A la une 04/09/2011 à 18h05

Quelle école voulez-vous ? Celle de Joly, Valls, Villepin, Le Pen ?

Mathieu Deslandes | Rédacteur en chef adjoint Rue89

Rue89 s’est plongé dans les programmes éducatifs des principales personnalités en lice pour la présidentielle.


Des craies de couleur (Francis Bourgouin/Flickr/CC).

C’est un sujet essentiel : tous les candidats considèrent l’école comme « matrice de la société ». D’un parti à l’autre, quatre préoccupations reviennent avec insistance :

  • la formation des professeurs : hormis à l’UMP, un consensus est en train de se dégager quant à la nécessité de redonner une formation pratique aux enseignants ;
  • le développement du soutien scolaire gratuit : pour Mélenchon, les socialistes, Morin et l’UMP, il doit être organisé dans les murs de l’école (mais pour l’UMP, c’est un dispositif à réserve aux écoles primaires de ZEP) ; Villepin le restreint aussi aux « communes défavorisées » mais préconise de l’organiser en dehors de l’école ; Borloo rêve d’offrir des activités ludiques aux élèves de CP et CE1 en difficulté « pour les placer en situation de réussite » ; Montebourg, lui, veut instaurer une étude obligatoire du primaire à la terminale ;
  • la petite enfance : le NPA prévoit des lieux d’accueil gratuits, EELV et le PS veulent garantir une place en crèche pour chaque enfant, l’UMP veut développer des « jardins d’éveil pour élargir l’offre de garde pour les 2-3 ans » tournés vers « les milieux défavorisés ». Le Nouveau Centre suggère de rendre l’école obligatoire à partir de deux ans dans les zones urbaines sensibles et les « zones rurales isolées » ;
  • des solutions pour les zones sensibles : dans l’ensemble, il s’agit de se donner les moyens de mieux encadrer les élèves de ZEP ou de ménager les profs en réduisant le nombre d’enfants par classes (Valls, Royal), le nombre d’heures de cours par enseignant (Aubry) ou la taille des collèges (Bayrou).

    Valls et l’UMP proposent de mieux payer les profs qui y exercent. Le PS veut revoir la sectorisation pour y intégrer un indice de mixité sociale (« l’enseignement privé sera concerné »). Villepin, lui, veut abandonner la « logique des zonages » mais offrir « un droit personnalisé à l’enseignement prioritaire pour aider les élèves qui en ont besoin en fonction de critères sociaux ou scolaires ».

En dehors de ces quatre points consensuels, nous avons tenté d’isoler, pour chaque candidat, la proposition qui reflète le mieux sa vision de l’école.

Nous n’avons pas retenu la nécessité de « revaloriser » le métier d’enseignant, de donner la priorité à l’acquisition des fondamentaux (lecture, écriture, calcul...) en primaire ou de mieux associer les parents d’élèves aux décisions. Là-dessus, tout le monde est d’accord.

De la même manière, pour les candidats à la primaire socialiste, nous avons écarté ce qui est déjà prévu par le programme du parti (et qui ne dit rien de leurs priorités personnelles) :

  • scolarisation obligatoire dès 3 ans ;
  • retour à la semaine de cinq jours ;
  • réinstauration d’une formation professionnelle des enseignants...

De gauche à droite, voici donc les priorités de quatorze potentiels candidats.


► Philippe Poutou : abolition des notes et de l’orientation

Le NPA refuse toute note, tout classement. Il défend une école commune pour tous de 3 à 18 ans sans sélection ni orientation.

L’avis de l’enseignant sur un élève ne peut être communiqué qu’à sa famille. « Nous refusons tout fichage de l’enfance, nous nous opposons à toute compilation publique ou numérisation des “performances”, des “capacités” ou des “compétences” d’un être humain », prévient le programme du parti.

► Jean-Luc Mélenchon : un enseignement d’égale qualité en filière générale et professionnelle

Le Front de Gauche prévoit que l’investissement de l’Etat dans les filières professionnelles soit augmenté de 50%. Mélenchon n’a pas oublié qu’il a été ministre délégué à l’Enseignement professionnel.

► Eva Joly : un collège vraiment unique

Europe Ecologie - Les Verts veut « réinventer » le collège unique :

« Cette école doit être commune et ne doit donc comporter aucune série ou filière, pas plus qu’elle ne pratiquerait le redoublement. »

Le brevet devrait sanctionner « notamment une culture professionnelle, la culture transmise dans cette école fondamentale incluant des savoirs technologiques et un véritable contact avec le monde professionnel ».

Ensuite, deux lycées possibles : professionnel ou général et technologique. Dans ce dernier, les séries seraient supprimées. Chaque élève pourrait se construire un parcours personnalisé en piochant dans des modules.

► Arnaud Montebourg : non à l’enseignement à la carte

Le président du conseil général de Saône-et-Loire entend revenir sur la libéralisation des choix scolaires, pour que l’école cesse d’être le premier lieu où s’applique l’idéologie néolibérale. Il ne veut plus de classes différenciées (les classes européennes, bilangues, « allemand première langue et latin »...) mais un « tronc commun de la scolarité obligatoire » pour « tous les élèves jusqu’à 15 ans » pour que « tous les élèves » reçoivent les mêmes savoirs. Une école commune réunirait primaire et collège en un établissement unique.

► Ségolène Royal : un deuxième adulte face aux élèves

La présidente de la région Poitou-Charentes défend l’idée d’un « deuxième adulte dans certaines classes » pour épauler l’enseignant et accompagner les élèves en difficulté.

► François Hollande : prise en charge des enfants garantie dès 2 ans

Le président du conseil général de Corrèze veut pousser l’Etat et les collectivités à « coopérer avec les associations » pour que les enfants à partir de 2 ans puissent être « pris en charge », si les parents en font le choix. « Pour les 2,7 millions d’élèves les plus démunis, il faut aussi donner à leur famille un droit prioritaire pour la garde de leurs enfants. »

► Martine Aubry : plus d’autonomie pédagogique pour les enseignants

La maire de Lille a peu d’idées sur l’éducation en plus de celles contenues dans le projet socialiste. Elle flatte les enseignants en leur promettant une plus grande autonomie pédagogique « pour qu’ils puissent se concerter et travailler en équipe, partager et transmettre les initiatives qui marchent et qu’il faut mutualiser ».

► Manuel Valls : salaire doublé pour les profs de ZEP

Le député-maire d’Evry veut réserver les classes de ZEP aux professeurs les plus expérimentés. Et majorer de 100% leur salaire. « Enseigner aux Tarterêts, ce n’est pas la même chose qu’enseigner à Neuilly. »

► François Bayrou : plus de jours travaillés, mais moins d’heures de cours par jour

Le MoDem voudrait aligner le rythme des écoliers français sur ceux des élèves européens. Et donc modifier l’organisation de l’année scolaire.

« Elle n’est en France que de 144 jours par an (4 jours pendant 36 semaines) alors qu’elle est en Europe, en moyenne, de 185 jours. La journée des écoliers français est la plus longue du monde, mais nos écoles sont fermées la moitié de l’année. L’objectif que nous devons nous fixer est de parvenir en quelques années à rejoindre la moyenne européenne. La journée de travail scolaire doit être allégée pour l’enfant, et pour les professeurs afin qu’ils puissent enseigner, à un meilleur rythme », avancent les textes du parti.

► Villepin : une seule « cité scolaire » de 3 à 18 ans pour un meilleur suivi

République solidaire veut regrouper dans des « cités scolaires » et sous une direction commune tous les établissements par lesquels passe un élève au cours de sa scolarité afin d’offrir un meilleur suivi.

► Jean-Louis Borloo : généraliser les innovations locales

Le Parti radical espère généraliser des « initiatives locales qui marchent ». Il veut créer un « établissement public » chargé de les repérer puis d’accompagner leur mise en œuvre.

► Hervé Morin : autonomie pour toutes les écoles

Le Nouveau Centre promet d’accorder l’autonomie à tous les établissements scolaires, sur le modèle de la réforme des universités. Un cadre général serait fixé au niveau national, un contrat d’objectifs et de moyens serait signé avec le rectorat, mais le chef d’établissement aurait la liberté de définir son projet (les programmes, l’organisation des cours, le recrutement de nouveaux profs...) avec les enseignants et les parents.

► Nicolas Sarkozy : des chefs d’établissements maîtres chez eux

L’UMP veut également accorder l’autonomie administrative aux chefs d’établissements pour le recrutement des professeurs et l’autonomie pédagogique pour expérimenter de nouvelles méthodes. Des budgets supérieurs seraient alors attribués aux établissements classés en ZEP.

► Marine Le Pen : pour une école policée

Le Front national veut, « dans les collèges et les lycées où cela se justifie », autoriser les chefs d’établissement à fouiller les élèves suspects. Marine Le Pen considère aussi qu’il faut installer des portiques de détection des métaux et sanctionner financièrement les parents des élèves qui entrent à l’école avec un objet dangereux (suppression des allocations familiales « dans les cas les plus graves »).

La moindre agression « même verbale » d’un prof par un élève ou un parent d’élève devrait être « immédiate et exemplaire pas sa dureté ».

Le FN exige un « code vestimentaire strict » et l’interdiction du téléphone portable « de la primaire au lycée ». Quant aux établissements « irrécupérables », ils devraient être « matériellement détruits ».

► Et aussi...

En bonus, voici quatre autres idées que nous avons repérées, susceptibles de stimuler la réflexion :

  • en ville, des établissements scolaires organisés par classes (6e-5e ou 4e-3e) plutôt que par quartiers « pour instaurer une vraie mixité sociale » (UMP) ;
  • la scolarité rendue obligatoire jusqu’à 18 ans (Mélenchon) ;
  • un lycée polyvalent regroupant l’enseignement général, technologique et professionnel « pour faciliter les passerelles entre les différentes filières » (Montebourg) ;
  • des classes préparatoires aux grandes écoles dans tous les quartiers (Royal).

Et vous ? Quelles seraient vos priorités pour l’école ? Racontez-nous.

Avec Zineb Dryef, Marie Kostrz, François Krug, Nolwenn Le Blevennec et Sophie Verney-Caillat.

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  • amonhumbleavis
    • Posté à 09h24 le 05/09/2011
    • Internaute 93168

    Non mais ça va un peu vos clichés merdeux sur les lycées de ZEP.

    Y avez-vous mis les pieds ?

  • Sebek
    Sebek répond à guiliguili
    Assis debout
    • Posté à 13h16 le 05/09/2011
    • Internaute 148937
      Assis debout

    5 boules pour la prof bastonnée à cause de sa vision du moyen-âge. J’ai bien ri.

    • guiliguili
      guiliguili répond à Sebek
      loin
      • Posté à 13h30 le 05/09/2011
      • Internaute 166451
        loin

      C’est gentil ça. Je fais des message désopilants et en retour j’ai que des insultes. Parfois c’est duuur.

  • Saba
    Saba répond à Airinys
    • Posté à 09h21 le 05/09/2011
    • Internaute 9356

    Enfin je ne suis pas sûre que si l’on envoyait tous les agrégés de Louis Le Grand dans un lycée de Zep , cela changerait grand chose aux résultats des élèves . Le système des grands lycées parisiens fonctionne avec une clientèle triée sur le volet parce que les parents des élèves qui fréquentent ces établissements appartiennent dans l’ensemble à l’élite riche et cultivée ;
    Et puis ce serait dire qu’il suffit d’être agrégé pour être un « bon » enseignant : j’ai connu des agrégés qui étaient totalement inaptes à l’enseignement ;
    Ce qui me semble important dans ces lycées difficiles c’est un véritable travail en équipe, sur des projets auxquels sont associés élèves et parents et évidemment cela nécessite des moyens et une solide formation pédagogique des enseignants et probablement des emplois du temps totalement modifiés.

    • amonhumbleavis
      amonhumbleavis répond à Saba
      • Posté à 09h27 le 05/09/2011
      • Internaute 93168

      Non, ce qu’il faut dans les lycées difficiles, ce sont des professeurs qui ne soient pas complètement flippés par ce qui est colporté sur les jeunes de banlieue, qui ne sont ni pires ni meilleurs que tous les jeunes de France.

      La différence c’est qu’on leur donne pour professeur des jeunes diplômés déracinés, n’ayant jamais connu la vie parisienne qui sont tellement stressés que les gamins ne peuvent que se le prendre en pleine gueule.

    • Airinys
      Airinys répond à Saba
      • Posté à 10h54 le 05/09/2011
      • Internaute 52467

      Un moment il faut bien prendre des critères objectifs, on peut tergiverser pendant 350 000 ans comme ça sans arriver à décider quoique ce soit.

      • Saba
        Saba répond à Airinys
        • Posté à 11h32 le 05/09/2011
        • Internaute 9356

        Je n’ai pas très bien compris ce que vous voulez dire.

        • Airinys
          Airinys répond à Saba
          • Posté à 11h50 le 05/09/2011
          • Internaute 52467

          « Et puis ce serait dire qu’il suffit d’être agrégé pour être un “ bon” enseignant “

          Je réagissait à ça.

          Aucun critère ne permet de juger a priori avec certitude si quelqu’un est bon ou pas.
          Il faut donc un moment fixer des critères objectifs :
          - l’expérience
          - la qualité du CV.

          Sinon cela veut dire que des agrégés sont surpayés ...

          • Saba
            Saba répond à Airinys
            • Posté à 13h20 le 05/09/2011
            • Internaute 9356

            Encore une fois il ne suffit pas d’être très doué dans sa discipline pour être capable de faire passer ses connaissances auprès d’élèves qui ne sont pas prêts à les absorber .Certains diront : c’est la faute des élèves , ils ont été mal formés dans le primaire ou mal éduqués par leurs parents. Reste que les élèves sont ce qu’ils sont et qu’il faut faire avec . C’est pourquoi il est INDISPENSABLE que chaque enseignant ait une bonne formation pédagogique qui lui apprenne à prendre l’élève là où il est , pour le mener plus loin.
            C’est le B A BA de l’enseignement et c’était déjà le point de vue de Montaigne : « On ne cesse de criailler à nos oreilles comme qui verserait dans un entonnoir, et notre charge ce n’est que redire ce qu’on nous a dit. Je voudrais qu’il corrigeât cette partie , et que, de belle arrivée, selon la portée de l’âme qu’il a en main, il commençât à la mettre sur la montre, lui faisant goûter les choses, les ouvrir et discerner d’elle-même ; quelquefois lui ouvrant le chemin , quelquefois le lui laissant ouvrir. »

            • paxanka
              paxanka répond à Saba
              Parmi les Zotres
              • Posté à 11h49 le 12/10/2011
              • Internaute 144237
                Parmi les Zotres

              « ils ont été mal formés dans le primaire “
              Je pense à mon inspecteur qui dit haut et fort que ce n’est pas aux enseignants du primaire à s’adapter au collège, mais bien l’inverse. Le primaire va bien comparé au collège (même si plein de choses sont à améliorer aussi).

            • paxanka
              paxanka répond à Saba
              Parmi les Zotres
              • Posté à 11h49 le 12/10/2011
              • Internaute 144237
                Parmi les Zotres

              doublon

            • paxanka
              paxanka répond à Saba
              Parmi les Zotres
              • Posté à 11h50 le 12/10/2011
              • Internaute 144237
                Parmi les Zotres

              triplon ?

  • PeutMieuxFaire
    PeutMieuxFaire répond à Airinys
     ?
    • Posté à 10h08 le 05/09/2011
    • Internaute 88286
       ?

    @Airinys : entièrement d’accord !
    Contrairement à la volonté louable et largement partagée de mettre plus de moyens là où les problèmes sont plus cruciaux, depuis toujours et même s’il y a souvent un ration élèves/profs plus faible dans les ZEP, ce sont les établissements peu problématiques qu’y profitent des plus importants crédits.
    Une mesure simple et gratuite : « intégrons les salaires » au budget des établissements et personne ne pourra rester de marbre devant les disparités alors démontrées.

    De même, si face aux trop rares et trop faibles bourses accordées aux plus démunis, on mettait les réductions d’impôts qui profitent aux familles plus aisées (via le quotient familial), on constaterait d’autres disparités.

  • Blinky
    Blinky répond à Samuel_A
    Devious tipiak
    • Posté à 09h16 le 05/09/2011
    • Internaute 83426
      Devious tipiak

    D’un autre côté, on critique bien vite ici mais on propose que dalle non plus. On les attend vos propositions alternatives. La démocratie et sa politique, ce n’est pas d’attendre comme un assisté qu’on lui mette tout cru un programme sur mesure dans la bouche...

    De manière générale, je trouve l’article mal construit. Quelle valeur pour ces mesures si elles ne s’intègrent pas dans une politique globale ? Pratiquez une vraie comparaison plutôt que de coller des mesurettes par ci par là...

  • soutenable lourdeur du néant
    • Posté à 18h17 le 04/09/2011
    • Internaute 134590

    et aucun pour proposer (et avoir les « cojones » de le faire) une refonte totale de la sélection des profs (des concours absurdes aujourd’hui), de manière à favoriser les vocations dès les premières années d’université, par des cursus spécialisés en pédagogie ET dans une discipline, par exemple...

    Aucun non plus pour proposer de supprimer cette peu glorieuse « exception française » que constituent les classes préparatoires et les écoles diverses qui leurs succèdent ! Redonner à l’Université la possibilité de former les ingénieurs, les cadres de l’administration et des entreprises, les commerciaux, etc.

    Résultat, quelle école ? Aucune des vôtres, messieurs dames.

    • Papcha
      • Posté à 18h32 le 04/09/2011
      • Internaute 96818
        Etudiant

      On les sélectionnerai comment les profs ?

      • soutenable lourdeur du néant
        • Posté à 18h36 le 04/09/2011
        • Internaute 134590

        comme dans tous les autres pays du monde, par un double cursus en enseignement et dans une discipline, à l’Université, par des examens.

        Regardez ce qui se fait ailleurs, la France est la seule à fonctionner comme ça.

         
        • Papcha
          • Posté à 18h50 le 04/09/2011
          • Internaute 96818
            Etudiant

          Daccord, j’ai ma réponse.

          Merci

          • soutenable lourdeur du néant
            • Posté à 18h59 le 04/09/2011
            • Internaute 134590

             ; -)

            Je vis au Canada, où, pour enseigner, il est obligatoire d’avoir au moins une double « licence » (l’équivalent) : en enseignement, et dans la formation disciplinaire choisie, plus beaucoup de stages : ça évite pas mal d’erreurs !

            • caro
              caro répond à soutenable lourdeur du néant
              délinquante avérée
              • Posté à 19h34 le 04/09/2011
              • Internaute 6484
                délinquante avérée

              à votre avis, à quoi servaient les IUFM supprimés par sarko, dans lesquels on pouvait entrer après une licence, pour devenir instit ou prof des écoles ?
              Revoir le CAPES et l’AGREG, d’accord

              • soutenable lourdeur du néant
                • Posté à 19h38 le 04/09/2011
                • Internaute 134590

                ben les IUFM, c’était une « formation » accélérée UNE FOIS les concours passés. C’est assez différent d’une formation de plusieurs années en parallèle de la formation disciplinaire, non ?

                Parce que lIUFM, c’est, grosso modo. « Bon, vous êtes tous profs, maintenant on va voir si vous aimez/êtes capables d’être profs ». C’est fonctionner à l’envers

                • caro
                  caro répond à soutenable lourdeur du néant
                  délinquante avérée
                  • Posté à 20h02 le 04/09/2011
                  • Internaute 6484
                    délinquante avérée

                  il y avait un concours d’entrée dans les IUFM.
                  La 1ère année servait surtout à préparer les différents concours d’enseignants de tous les niveaux, la 2e année servait à la formation professionnelle de ceux qui avaient réussi les concours avec beaucoup de terrain et de pédagogie.
                  C’était quand même mieux que le rien de sarko qui ose balancer des prof devant une classe sans aucune préparation.
                  Avant, il existaient les IPES, des étudiants qui, au bout de leur 1ère année de fac décidait d’être prof. Ils étaient alors déjà considérés comme futurs enseignants, rémunérés, avec une obligation d’enseigner au minimum 10 ans, ils suivaient en parallèle une formation normale en fac dans la discipline qu’ils avaient choisie et passaient les concours CAPES ou AGREG.
                  Bien sûr, les IPES ont disparu

                  Ce qu’il faut revoir, ce sont les concours. Ce n’est pas parce que quelqu’un réussit un concours qu’il est bon pédagogue.

                  • soutenable lourdeur du néant
                    • Posté à 20h55 le 04/09/2011
                    • Internaute 134590

                    c’est ni plus ni moins ce que je dis plus haut...

                     ; -)))

                    • caro
                      caro répond à soutenable lourdeur du néant
                      délinquante avérée
                      • Posté à 22h50 le 04/09/2011
                      • Internaute 6484
                        délinquante avérée

                      sauf que « Redonner à l’Université la possibilité de former les ingénieurs, les cadres de l’administration et des entreprises, les commerciaux, etc. » ça existe déjà, l’université est de plus en plus professionalisante ;)

                  • labrisure
                    labrisure répond à caro
                    Personnage exceptionnel
                    • Posté à 22h43 le 04/09/2011
                    • Internaute 48949
                      Personnage exceptionnel

                    Les IUFM enseignaient non pas la pédagogie, mais le pédagogisme qui a tant fait mal à notre éducation et dont même le père spirituel (dont j’ai oublié le nom) a reconnu l’échec.

                    • jmc70
                      jmc70 répond à labrisure
                      En hibernation
                      • Posté à 13h48 le 05/09/2011
                      • Internaute 106581
                        En hibernation

                      Accuser les IUFM de pédagogisme c’est relayer les mêmes lieux communs que ceux qui voulant tuer leur chien l’accusaient de la rage - car l’idée à l’époque était de supprimer les IUFM uniquement pour faire des économies.
                      Une théorie du « complot » des IUFM ne tient pas tant les personnels qui intervenaient étaient différents et pouvaient avoir des conceptions différentes de l’enseignement. D’ailleurs les disparités dans les formations pouvaient être assez grandes d’une région à l’autre.
                      A partir des programmes officiels, les IUFM rédigeaient un plan de formation qui était soumis au ministère : ce plan n’abordait pas les détails mais uniquement les grandes lignes de la formation - nombre d’étudiants accueillis dans chaque discipline, place des stages, horaires, respect des priorités nationales etc.
                      Ensuite la variété de recrutement des formateurs apportait une grande variété de conceptions :
                      - les universitaires qui sont souvent arrivés à reculons car, mis à part en sciences humaines, ils trouvaient difficilement leur place dans une formation professionnalisante de ce type (faute de recul) - au fait, le grand Satan dont vous avez oublié le nom n’était-il pas Meirieu dont un excellent article parle dans le Lien d’aujourd’hui ?
                      - les PIUFM (professeurs d’IUFM), pour la plupart des certifiés, transfuges des anciennes Ecoles Normales mais par la suite recrutés à temps partiels dans les collèges et les Lycées - des gens proches du terrain qui apportaient des compléments disciplinaires et théoriques (pas évident pour un étudiant avec une licence de lettres d’enseigner les mathématiques ou la physique) ;
                      - les formateurs de terrain (pour les professeurs des Ecoles, généralement des IMF qui travaillaient en école d’application - cette dernière étant souvent située en ZEP) ;
                      - les conseillers pédagogiques de l’Inspection Académique qui les visitaient en stage.
                      Cette formation était efficace pour les professeurs des écoles qui n’avaient la charge de classe que pendant quelques périodes dans l’année. C’était plus discutable pour les professeurs de collèges et de Lycée qui travaillaient une partie de la semaine dans leur établissement et suivaient les cours à l’IUFM le reste du temps.
                      Pour revaloriser la profession et la mettre aux normes européennes, il fallait augmenter le niveau de recrutement. Un étudiant ayant un master de physique sera-t-il beaucoup plus efficace pour faire des leçons de langage à l’école maternelle ?

            • swing2010
              • Posté à 23h04 le 04/09/2011
              • Internaute 102523
                instit

              Double licence = 6 ans minimum d’études, comptons 7 il faut bien souffler un peu. A condition d’avoir eu son bac à 18 ans, on ne peut pas espérer commencer dans le métier avant 25 ans minimum, si on y ajoute les stages et la formation, on pousse facile à 26, 27 ou 28 ans. Derrière, il faut se faire pour le moment 42 ans de boulot, on finit donc vers l’âge de... 68 à 70 ans ! Mais qui aura la patience et l’énergie pour tenir jusque là ? Sans compter que deux licences, il n’y a pas beaucoup de parents qui peuvent les assumer financièrement. Donc un recrutement de plus en plus élitiste. Encore une idée à la con...

              • soutenable lourdeur du néant
                • Posté à 23h06 le 04/09/2011
                • Internaute 134590

                les deux cursus, en parallèles. C’est-à-dire en mme temps.

                • swing2010
                  • Posté à 23h19 le 04/09/2011
                  • Internaute 102523
                    instit

                  2 licences en même temps ? Et ils dorment quand ?

                  • soutenable lourdeur du néant
                    • Posté à 23h31 le 04/09/2011
                    • Internaute 134590

                    euh : d’abord, j’ai fait 2 licences en mme temps, et y’a rien de très dramatique. En plus, une double licence et deux licences indépendantes, ce ne sont pas les mmes choses.

                    Ici, au Canada, où je vis (et où j’enseigne... à ces étudiants là), les deux cursus sont aménagés de manière à en faire un seul complet. Du coup, en 4 ans en moyenne, les étudiants sont doublement formés, dans la discipline et en pédagogie.

                    Comme quoi, c’est pas sorcier, puisque ça existe... partout, sauf chez nous. En Belgique, en Europe du Nord, en particulier, il me semble que cela fonctionne pareil qu’ici.

                    • myosotis_lys
                      • Posté à 23h41 le 04/09/2011
                      • Internaute 89449
                        Précaire

                      faire une double licence c’est difficile et la fac met beaucoup de bâtons dans les roues... J’ai l’équivalent d’une double licence et j’ai raté beaucoup de cours à cause des chevauchements d’emploi du temps (1/3 de cours zappés), problème d’heures pour les exams...

                      • Squall Lionheart
                        Squall Lionheart répond à myosotis_lys
                        Un message que les riverains (...)
                        • Posté à 01h28 le 05/09/2011
                        • Internaute 103509
                          Un message que les riverains (...)

                        Au niveau flexibilité, on a probablement les pires universités au monde. Vous ne pouvez pas vous imaginer à quel point c’est souple au Canada.

                        • myosotis_lys
                          myosotis_lys répond à Squall Lionheart
                          Précaire
                          • Posté à 01h39 le 05/09/2011
                          • Internaute 89449
                            Précaire

                          Le système canadien est plus souple et ouvert aux doubles licences... En France c’est possible mais il faut savoir se battre avec les administrations...

                    • Autist Reading -
                      Autist Reading - répond à soutenable lourdeur du néant
                      In enculo cum vibro
                      • Posté à 09h38 le 05/09/2011
                      • Internaute 73535
                        In enculo cum vibro

                      Pour les instit, je ne vois pas la nécessité d’avoir une licence en bio ou en anglais.

                      Avant les IUFM, il y avait des écoles normales, trois ans de formation pédagogique après le bac, c’était très bien.

                      C’est pour ça qu’on l’a remplacé par l’IUFM.

                      Pour couler l’école, mieux vaut des types qui ont pris 17 en maths au bac S et 5 en français, qui ont eu une licence de maths, n’ont aucune culture générale, et qu’on forme à la va-vite en un an, que des gens ayant un bon niveau général qu’on forme pendant trois ans.

                      • soutenable lourdeur du néant
                        • Posté à 14h47 le 05/09/2011
                        • Internaute 134590

                        cette solution est destinée aux profs du secondaire. Ça va sans dire.

                        Et l’idée de l’IUFM est bonne, le fait qu’il intervienne après la sélection et non avant l’est bien moins...

            • Saba
              • Posté à 09h34 le 05/09/2011
              • Internaute 9356

              Certainement mais on nous a bassinés en France toutes les années dernières sur l’inanité de la pédagogie ( j’ai même entendu une fois à la radio une prof de philo qui intervenait dans un IUFM dire que la pédagogie ne s’apprenait pas) . Il suffisait pour un prof ou un instit de crier contre les « pédagogos » pour se voir offrir un boulevard par les medias .
              Résultat : on a allongé la formation dans la discipline d’un an et supprimé la formation pédagogique . Vous imaginez les jeunes qui ont fait des études de français ou d’histoire parce qu’ils aimaient ces disciplines , qui sont devenus des spécialistes de Proust ou de l’histoire romaine et qui se voient balancés dans un lycée de banlieue sans aucune formation pédagogique ? Il y a de quoi se mettre à chercher très vite un autre métier.....
              Pas étonnant que les concours d’enseignants ne fasse plus recette.

              • amonhumbleavis
                amonhumbleavis répond à Saba
                • Posté à 10h01 le 05/09/2011
                • Internaute 93168

                La lutte contre la pédagogie (toute forme de pédagogie) provient de la fondation pour l’école, dont une grande « penseuse » vient d’obtenir un poste à grande visibilité médiatique : Natacha Polony vient remplacer Zemmour.

                Lien

                Je vous laisse leur site, pour que vous voyez en haut à droite, par quoi ça commence et à qui ça s’adresse.
                Lien

        • myosotis_lys
          • Posté à 23h34 le 04/09/2011
          • Internaute 89449
            Précaire

          J’en ai vu des cursus comme ça dans ma fac à Nancy...

        22 autres commentaires
    • vivivivi
      vivivivi répond à soutenable lourdeur du néant
      indépendant
      • Posté à 23h01 le 04/09/2011
      • Internaute 123431
        indépendant

      car en réalité tout ça ne sert à rien et n’arrivera à rien, ils font juste mousser la crème ! !

      de toute façon une fois élu, ils en ont rien à battre de l’école et des citoyens, une fois élu, c’est les oligarques qui seront servis les premiers qui seront chouchoutés, pas les gosses de banlieue ou même les mères au foyer,

      mais réellement qu’en ont ils à faire ?

  • philippe.edmond
    philippe.edmond
    http://unvoyageauliban.bafweb. (...)
    • Posté à 18h17 le 04/09/2011
    • Internaute 39518
      http://unvoyageauliban.bafweb. (...)

    Pouvez vous indiquer vos sources ? Où peut on trouver ces fameux programmes ?

    • ostia
      ostia répond à philippe.edmond
      inadapté
      • Posté à 18h25 le 04/09/2011
      • Internaute 88960
        inadapté

      ouais bah quand on n’est pas feignant on tape sur google et on a tous les programmes de tout le monde

      après libre à vous de vous les farcir

  • manu2005
    manu2005
    Afghanistan,Lybie, la france (...)
    • Posté à 18h19 le 04/09/2011
    • Internaute 1805
      Afghanistan,Lybie, la france (...)

    Il y avait une italienne qui avait eu de très bon résultat, semble-t-il, dans les milieux défavorisés.
    On en parle souvent, mais dans les milieux favorisés.
    Elle s’appelait Montessori.
    A-t-on déjà réfléchi sa méthode chez les « décideurs » ?

    • alexandre libr
      alexandre libr répond à manu2005
      'pataphysicien
      • Posté à 22h02 le 04/09/2011
      • Internaute 106514
        'pataphysicien

      oui mais elle donne de très mauvais résultats (avec celle de Freinet également) : les jeunes adultes seront autonomes, auront l’esprit critique et se dirigeront vers une société autogérée...

      quand vous êtes une centaine à avoir besoin de 65 millions d’esclaves aliénés vous ne pouvez vous permettre ce type d’éducation..

      heureusement la grande majorité des profs ne s’intéressent pas aux méthodes qui marchent et privilégient, disons, d’autres choses...

  • Sébounet
    Sébounet
    Null
    • Posté à 18h43 le 04/09/2011
    • Internaute 131965
      Null

    « en réduisant le nombre d’heures de cours par enseignant (Aubry) »
    Voila pourquoi je ne voterais pas Aubry, des programmes clientélistes systématiques. Faut dire que le contingent de fonctionnaires est important et celui de l’education nationale, le plus gros. Franchement, Aubry est aussi une plaie... [HS/]

    • tlaloc
      tlaloc répond à Sébounet
      Retraité
      • Posté à 19h08 le 04/09/2011
      • Internaute 47359
        Retraité

      Ce que vous dites est faux dans le programme du PS il n’est pas du tout question de diminuer le nombre d’heures de cours pour les enseignants.

      • Sébounet
        Sébounet répond à tlaloc
        Null
        • Posté à 19h45 le 04/09/2011
        • Internaute 131965
          Null

        « des solutions pour les zones sensibles : dans l’ensemble, il s’agit de se donner les moyens de mieux encadrer les élèves de ZEP ou de ménager les profs en réduisant le nombre d’enfants par classes (Valls, Royal), le nombre d’heures de cours par enseignant (Aubry) ou la taille des collèges (Bayrou) » Voila pour la déclaration.

        Il suffirait de lever les yeux en haut sur l’article et s’est écrit noir sur blanc. Prière sinon de vous adresser à l’auteur.

        Quand au reste du programme, beaucoup de « compassion » et la promesse habituelle de concertations assez floues.

         
        • A déménagé le 13-10-11
          A déménagé le 13-10-11 répond à Sébounet
          non connu
          • Posté à 20h03 le 04/09/2011
          • Internaute 29372
            non connu

          Sub

          Valls+Royal+Aubry+Bayrou =/= Programme(PS)

          End Sub

          • Sébounet
            • Posté à 20h46 le 04/09/2011
            • Internaute 131965
              Null

            A la place de proposer des primes aux inspecteurs, pour évaluer tous ces enseignants, d’ailleurs, tous, très bien notés. On ne pourrait pas le demander directement aux principaux intéressés, c’est à dire les enfants. Ça pourrait se faire très facilement et de manière anonyme, aussi.... Ce qui se fait dans les pays du Nord.

            Concernant ta remarque,pas un qui est d’accord avec l’autre. Entre un fou qui veut rentrer avec des chars dans les cités et l’autre, complètement de mauvaise foi pour récupérer des voix des femmes. « L’essentiel, c’est la clientèle » disent de épiciers de quartiers.

            • labrisure
              labrisure répond à Sébounet
              Personnage exceptionnel
              • Posté à 22h46 le 04/09/2011
              • Internaute 48949
                Personnage exceptionnel

              Des primes ? Vous appelez ça des primes ?

              Certains ont reçu 20 000 € de primes, c’est un salaire carrément !

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