « Femmes, race et classe » et « Les goulags de la démocratie ».
    Un seul hic ( !) pour moi, les extrêmes m’inquiètent et se rejoignent dans la naïveté et l’intolérance. Alors qu’en France et durant les années 60, des artistes et des intellectuels engagés à gauche prennent leurs distances avec l’Union soviétique et le communisme, Angela Davis en 72 et jusqu’aux années 80 fera de nombreux séjours en RDA invité par Honecker. Si la première invitation est pour remercier les nombreux pays européens pour le soutien apporté lorsqu’elle a été condamnée à mort, les suivantes ne sont pas pardonnables, même au regard de la situation des noirs aux states.
    Mais au-delà de ça, et comme nous sommes pétris de contradictions en fonction des situations, la grande militante pugnace m’épate et reste dans mon esprit. Elle est impériale, belle, noire, lesbienne et digne de porter la couronne que vous lui offrez.

  • rumpus
    rumpus
    friend/unfriend
    • Posté à 13h49 le 10/09/2011
    • Internaute 96441
      friend/unfriend
  • rumpus
    rumpus
    friend/unfriend
    • Posté à 13h52 le 10/09/2011
    • Internaute 96441
      friend/unfriend
  • Pivar
    Pivar
    Pyropygiste
    • Posté à 15h03 le 10/09/2011
    • Internaute 160918
      Pyropygiste

    Intéressant ce documentaire, dans un contexte où le black power avait encore une signification, dans un pays où les Afro-Américains avaient moins de droit.

    Les futurs documentaires parleront du white power en Afrique du Sud, avec, espérons-le, le même ton partisan. Les temps changent, soyons modernes.

  • Weatherboy
    Weatherboy
    v2=notes articles en moins...
    • Posté à 20h40 le 10/09/2011
    • Internaute 38063
      v2=notes articles en moins...

    En attendant la sortie de The Black Power Mixtape, dans la même veine, un excellent docu sur le Weather Underground sorti il y a quelques années :

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    Et leur manifeste où on retrouve Huey P. Newton :
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  • nafiki
    nafiki
    métamenteur -étudiant aussi-
    • Posté à 00h31 le 11/09/2011
    • Internaute 83466
      métamenteur -étudiant aussi-

    Avec Unwritten des Roots sur la bande-annonce. Assez juste. C’est intéressant la perméabilté entre musiciens et activistes perpétuée. Hier Stokely Carmichael suit Miriam Makeba en Guinée. De nos jours, on pensera plutôt à Questlove. On fait difficilement mieux comme musicien engagé.

    Et le même Questlove de revister l’afrobeat militant de Fela. Aujourd’hui même à Paris. Juste histoire de souligner le timing.

    P.S. Pourquoi Guestlove ?

  • silversamourai
    silversamourai
    paranoia agent
    • Posté à 17h09 le 11/09/2011
    • Internaute 15954
      paranoia agent
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