Questions-Réponses 22/08/2011 à 19h27

Après Kadhafi, ce sera au tour de Bachar al-Assad ?

Sophie Caillat | Journaliste Rue89

Pendant que Kadhafi est traqué avec l’appui des forces de l’Otan, le dictateur syrien massacre son peuple depuis des mois en toute impunité.

« Verra-t-on BHL en ministre des Armées et des Affaires étrangères nous refaire des plans de bataille pour envahir Damas ? », interroge crument notre riverain Padiran.

Probablement pas. La Libye n’avait plus vraiment d’alliés et est entourée de deux pays ayant déjà fait leur révolution. La Syrie, alliée à l’Iran, située entre le Liban et l’Irak, est une pièce majeure dans l’échiquier proche-oriental.

Damas, soutien logistique du Hezbollah, a une vraie capacité de nuisance régionale, notamment dans le conflit israélo-palestinien, père de tous les conflits.

L’ONU, après des mois de tergiversations, a adopté début août une déclaration visant la Syrie, mais pas de « résolution ». Les « Brics » (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) ont tout fait pour empêcher un texte pouvant déboucher sur une intervention militaire.

Etats-Unis et Europe sont allés un peu plus loin : Obama a demandé officiellement à Bachar al-Assad de quitter le pouvoir, et les sanctions économiques vont se durcir. En plus du gel des avoirs, un embargo sur les armes est déjà en vigueur, des sanctions sur le pétrole se préparent.

« Le devoir d’ingérence est une mythologie française »

Parler de deux poids deux mesures entre Tripoli et Damas, c’est pointer un « faux problème », écrit Jean-Baptiste Jeangène-Vilmer, philosophe et juriste :

« D’une part, la décision d’intervenir ne repose pas seulement sur le facteur humanitaire, mais sur un calcul coût/bénéfice qui inclut les risques encourus, à la fois pour les intervenants et les locaux, les intérêts nationaux en jeu et les conséquences politiques.

D’autre part, le devoir d’ingérence est une mythologie française et la responsabilité de protéger davantage un slogan pour les médias qu’une réalité juridique – elle n’est d’ailleurs pas citée dans la résolution 1973 autorisant l’intervention en Libye, contrairement à ce qu’on lit souvent. Il y a éventuellement un droit d’intervenir lorsque le Conseil de sécurité l’autorise, ce qui est très différent. »

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  • Léo L.
    Léo L.
    Auteur, Dealer d'opinions
    • Posté à 19h48 le 22/08/2011
    • Internaute 96381
      Auteur, Dealer d'opinions

    Très peu probable effectivement.

    1/ L’armée syrienne est quand-même nettement plus balaise que les pauvres troupes que pouvait aligner Kadhafi...

    2/ L’Iran, principal soutien du régime syrien, est mentionné vite fait dans l’article, mais c’est probablement l’élément le plus dissuasif dans l’équation.

  • Buck Ofama
    Buck Ofama
    Procrastinateur
    • Posté à 21h47 le 22/08/2011
    • Internaute 165995
      Procrastinateur

    La Syrie entretient un puissant lobby en France Lien
    Lien

  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 07h15 le 23/08/2011
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    [ Les « Brics » (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) ont tout fait pour empêcher un texte pouvant déboucher sur une intervention militaire. ]

    J’espère que Sarkozy ne décidera pas néamoins d’y aller tout seul, comme un grand !

  • kaliljobran
    kaliljobran
    étudiant
    • Posté à 11h29 le 23/08/2011
    • Internaute 166292
      étudiant

    Et voilà finalement Barack Obama le fait et sous la pression républicaine qui l’accusait de perdre le contrôle et l’influence des Etats –Unis sur le Moyen Orient. Il faut rappeler que Hilary Clinton a retiré la légitimité de Bashar Al Assad goute à goute pendant des mois pour contenir les questions des journalistes…. Sans résultat. Elle a retiré toute la légitimité de Bashar il y a 5 semaines, la réplique de la Maison Blanche était qu’’elle’ l’a dit à titre personnel ! il y a deux semaines, elle déclare que la question de Bashar Al Assad est une affaire turque et de l’Arabie Saoudite et que les Etats Unis n’ont aucun effet dans cette affaire. Résultat : ; l’indignation du parti républicain et les campagnes à la télévision sur ce sujet qui ont obligé Obama à sortir Hilary pour le dire finalement en sachant très bien que cela ne sert à rien (à part quelques chiens à droite et à gauche qui ont répété ce qu’ils ont entendu ! et quels chiens ! des grandes puissances quand même ! en plus des sanctions sur le peuple syrien ! on se rappelle bien de Saddam et de ses chateaux, il a souffert vraiment des sanctions)… le sort de la Syrie est entre les mains de la position des Turcs… les alliés des Etats Unis mais qui vont payer très cher la moindre bêtise… pour ceux qui vont –peut-être lire le commentaire… voici un lien sur le présumé massacre de Hama… Bashar est un dictateur mais ! 5 mois d’opération militaire avec 1900 vicitmes (civil ? pas sûr) et 600 victimes de l’armé… ce n’est pas un massacre quand même, c’est une guerre,… voici les manifestants pauvres et civils dont on vous parle tous les jours et qui incite des millions de syriens à soutenir le dictateur : Lien et les grandes manifestations : Lien
    Pour l’auteur : je viens de voir votre article traduit sur la chaine arabe Aljazeera dans une présentation matinale de la presse mondiale…. Du coup je suis venu commenter ;)

  • Atlantis
    Atlantis
    Etudiant apolitique
    • Posté à 22h24 le 23/08/2011
    • Internaute 39710
      Etudiant apolitique

    Qu’on arrete un peu l’hypocrisie et la mauvaise foi.
    Qui se souvient des interventions des lecteurs de rue 89 avant l’intervention en Libye ? « Méchants occidentaux, ils laissent les libyens se faire massacrer ». Puis, lorsque la résolution 1973 est tombée (soit dit en passant, ce sont les chinois et les russes qui ont fait le forcing pour qu’elle ne passe pas, tout comme c’est le cas pour la Syrie actuelle), on a dérivé vers les « droits d’ingérence », « guerre coloniale » ect...

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