Tribune 25/08/2011 à 12h37

Brandir le mérite scolaire pour ne pas lutter contre les inégalités

Jean-Baptiste Mauvais | Enseignant


Des lycéens passent l’épreuve de philosophie du baccalauréat au Lycée Clémenceau de Nantes, le 16 juin 2011 (Stephane Mahe/Reuters).

Rentrée des classes. L’école républicaine, laïque, a sa grand-messe, et sa Sainte Trinité : élitisme républicain, mérite, égalité des chances. Ces principes ont connu un regain de vie significatif dans le discours public et politique depuis la campagne présidentielle de 2007.

Le souhait d’un retour à l’école de l’oncle Jules Ferry, hussards noirs et bon sens retrouvés, promettait davantage que le plaisir fugace d’un parfum suranné : l’efficacité sociale – et politique, pour ceux qui la prônaient.

Valorisant les efforts de chacun, promettant une juste rétribution en fonction des talents et des capacités individuelles, le mérite et l’égalité des chances semblaient frappés au coin du bon sens. L’un et l’autre posent problème, pourtant : erronés d’un point de vue sociologique, ils menacent dans la pratique la cohésion sociale.

Les sociologues Marie Duru-Bellat dans « Le mérite contre la justice », et François Dubet, dans « Les places et les chances », en ont interrogé les mécanismes, les présupposés et les effets problématiques.

Premier constat il est impossible, dans l’état actuel de nos connaissances sur le monde social, de mesurer le mérite. Marie Duru-Bellat souligne combien les inégalités s’accumulent tôt face aux apprentissages scolaires : les élèves, placés de fait en situation de concurrence, sont inégaux dès le début des parcours scolaires.

A l’âge de cinq ans, soit avant même l’entrée à l’école élémentaire et l’apprentissage de la lecture et de l’écriture, les inégalités de développement cognitif et langagier s’expliqueraient à hauteur de 70% par des facteurs dépendant du milieu familial : style éducatif adopté par les parents, valeurs invoquées et transmises implicitement ou explicitement, représentations de l’école, valorisée, rejetée ou peu investie, selon les familles.

Originalité et aisance verbale ne sont pas égales

Difficile, dans ces conditions, de déceler le mérite des uns par rapport aux autres, quand des éléments extérieurs indépendants des talents propres et de la volonté des élèves entrent si tôt en jeu.

Ce rôle précoce et massif d’éléments extérieurs remet par ailleurs en cause « l’égalité des chances » : celle-ci apparaît illusoire, si des inégalités puissantes sont à l’œuvre dès l’école maternelle, voire même avant, au regard de la diversité des expériences intra-utérines et postnatales d’un individu à l’autre.

La réussite à l’école implique des qualités et l’adéquation à des normes informelles, telles que l’originalité et l’aisance verbale.

Parce qu’elles ne font pas l’objet d’un apprentissage explicite, et parce qu’elles sont bien plus présentes chez les élèves issus des milieux favorisés, de par l’analogie des manières d’être et de faire familiales et des attentes scolaires implicites, ces qualités se révèlent discriminantes, sources d’inégalités là encore très précoces.

Autre élément à charge : « l’étroitesse des types de qualités et de savoir-faire que l’école peut repérer dans son fonctionnement courant », selon Marie Duru-Bellat. Autrement dit : comment parler de « mérite » des uns par rapport aux autres, appréciation globale sur la personne, lorsque les critères sont à la fois si peu nombreux et si strictement liés aux apprentissages scolaires ?

Les responsables politiques se saisissent de ces exemples« probants »

Aux yeux des défenseurs du mérite et de l’égalité des chances, la volonté individuelle semble constituer un critère imparable : celui qui mérite, c’est d’abord celui qui a voulu, parfois contre vents et marées. C’est donc cette volonté et cet effort que l’on récompense.

Pour preuve : les nombreux cas d’individus issus de milieux défavorisés ayant réussi socialement, et dans le cadre scolaire, les parcours spectaculaires d’élèves obtenant des résultats remarquables au regard d’origines sociales modestes.

Les responsables politiques se saisissent de ces exemples : regardez ce mérite probant et concret, on peut tout avec la volonté de s’en sortir ! Au sujet de ces réussites dites paradoxales, un examen détaillé des trajectoires de vie est éclairant. Dans son ouvrage 1 sur 500. La réussite scolaire en milieu populaire, J.-P. Laurens montre que, derrière des traits en apparence communs – catégorie socio-professionnelle des parents, lieu de résidence – ces réussites s’inscrivent dans un contexte familial différent de la majorité d’autres foyers défavorisés.

Le plus souvent, le milieu familial est certes modeste, mais fortement mobilisé sur la réussite scolaire, disposé de ce fait à consentir de nombreux efforts afin de favoriser autant que possible la réussite de l’enfant projetée sur le long terme : encadrement serré du travail scolaire par un ou plusieurs membres de la famille, maximisation des ressources culturelles disponibles, sociabilités juvéniles surveillées et choisies.

« Je veux continuer mais je sais que je ne vais pas y arriver »

A ce titre, ces réussites, si elles doivent être à coup sûr soutenues et encouragées – on pense, par exemple, aux internats d’excellence récemment mis en place –, ne sont en rien comparables aux parcours d’autres élèves pourtant eux aussi issus de milieux défavorisés.

Le lien entre mérite et volonté individuelle apparait lui-même sujet à caution. Le fait même de vouloir, de consentir des efforts réguliers en vue d’un but donné qui échappe à la satisfaction à court terme, constitue déjà en lui-même un prérequis dépendant d’autres facteurs que la volonté elle-même : besoin de reconnaissance de la part des figures parentales et familiales, ou bien au contraire désir de se démarquer par rapport à des attentes données.

Ainsi, la volonté, parce qu’elle n’est pas donnée mais acquise, et à ce titre liée à l’histoire intime et contingente de chacun, apparaît déjà comme discriminante dans les parcours scolaires et sociaux. Les élèves qui réussissent à l’école, qu’ils soient issus de milieux sociaux favorisés ou défavorisés, doivent en très grande partie leur réussite à des facteurs à la fois précoces et dont la présence favorable échappe massivement à leur contrôle interne.

Un élève décrocheur, survêtement Tacchini de rigueur, cumulant les difficultés depuis son plus jeune âge, me disait sans larmoiement mais lucidement :

« Je veux continuer mais je sais que je ne vais pas y arriver. »

Inégalités acceptables puisque chances du départ égales

Prétendant offrir à chacun la possibilité d’accéder aux positions les plus élevées pour peu qu’il se donne, au sein d’une juste concurrence, les moyens de ses ambitions, l’égalité des chances doit garantir l’adhésion de chacun aux principes communs à tous.

Les inégalités à l’arrivée sont « acceptables », pour reprendre le terme de François Dubet, puisque les conditions de départ semblent égales. Pourtant, la mise en œuvre de ces valeurs, au lieu de fédérer les individus, les éloigne et les sépare. Laissons la parole à François Dubet, lequel a brillamment résumé ce dramatique paradoxe :

« Plus on croit [...] dans ce modèle de justice, plus les inégalités scolaires se creusent : les vainqueurs potentiels ont intérêt à accentuer [ces inégalités] par le choix judicieux des établissements, filières et soutiens scolaires les plus efficaces. [...] L’emprise scolaire accroît les avantages financiers et sociaux des plus diplômés.

Au bout du compte, le système scolaire reproduit les inégalités sociales, à l’opposé du principe sur lequel il repose. Alors que l’égalité des chances est exhibée comme un facteur de cohésion et d’unité, on peut craindre, au contraire, qu’elle n’accentue la concurrence scolaire et ouvre la guerre de tous contre tous. »

Enfin conclut Dubet :

« Les mieux placés, malgré les appels pressants à l’égalité des chances, s’arrangent pour se protéger de la concurrence des outsiders. Ils accumulent les patrimoines, multiplient leurs réseaux et leur capital social, scolarisent leurs enfants à l’étranger.

En bref, ils se comportent comme une classe héréditaire, une aristocratie. [...] C’est sans doute pour cette raison que les classes dirigeantes aiment tant l’égalité des chances : elles savent qu’elles pourront toujours s’arranger avec les principes qu’elles énoncent. »

Moins couteux que de soutenir ceux « qui ne veulent pas »

L’idéologie du mérite a ceci de commode qu’elle encourage les rares élus du sort, ce qui est à coup sûr moins complexe et moins coûteux que de soutenir ceux qui « ne veulent pas ». Inversement, contester l’idéologie du mérite et de la volonté toute-puissante ne revient pas forcément à enlever toute responsabilité aux individus.

Ni à cesser de donner aux élèves issus de milieux modestes, bien partis ou en difficulté, les moyens de réussir. Comme toujours, une question de moyens donc, financiers et humains, mais aussi de valeurs communes à réinventer.

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  • guiliguili
    guiliguili
    loin
    • Posté à 12h46 le 25/08/2011
    • Internaute 166451
      loin

    Des parents brillants font des enfants plus brillants que la moyenne. Quelle surprise...

    Heureusement qu’il y a de l’injustice et de l’inégalité de départ. Imaginez qu’on puisse gommer tous les effets socio-culturels dans la réussite des enfants on aura toujours un premier et un dernier de la classe. Enlevez l’inégalité sociale et vous n’aurez plus que l’inégalité génétique, l’inéglité biologique. La méritocratie c’est le rêve d’une espèce de GATTACA sordide.
    L’enfer....

    • Dissonance
      Dissonance répond à guiliguili
      met le doigt où ça fait mal.
      • Posté à 12h47 le 25/08/2011
      • Internaute 70089
        met le doigt où ça fait mal.

      La question est : Est-ce que les enfants de parents moins brillants pourraient-ils être brillants s’ils bénéficiaient d’une éducation qui tienne compte de leurs lacunes ? Corrélativement, l’ensemble de la société ne serait-elle pas plus brillante si la hiérarchie sociale était moins prononcée ?

      • guiliguili
        guiliguili répond à Dissonance
        loin
        • Posté à 13h17 le 25/08/2011
        • Internaute 166451
          loin

        Les postes s’obtiennent par compétition, du médecin au pompier on prend les meilleurs aux tests d’évaluation.
        Si vous recrutez les 10% les plus brillant d’une classe d’age, que les 90% restant soit un peu plus mauvais ou beaucoup plus mauvais ne changent rien : ils n’auront pas le job.

        Dépenser 30 000 euros d’argent public pour qu’un éboueur sache ce qu’est une protéase ne présente pas le moindre intérêt pour lui même et pour la société dans son ensemble. Il vaut bien mieux lui donner directement cet argent à travers un salaire décent que de tout claquer en profs à collier de barbe ( et à protège-coude).

        Les meilleurs profs et la meilleure éducation doivent être donnés au élèves ayant le plus haut potentiel.

         
        • Dissonance
          Dissonance répond à guiliguili
          met le doigt où ça fait mal.
          • Posté à 13h26 le 25/08/2011
          • Internaute 70089
            met le doigt où ça fait mal.

          Vous postulez qu’il n’existe pas d’alternative à la hiérarchie sociale. Dans ces conditions, il est effectivement illusoire de vouloir discuter d’un modèle de société fondé sur autre chose, puisque par construction, vous n’êtes pas en mesure de l’envisager.

          • guiliguili
            guiliguili répond à Dissonance
            loin
            • Posté à 13h37 le 25/08/2011
            • Internaute 166451
              loin

            Voilà. On ne peut pas construire une société égalitaire avec des individus inégaux. Mais ce n’était pas le sujet de votre dernier post.

            • scalpa93
              scalpa93 répond à guiliguili
              • Posté à 14h28 le 25/08/2011
              • Internaute 116759

              Vous simplifiez tout. On ne parle pas de construire une société parfaitement égalitaire, mais moins inégalitaire, càd une société qui ne se borne pas à reproduire (ou à aggraver) les inégalités existantes. A vous lire, on a l’impression que, pour vous, les inégalités sont inéluctables, que la société est fondée sur un ordre « naturel » auquel il ne faudrait surtout pas toucher...

              • guiliguili
                guiliguili répond à scalpa93
                loin
                • Posté à 15h15 le 25/08/2011
                • Internaute 166451
                  loin

                Conséquences inattendues :

                On promeut l’égalité homme femme, on obtient des unions beaucoup plus égalitaires entre hommes et femme et de même niveau social et même niveau d’études. On reduit le brassage entre couches sociales.

                On favorise la méritocratie et l’éducation de tous. A chaque génération les plus brillants des enfants des classes populaires quittent leur milieu d’origine. Un fils de d’ouvrier qui devient médecin tend à épouser plutôt une femme médecin ou ayant fait des études qu’une couturière.

                A chaque génération, les moins doués des classes aisées tombent d’un niveau. Il ne deviennent pas métallo mais prennent des profession de marginaux et glandu variés ( intermittent du spectacle, branleur dans la comme).

                Les deux groupes, les deux classes vont se séparer de plus en plus nettement l’une de l’autre.

                On obtient peu à peu ce qu’on appelle en biologie un phénomène de spéciation sympatrique. Même dans un système très méritocratique ont obtiendrait à terme des inégalités monstrueuses.

                • scalpa93
                  scalpa93 répond à guiliguili
                  • Posté à 17h27 le 25/08/2011
                  • Internaute 116759

                  Votre argumentation me paraît un peu étrange... Selon vous, la mobilité sociale accroît les inégalités, donc il vaut mieux laisser les choses en l’état. En somme, vous plaidez pour une société figée : les ouvriers d’un côté, les cadres de l’autre (et les vaches seront bien gardées...)
                  Cela dit, c’est vrai que les notions de « méritocratie » et d’« égalité des chances » ont des limites, puisqu’elles reposent sur l’idée que chacun aurait la possibilité de progresser dans la hiérarchie sociale, pour peu qu’il le veuille - ce qui est évidemment une illusion, et revient à faire porter aux individus la responsabilité totale de leurs échecs.
                  Pour résoudre le dilemme, c’est peut-être aussi la hiérarchisation excessive des positions sociales ou des tâches (travail « manuel » contre travail « intellectuel », par exemple) qu’il faudrait remettre en cause...

            • Wildleech
              Wildleech répond à guiliguili
              révolutionnaire en devenir
              • Posté à 19h25 le 25/08/2011
              • Internaute 81842
                révolutionnaire en devenir

              Mais qui a décrété que les individus devaient être mesurés, à part des individus bornés à qui on a appris enfant que la compétition était nécessaire ?

              • guiliguili
                guiliguili répond à Wildleech
                loin
                • Posté à 22h22 le 25/08/2011
                • Internaute 166451
                  loin

                Parce que pour choisir un neurochirurgien, un pilote d’avion, une société normale va choisir les plus aptes après avoir fait passer des tests aux candidats.

                Vous ne prendrez pas un chirurgien avec 5/10 à chaque œil et un parkinson avancé au seul prétexte que ses parents étaient mauvais à l’école, ce qui lui donnerait beaucoup de mérite. Ou parce qu’il serait sympa. Ou parcequ’il serait féru de chirurgie viscérale.

                Les tests servent à cela : déceler et hiérarchiser les aptitudes et ceux qui en sont doués.

                • Wildleech
                  Wildleech répond à guiliguili
                  révolutionnaire en devenir
                  • Posté à 01h24 le 26/08/2011
                  • Internaute 81842
                    révolutionnaire en devenir

                  Rien à redire au sujet des aptitudes et des tests pour aider à enseigner et à orienter, mais toute idée de hiérarchisation n’est que poudre aux yeux pour maintenir des privilèges indus.
                  L’éboueur que je salue devant ma porte a autant d’importance que mon médecin. L’absence d’un des deux métiers me serait tout autant préjudiciable.
                  Selon les situations, une qualité, ou une compétence, en vaut une autre, ce qui est bien peu mis en avant dans la société.

                  Aujourd’hui on pourrait créer une base de données exhaustive sur les maladies et des infirmiers pourraient assurer le travail des médecins généralistes, peut-être plus lentement mais en plus grand nombre.
                  Mais on pourrait aussi accroitre les capacités de formation de médecins et soutenir d’avantage les futurs candidats à cette profession.
                  Et demain les chirurgiens seront remplacés par des automates.

                  La compétition sociale n’est qu’un résidu de comportement animal. Quelle autre raison que l’intérêt égoïste des dirigeants pour son maintient.
                  La compétition économique qui en découle est d’autant plus vaine et stupide qu’elle devient, lentement mais surement, dangereuse pour l’ensemble de l’humanité.

                  • guiliguili
                    guiliguili répond à Wildleech
                    loin
                    • Posté à 10h53 le 26/08/2011
                    • Internaute 166451
                      loin

                    Transformer des taches complexes en taches simples, supprimer les corporatisme, voilà chose bien libérale que je ne renierais pas.

                    Confier des taches de médecine à des salariés moins qualifiés ? Pourquoi pas. Je verrais plutôt la chose pour des examens spécifiques ( pas besoin effectivement d’avoir fait l’ENA pour réaliser une coloscopie...) mais sur le principe ça me va.
                    Mais la médecine ne se réduit pas à ça. Il y a des décisions complexes autant d’un point de vue technique que psychologique.
                    Vous ne demanderez jamais à un infirmier à 95 de QI d’aller cliquer sur doctissimo ou wikipédia pour décider s’il faut ou non vous amputer d’un pouce. Vous irez voir le spécialiste, le type le plus reconnu et vous serez près à claquer une fortune pour ça.

                    Enfin bref, de toutes les manières penser que le progrès technique permet de réduire les inégalités est assez gentillet.

                    D’autant qu’à vue de nez, on saura remplacer les éboueur par des robots avant de confier la résection d’une tumeur du foie par une machine.
                    Enfin re-bref...

                    Sinon, sur votre aversion pour la compétition, j’avoue ne pas en croire une demi goutte.
                    Pourquoi répondre à mon message ? pour me rendre service ? pour me montrer le coté sympatoche du communisme ?
                    Ou pour essayer de me démontrer par A+B que je réfléchis comme un con ? que vous valez mieux que ces cons de médecins qu’on pourrait remplacer par des robots ? mieux que ces sales bourgeois qui doivent tout à leur naissance ? mieux que moi qui suis un connard aveuglé par le « système » ou Dieu sait quoi ?

                    Votre certitude d’être meilleur, d’être plus juste, plus brillant c’est votre petite porshe, votre petit capital rien qu’à vous, votre petite partition de la compétition sociale, votre petit plus qui vous permet de choper un laidron à la fête de l’huma.

                    • Wildleech
                      Wildleech répond à guiliguili
                      révolutionnaire en devenir
                      • Posté à 11h42 le 26/08/2011
                      • Internaute 81842
                        révolutionnaire en devenir

                      Bref, rien que votre petite personne.
                      Comportement animal quoi.
                      Et, il y a bien un truc qu’on appel « communisme », mais de la réalité à la pratique ... c’est comme le « libéralisme », c’est une vue de l’esprit.

                      Pour les compétition il n’y en a que deux sortes, celles qui ne m’intéressent pas et auxquelles je ne participe pas, et celles où ma survie serait en jeu et que je considèrerai comme des guerres ... avec tout ce que cela implique.

                      • guiliguili
                        guiliguili répond à Wildleech
                        loin
                        • Posté à 12h13 le 26/08/2011
                        • Internaute 166451
                          loin

                        Voilà j’ai un comportement animal. Pour mieux dire j’ai aussi un flair de cochon truffier pour déceler le prétentieux mégalo dans ton genre sous le type tout fier de dire bonjour à son éboueur.

                        • Wildleech
                          Wildleech répond à guiliguili
                          révolutionnaire en devenir
                          • Posté à 13h38 le 27/08/2011
                          • Internaute 81842
                            révolutionnaire en devenir

                          Et agressif.

                  • Eusèbe
                    Eusèbe répond à Wildleech
                    jamais le temps de tout faire
                    • Posté à 07h53 le 26/08/2011
                    • Internaute 158922
                      jamais le temps de tout faire

                    Eh bien moi, je peux vous dire que je n’aurais aucune confiance dans le type de médecins ou de chirurgien que vous décrivez.

        • Neferourê paillette
          • Posté à 14h44 le 25/08/2011
          • Internaute 109763
            prof

          Comment allez-vous définir ce qu’il est utile d’apprendre pour chacun ?
          Pourquoi l’éboueur n’aurait-il pas le droit de se passionner pour la biologie ?
          D’après vous, il ne doit savoir que ce qui lui est utile pour son métier ? Vous faites donc partie des gens qui ne se définissent que par leur métier, c’est très réducteur.

          A l’école on est un apprenti citoyen, et pas un apprenti boucher, ou un apprenti prof, ou un apprenti éboueur...Je crois que le principal problème vient de là : les parents attendent de l’école qu’elle forme son enfant pour tel ou tel travail ; mais ce n’est pas son rôle, au moins jusqu’au baccalauréat.

          • guiliguili
            • Posté à 15h04 le 25/08/2011
            • Internaute 166451
              loin

            Le biais cognitif le plus fort, ce n’est pas de se définir par son métier, c’est de voir le monde à travers sa corporation, ce que vous faites magistralement.
            Si vous êtes prof, vous devriez constatez que certains élèves n’ont ni goût ni aptitudes pour les études.
            Vous avez beau jeu de dire que tout le monde à le droit d’apprendre, in fine c’est votre métier qu’on valorise.
            Pourquoi engloutir 10000 euro, le cout d’une année de lycée, pour essayer de faire étudier de la chimie que ça ennuie à mourir et qui ne s’en servira jamais ? Pourquoi imposer, en claquant des fortune, des heures de lecture à un type qui déteste ça et va partager sa vie entre sa passion du tuning et son amour pour l’OM serait le fin du fin en matière de justice sociale ?
            Pourquoi claquer 10 000 euros en profs communistes serait plus moral, plus juste que de les donner directement sous forme de salaire ?
            Pourquoi seriez vous mieux placer que les gens pour savoir quoi faire de leur argent ?

            • Neferourê paillette
              • Posté à 15h17 le 25/08/2011
              • Internaute 109763
                prof

              Je suis bien triste pour vous que votre vie ne s’incarne que dans votre travail, quelle que soit l’échelle que vous choisissez.

              Si cela ne vous pose aucun problème que des jeunes gens sortent de leur cursus scolaire sans avoir la réflexion minimum qui leur permettra d’être des citoyens réfléchis, moi cela me gêne.

              J’aimerais bien que mon métier soit valorisé...Hélas...(soupir)
              Mais on n’en prend pas le chemin, puisque la plupart des Français ont, comme vous, une vision uniquement utilitariste de l’école.
              C’est vrai que les éboueurs n’ont pas besoin de savoir lire, après tout, il leur suffira de reconnaître les couleurs des poubelles.

              Il faut, d’après vous, maintenir un certain nombre de personnes tout en bas de l’échelle sociale, vivant misérablement, allant d’échec en échec. Cela vous permet à moindre frais de vous sentir supérieur (comme le montrent vos propos méprisants).

              Je vous ai posé plusieurs questions, vous n’y avez pas répondu.

              Merci de ne plus me répondre ; j’aime converser avec des gens qui ne sont pas caricaturaux ; qu’on ait la même opinion ou pas.

              • guiliguili
                • Posté à 16h04 le 25/08/2011
                • Internaute 166451
                  loin

                Je ne parlais pas de l’acquision des savoir de base ( lire compter). Je parle de l’acharnement à faire redoubler ou tripler des élèves qui n’ont ni gout ni aptitude pour l’apprentissage.

                Je n’ai jamais dit que je rêvais d’éboueur misérable. Au contraire je vous dis que les dépenses que l’on consacre à l’instruction de quelqu’un sont faites au dépens d’autres poste possibles de consommation.

                En quoi donner 15 000 ou 20000 euros sous forme de cours à quelqu’un qui n’aime pas ça serait plus juste qu’e de donner un meilleur salaire aux boulots les moins qualifié ?

                15000 euros c’est deux années de redoublement au collège OU partir pendant 10 ans un mois en vacances chaque été avec sa famille. Quelle est l’utilisation socialement la plus juste pour des élèves qui n’aiment pas l’école ?

                • anthinéa
                  anthinéa répond à guiliguili
                  enseignante
                  • Posté à 22h17 le 25/08/2011
                  • Expert 165055
                    enseignante

                  Il me semble que vous posez certaines questions intéressantes mais hélas en caricaturant en partie une profession .
                  En Allemagne ,effectivement on ne conçoit pas que l’enfant soit de force contraint à un changement social ,d’où au départ trois types de structure dès ce qui correspond à notre cinquième .
                  Seuls les élèves brillants des classes populaires pouvaient prétendre à des études dites supérieures, à la condition que les parents soient d’accord , car effectivement ce que vous écrivez est juste, ce passage entraîne une rupture sociale la plupart du temps .
                  Donc l’Allemagne est partie du principe que cette rupture sociale ne pouvait être forcée par une institution étatique - leçon due à l’interventionnisme du national socialisme- et devait être faite à l’initiative des parents .
                  Mais ce principe qui va dans votre sens , était compensé par des salaires très élevés pour les ouvriers qui ainsi n’étaient pas rabaissés socialement .
                  De plus un système beaucoup plus souple de formation en alternance ne figeait pas un individu à vie .
                  Il n’y a pas non plus de culture du diplôme dans le recrutement professionnel , mais de la compétence : je vous donne un exemple personnel , ma soeur a été recrutée par une banque européenne à Francfort sur la base de son trilinguisme sans aucun diplôme supérieur - niveau bac- et compétence dans le secteur bancaire .
                  Ils ont évalué en situation sa capacité de maîtrise des trois langues : français, allemand ; anglais ainsi ; durant un entretien en allemand à plusieurs , un homme est entré dans la pièce et a parlé à l’assistance en anglais et s’est adressé à ma soeur d’une manière informelle ; elle lui a répondu naturellement et en anglais .
                  Conclusion : embauchée car pour eux la principale difficulté est de trouver des personnes ayant une aisance linguistique dans plusieurs langues , par contre formé au secteur bancaire est beaucoup plus facile, d’où embauche .
                  Si j’ai mis au passé mon texte, c’est que ces dernières années l’Allemagne a diminué énormément les salaires d’une partie de la société et du coup le système scolaire est en chute libre.
                  Le désinvestissement des plus jeunes étant en rapport avec le peu de perspective qui s’offrent , en terme de salaires.
                  Donc je conclus par deux points :
                  il y a réellement un questionnement juste posé par le système allemand , car on ne mesure pas la violence dans le système français qui nie l’origine sociale des élèves et cette négation parfois associée au mépris est une réelle souffrance , ni celle d’ailleurs que pose la rupture sociale avec le milieu familial .
                  Mais ce système est réellement dépendant de la dignité par le salaire qui a fait sa force tant que ce « contrat social » était respecté.
                  De plus cela suppose deux conceptions de la société qui sont absentes de la nôtre :
                  ne pas surestimer la valeur des diplômes et partir des compétences et dans ce que vous écrivez , en France ce n’est absolument pas le cas , non seulement le diplôme est requis mais le plus sera soit dans l’apparence , soit dans le relationnel et quelqu’un de « meilleur » comme vous dites restera sur la touche face à un moins bon, mais présentant mieux ,etc..
                  Cette culture de l’apparence est absente en Allemagne.
                  De plus il faut un système souple où l’idée d’apprendre à tous âge ne pose pas problème .
                  Le surinvestissement scolaire en France , très jeune entraîne - comme au Japon d’ailleurs- un rejet ensuite et la sensation que tous ces efforts doivent être payants d’une part, et l’idée très forte que c’est jeune que tout se joue avec la tendance à être sceptique sur des formations adultes souvent méprisées , malgré le discours « officiel » d’une certaine souplesse et mobilité .
                  J’arrête là sur quelques points de votre intervention qui n’avait pas besoin d’être méprisante .

                  • guiliguili
                    guiliguili répond à anthinéa
                    loin
                    • Posté à 23h12 le 25/08/2011
                    • Internaute 166451
                      loin

                    Votre message est vraiment intéressant, je ne connaissais pas l’interprétation du système allemand comme réaction contre le modelage social par l’état nazi.

                    Suis caricatural pour éviter de faire des tartines de textes de 100 lignes.

                    Le rêve français d’une société où chacun aurait une place indiscutable donnée par l’école est une société extrêmement dure.

                    Il n’y a pas de pire connard que celui qui ne doit rien à personne, plus cynique que celui qui « s’est fait tout seul ». Je n’ai pas dit qu’une société d’héritage ( au sens large à la bourdieu), était une société juste. Mais qu’en étant injuste les situations des uns et des autres sont toujours discutables, les situations ne résument pas un être.
                    Vous donniez l’exemple allemand, je pourrais vous donner l’exemple de la chine. Ici vous entendez les gens vous dire tranquillement « je n’ai pas fait ces études là parce que je n’étais pas assez intelligent ». C’est une réflexion que j’ai très souvent entendue et qui me heurte toujours. Je n’ai jamais entendu un français assumer frontalement ça. Il vous dira qu’il n’a pas eu les bon parents, qu’il préféraient fumer des joints ou rigoler, qu’il ne foutait rien en classe : il y aura toujours un échappatoire, quelque chose qui préserve un peu l’image de soi.

                    • anthinéa
                      anthinéa répond à guiliguili
                      enseignante
                      • Posté à 23h45 le 25/08/2011
                      • Expert 165055
                        enseignante

                      Je partage tout à fait votre représentation de la société ,mais de plus en plus la réponse des enfants est aussi celle qu’ils ne sont pas assez intelligents .
                      Mais ce que vous dites sur l’échappatoire est exact le moins pire étant d’ailleurs celui qui consiste à choisir l’école, je trouve d’une très grande violence que certains enfants finissent par haïr leur famille parce qu’elle leur donne moins de chance que leurs voisins de classe et c’est aussi une des conséquences de la mixité sociale .
                      Vous parlez de Bourdieu et je déplore que la plupart des enseignants n’ait pas en tête « cette notion d’héritage » et sont dans un processus d’humiliation intégré et de fait qu’ils institutionnalisent ,car ils se glorifient d’une réussite parfois qu’ils ne doivent pas à eux-mêmes mais au milieu d’origine de l’enfant .
                      Cette absence de distance m’agace profondément .
                      La Finlande aussi avait posé un principe intéressant : pour respecter les droits de l’enfant, ils ont choisi d’investir l’école car c’est un lieu public afin de ne pas intervenir dans le relationnel affectif familial et social ; ce qui veut dire que l’échec scolaire est en Finlande un problème scolaire dont la résolution doit se trouver dans ce cadre et non en culpabilisant les parents,comme c’est le cas en France de plus en plus , ou l’enfant.
                      Je souscris à ce modèle ,mais en vain car la facilité de faire porter son échec à autrui reste la norme dans un jeu de balle de ping-pong où la balle est l’enfant.
                      Le principe de gratuité totale permet entre autre aucune stigmatisation et ceci d’autant plus que finalement par les impôts, chacun contribue en fonction et pour l’ensemble.
                      C’est un choix de société fait aussi par rapport à la période nazie.

                  • zergling127
                    zergling127 répond à anthinéa
                    • Posté à 14h43 le 26/08/2011
                    • Internaute 137082

                    Merci pour votre commentaire très intéressant.
                    Je me permets juste d’apporter un correctif, la séparation des enfants se fait dans la cinquième année, donc en (« CM2 »).
                    Elle se fait par une évaluation basée sur des tests (contrôles spéciaux) durant tout le « CM1 » et le résultat reproduit souvent les milieux d’origine des parents.
                    Elle n’est pas définitive, des passerelles entre les filières existent.

                    Cette structure a des origines très anciennes (Humboldt, 18ème siècle), et date de la République de Weimar, donc avant le national-socialisme. Il s’agit d’une sorte de « compromis pragmatique » entre classes sociales. (pour les germanphones : Lien).

                    J’apporte encore un élément pour aller dans votre sens : en Allemagne, l’ascenseur social se fait souvent plus tard dans la vie, dans l’entreprise. Commencer apprenti et finir ingénieur n’est pas rare. En plus, les cours du soir pour adultes sont une vraie institution.

                    Je suis moi-même passée du système allemand au système français. J’étais très malheureuse dans le collège unique français, où l’on me demandait de me conformer à un modèle « d’élève moyen » sans tenir compte ni de mes goûts, ni de mes aptitudes.

            • Sowinski
              Sowinski répond à guiliguili
              • Posté à 21h06 le 25/08/2011
              • Internaute 45555

              Vous évitez la vraie question : pourquoi éduquer les masses à autre chose que des compétences nécessaires à la production de biens et services et à respecter la hiérarchie ? Après tout, c’est tout ce dont nous avons besoin.

              Tout ces paysans et ouvriers dont on a fait des singes savants, pour quel résultat ? Ah certes ils savent compter et écrire, mais ils ont toujours le goût vulgaire et le manque de classe. Nous devrions les renvoyer d’où ils viennent.

              Evidemment, je vais me faire crucifier par la gôchisterie rue89eme pour avoir dit une insupportable vérité.

              • anthinéa
                anthinéa répond à Sowinski
                enseignante
                • Posté à 22h22 le 25/08/2011
                • Expert 165055
                  enseignante

                votre discours aurait du succès en Corée du Nord , vous pourriez les aider dans la propagande sur le productivisme, je pense .L’idée des « singes savants “ devrait les réjouir .

              • Barbote
                Barbote répond à Sowinski
                Ecrivaine
                • Posté à 07h03 le 26/08/2011
                • Internaute 87416
                  Ecrivaine

                Oui, c’est vrai Sowinski ! Pourquoi vous répondre avec le « risque » improbable en fait, de vous rendre plus intelligent alors que vos critères sont d’une vulgarité, et d’un manque de classe flagrant ... Quant au respect de la hiérarchie que vous réclamez tant, essayez de respecter la hiérarchie qui vous place de facto au bas de l’échelle des utilisateurs de leurs neurones ...

                • Sowinski
                  Sowinski répond à Barbote
                  • Posté à 10h17 le 26/08/2011
                  • Internaute 45555

                  Je faisais qu’extrapoler d’un cran l’argumentaire de l’ami guiliguili.

                  Après tout, derrière ce discours pseudo rationalisant, se trouve le bon vieux désir d’exclure le gros de la population de l’accès à un enseignement valorisé et valorisant. Cheval de bataille de la droite réac depuis des lustres.

            • silversamourai
              silversamourai répond à guiliguili
              paranoia agent
              • Posté à 12h05 le 26/08/2011
              • Internaute 15954
                paranoia agent

              S’il aime le tuning , 10000euros de formations en mécanique peuvent lui permettre de devenir un bon mécanicien !

        • pierrejcallard
          pierrejcallard répond à guiliguili
          http://www.nouvellesociete.org
          • Posté à 01h23 le 26/08/2011
          • Internaute 3366
            http://www.nouvellesociete.org

          @ Gulligulli

          Quelques points qui ne contredisent pas ce que vous dites, mais me semblent apporter un éclairage utile... ou mieux, consolant.

          1- Le paradoxe est que la transmission héréditaire des biens et des privilèges agit en fait comme un frein à l’établissement accéléré d’une pure méritocratie.

          Lien

          2 Le meilleur rapport qualité-prix pour une tentative de nivellement des statuts sociaux économiques serait une formation... des parents

          Lien

          Lien

          3 Les diplômes

          Lien

          Pierre JC Allard

          • guiliguili
            guiliguili répond à pierrejcallard
            loin
            • Posté à 07h08 le 26/08/2011
            • Internaute 166451
              loin

            ’’Le paradoxe est que la transmission héréditaire des biens et des privilèges agit en fait comme un frein à l’établissement accéléré d’une pure méritocratie.’’

            Quoi ! Que lis-je ? l’héritage irait contre la méritocratie ?
            Non mais sérieux, vous savez ce qu’est un paradoxe ? Vous vous relisez de temps en temps avant de coller vos enfonçages de portes ouvertes sous mes posts ?

            • pierrejcallard
              pierrejcallard répond à guiliguili
              http://www.nouvellesociete.org
              • Posté à 20h17 le 26/08/2011
              • Internaute 3366
                http://www.nouvellesociete.org

              @ GulliGulli

              Si vous lisiez les textes en liens, je n’aurais pas à vous expliquer cette ellipse.

              La sagesse populaire veut que la richesse ne biaise pas tant l’avénement d’une méritocratie en diminuant l’importance du mérite, qu’en facilitant aux riches l’accès à d’éducation qui seule rend effectif le mérite.

              Dans votre commentaire a Scalpa de 15h15, vous soulignez que la spéciation sympatrique accentue ce phénomène.

              Je ne le conteste pas, mais je souligne que le partage héréditaire du patrimoine (matériel) va ralentir le mouvement vers la méritocratie qui découlerait autrement seulement de l’impact de la richesse sur le choix du partenaire génétique. C’est ça qui est paradoxal.

              (Cela dit, je ne veux pas cautionner sans réserves la thèse controversée de transmission parfaite de l’intelligence des ascendants vers les descendants immédiats.)

              Pour répondre a votre deuxième remarque, je post mes commentaires que vous jugez inutiles sous les vôtres, parce que je considère ces derniers généralement intéressants. Parodiant Voltaire répondant à une remarque critique de Monsieur de Halley à son sujet, toutefois, « il est possible que nous nous trompions tous les deux ».

              Pierre JC Allard

              P.S (Pour faciliter la tâche de ceux qui sont des profanes en semblables matières, je dirais qu’un exemple de spéciation sympatrique est la présomption que DSK n’aurait pas épousé Nafalou, même s’il eut vécu a New-York : -)

        • J.H.
          J.H. répond à guiliguili
          Passant
          • Posté à 09h35 le 26/08/2011
          • Internaute 143415
            Passant

          Sauf que ce que vous avancez péremptoirement est faux.

          Pour plusieurs raisons. Par exemple, les qualités attendues pour un médecin et un pompier ne sont pas les mêmes. Or, si on ne prend « que les meilleurs », vous êtes bien d’accord que ces meilleurs n’auront que peu de qualités communes. Partant de là, quid du « meilleur éboueur » ? Parce que là, c’est sûr, on ne prend pas les meilleurs, on prend le bas du panier, selon vous.
          Ce qui ressort surtout ici c’est la hiérarchie sociale du travail que vous avez fort bien intégrée. Un éboueur ne peut pas être « meilleur que » : il est éboueur. D’ailleurs mettre à côté médecin et pompier est significatif, 2 professions fortement valorisées socialement (surtout pour les garçons).

          Ensuite, pour l’exemple des médecins, vous ne le savez peut-être pas, mais le capital social joue énormément. Un « fils de » ou « fille de » qui n’en a pas les qualités peut très bien se retrouver sur le haut du panier. Ce qui est fondamental (et qu’on sait depuis les années 60), c’est l’inégalité en capital et surtout, en capital social, relationnel, le réseau, le piston quoi. Cela joue énormément, si vous savez à quelles portes frapper, à compétence égale, vous aurez un net avantage sur vos petits copains pauvres mais « méritants ».

          Et vous terminez en assénant le coup de grace :
          « Les meilleurs profs et la meilleure éducation doivent être donnés au élèves ayant le plus haut potentiel. »

          Voilà, on y est. Comment mesurez-vous ce potentiel ? Celui qui apprend le plus vite l’alphabet à la maternelle ? Celui qui sait additionner avant tous les autres ? On peut faire ça, une sélection sur la performance. Ou alors faire des tests de QI. Élever nos gosses comme des bêtes à concours, spécialité française.
          Car toute la question est là : qu’entendez-vous par « potentiel » ? Celui qui pourra « potentiellement » aller le plus loin ? J’imagine une sorte de « Minority Report à la maternelle », avec ceux qui ont droit à la grande école et ceux prédestiné à la ZEP de banlieue dès leurs 4-5 ans.

          Je subodore que vous même n’avez jamais eu de problème scolaire et même, que vous êtes arrivé assez haut ? Car votre réflexion est assez typique au final, de celui qui a beaucoup eu...

          • guiliguili
            guiliguili répond à J.H.
            loin
            • Posté à 10h26 le 26/08/2011
            • Internaute 166451
              loin

            Il y a des métiers évidemment plus ou moins sélectifs. Évidemment, la valorisation sociale d’un éboueur ne sera jamais équivalente à celle d’un médecin. Vous aurez beau bourrer le mou des gens avec une propagande soviétoïde, un type qui dit « ce matin j’ai vidé 123 poubelles » n’aura jamais la même estime, le même prestige que celui qui peut dire « ce matin après 6 heures d’opération j’ai pu retirer une tumeur cérébrale et sauver un petit nenfant ».
            Quand bien même le premier aurait -sans doute- un rôle au moins aussi important en terme de santé publique. Il n’y a pas qu’une notion d’utilité dans la formation des salaires et des prix. Il y a une notion de rareté. Une compétence utile mais abondante au sein d’une population est rémunérée comme de la merde.

            Par ailleurs je note que les gentils degauche sont les premier à dire
            on-a-besoin-d-immigrés-pour-exercer-les-métiers-que-les-français-ne-veulent-pas-faire. Ce qui ne participe pas vraiment à la revalorisation des métiers manuels.

            Sinon je ne suis pas d’une famille riche. Si situer socialement la parole de ceux avec qui vous discuter vous semble si important ( je ne développe pas le coté paradoxal de la chose) mon père était agriculteur avant qu’il n’entre à la poste après avoir coulé son exploitation. Ais je plus de mérite à avoir fait des études longue qu’un type dont les parent bossent 15 heures par jour dans un cabinet d’avocat ? Aurais je été plus brillant dans mon métier si mon père m’avait parlé d’apoptose toutes les 3 phrases ?
            C’est aussi ce qui me gêne dans le discours convenu sur la « méritocratie », c’est l’idée que la réussite pour un ouvrier ou un artisan c’est d’avoir un enfant le plus différent d’eux possibles. Un employé, un agriculteur ne serait un bon père qu’en transmettant une ambition qui n’est qu’un dégout d’eux même.

            • J.H.
              J.H. répond à guiliguili
              Passant
              • Posté à 13h12 le 26/08/2011
              • Internaute 143415
                Passant

              « Si situer socialement la parole de ceux avec qui vous discuter vous semble si important »

              Oui, ça donne des pistes. Je parle pas de psychologie de comptoir, mais je pense que c’est enrichissant de savoir quel parcours a eu l’interlocuteur. Ça donne une idée du contexte dans lequel il dit les choses.

              Donc on parle bien de prestige social, pas d’utilité intrinsèque. C’est la « loi du marché » : la compétence a d’autant plus de valeur qu’elle est dure à acquérir, donc plus rare.
              Mais il y a « ceux qui y arrivent », et ceux qui « auraient pu y arriver si »... C’est là qu’il faut regarder, je crois. Quelle différence fondamentale entre « ceux qui y sont », et « ceux qui auraient pu y être » ou « ceux qui ont échoué » ? Pourquoi ceux qui y arrivent, y arrivent, justement ?

              Pour vous répondre, le type qui a fait des études longues et qui a des parents avocats n’aura pas la pression du manque de moyens, pourra disposer d’un ensemble de soutiens divers et variés, de contacts, de réseaux (dieu sait si les avocats en ont...), baignera dans une certaine culture valorisée, etc... Donc partira avec une longueur d’avance sur, oui, le fils d’agriculteur ou de postier (que je suis au passage). Après, je n’ai jamais dit qu’il sera plus heureux. Tout dépend aussi, de comment vous définissez le mérite.

              Mais je pense qu’entre un enfant dont les parents pourront mettre les moyens dans de longues études, voire des écoles, et un enfant qui doit comprendre que ses parents ne pourront pas assurer de telles études et qu’il devra bosser pour se les financer, oui, il y a une différence de mérite si le second arrive au bout. Et si les parents du second sont obligés de se saigner pour parvenir à payer les études de leur gosse, ce qui ne sera pas le cas des avocats, on a encore une inégalité devant le parcours scolaire.

              Pas de différence de compétences, de qualités, d’intelligence, non : de mérite.

              Mais le mérite, tout le monde en parle, personne ne sait ce que c’est...

        33 autres commentaires
    • kevangel
      kevangel répond à guiliguili
      Chercheur
      • Posté à 12h50 le 25/08/2011
      • Expert 24356
        Chercheur

      « Enlevez l’inégalité sociale et vous n’aurez plus que l’inégalité génétique, l’inéglité biologique. »

      Oh c’est énorme. C’est la première fois que je lis une argumentation pareille : vive les inégalités de naissance et le piston, parce que sinon seuls les plus doués dirigeront la société.

      • guiliguili
        guiliguili répond à kevangel
        loin
        • Posté à 13h07 le 25/08/2011
        • Internaute 166451
          loin

        Etre doué dans un domaine est un héritage aussi arbitraire et injuste que le fait d’être née dans une famille fortunée. Zidane a autant de mérite à avoir été Zidane qu’un couillon d’hériter d’un immeuble et deux pâtisseries.
        On peut défendre la méritocratie du point de vue de l’efficacité générale d’une société, mais de la justice non.

         
        • Blue_tail_fly
          Blue_tail_fly répond à guiliguili
          Dans l'Air du Taon
          • Posté à 13h10 le 25/08/2011
          • Internaute 123618
            Dans l'Air du Taon

          Hum ! Et l’efficacité alors, vous vous en souciez ? Parce-que quand-même un gars intelligent issu d’un milieu où l’on a du mal à boucler les fins de mois est plus efficace qu’un sous-doué avec des parents fortunés. Enfin quoi, retour à l’essentiel SVP.

          • guiliguili
            guiliguili répond à Blue_tail_fly
            loin
            • Posté à 13h24 le 25/08/2011
            • Internaute 166451
              loin

            In fine, de toute façon les deux se recoupent. Le QI est plus fortement prédictif du niveau d’études futur d’un enfant que le niveau d’étude ou de revenu de ses parents.
            On n’est pas dans un système de pur piston.

            • mewtow
              mewtow répond à guiliguili
              • Posté à 14h06 le 25/08/2011
              • Internaute 138470

              Quand on sait qu’un tiers des surdoués est en échec scolaire grave, on peut effectivement dire que le QI est vraiment prédictif de la réussite scolaire. Ne parlons pas de la répartition du QI suivant les formations : il n’y en a pas ! Un élève surdoué n’a pas plus de chance de se retrouver en CAP qu’a la fac ou dans une grande école.

              C’est ça le problème de la méritocratie : qu’est-ce qui est sélectionné ? Les élèves intelligents ou les bourreaux de travail inutiles et décérébrés seulement capables de ne faire que du bachotage stupide et contre-productif ?

              Ce n’est certainement pas l’intelligence !

              • Imrahilandilass
                Imrahilandilass répond à mewtow
                Etudiant
                • Posté à 15h58 le 25/08/2011
                • Internaute 150767
                  Etudiant

                Je vais essayer d’illustrer votre propos, car depuis le début de ce fil on reste beaucoup dans l’abstrait. Alors ça reste un cas particulier, mais c’est toujours instructif.

                Mes parents ont su très tôt que j’étais doué. Pas surdoué, mais à la limite, c’est-à-dire environ 130 de QI. Pour le QE j’en sais rien, mais les tests (bidons selon moi) sur internet me disent qu’il est élevé. Ma curiosié naturelle (cause ? conséquence ? trait de caractère indépendant ?) a également participé au fait que j’étais un vrai boulimique de connaissances. Vers 7-8 ans, je pouvais citer de mémoire et dans l’ordre toutes les planètes du système solaire, ainsi qu’une vingtaine d’espèces de dinosaures et leurs caractéristiques principales (planètes comme dinosaures). Et j’étais pas mauvais en histoire non plus. Je précise pour rejoindre l’article que mes parents, en m’achetant les livres adéquats sans être particulièrement riches, me soutenaient dans cette soif de connaissances. Inutile de vous préciser que ma moyenne générale ne descendais jamais en-dessous de 19. Mes souvenirs de l’époque sont plutôt flous, mais il me semble que j’étais une vraie tornade, une forte tête, insolent, etc. Le fait est que je m’ennuyais ferme en cours, ce qui provoquait divers « problèmes de comportement » (doux euphémisme) tels que des bavardages ou des gribouillages. Je ne sais pas si c’était dû à un TDA/H, peut-être. Conséquence : on m’a fait subir l’équivalent d’un redoublement. Mes capacités justifaient largement que je saute une classe, le CM1 ou le CM2 je ne me souviens plus, mais certains ont jugé que ces « problèmes de comportement » méritaient que je suive le cursus normal. Ce qui est, vous en conviendrez, complètement débile, vu que ces problèmes étaient probablement dûs justement au fait que je sois en avance, et qu’ils auraient pû être corrigés en me forcant à travailler plus (via une année de décalage). Le travail justement, parlons-en. Jusqu’à un âge avancé, je n’ai jamais travaillé à l’école, car je n’en ai longtemps pas ressenti le besoin. En 6e, mes notes ont commencé à chuter, si bien que je n’étais plus le premier de la classe (mais à l’époque mon ego était moint développé que maintenant, alors je m’en fichais pas mal). La dégringolade a continué jusqu’à ce qu’en 4e, on menace de me faire redoubler sauf si j’intégrais une 3e sous contrat (je n’ai toujours pas compris l’intéret de faire signer un « contrat » à un mineur). Mon parcours a continué d’être chaotique (voie scientifique, puis tertiaire, d’abord info, puis compta), principalement à cause des maths. Il faut comprendre un truc, j’écoutais en classe lorsque je ne connaissais pas, je lisais chez moi divers ouvrages étant petit, mais c’était un loisir, pas du travail. Aussi, lorsque les problématiques sont devenues plus complèxes (sans devenir plus intéressantes), j’ai décroché (au niveau des notes).Au final je n’ai appris que très tard cette rigueur du travail scolaire, via un stage à Paris. J’ai appliqué certaines recettes (toujours écouter en cours, relire le soir le travail de la journée, relire le week-end le travail de la semaine, savoir si on est visuel/auditif/kinéstésique etc.) sérieusement seulement à partir de la terminale, ce qui m’a permis de décrocher une prépa (pas l’une des meilleures), puis une école de commerce (l’une des meilleures).

                Pourquoi je vous raconte ma vie ? Pour donner un exemple de la stupidité du système scolaire français, même si ça a peut-être évolué depuis (une quinzaine d’année) et que d’autres pays ne font pas mieux. Mais le fait est que réussir à faire échouer autant d’enfants plus doués que le moyenne que d’enfants moins doués que la moyenne est une des prouesses de l’égalitarisme de l’école publique française dont la République ne devrait pas être fière.

                Autre but de mon intervention : mieux vaut pour la société des inégalités génétiques, comme ça a été dit, que des inégalités sociales. Un système qui favorise ceux qui peuvent se payer des cours de rattrapage efficaces (j’ai fini par en trouver un bon, et dieu sait que ça pullule ces dernières années) sans tenir compte de leurs capacités innées ne peut pas se targuer d’être méritocratique. La reproduction sociale est un fait, je l’ai constaté vers la fin de ma scolarité, quand je me suis extirpé de ma ZEP. Il n’y a rien de méritocratique dans le fait de faire payer 8000 l’année en école de commerce.

                Pour ceux qui ont lu mon pavé jusqu’au bout, merci.

                • cactusun
                  cactusun répond à Imrahilandilass
                  retraité
                  • Posté à 18h19 le 25/08/2011
                  • Internaute 50486
                    retraité

                  Merci pour votre exemple personnel. L’école française est effectivement inadaptée, non pas à cause des enseignants, mais principalement parce qu’on part d’un objectif pour établir un fonctionnement, au lieu de partir de l’enfant. L’objectif est toujours un choix politique : préparer les enfants à la société économique, en faire un citoyen, l’intégrer dans des démarches standart, bref, essayer de lui trouver une case pour plus tard. Afin d’atteindre l’objectif, le parcours a été formaté et il est demandé aux enfants de s’inscrire dans ce formatage. C’est, je me souviens, une erreur monumentale de Ségolène Royal qui, dans le passé, avait pondu une note de rentrée invitant les enseignants à contacter les parents pour que l’enfant soit préparé à l’école.

                  De nombreux enseignants tentent de faire ressortir chez l’enfant ce qui peut le valoriser, le motiver, à exprimer ces compétences naturelles qui ne sont pas nécessairement celles requises à l’école. Mais les contraintes programmatiques, professionnelles, contraignent ces démarches à demeurer marginales.

                  Je ne connais pas votre cas personnel, mais j’ai rencontré en CP des enfants qui étaient capables de distinguer une gravure du Crétacé de celle du Jurassique. D’autres m’ont sorti, en CP encore, des système de résolution complexes. Hélas, mes expériences de faire sauter des classes d’un coup n’ont jamais été couronnées de succès. C’est au contraire le système de cours multiple qui permet à ces enfants de progresser plus rapidement, à leur rythme, sans à-coup.

                  Et le système de cours multiple a un coût !

                  • Imrahilandilass
                    Imrahilandilass répond à cactusun
                    Etudiant
                    • Posté à 10h15 le 26/08/2011
                    • Internaute 150767
                      Etudiant

                    Je ne connaissais pas ce système de cours multiples, ça aurait effectivement pu être une solution. En quoi ca consiste ? Des cours du soir ? Des programmes différents du reste de la classe ?

                    Et pouvez-vous développer les sauts de classes auxquels vous avez assisté ? En quoi ont-ils été des échecs ?

                    Pour votre dernière phrase, je ne ferais que vous citer Abraham Lincoln : « Si vous trouvez que l’éducation coûte cher, essayez l’ignorance. » ;)

                    • cactusun
                      cactusun répond à Imrahilandilass
                      retraité
                      • Posté à 12h16 le 26/08/2011
                      • Internaute 50486
                        retraité

                      Les cours multiples sont courants dans les petites communes. Si vous avez 50 enfants dans une école allant du CP au CM2, il est évident qu’il y aura 2 enseignants, dont l’un aura au moins 3 niveaux. Ainsi, l’enseignant ayant CP-CE1-CE2 pourra faire refaire un peu de CP à un enfant de CE1 qui a des difficultés en lecture, et faire découvrir la multiplication à un enfant de CP à l’aise en mathématiques. Il existe même des école à cours unique (c’est rare) allant de la petite section de maternelle au CM2)
                      Dans les écoles plus importantes, on peut trouver des cours doubles.

                      Vous pensez bien que, dans ce genre de classe, il les préparations de classe de l’enseignant sont multipliées et la gestion en classe nécessite des effectifs plus réduits. Cela nécessite aussi que l’enseignant travail par projets transversaux, permettant sur un même thème de faire travailler des enfants sur la recherche historique, tandis que d’autres font de la géométrie et des mesures (présentation sur panneaux) ou de l’expression écrite.

                      Les saut de classe auxquels j’ai assisté et qui ont été des échecs sont dus aux raisons suivantes :

                      1) dysharmonie des compétences de l’enfant : l’enfant est brillant dans un domaine, mais a besoin d’être soutenu dans d’autres. Or, un enfant ayant un ou deux ans d’avance est considéré comme brillant par l’enseignant et est donc parfois moins soutenu.
                      Cela est net pour l’organisation du travail, le graphisme, la résistance à l’effort. L’enfant peut donc cumuler des lacunes qui ont été masquées par ses bons résultats ailleurs.

                      2) Manque de maturité sociale. L’enfant qui est plus jeune, s’il a le physique correspondant à son age, peut se retrouver isolé du groupe. Surtout s’il ne retrouve aucun de ses camarades dans la classe.

                      La conséquence est souvent un essoufflement et un isolement qui amènent l’enfant à se spécialiser sur ses quelques points de réussite qui l’ont jusqu’alors valorisé. Arrivé au collège, j’ai vu plusieurs de ces enfants craquer littéralement car ils avaient accumulé des manques importants.

                      Les réussites que j’ai vu sont celles quyi sont passées par les cours double, en étroite relation avec les parents et l’enfant et en tenant compte de l’état d’esprit de lenfant. J’ai souvent eu des enfants en cours double qui commençaient leur CP avec les Cp, puis se voyaient proposé un travail personnalisé puis suivaient avec le cours supérieur. Ces enfants là, je les suivais 2 années et ils en réalisaient 3, dans des cours doubles. La première année (ils avaient leurs camarades de CP et sympathisaient avec ceux de CE1. L’année suivante, en CE1-CE2, ils retrouvaient une partie de leurs camarades et poursuivaient l’année suivante en CM1. Mais ce genre de travail doit être réalisé dans la continuité.
                      Un enfant sur-doué n’est pas un kangourou. C’est seulement quelqu’un qui accèlère plus vite que les autres.

                • Virginie AUGROS
                  Virginie AUGROS répond à Imrahilandilass
                  employée
                  • Posté à 19h55 le 25/08/2011
                  • Internaute 98660
                    employée

                  Apparemment, on est dans le même club.
                  J’ai su lire, écrire et compter à 4 ans 1/2. mais j’étais dans une école tenue par un couple d’enseignants (la femme pour les maternelles, le mari pour les primaires) qui ne faisaient « sauter » un classe qu’aux enfants dont les parents avaient une position sociale avérée. Je me suis bien faite chier. En CP, je m’attaquais aux divisions à virgules, en CE2, ça m’amusait de faire des équations.
                  Et forcément, je me suis laissée aller à des facilités.
                  Pour moi, le réveil s’est fait plus tard. A près une licence en LEA obtenue en 5 ans (j’allais pas me fatiguer !), je suis entrée dans la vie active, à faire des petits boulots. Puis, après la naissance de mon 2nd enfant, j’ai décidé de reprendre des études en lettres, brillantes. Aujourd’hui, je suis secrétaire documentaliste dans le secteur social, je bosse dans une bonne équipe, j’ai des possibilités d’évolution comme chargée d’insertion, et ça m’éclate.
                  Puis, ma fille, voulant entrer en lycée hôtelier cette année, j’ai du me battre contre le personnel enseignant qui la voyait bien en CAP (avec 13,5 de moyenne générale, malgré son dysorthographisme et une famille monoparentale). Manque de bol, du fait de mon activité, je connais bien les filières, les programmes, les possibilités, j’ai insisté, persisté, signé. Elle s’est entendue dire que : « N’oublie pas que ta mère n’est QUE secrétaire », sous-entendu : « tu n’as aucune chance ». Et bien elle est admise !

              • Fraggeur
                Fraggeur répond à mewtow
                under construction
                • Posté à 17h28 le 25/08/2011
                • Internaute 53840
                  under construction

                C’est ça le problème de la méritocratie : qu’est-ce qui est sélectionné ?
                ––––––––––––––––––-
                Le compte en banque des parents.
                J’avais connu un mec , bon élève, mais pauvre à qui on a forcé de s’orienter en CAP et non en filière générale, sous prétexte que les conditions de ses parents ne sont pas adaptées à ces études. En somme, il serait un poids financier trop important pour eux.

                • Virginie AUGROS
                  Virginie AUGROS répond à Fraggeur
                  employée
                  • Posté à 19h57 le 25/08/2011
                  • Internaute 98660
                    employée

                  J’ai une amie qui a été orientée en CAP chaudronnerie suite au décès de son père quand elle avait 13 ans. L’établissement avait estimé qu’elle ne s’en sortirait jamais avec une mère veuve et 4 frères. Elle est docteur en anthropologie (et a même un post-doctorat)

              • silversamourai
                silversamourai répond à mewtow
                paranoia agent
                • Posté à 12h12 le 26/08/2011
                • Internaute 15954
                  paranoia agent

                L’ambition pour une bonne part.

            • meSsiah
              meSsiah répond à guiliguili
              Parasite
              • Posté à 14h07 le 25/08/2011
              • Internaute 152194
                Parasite

              Je vous rejoins sur le reste mais cet argument sort un peu de votre chapeau.

              Je doute qu’il y ait assez de personnes issues des classes populaires qui font des tests de QI pour que vous puissiez assurer que c’est ce dernier qui définit les chances de faire de longues études.
              Je serais curieux de connaître la proportion de surdoués dans les classes populaires, mais encore faudrait-il qu’elles en ait quelque chose à foutre. Quand on doit choisir entre payer son loyer et acheter à bouffer, je ne pense pas que faire un test de QI rentre dans l’équation.

              Qu’il y ait une forte proportions de personnes à haut QI chez les riches polytechniciens ne signifie pas qu’ils auraient pu y rentrer s’ils étaient nés pauvres.

              Même si nous ne vivons pas dans un système de pur piston, nous somme quand même bien loin d’une pur méritocratie. Suffit de regarder les résultats des innombrables testing.

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