Afficheur sauvage depuis dix ans, le Français se raconte en dix endroits de ce monde qu’il parcourt pour coller et/ou faire coller.
Un peu partout, les actions locales de groupes se multiplient : à New York (Etats-Unis), Montevidéo (Uruguay), Lisbonne (Portugal) ou Tunis (Tunisie). En Australie centrale, des femmes indigènes s’affichent dans les rues de leur quartier. Des étudiants écossais s’agitent à Edimbourg. A Moscou, un groupe colle des visages d’inconnus pour dénoncer l’homophobie.
Tous font partie d’ « Inside Out », un projet d’art global complètement fou, lancé il y a six mois par JR, photographe qui sillonne la planète depuis qu’il a attrapé le virus de l’affichage sauvage, il y a dix ans. De ses débuts de graffeur aux voitures de police carbonisées de Sidi Bouzid, JR revient sur son parcours à travers dix lieux :
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Rue de Fourcy, IVe arrondissement de Paris
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Rue Pablo-Picasso, cité des Bosquets, Montfermeil, Seine-Saint-Denis
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Place al-Manara, Ramallah, Palestine
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Bidonville de Monrovia, Liberia
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Bidonville de Kibera, Nairobi, Kenya
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Favela Morro da Providencia, Rio de Janeiro, Brésil
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Sfax, Tunisie
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Sidi Bouzid, Tunisie
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Jaipur, Inde
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Shanghai, Chine
« Ni marque, ni sponsor »
En mars, JR reçoit le prestigieux Ted Prize (Technology, Entertainment and Design). Le prix a déjà récompensé Bono et Bill Clinton et offre à JR une dotation de 100 000 dollars pour « faire un vœu assez grand pour changer le monde ».
L’artiste imagine alors le projet Inside Out – littéralement, un projet pour « retourner » la planète et la mettre sens dessus dessous. A la cérémonie du Ted Prize, c’est avec un certain sens de la scène qu’il présente le concept :
« Un projet artistique participatif à grande échelle qui transforme les messages sur l’identité personnelle des gens en une œuvre artistique.
En utilisant des portraits photos en noir et blanc, chacun peut faire découvrir, révéler et faire partager les histoires et les images de gens à travers le monde. » (Voir le premier épisode de la websérie sur Inside Out, dans la Tunisie révolutionnaire et au Japon, sur l’île minière abandonnée d’Hashima)
Concrètement, Inside Out invite à placarder des visages en tout genre, par tout le monde, partout, et de manière totalement gratuite, pour ceux qui ne pourraient s’affranchir d’une libre participation financière. On envoie son portrait sur le site, JR l’imprime et vous recevez, quelques semaines plus tard, une affiche de taille XL à coller (ou pas) dans un endroit qui recouvre une signification particulière pour vous. « Il n’y a ni marque, ni sponsor derrière », explique le globe-trotter de 28 ans.
« Si demain, 50 000 personnes participent sans rien donner, on met la clef sous la porte mais pour l’instant, ça tient. »
Plus de 35 000 quidams ont déjà « uploadé » leur portrait sur le site. En France, le phénomène reste mineur, même si, deux Photomaton géants sont installés aux Rencontres d’Arles et au Centre Pompidou jusqu’à la fin de l’été.
James de Floride, Irma du Honduras, Paul du Bronx...
Aux Etats-Unis et dans les pays arabes, l’accueil est bien plus enthousiaste. Par milliers, des inconnus s’approprient les murs de leur ville. Sur le site, les petites histoires, qui accompagnent chaque portrait, se colorent de militantisme. Chacun justifie sa démarche, défend un héros ordinaire :
- James A. de Pensacola (Floride), placarde le visage de son amie atteinte d’un cancer ;
- à Montevideo, Naso U. recycle les ordures de rues ;
- Irma, en Honduras ;
- Paul R, dans le Bronx...
Sur tous les continents, il est question d’espoir, de liberté, d’amour. C’est précisément avec cette multiplication de passages à l’acte hyper-locaux et cette prise de parole globale que JR ambitionne de changer le monde.
Tour d’horizon de ses actions, de Montfermeil à Shanghai, commenté par le photographe.
- Rue de Fourcy, IVe arrondissement de Paris
- Rue Pablo-Picasso, cité des Bosquets, Montfermeil, Seine-Saint-Denis
- Place al-Manara, Ramallah, Palestine
- Bidonville de Monrovia, Liberia
- Bidonville de Kibera, Nairobi, Kenya
- Favela Morro da Providencia, Rio de Janeiro, Brésil
- Sfax, Tunisie
- Sidi Bouzid, Tunisie
- Jaipur, Inde
- Shanghai, Chine
Rue de Fourcy, IVe arrondissement de Paris, France
« Il y a dix ans ans exactement, j’ai collé trois petites photos en inscrivant : “ Mon expo à moi, c’est la rue. ”
A l’époque, je ne savais même pas que la Maison européenne de la photographie (MEP) était à deux pas.
Je venais du graffiti, je n’avais aucune idée de ce qu’était la photo, un musée. Un an plus tôt, j’avais trouvé un appareil photo dans le métro et je m’y étais mis. J’ai fait un collage ici simplement parce que c’est un mur à un angle de rue, prisé par les graffitis et que ce coup-ci, il était libre. »
► Rue Pablo-Picasso, cité des Bosquets, Montfermeil, Seine-Saint-Denis
- Sur Rue89Le photographe JR filme ses femmes collées dans « Women are heroes »
- Sur jr-art.netLe site de JR
- Sur insideoutproject.netLe site d'Inside Out
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en voyage un peu partout
en voyage un peu partout
« JR, ses portraits XXL »
Quand j’ai vu le titre sur mon fil Twitter j’avoue je me suis pas précipitée je pensais que ça traitait d’une rétrospective photo du JR dans Dallas !
Comme quoi la curiosité est pas toujours un vilain défaut...
J’adore ! Spécialement les séries faites au Kenya et Brésil :)




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