DSK : « J'ai vécu une épreuve terrible et injuste »
La motion de non-lieu (« recommendation for dismissal ») a été entérinée par le juge Obus à 17h30. Dominique Strauss-Kahn dit avoir vécu une épreuve terrible et injuste. Toutes les charges retenues contre lui ont été abandonnées.
L’ancien directeur du FMI va pouvoir récupérer son passeport. La Cour d’appel de New-York a rejeté la demande de Kenneth Thompson de récusation du procureur. Sa décision, très rapide, est tombée à 19h30 heure française. Une heure plus tôt, devant son appartement de Tribeca, DSK s’est exprimé devant les caméras :
« C’est la fin d’une épreuve terrible et injuste. Je suis soulagé pour ma femme, mes enfants, mes amis. Tous ceux qui m’ont soutenu pendant cette période en envoyant des emails et des lettres, il faut qu’ils sachent que leur soutien a été très important. J’ai hâte de rentrer dans mon pays, mais avant j’ai encore quelques petites choses à faire avant de pouvoir partir. Je m’exprimerai plus longuement quand je serai de retour en France. » (Voir la vidéo)
Ce mardi, à 17h30 heure française, le juge new yorkais a suivi les recommandations du parquet du bureau de Cyrus Vance Jr, le procureur de Manhattan.
Trois mois d’enquête et la confiance qui disparaît
Lundi, il lui avait envoyé une motion de non-lieu. Un document de 25 pages, mis en ligne sur le site internet de la cour de justice de New York.
Dans ce texte, deux assistants du procureur en charge de l’enquête expliquent pourquoi ils ont décidé d’abandonner les poursuites contre DSK. Ils retracent trois mois et demi d’enquête et comment la confiance entre la victime présumée et eux a disparu.
Après une enquête qu’ils jugent exhaustive, ils ne sont pas en mesure de prouver l’absence de consentement de Nafissatou Diallo. L’accusation de viol ne repose finalement que sur le témoignage de la victime présumée. Or, cette dernière a beaucoup menti au cours de l’enquête.
Les deux procureurs précisent qu’ils ont déjà eu affaire à des victimes compliquées (avec un casier judiciaire et des mensonges passés). Mais là, c’était trop. Ils écrivent :
« La nature et le nombre de ses erreurs ne nous permettent pas de croire en sa version au-delà d’un doute raisonnable […]. Si nous ne la croyons pas au-delà d’un doute raisonnable, nous ne pouvons pas demander au jury de le faire. »
Trois versions différentes du déroulé des faits
Nafissatou Diallo a donné plusieurs versions des événements qui ont suivi le « face à face » (« encounter ») dans la suite 2806, le 14 mai 2011. Elle a admis avoir menti aux procureurs et au grand jury (devant lequel elle parlait sous serment).
Du 14 mai au 28 juin, la plaignante a répété plusieurs fois au parquet qu’après l’incident sexuel, elle était immédiatement sortie de la suite pour se réfugier au bout du couloir du 28e étage. Elle est restée là, apeurée, jusqu’au moment où elle a croisé un superviseur, dit-elle.
Le 28 juin, Diallo admet avoir menti. Après avoir quitté la suite, elle se serait en fait rendue dans une autre chambre (2820) pour terminer de la nettoyer.
Elle aurait passé l’aspirateur. Après ça, elle serait retournée dans la suite 2806 pour la nettoyer aussi. C’est en allant chercher des produits qu’elle a croisé le superviseur.
Grâce aux enregistrements des passes électroniques, les enquêteurs se rendent compte que cette deuxième version ne tient pas debout (elle n’a passé qu’une minute dans la chambre 2820). Nafissatou Diallo livre alors une troisième version. Elle assure avoir nettoyé la chambre 2820 plus tôt dans la matinée. Après le huit clos, elle s’est cachée dans le couloir. Elle a vu DSK prendre l’ascenseur. Elle n’est entrée dans la
chambre 2820 que pour récupérer des produits ménagers.
Dernier affront au parquet : Nafissatou Diallo dément avoir changé de version une troisième fois. Elle assure que la deuxième fois, l’interprète a mal traduit ou le parquet a dû mal comprendre.
Les mensonges sur le viol collectif
Nafissatou Diallo a par ailleurs menti sur son passé. Au cours de deux interviews, la plaignante a donné « un vif, très détaillé, et convaincant » récit de viol collectif dans son pays natal. Elle a admis plus tard qu’il était inventé.
Le 16 mai 2011, au cours d’un entretien, Nafissatou Diallo a en effet expliqué qu’elle avait été victime d’un viol collectif par des soldats qui étaient entrés par effraction chez elle en Guinée.
Le 30 mai, elle a offert des détails « précis et impressionnants » à propos du nombre et l’origine de ses agresseurs. Elle a aussi mentionné la présence de sa fille de 2 ans qui a été retirée de ses bras et lancée par terre. Pendant ce récit, elle pleurait et posait sa tête sur la table d’émotion.
Début juin, la plaignante a admis qu’elle avait entièrement imaginé cette attaque. Elle a commencé par dire qu’elle avait menti pour ne pas contredire la version qu’elle avait donnée dans son formulaire de demande d’asile, des années auparavant. Mais ce document ne fait pas mention de ce viol.
Elle a ensuite raconté qu’un homme lui avait donné une cassette avec ce récit à mémoriser pour sa demande d’asile. A la dernière minute, elle aurait décidé de ne pas utiliser le récit.
Les dépôts en cash sur son compte
Pour obtenir un logement social, Nafissatou Diallo trichait sur son salaire.
Pendant l’interrogatoire portant sur ses sources de revenus, la plaignante a aussi oublié de mentionner des versements en cash (en tout, 60 000 dollars) qui ont été faits sur son compte par des individus vivant dans quatre Etats différents.
Questionnée sur cet argent, elle a dit qu’elle avait autorisé son fiancé en Arizona (dealer de marijuana) à utiliser son compte en banque pour faire des dépôts en cash, pour ce qu’elle croyait être un business de vêtements et d’accessoires.
Alors qu’elle a démenti profiter de ces transactions bancaires, des « portions de ces dépôts » (« portions of each deposit ») restaient à chaque fois sur son compte.
Par ailleurs, Nafissatou Diallo a toujours dit que sa motivation n’était pas financière (cela n’aurait pas été grave si cela avait été le cas, précise le document). Mais le parquet a pu avoir accès à une conversation enregistrée au cours de laquelle Nafissatou Diallo mentionne le potentiel financier d’un tel procès.
Des preuves médicales et scientifiques insuffisantes
Le document précise :
« Les preuves scientifiques, physiques et autres établissent que la plaignante et l’accusé se sont engagés dans un rapport rapide, mais elles n’établissent pas la preuve d’un acte forcé et non consenti. »
Les procureurs précisent qu’aucun « traumatisme » n’a été constaté sur le corps de Nafissatou Diallo par le spécialiste qui l’a examinée dans l’hôpital new yorkais.
Elle avait simplement une « rougeur » (« redness ») observée pendant l’examen gynécologique. La personne qui a conduit l’examen n’a pas su dire si cette « rougeur » était le résultat direct de l’agression. Elle peut être attribuée à l’incident décrit par la plaignante mais aussi à d’autres causes (friction, irritation ou inflammation).
Reste la blessure à l’épaule. Au cours de l’examen médical, la plaignante a reporté une douleur à l’épaule gauche. Elle s’est atténuée au fur et à mesure des heures passées à l’hôpital. Les procureurs notent que l’examen n’a révélé ni luxation, ni contusion, ni gonflement. Durant les interrogatoires qui ont suivi, elle ne s’est plaint d’aucune gêne.
Mais le 13 juin, « 28 jours plus tard », Kenneth Thompson assure que Diallo souffre et qu’elle doit être traitée immédiatement. Son médecin a diagnostiqué une déchirure du labrum (ligament entourant la cavité de l’épaule) ( « SLAP type 2 tear »). Thompson assure que DSK est responsable de cette blessure.
Le parquet n’a pas pu vérifier ce point : il dit ne pas avoir eu les autorisations permettant d’avoir accès aux antécédents médicaux de Nafissatou Diallo.
Un « important » expert mandaté a examiné le dossier médical concernant le ligament et pense que cette déchirure est probablement due à des gestes répétitifs liés à sa profession, et non à un événement traumatique isolé. Si cela avait été le cas, Nafissatou Diallo aurait « beaucoup souffert pendant plusieurs jours ».
►Mis à jour le 23/08/2011 à 18h25 Le juge Obus suit la recommandation du procureur.
►Mis à jour le 23/08/2011 à 19h35 La Cour d’appel de New York a rejeté la demande de Kenneth Thompson.
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Beauf de France
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« DSK a été blanchi »
Moi je suis pas sur que ca soit vraiment lui qui ai été blanchi...




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