A la une 06/09/2011 à 15h42

Tombée dans le domaine public, « La Guerre des boutons » a lieu

Gaspard Dhellemmes | Journaliste

Réalisé en 1962 par Yves Robert, le film « La Guerre des boutons », adapté du roman de Louis Pergaud, publié en 1912, a été vu par dix millions de spectateurs. Deux nouvelles adaptations s’affrontent ce mois dans les salles. « La Guerre des boutons » de Yann Samuell (sortie le 14 septembre) et « La Nouvelle Guerre des boutons » de Christophe Barratier (le 21 septembre). Les raisons de ce télescopage ? Le roman de Louis Pergaud tombe cette année dans le domaine public.

Conséquence, les descendants de l’auteur perdent leur droit d’exploitation, et les bénéfices financiers liés à ce droit. Une aubaine pour les producteurs, qui n’ont plus à débourser un sou pour se payer l’adaptation. Le monopole d’exploitation dure en effet jusqu’à ce que l’œuvre tombe dans le domaine public, au bout de soixante-dix ans post mortem. (Voir les bandes-annonces de « La Guerre des boutons » et de « La Nouvelle Guerre des boutons »)

Et un monopole d’exploitation coûte cher. « Un droit d’adaptation d’un livre coûte entre 30 000 euros et 40 000 euros », précise Pierre Lautier, avocat spécialisé dans les droits de la propriété littéraire.

Frédérique Massart, responsable des droits audiovisuels à Gallimard, parle elle de sommes très variable, allant de un à dix.

« Ce n’est pas la même chose si on adapte un best-seller ou un premier roman. »

Un casse-tête juridique et artistique

Si adapter un livre tombé dans le domaine public est gratuit, réalisateurs et producteurs doivent cependant respecter l’intégrité de l’œuvre. Difficile lorsqu’on doit se démarquer d’un concurrent, comme c’est ici le cas.

Emmanuel Pierrat, avocat spécialisé dans le droit de l’édition, explique :

« Les deux réalisateurs du film sont confrontés à un véritable casse-tête, ils doivent se démarquer l’un de l’autre sans dénaturer le texte original. »

Autre contrainte, les réalisateurs des deux « La Guerre des boutons » 2011 ne peuvent pas s’appuyer sur la première adaptation cinématographique d’Yves Robert : l’œuvre n’est pas libre de droit et les ayants droit du réalisateur ont refusé de céder les droits du film.

Théoriquement donc, il est interdit d’utiliser la réplique de P’tit Gibus « si j’aurais su, j’aurais pô v’nu » qui appartient au film originel.

Des précédents fameux, en attendant Céline

Adapter des œuvres littéraires tombées dans le domaine public n’est pas une nouveauté. Les « Liaisons dangereuses », le roman de Choderlos de Laclos, a été mis en scène par Roger Vadim et Stephen Frears. Plusieurs auteurs classiques de la littérature ont été adaptés, d’Alain Fournier (« Le Grand Meaulnes », adapté en 2006) à Maupassant (mis en scène par Ophüls et Renoir).

D’autres adaptation d’œuvres libres de droit sont également à venir. Les plus attendues concernent Céline, dont les textes viennent de tomber dans le domaine public. On sait déjà que Yann Moix est sur les rangs pour adapter le « Voyage au bout de la nuit ».

Marie-Pierre Valley, directrice artistique de Wild Bunch, conclut :

« Pour un réalisateur, c’est une chance de pouvoir s’assoir sur la notoriété d’un livre, c’est beaucoup plus facile pour communiquer ensuite dessus. »

Et ça, les producteurs des deux « Guerres des boutons » l’ont bien compris.

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  • Karmalene
    • Posté à 21h58 le 06/09/2011
    • Internaute 159349

    Ah, la Guerre des boutons. Le livre que j’ai du lire le plus de fois dans mon enfance, mon adolescence et plus encore, puisque je l’ai relu tout récemment ^^
    J’adore ce livre. Je l’ADORE. Vraiment. Quand j’étais gamine, je rêvais de faire partie de l’histoire. J’aurais bien aimé être La Crique, ce gamin super érudit, le sage de la bande, qui m’attirait vachement plus que la Tavie ou Marie. Enfin, bref, je réinventais l’histoire.
    Et pourtant...je n’ai jamais vu le film d’Yves Robert, et je ne pense pas aller voir ces deux-là. Parce que j’aime tellement ce roman que je pense que je ne pourrais qu’être déçue. Je me méfie des adaptations de bouquins en général, de toute façon. Parfois, c’est réussi, mais c’est aussi le prétexte à pas mal de navets.

    [Et pis de toute façon ça casse toujours toute la magie. J’ai tellement imaginé la tête que pouvaient avoir Lebrac et sa bande que de les voir avec d’autres visages me perturberait au plus haut point ^^]

  • vivi
    • Posté à 22h03 le 06/09/2011
    • Internaute 33813

    Ah, tiens, le passage d’une oeuvre dans le domaine public stimule la création de 2 autres oeuvres (sans jugement de valeur) ? Comme c’est curieux.

    Et moi qui croyais que prolonger le plus possible le droit d’auteur était la seule solution pour sauver la création...

  • ThTh
    ThTh
    informaticien
    • Posté à 22h54 le 06/09/2011
    • Internaute 157795
      informaticien

    On devrait plutôt dire « s’élever dans le domaine public » que tomber !

  • seb.a
    seb.a
    hors hexagone
    • Posté à 23h05 le 06/09/2011
    • Internaute 126414
      hors hexagone

    La guerre des boutons est un superbe livre pour montrer la distinction entre la langue orale et la langue écrite aux enfants : approximation syntaxique (et souvent comique) pour les dialogues, richesse lexicale et grammaire structurée pour les parties narratives. Cela m’avait beaucoup marqué lors de ma première lecture (j’sais plus à quel âge ? CM1 ?) d’être obligé de prendre un dictionnaire pour comprendre un livre.

    Cette dualité est souvent absente des livres et programmes « jeunesse » actuels (et quand à la télé-réalité....)

  • ostia
    ostia
    inadapté
    • Posté à 23h22 le 06/09/2011
    • Internaute 88960
      inadapté

    ça m’a donné envi de le revoir pour la 42ième fois

    • DiaboloSatanas
      DiaboloSatanas répond à ostia
      Fou du volant
      • Posté à 00h24 le 07/09/2011
      • Internaute 79165
        Fou du volant

      Monsieur flirte avec la censure à l’aide de son enfant nu .
      Monsieur est joueur ce soir : -)

      • ostia
        ostia répond à DiaboloSatanas
        inadapté
        • Posté à 12h22 le 07/09/2011
        • Internaute 88960
          inadapté

        ouais je suis un grand malade, enfant nu ET qui dit une phrase PROTÉGÉE ! ! !

  • Waldeck
    Waldeck
    Le désenchantement, c'est (...)
    • Posté à 09h45 le 07/09/2011
    • Internaute 36864
      Le désenchantement, c'est (...)

    Vous êtes au courant ?

    Siné revient :

    Lien

  • bjone
    bjone
    dev 3D
    • Posté à 10h37 le 07/09/2011
    • Internaute 62791
      dev 3D

    C’est rien 40K€.
    Si les prods ont attendu autant de décennies pour faire un remake sans avoir à payer 40K€, ça résume bien l’état de l’initiative en france.

  • Tom tom 7777
    Tom tom 7777
    esprit critique
    • Posté à 10h53 le 07/09/2011
    • Internaute 146051
      esprit critique

    Trop mais vraiment trop de dilettantisme et de manque de professionnalisme dans les articles sur le cinéma ! ! ! ! !

    Celine (mort en 1961) bientôt dans le domaine publique ?

    70 ans après la mort de l’auteur, comme vous l’écrivez au début de l’article, donc pas avant 2031 ! ! ! ! !

    Et encore, le mode de calcul peut être bouleversé avec un décompte particulier des années de guerre et d’autres événements ayant pu perturber la circulation de l’oeuvre. Pergaud mort en 1915, son oeuvre tombe dans le domaine publique en 2011.

    Relisez vous ! ! ! ! !

    • We want a shrubbery
      We want a shrubbery répond à Tom tom 7777
      Fonctionnaire à chat. Ni!
      • Posté à 13h18 le 07/09/2011
      • Internaute 100046
        Fonctionnaire à chat. Ni!

      J’ai Interpellé l’auteur sur ces bizarreries, relevées également par d’autres riverains, et il n’a jusqu’ici donné aucune réponse.

      • Tom tom 7777
        Tom tom 7777 répond à We want a shrubbery
        esprit critique
        • Posté à 13h45 le 07/09/2011
        • Internaute 146051
          esprit critique

        Je dirai simplement qu’ayant été étudiant en cinéma je sais que la question des droits est complexe. En tt ca le délai n’est jamais inférieur a 70 ans après la mort de l’auteur.

  • Julien83
    Julien83
    chroniqueur BD au Mague, (...)
    • Posté à 11h43 le 07/09/2011
    • Internaute 37797
      chroniqueur BD au Mague, (...)

    Pfffffff même pas en 3D cette guerre ! et en plus dans les 2 trailers ont oublie l’essentiel, la marque culte et éternelle de « La guerre des boutons » : le P’TIT GIBIUS ! ! ! !
    Mon pAAantaloon est décousuuuuuu et si ça continue on y verra le trou de mon ... PantaAalon ...est décousuuuu ...

    • We want a shrubbery
      We want a shrubbery répond à Julien83
      Fonctionnaire à chat. Ni!
      • Posté à 13h22 le 07/09/2011
      • Internaute 100046
        Fonctionnaire à chat. Ni!

      Repris en choeur par Pierre Tchernia, Galabru et Jean Richard ! Et Dufilho qui faisait picoler Tigibus...

  • Broadway
    Broadway
    Papy
    • Posté à 12h23 le 07/09/2011
    • Internaute 111633
      Papy

    Ben moi je vais lire le bouquin ! Gratos en pdf là :
    Lien

    Ce remake ne me dit rien qui vaille !

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 14h04 le 07/09/2011
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Deux remakes, en même temps... Putain, le niveau du cinéma : à marcher dessus.

  • isidor
    isidor
    pas intéressant
    • Posté à 14h17 le 07/09/2011
    • Internaute 49134
      pas intéressant

    L’œuvre de Louis-Ferdinand Céline tombe dans le domaine public en 2031, en Europe. Les droits serait détenus par Gallimard.
    Gallimard devrait pouvoir empêcher toute utilisation avant 2031, même dans d’autres pays comme le Canada où les droits passent dans le public à décès+50ans.

    Merci de corriger votre article.

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