Témoignage 07/08/2011 à 11h25

La révolution frémit à Damas : « Incroyable, ils n'ont plus peur »

Alice Michaux | Damas

La révolte monte lentement dans la capitale syrienne verrouillée par le pouvoir, et la vie quotidienne a changé. Témoignage.


Capture d’écran d’une vidéo prise lors d’une manifestation à Douma, banlieue de Damas, le 3 août (Reuters)

En apparence, la vie n’a que peu changé depuis le début du soulèvement contre le régime de Bachar el-Assad.

Les gens se promènent dans la rue, les magasins sont ouverts. D’immenses drapeaux ont fait leur apparition place des Omeyyades et des Abbassides, un stade a été transformé en caserne.

Certaines administrations ont affiché des caricatures telles qu’un Satan américano-sioniste en train de partager le gâteau syrien avec des diablotins armés de longs glaives sur lesquels on peut lire : BBC, France 24, Al Arabiya, Al Jazeera (chaînes qui diffusent les vidéos envoyées par les manifestants).

A la radio, les présentatrices imperturbables, continuent à faire porter la responsabilité des crimes à des mystérieux « infiltrés », qui tireraient sur les manifestations anti-régime et sèmeraient la zizanie entre les Syriens au profit de l’étranger.

« Infiltrés » : ce mot a acquis une célébrité sans pareille ici, et fait l’objet de nombreuses blagues. « Ah, mais en fait, c’est toi l’infiltré ! Pourquoi tu t’infiltres dans ma cuisine ? » plaisante-t-on. C’est dire le crédit porté, par un très grand nombre de gens, à la propagande d’État.

« L’éternité n’existe pas, la Syrie vivra, Assad tombera. »

Toute la journée, les sirènes des ambulances parcourent la ville. Elles viennent des quartiers soulevés, ou se dirigent vers eux.

A tout moment, le passant est harcelé par les manifestations pro-régime, souvent constituées d’une poignée de gens, qui scandent « Abou Hafez ! Abou Hafez ! » et frappent trois fois dans leurs mains.

Abou Hafez, c’est Bachar el-Assad : fils de l’ancien président et père du prochain. La boucle est bouclée, l’éternité, refermée. Réponse radicale aux aspirations à la liberté.

Dans le camp d’en face, à Hama, avant l’entrée des chars il y a quelques jours, une foule innombrable chantait chaque vendredi place de l’Oronte :

« L’éternité n’existe pas, la Syrie vivra, Assad tombera. »

Les manifestations pro-régime peuvent faire leur apparition dans n’importe quel lieu public, un bus, un restaurant, prenant en otage tous ceux qui s’y trouvent. La chaîne d’Etat et la chaîne Al Dounia filment les passants dans la rue pour montrer « la vie normale ».

Une jeune femme raconte ainsi qu’elle est passée sur la chaîne officielle, alors qu’elle se hâtait... sur le chemin d’une manifestation...

« La liberté commence par le respect du régime »

Sur d’énormes panneaux publicitaires s’étalent des « réponses » aux slogans de la révolution.

Toute une campagne est ainsi organisée pour enseigner au peuple comment il doit comprendre le terme « liberté ». Sur ces panneaux, on voit apparaître le mot, de loin, en immenses lettres bleues. Puis, en lettres plus petites et de couleur plus discrète, de sorte qu’on ne les voit qu’après s’être rapproché, vient la suite de la leçon.

Cela donne, par exemple, selon mon souvenir :

« LA LIBERTE ne commence pas par des slogans, mais par le respect des lois
LA LIBERTE ne commence pas par le chaos, mais par la responsabilité
LA LIBERTE ne commence pas par la destruction des biens publics, elle commence par le travail »

Cette campagne n’est pas la seule en son genre. Il suffit d’un trajet en ville pour être littéralement abruti par toute la littérature déversée par le régime sur les citoyens.

Les contre-manifs suivent les manifs

Le vendredi, pas âme qui vive dans la rue. Le silence règne jusqu’à l’appel à la prière de l’après-midi (vers 13 heures). Après quoi, suivant le lieu où l’on se trouve, on peut commencer à voir passer des ambulances et de grands bus poussiéreux, par dizaines, transportant les services de sécurité.

Quand la bataille est finie, on voit passer d’autres bus, remplis de fonctionnaires contraints par leur direction à aller faire une contre-manifestation sur le lieu même qui vient d’assister à la mort et aux arrestations.

Suivant l’endroit où l’on se trouve, on entend les balles. A partir de quinze heures, on commence à savoir ce qui s’est passé dans chaque quartier, chaque ville de Syrie. Et le soir, une grande « fête » pro-régime est organisée dans les quartiers centraux de Bab Touma et Bab Charki, souvent accompagnée d’un défilé en voiture avec klaxons et drapeaux.

Il y a environ trois semaines, à Rukn el-Dine, un quartier à majorité kurde construit sur le versant de la montagne Qassioun, les familles ont pu voir, d’un côté, la manifestation débouler des hauteurs, remplir les ruelles en pente, et de l’autre côté les forces de sécurité qui attendaient en bas sur la rue principale. Des gaz lacrymogènes ont été lâchés.

Mais la semaine suivante, personne n’est sorti sur son balcon, car c’est une pluie de balles qui s’est abattue sur le quartier. Rukn el Dine est également depuis longtemps le théâtre de nombreuses manifestations volantes, rassemblées-dispersées avant qu’on ait pu respirer.

Des manifs très fréquentes mais très rapides

Au centre-ville, on peut tomber par hasard sur un déploiement d’hommes armés dont la présence provoque l’annulation d’un rassemblement initialement prévu à cet endroit-là (comme, par exemple, le 14 juillet place Merjé, devant le ministère de l’intérieur).

Il est plus difficile de tomber par hasard sur une manifestation. Elles sont en fait très fréquentes, mais, comme on vient de le dire, d’une extrême rapidité. Manifester en centre-ville, c’est à la fois être plus protégé qu’en banlieue (on ne tire pas encore, ou peu, dans Damas) et être plus exposé, car moins nombreux.

La mosquée des Omeyyades, le souk Hammidiyé, le souk Hariqa, la place Merjé, la place Arnous, la rue Aymariyé sont autant de lieux centraux de la capitale qui voient ou ont vu au moins une fois de petits groupes de personnes (dont beaucoup d’intellectuels) tenter de briser la « normalité » du centre.

Les massives manifestations des banlieues ne parviennent pas à passer les barrages de l’armée pour atteindre la capitale et enfin s’unifier.

Les services secrets sur les bancs de la fac

La Cité universitaire a été, fin juin-début juillet, le théâtre d’événements dont on m’a fait le récit : certaines étudiantes ayant refusé d’accrocher sur leur porte des photos de Bachar al-Assad, une violente dispute a éclaté dans le bâtiment des filles, menant à l’arrestation d’une trentaine d’étudiantes. Les garçons se sont alors mobilisés pour demander leur libération.

L’un des hauts responsables de l’établissement a téléphoné à la « sécurité », et s’en est suivi un débarquement de Chebbiha. C’est l’un des nombreux appareils de répression au service du régime, le plus célèbre en ce moment pour son fanatisme, sa cruauté et l’aspect physique de ses membres, malabars au crâne rasé qui se laissent pousser la barbe.

Ils ont cassé les portes des chambres et passé à tabac toute personne leur tombant sous la main. Des balles ont été tirées depuis le toit, faisant plusieurs morts parmi les étudiants.

La Cité a été fermée, en pleine période d’examens. Le lendemain, un sit-in a été organisé à la fac de droit, mais n’a pas pu avoir lieu à cause du déploiement préventif de la Chebbiha.

Le même jour, un étudiant originaire de Deraa a été arrêté sur simple présentation de sa carte d’identité, alors qu’il venait passer un examen. Depuis plusieurs mois déjà, les étudiants partagent les bancs des amphithéâtres avec les « mukhabarats » (agents secrets), qui assistent aux cours avec eux.

« Grâce à la révolution, on fait connaissance »

A Damas, on entend beaucoup plus qu’on ne voit. C’est pourquoi beaucoup de gens font la démarche d’aller « voir de leurs yeux » ce qui se passe. Le mercredi ou le jeudi, ils vont dormir dans les quartiers soulevés, qui, le vendredi, seront entièrement bouclés.

On va dormir à Berzé, à Douma, à Qaboun, à Qadam, pour être sur place, et descendre à la manifestation. Certains se déguisent, d’autres non. Car tout le monde filme.

On a tous vu une vidéo de manifestation filmant les manifestants eux-mêmes en train de filmer. Un ami, qui filmait lui aussi, dit à un père qui portait son fils sur ses épaules :

« Ne t’inquiète pas, je ne montrerai pas vos visages. »

Sur quoi il lui répondit :

« Mais montre-les nos visages, montre-les ! Qu’est-ce que tu veux que ça nous fasse ? »

Les propos que j’ai le plus entendus en écoutant les retours d’expédition étaient :

« C’est incroyable, ils n’ont plus peur. »

Ils chantent d’ailleurs :

« Ohé gens de Damas, nous, à Berzé, le régime on l’a fait tomber ! »

On entend aussi beaucoup :

« C’est incroyable, nous les Syriens on ne se connaissait pas. Grâce à la révolution, on fait connaissance. »

Mille et une anecdotes cocasses circulent sur toutes les personnes non musulmanes, chrétiennes, druzes, alaouites etc., qui se rendent à la mosquée le vendredi pour ne pas rater le départ de la manifestation, et... ne savent pas prier.

Un blessé ne doit pas aller à l’hôpital, il risque de se faire arrêter

Le quartier de Midane, religieux et conservateur, est devenu un véritable théâtre pour ces tentatives de prise de contact entre Syriens et Syriennes de tous âges, milieux, confessions, convictions. Beaucoup de « laïcs » s’y rendent chaque vendredi pour participer aux manifestations.

Le fils d’une amie, qui s’est fait arrêter là-bas il y a environ un mois, a été mis dans le bus de la sécurité, d’où il a vu de ses yeux un agent tuer un manifestant d’un coup de revolver.

Arrivés à la « section » (équivalent du « poste », avec une connotation autrement sinistre), on les a entièrement déshabillés, battus avec des câbles, on leur a cassé des côtes, puis on leur a marché sur la nuque avec des bottes.

Le lendemain, un jeune gradé élégant et cultivé leur a fait la leçon, et leur a demandé de « considérer ce traitement comme venant d’un grand frère se souciant de leur bien ».

Puis ils ont été relâchés. Si l’on sort blessé d’une manifestation, il est très imprudent de se rendre à l’hôpital, d’où l’on peut être renvoyé en prison sur le champ. Dans les banlieues soulevées, les forces de sécurité attaquent les hôpitaux, empêchent le ravitaillement en médicaments, coupent l’électricité.

Toujours à Midane, le 13 juillet, le parvis de la mosquée Hassan a été choisi comme lieu de rassemblement pour une manifestation d’« intellectuels syriens ».

Le choix du lieu était symbolique, puisqu’il visait à briser la glace entre « laïcs » et « croyants », à adresser un message fort de solidarité à « la rue », à s’inscrire en faux contre les spectres de la « révolution islamiste » et de la « vengeance sunnite ».

Une trentaine d’artistes ont été arrêtés ce jour-là, dont une actrice très populaire, May Skaf, que cet épisode a hissée au rang de symbole de la révolution syrienne. Sa photo est brandie un peu partout dans tout le pays avec celles d’autres artistes appelés « les nobles ».

On peut mesurer le succès de leur initiative quand on sait que, lors d’un sermon du vendredi, un cheikh a salué le courage des « intellectuels » parmi lesquels cette actrice mais aussi une scénariste dont le feuilleton, au Ramadan dernier, jugé trop licencieux, avait provoqué un tollé dans les milieux religieux.

Quand les condoléances virent à la manifestation

Ceux qui veulent voir et entendre se rendent également dans les séances de condoléances, où ils écoutent les récits des familles de martyrs, les retranscrivent et les diffusent. Entre une séance de condoléances et une manifestation, il n’y a qu’un pas. Ainsi le récit d’une amie qui s’était rendue à Qaboun :

« Au début on saluait les mères de martyrs, chacune debout devant sa porte. Certaines étaient très jeunes. Il n’y avait que des femmes.

Petit à petit, on est sorties de la ruelle et on s’est retrouvées dans une rue beaucoup plus grande où il y avait des hommes, beaucoup de monde, c’était une manifestation.

A un moment on a entendu tirer, mais ils ont dit : “C’est pour nous faire peur, continuez ! Continuez” ! »

A plusieurs reprises les personnes me racontant ce type d’expérience ont insisté sur le fait qu’ils étaient merveilleusement accueillis par les gens des quartiers concernés, et, également, que leur sécurité était remarquablement prise en charge.

Deux femmes qui avaient rejoint une manifestation au sortir de la mosquée à Berzé racontent :

« On était entourées d’hommes qui veillaient sur nous. On a marché longtemps avec eux. A un moment ils se sont rapprochés de nous, et nous ont indiqué une rue en disant que maintenant il valait mieux partir, ce qu’on a fait. »

Une de ces deux femmes, ayant rendu une autre visite de condoléances, toujours à Berzé, décrivait, admirative, le cordon de sécurité organisé par de très jeunes gens autour de la tente, et se chargeant d’annoncer l’arrivée des diverses délégations venues au nom des « tansiqiyat », les organisations révolutionnaires) de tout le pays.

Elle décrivit ensuite comment le même cordon organisait leur sortie, et comment elle vit, peu après, cinq bus de Chebbiha débouler là où, quelques instants auparavant, elle se trouvait.

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  • ostia
    ostia
    inadapté
    • Posté à 11h49 le 07/08/2011
    • Internaute 88960
      inadapté

    « Infiltrés » : ce mot a acquis une célébrité sans pareille ici, et fait l’objet de nombreuses blagues. « Ah, mais en fait, c’est toi l’infiltré ! Pourquoi tu t’infiltres dans ma cuisine ? » plaisante-t-on

    ça me rappelle les blagues en RDA, du genre :

    « Pourquoi est-ce qu’en RDA les policiers se déplacent toujours par trois ?
    - Parce que le premier sait lire, le second sait écrire, et qu’il en faut un troisième pour surveiller ces deux intellectuels. “

    plus sérieusement, merci pour l’article. Les témoignages sur la Syrie sont trop rares

  • caro
    caro
    délinquante avérée
    • Posté à 12h22 le 07/08/2011
    • Internaute 6484
      délinquante avérée

    merci, c’est très émouvant.
    Quel courage montre le peuple syrien ! Vivement que Bachar Al Assad, soit battu et s’en aille ! il faut que les meurtres et les arrestations de manifestants cessent. La Liberté se paye cher.

  • momo la salade
    • Posté à 12h27 le 07/08/2011
    • Internaute 110276
      foutus

    mais que fait BHL

  • actimem
    • Posté à 13h00 le 07/08/2011
    • Internaute 26918

    A ce propos, disons que tous les jours de ce mois sont des vendredis pour les Syriens. C’est un mois décisif : ca passe ou ca casse. Si les Syriens n’arrivaient pas à déboulonner Assad et sa caste, cela risque de perdurer avec des conséquences moins positives pour les peuples arabes. D’où le pari des US et d’Israël. Tous les deux tiennent à ce que les Assads restent ou alternativement soient remplacés par une autre caste tout aussi inféodée aux puissances étrangères.

    Avez-vous remarqué le silence assourdissant (ou du moins l’hypocrisie manifeste) de la soi-disant « communauté internationale » ?

  • Anastaze
    Anastaze
    inconsolable
    • Posté à 13h48 le 07/08/2011
    • Internaute 53186
      inconsolable

    Entre ceux qui défendent les Alaouites, ceux qui ont bénéficié du régime et demandent un retour au calme, ceux qui ont bénéficié du régime mais réclament des réformes, ceux qui veulent le départ de Bachar, ceux qui veulent la fin du parti unique Baas, ceux qui veulent faire la révolution et ceux qui veulent prendre le pouvoir, il y a peut-être un plus que le cheveux « dictateur-révolutionnaires » que nous présente cet article.

    La politique de la carotte et du bâton d’El Assad inlassablement ressassée par les médias, s’explique peut-être par le fait que la carotte est destinée à certains et le bâton à d’autres, et pas uniquement par la perfidie d’un ophtalmologue assoiffé de sang.

  • Megotarus
    Megotarus
    Mystère
    • Posté à 16h00 le 07/08/2011
    • Internaute 94732
      Mystère

    Les révolutionnaires syriens semblent s’acheminer vers une défaite. Depuis 5 mois ils essaient de donner une ampleur considérable à leur mouvement, ce qu’ils ont fait, mais sans parvenir a franchir la limite et a rallier la majorité à leur mouvements.

    Avec le ramadan ils pensaient qu’ils y arriveraient et avait ouvertement défié le régime en lui promettant un « vendredi tout les jours ».

    Une semaine après le début du ramadan il n’en est rien. La mobilisation Vendredi dernier a nettement chuté. Hama est sous le contrôle total de l’armée d’Assad et Deiz Ezzor, deuxième principale ville de manifestations est en train de subir le même sort aujourd’hui.

    Alep et Damas sont relativement calme. Deraa , la ville originelle de la contestation est beaucoup moins active depuis l’assaut militaire il y a des mois. Homs est efficacement quadrillé.

    Contrairement a ce que relayait la presse , qui était les « estimations » des anti régime Syrien, il n’y a jamais eu 1 million de personnes dans les rues ni 500 000 personnes à Hama. Un politologue belge qui s’était rendu sur place avait parlé de 10 000 personnes, pas 500 000. C’est encore un plus gros bidouillage que les chiffres de la CGT.

    Dans ces conditions, et avec quasiment aucune désertion de l’armée et de la classe politique syrienne et avec aussi peu de manifestants, il y a fort a parier que le régime l’emportera, cela semble inéluctable.

  • nono le simplet
    nono le simplet
    nihil scio nisi scio quod nihil (...)
    • Posté à 16h46 le 07/08/2011
    • Internaute 9767
      nihil scio nisi scio quod nihil (...)

    Difficile de prédire l’avenir mais, comme d’autres avant, quel magnifique courage ont ces gens, quel magnifique exemple pour les autres peuples humiliés, asservis !
    Grâce à ces courageux tunisiens, égyptiens, libyens, syriens, ..., tous les tyrans de la planète doivent commencer à trembler !
    Et nous, le pays de la Révolution, des Droits de l’Homme, de la Liberté, de l’Egalité, de la Fraternité, nous n’osons qu’émettre de faibles protestations ...
    Oh, ce n’est pas qu’on demande la lune, une intervention armée, enlisés que nous sommes déjà en Libye et de toutes façons le veto des chinois et des russes ne nous donnerait pas de mandat onusien ...
    Non pas la lune, mais une parole forte qui dénonce la répression sanglante du boucher de Damas !
    Et non ces protestations molles en langage de diplomate ...
    Enfin, bon, il y a peu, le boucher de Damas était dans la loge présidentielle du nôtre défilé du 14 Juillet, quel symbole !

  • Rouxel
    Rouxel répond à actimem
    Chercheur
    • Posté à 18h20 le 07/08/2011
    • Expert 164957
      Chercheur

    En ce qui concerne le « silence » de la communauté internationale : l’Europe et les USA semblent tout chauds pour se la jouer à la Lybienne. En tout cas, ça bourdonne à l’ONU. Seulement la Russie et la Chine sont vent debout contre. La Lybie passe encore, ce n’est pas trop leur sphère d’influence. Mais là, c’est différent... Faudrait pas que le Proche-Orient change trop vite, pas dans cette direction... et faudrait pas fâcher ce potentiel (ou plus ?) partenaire qu’est l’Iran. De plus, en étant vraiment cynique, on pourrait se dire qu’il y a un autre Etat très belliqueux dans la région qui, bien que démocratique, a montré dans son histoire qu’il était comme un poisson dans l’eau entouré de dictatures, à un tel point que c’est la démocratie la plus proche qui a pris le plus cher, et à plusieurs reprises... On imagine bien que cet Etat ne verrait pas d’un bon œil une démocratisation ambiante un peu trop brusque. Et en plus il a sa propre mobilisation populaire qui le chatouille. Que ce soit des « arabes » qui donnent l’exemple, ce serait un comble. Un gros paquet de dogmes qui s’effondreraient. Ce serait bien cruel, non ?

    Conclusion : les Syriens, il va leur faloir liquider leur dictateur seuls. Et ce serait formidable qu’ils y arrivent.

  • kaliljobran
    kaliljobran
    étudiant
    • Posté à 10h12 le 08/08/2011
    • Internaute 166292
      étudiant

    J’espère que vous profitez pleinement de votre séjour en Syrie, dans tous ses aspects, le mouvement de changement comme vous en témoignez, ainsi que les soirées parfumées de l’ambiance damasquine ! Ça me manque énormément… en plus je suis d’Alep ! Peut-être les Aleppins ne sont pas à votre goût ! je n’en sais rien !
    Malgré que ce soit ma troisième année en France, aujourd’hui c’était ma première sur le site Rue 89. Je m’y suis rendu sur conseil de mes amis français… car, découragé et presque malade de ce que je vois sur les chaînes de télévisions en ce qui concerne les événements dans mon pays… je ne compte évidement pas sur les chaines françaises, je parle de chaines anglaises par exemple… et paradoxalement ! C’est la CNN qui est la plus objectif (c’est-à-dire impartial et se soucie pour la Vérité) car à mon avis, ce qui se passe en Syrie, n’est pas un match de football ! et un journaliste n’est pas un supporter ! CAR suivant la victoire des uns sur les autres scellera le sort –et vous le voyez bien dans les deux côtés- des centaines de milliers de personnes, et j’insiste, des deux partis ! et j’insiste donc et encore, ce n’est pas un match de football !
    J’ai vu donc la première chose, un témoignage de la Syrie, et j’étais très content, je suis allé sur le rapport pour le manger avec mes yeux, car vous le savez, le régime syrien a interdit tout accès aux journalistes étrangers…
    Mes amis français m’avaient expliqué que c’est un site lu par une très grande partie de la jeunesse française, qu’il n’existe pas en version papier en raison de son indépendance (un pêché de nos jours ?), à la fin, c’est ce qu’on m’a dit sur le site, vous savez mieux.
    J’ai commencé la lecture de votre article avec plaisir… plusieurs lignes après, je vous trouve harcelée par les petites manifestations pro-régime. « Harcelée » j’ai quitté la page, déçu ! Comme d’habitude.
    Mais quelques heures après, sachant que vous êtes en Syrie, je n’ai pas pu résister à terminer votre article avec l’objectif de vous écrire, et de vous demander si vous avez le droit –ou la volonté- d’essayer de diffuser ma réplique –si elle est valeureuse en tant que point de vue différent, et si elle peut être convenable d’être publiée, pour son contenu ou sa forme (étant que je n’ai pas les mêmes capacités d’écriture)…
    Au début du mouvement, lorsque tout a éclaté à Deraa, après l’affaire des enfants d’école et de l’humiliation de leurs familles chez le chef de sécurité (Atef Najib, le cousin du président Bashar) j’étais du côté du mouvement et je pleurais les victimes –civils de Deraa- et avec ma connaissance de la Syrie, ma peur d’une guerre civile imminente si la chose ne se termine pas très vite, à l’égyptienne ou à la tunisienne, une chose très difficile.
    Avec le temps, des semaines difficiles sont passées, le mouvement aussi s’est déplacé et a pris plusieurs types de revendications et plusieurs types de protestations et un seul type de couverture médiatique qui a déformé –à mes yeux et à ceux de beaucoup de syriens- l’idée qu’on souhaitait faire de la suite des événements… et je vous donne comme simple exemple –et pas exclusive- l’histoire de la fille homosexuelle, l’histoire des fosses communes, l’histoire de l’enfant Hamza el Khatib à Deraa etc (pas l’histoire de l’ambassadrice syrienne à Paris car je pense que c’était un piège syrien). des histoires malheureusement, de propagandes qui –de bonne ou de mauvaise fois- ont imprégné le mouvement de beaucoup de suspicions. A côté, dans des régions que peut-être vous ignorez bien, loin de Damas où vous êtes- où tout est pacifique-, comme Jisr Al Shoghour par exemple (pas exclusif) des nouvelles venant de réfugiés de cette ville s’installant à Alep ont inquiété tout le monde, des histoires qui se répandent sans besoin de médias, comme un oncle d’un voisin qui vient raconter quelque chose qu’il a vu dans tel ou tel endroit etc. donc, c’est des choses en dehors de la propagande des deux côtés, ainsi que des récits des soldats de l’armée appelant leurs parents et leur parlant ce qu’il voit (des fois ou souvent !). je ne vais pas détailler, je suis sûr que vous ignorez en plus, les enjeux régionaux, (le premier ministre turc, le conflit entre l’Arabie Saoudite et l’Iran, la popularité du Hezbollah en Syrie, mais l’hostilité à son égard par les pays du Golfe, la question israélienne, la politique étrangère du régime, une politique très réussie etc.) tout cela à première vue ne peut rien à voir avec le mouvement, mais une fois que le mouvement commence à traîner, toute sorte d’ingérence devient normale –loin du théorie du complot, mais les complots existent etc.. une grande partie des syriens préfèrent aujourd’hui que ce mouvement qui n’a visiblement pas pu gagné la même envergue –en raison : de la répression, de la peur d’un scénario libanais ou irakien, une certaine popularité de Bashar Al Assad et de sa femme, l’idéologie baasiste installé depuis 40, l’organisation très forte des partisans du régime dans tous les secteurs, la peur de l’avenir etc. toutes ses raisons et bien d’autres ont constitué une certaine conviction chez un grand nombre de syrien –de ce que je vois, de mes connaissances et de mes contacts- une conviction de la nécessité de dialoguer avec le régime et de voir quelles réformes il est capable d’offrir, puis, étant que le mur de la peur est tombé –comme on dit en Syrie- on pourra juger, accepter ou ne pas accepter.. car, je répète une accord national ne s’est pas trouvé entre les composantes de la société, et différemment de toute société homogène (s’il en existe encore) mais disons, particulièrement dans le cas syrien, le risque ou le problème c’est le régime syrien ne peut absolument pas tomber avant une guerre civile ! à la fin c’est le point de vue de beaucoup de syrien qui ne semblent pas être à votre goût, et indigne de toute nuances ou de toute présentation autre que « fonctionnaire dans les bus, Chabi7a etc.… » des gens méchants qui ressemblent à des monstres, qui ne sont pas des vrais syriens, qui sont peut-être très minoritaires, très violent, ne sourient jamais, inspirés des films hollywoodiens sur l’URSS et le régime de Staline etc. ce que je pense que vous avez intérêt à le savoir, c’est dans presque chaque famille dans la Syrie d’aujourd’hui, il y a un qui s’adhère à l’opposition et un contre le mouvement, des scènes auxquelles j’ai assisté même en France entre les étudiants boursier syriens (hier à Grenoble, un rassemblement contre-Régime a été organisé : bilan ? 15 personnes qui y ont participé sur plus de centaines de syriens ! et cela est en France et pas en Syrie, et même en Syrie, personne n’a peur de dire ce qu’il pense ! non ?) je ne vous dis pas que ceux qui ne s’y sont pas rendus sont pro –régime, mais ce que l’on peut dire de cette abstention c’est l’inquiétude, la Syrie ne vas pas bien et il n’y a aucune solution dans l’horizon, le régime a beaucoup de partisans –peut-être majoritaire- l’armée est avec lui, le parti Baath est très organisé.... de l’autre côté (l’Opposition) elle est divisée entre Opposition à l’étranger (pas du tout crédible aux yeux même des manifestants) et des manifestants sachant leurs limites (malgré la légitimité et l’oppression qu’ils subissent) mais ne veulent absolument pas négocier !

    Je reviens sur rapport, j’ai arrêté de lire au moment où vous étiez harcelée par les manifestations bruyantes et arrogantes (ce qui est des fois vrai j’imagine) qui sont pro-Bashar ou simplement contre le mouvement, puis j’ai repris et terminé votre article :
    Sur les Infiltrés (Opposition) et Chabihha (Pro-réforme, Pro-Régime ou Anti-Oppositoin etc.)
    Je tiens à vous expliquer (malheureusement vous êtes mal renseignée !) que les Chabihha c’était des groupes de la famille de Hafez Al Assad, des mafiosos qui n’existent plus depuis plus de 15 ans ou s’ils existent encore ça devrait être seulement dans quelques petits villages vers AL QUARDAHA vers la côte, moi je n’en ais jamais vu de toute ma vie –je suis d’Alep- ils étaient les jours de leur âge d’or à Lattaquié et à Damas et ils n’existent presque plus, c’est un terme très ancien désignant quelques membres mafiosos des couzin de Hafez ALASSAD.
    Le terme a été repris –et j’insiste- au début du mouvement par les chaînes du Golfe (surtout AL-Arabyia) et cela (renseignez-vous bien sur Al-Arabyia et sa guerre contre le chiisme) pour des raisons confessionnelles, dans l’espoir que cela pourrait désigner les Alaouites. Heureusement cela n’a pas marché, le terme a été adopté par les médias ANTI régime tout en même temps que les médias PRO régime ont adopté le terme d’Infiltrés (Moundassin) !
    En ce qui vous concerne, entre Moundassin (Infiltrés) et Chabihha, les deux sont des termes médiatique l’un adopté par l’opposition et l’autre adopté par le régime… les deux font l’objet d’humour des deux côtés, prenez vous la part d’un côté en affirmant que c’est ridicule tout en donnant une définition arbitraire aux Chabihha sans jamais savoir qu’est-ce que c’est ? ? ? ce que vous décrivez sur les Chabihha c’est les mythes populaires des années 90, leurs têtes rasées et leurs grandes barbes ! ce n’est pas un organe de sécurité, absolument ! ! ! ! ! Chabihha c’est Comme Infiltrés mais de l’autre côté du conflit !
    Vous ne pouvez donc pas prétendre l’objectivité. L’impartialité je ne vous la demande pas, je comprends bien les émotions que vous éprouvez ! Mais si vous travaillez pour l’information au final, vous ne pouvez pas avoir vos information d’un seul côté ! et de mon point de vue, et je pense vous êtes d’accord avec moi, c’est soit vous êtes professionnelles (je n’en sais rien) soit vous êtes activistes. Soit un rapport informatif, objectif d’un journaliste ou d’un témoin qui est bien conscient de la responsabilité qu’il a sur ses épaules. Soit un récit littéraire, émotionnel, d’un activiste anti-régime (je ne pense pas vous ayez le droit de l’être, car je vous dit que c’est la Syrie et vous ignorez vraiment le contexte pour y prendre parti ! ! !) ou simple sympathisant (ce dernier est possible) mais intitulez votre rapport de Sympathisant et pas témoin !
    Je vous donne un petit exemple sur le rassemblement hier à Grenoble et sur l’humeur dont fait l’objet les Chabihha et les Infiltrés (les deux et pas un seul comme vous le prétendez pour ridiculiser les uns et valoriser les autres, c’est vraiment insupportable !) : je me suis rendu à la place, car il y avait des Français qui prenait les papiers pour les lire, et moi j’allais leur dire « ce n’est pas toute la vérité, la Syrie risque la guerre civile » aujourd’hui on m’appelle Chabihh, tout comme hier je les appelle Infiltré (Moundassins) c’est des amis à la fin et on s’appelle ainsi les uns les autres depuis des mois (et c’est seulement car je suis contre la révolution armée et pour la négociation) qu’on m’appelle Chabihha ainsi que beaucoup de personnes. Donc je répète, Chabiha c’est sujet d’humour en Syrie et entre les Syriens, un terme créée par la chaine Arabyia et baptisé par les autres pour diaboliser tout ce qui est contre le mouvement en Syrie ! Quelle honnêteté médiatique ! Est-ce qu’on oblige les gens à faire des révoltions ? Vous pensez, vous aussi ? surtout cette question, je voudrais une réponse, sans changer de sujet !

    Puis, et d’après votre émotion pour la démocratie (je la partage mais…. Etant que ce n’est pas votre pays, vous en foutez si ça tourne en guerre civile, donc, du moins « on a essayé, n’est-ce pas ? » non ! Je ne suis pas d’accord. Les choses sont plus clairs pour ceux qui s’abstiennent mais aussi pour ceux qui soutiennent Bashar. Par exemple, moi je suis Alépin et je sais bien qu’une grande partie des Aléppins sont contre le mouvement et que Bashar est bien populaire là-bas (à Alep), seriez vous d’accord pour les attaques que subissent toutes les voitures qui portent le numéro d’Alep sur les autoroutes : (Alep-Lattaquié), (Alep Damas –qui passe forcément par Hama et Homs ?) ce n’est pas un acte de Chabihha de l’autre côté ? (si jamais les Chaihha existent !)
    Et puis savez-vous pour quelle raison toute la région du Proche-Orient (je parle de pays du Golfe) comptait sur Alep au début de la révolution ? Essayez de le demander à l’un de vos narrateurs, et vous verrez l’embarras qui le comblera le temps de trouve ou d’inventer une réponse…. Vous verrez !
    Il sera embarrassé votre ami, car c’est seulement pour des raisons de confession qu’on comptait sur Alep ! Étant qu’Alep est la plus grande ville sunnite… (Damas est la capitale, donc la révolution était estimé difficile dans cette dernière et efficace à Alep) ! Cette fois-ci je vous dis, ouvertement et avec toute fierté que « heureusement “ cela n’a pas marché ! heureusement cela n’a pas marché ! CAR une telle révolution, qui compte sur le confessionnalisme n’est pas une révolution ! C’est complètement inacceptable, moi je n’en veux pas, si c’est ainsi que cela devrait fonctionner !
    Sur les rassemblements pro-régime, et sur les autres confessions :
    Puis, sur les autres confessions ! Elles sont pathétique les milles et une anecdote que vous racontez sur ceux qui ne savent pas prier.... cela peut exister, mais soyez sûr, pas mille et une, si les lecteurs français vous croient, je ne peux rien faire, mais des syriens ? Non !
    Je vous conseille (car je ne pense pas encore que vos témoignages soient à objectif propagandiste dans l’autre sens) de vous rendre à Lattaquié, à Tartous, à Alep, à Wadi el Nassara (la vallée des Chrétiens) et j’attends votre rapport avec impatience ! J’espère vous n’allez pas être dégoutée car ils ne sont pas à votre avis ! Et ne pensent pas à votre goût !
    Donc si vous cherchez la vérité, vous ne pourrez pas – à mon sens- apprécier ou pas, ce n’est pas ça la question ! ça m’étonnerait énormément de vous entendre porter des jugements sur de personnes qui veulent exprimer leur point de vue –mais j’insiste par contre que personne n’intervient à ce qu’ils font, que le régime en est évidement félicité, alors que les autres se font taper à chaque fois qu’ils sortent, surtout à Damas où je sais de mes relations que tout est pacifique (pas comme ailleurs) à l’exception de AL Qadam (vers la station du train) allez vérifier si vous voulez l’intégralité de ce qui se passe et pas seulement ce qui vous fait vibrer, ce n’est pas un match de foot !
    Par rapport aux bus que vous dites transporter des personnes pro-Bashar pour les ramener tel ou tel endroit…je pense que c’est vrai, traditionnellement, avec ce régime c’était toujours comme ça.. mais je tiens très fort à préciser une chose que j’ai entendue de beaucoup de personnes (dont vous faites partis) c’est qu’avec ces événements les deux côtés se félicitent ! c’est-à-dire, Bashar, en tant que président totalitaire ou dictateur, il n’avait jamais pensé avoir tellement de partisans qui sortent de toute leur volonté pour le défendre et pour éliminer toute éventualité de sa destitution (et c’est vrai qu’à Alep il est populaire, mais on disait toujours que c’est la peur ! mais là c’est différent) Car de l’autre côté et comme vous en témoignez, les Syriens n’ont plus peur ! Et dans ces cas, les deux partis ont vraiment obtenu et franchi un pallier historique en Syrie ! Je trouve là, la plus grande vertu de tout ce qui s’est passé !
    Vos classement : les uns et les autres et votre théorie sur la liberté :
    Je ne sais pas au nom de quel statut vous distribuez les bulletins de notes, des bonnes aux uns, des mauvaises aux autres suivant votre goût et ce que vous souhaitez ou ne souhaitez pas voir. Etant peut-être que vous êtes née dans une démocratie (quel exploit ! waw chapeau !) vous pensez être supérieure à tout ce monde ? Vous n’étiez simplement pas à l’époque de la Révolution Française et je ne sais pas si la méthode avec laquelle vous imposez votre raisonnement sur la liberté ‘ vous y êtes spécialiste ? Théoricienne ?’ si votre manière correspond vraiment à citoyen présumé avoir reçu une éducation civique ! moi, je ne pense pas que vous êtes supérieure, et la démocratie ou la liberté où vous êtes née ne vous donne aucun crédit ! Car en face de vous, il y a des gens qui la créent eux même… à votre place, j’aurai de la jalousie ! Donc, pour vous rattraper un peu, en étant témoin d’une histoire qui s’écrit, c’est surtout de ne pas distribuer des notes… c’est d’observer avec équité et de transmettre à vos lecteurs que la démocratie que vous avez dans vos pays, n’est pas venue ni avec les chants ou les fêtes, ni avec l’accord de tout le monde… et qu’en fait –un fait historique- la révolution ne s’appelle ainsi que le jour où elle réussit… avant c’est toujours une émeute !
    En plus je vous invite à lire les deux publications d’un journaliste italien qui s’est ‘ infiltré ’ en Syrie… il raconte les mêmes récits que les vôtres mais tout en gardant son instinct journalistique et professionnel. Il n’en fait pas un roman c’est quelqu’un de très rare de nos jours.

    A la fin je ne sais pas si j’étais désagréable dans certaines phrases ! Je ne sais pas non plus si vous allez essayer de publier cette réplique sur votre site Rue 89, j’espère que vous serez juste ! si vous aimez la Syrie et le Peuple syrien (vous l’appelez ainsi) je suis un citoyen syrien et j’aime mon pays comme tout autre syrien. Mon point de vue est différent des leurs. Mais je rajoute que, étant étranger, on ne peut s’amuser à l’idée d’une révolution (au sens romantique du terme) mais un certain nombre d’éléments ne sont pas présents (je ne parle pas d’un déterminisme historique mais d’un contexte très compliqué et que vous simplifiez énormément) je trouve –et je pense malheureusement très sûr- que le seul moyen pour renverser le régime sera pas la guerre civile ! Et donc, en politique, on négocie toujours avec son ennemi ! Et c’est le rapport de force qui va déterminer la formule finale. De ce que je vois, le rapport de force est indiscutablement en faveur du régime sur le terrain (force de sécurité, même toute l’armée –conrtairement à l’Egypte par exemple, le nombre de partisan, le refus des minorités religieuses –allez voir dans leur régions) du côté de l’Opposition, ils ont le soutien médiatique (malhonnête ! à part la CNN personne ne parlent des crimes commis au nord- vous pouvez aller voir) ainsi que les sanctions qui ne vont jamais s’arrêter… et je vous reproche de ne pas en parler, les sanctions ! ! ! ! Vraiment ! Au niveau financier, tout le peuple syrien va payer le prix, car il ne veut pas sortir en masse ! Ma question : est-ce qu’il est démocratique de vouloir obliger les gens de faire la révolution ?

    Les rapports de Pierre Piccinin (avec des photos exclusives) :
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  • Comment peut on être Persan
    Comment peut on être Persan
    Salut les grincheux
    • Posté à 11h39 le 08/08/2011
    • Internaute 110207
      Salut les grincheux

    Un article intéressant. Bravo ils ne sontpas si fréquents ici.

    J’ai quand même un doute sur cette approche un peu simpliste : tous les syriens sont le peuple en lutte copntre les méchants d’el Assad, forcément des mercenaires ou des « malabars au crâne rasé ». C’est sûrement vrai. J’ai peur quand même que ce soit un peu angélique. Il se peut bien que la Syrie ce ne soit pas seulement un peuple unanime soulevé contre son tyran. On pressent qu’il y a des gens qui le soutiennet et c’est peut être aller un peu vite de décider que ce sont tous de gens contraints de le faire. N’y aurait il pas une fraction de la population qui soutient ce régime ? Sans doute minoritaire mais bien existant ? D’ailleurs le clan el Assad n’est il pas appuyé sur partie minoritaire de la population les Alaouites (nom à vérifier) ? Si c’est le cas n’est ce pas plutôt une guerre civile qui est en train de se dérouler ? Et ne ferait on pas mieux d’en prendre acte et d’agir en conséquence au lieu de relater un beau rêve de démocratie qui ne raconte qu’imparfaitement ce qui se passe ?

    juste pour l’anecdote au début des troubles j’étais dans le Golfe et j’ai rencontré deux collègues syriens. Je leur ai parlé des premières tueries et j’étais dans un registre de pitié et d’émotion. J’ai été plus que surpris de me faire sèchement rembarrer par ces deux garçons qui m’ont indiqué soutenir le régime et que les manifestants étaient des terroristes. Anecdote vécue. Ces gens, jeunes travailleurs normaux et développés, n’avaient aucune pression d’aucune sorte.