a la une 19/07/2011 à 19h55

Tristane Banon n'aurait pas dû « oublier de tuer » sa mère

Nolwenn Le Blevennec | Journaliste Rue89

L’avocat de Tristane Banon, David Koubbi, ne voyait pas d’un très bon œil les dérapages d’Anne Mansouret. Lui et Tristane Banon, qui a consacré un livre à sa mère, « J’ai oublié de la tuer », pensent qu’elle est une bombonne de gaz qui peut exploser à tout moment. Ce mardi, il doit être dans tous ses états : Anne Mansouret, élue socialiste et ex-blogueuse à Rue89, vient encore perturber sa communication maîtrisée (L’Express, France 2).

La fille vient de porter plainte pour tentative de viol contre Dominique Strauss-Kahn. Selon L’Express, la mère aurait avoué, dans le cadre de l’enquête, avoir eu une relation sexuelle « consentie » et « brutale » avec le leader socialiste (et ne pas l’avoir dit à sa fille).

Une nouvelle fois, Anne Mansouret complique tout.

Accusé d’avoir agressé la fille, DSK a été l’amant de la mère

L’une est brune avec des grands yeux verts et des cheveux fous façon David Bowie. C’est la mère qui a bien réussi dans la vie – ancienne communicante et conseillère régionale de Haute-Normandie, également vice-présidente du conseil général de l’Eure.

L’autre est blonde, chétive et a l’air d’être tombée d’un nuage. Elle écrit, mais ne vend pas beaucoup. Elle voulait devenir une journaliste comme Pascale Clark, mais elle n’a pas réussi, pour le moment.

La première s’exprime sans filtre : c’est elle qui a communiqué la première, après l’arrestation de DSK, sans attendre les conseils de l’avocat ni demander l’avis de sa fille. Dès mi-mai, elle raconte le déroulé de l’agression à qui veut l’entendre et commente, dans un deuxième temps, les conséquences sur sa carrière politique.

L’autre essaye de communiquer avec parcimonie, et se cache chez des amis pour échapper aux photographes. La première, Anne Mansouret, s’est encore fait remarquer. Ce mardi, L’Express écrit :

« Lors de son audition [le 13 juillet, ndlr], la mère a confié aux enquêteurs ce qu’elle n’avait jamais dévoilé, et notamment pas à sa fille : elle a eu une relation sexuelle avec l’ex-patron du FMI.

Une relation consentie mais clairement brutale, selon ses dires, qui se serait déroulée dans un bureau de l’OCDE, à Paris – où DSK avait été nommé, en 2000, conseiller spécial du secrétaire général de l’organisation. »


Dessin de Na

Entre Mansouret et DSK, une histoire de famille

Trois ans avant l’agression de sa fille. A ce stade, ce nouvel élément pourrait provoquer un effet de saturation et de confusion. Et donner l’impression, à certains, d’être témoin d’une histoire de famille décidément compliquée et glauque qui ne les regarde pas du tout. DSK n’étant qu’un vecteur démultiplicateur.

Dans son témoignage, selon L’Express, Anne Mansouret, qui avait conseillé à l’époque à sa fille de ne pas porter plainte, suggère au passage, et c’est peut-être le pire, que DSK a agressé la fille par réminiscence : il s’est souvenu du rapport avec la mère et a vu rouge. C’est ce qu’une proche de l’homme politique lui aurait rapporté à l’époque.

L’hebdomadaire écrit :

« Brigitte Guillemette [la deuxième femme de Strauss-Kahn, ndlr] aurait alors appelé DSK, qui lui aurait répondu, en substance : “Je ne sais pas ce qui m’a pris. J’ai couché avec la mère, j’ai pété un câble quand j’ai vu la fille.” »

Une histoire plusieurs fois incestueuse, puisque que Tristane est aussi la filleule de Brigitte Guillemette et une amie de sa fille, Camille Strauss-Kahn, entendue par la justice ce lundi.

Ce mardi soir, ça tourne vraiment à la mauvaise farce : Brigitte Guillemette va déposer plainte pour diffamation contre Anne Mansouret, la mère de Tristane Banon, selon Le Parisien.

« Moi, c’est 500 euros le quart d’heure »

Comment Tristane Banon va-t-elle réagir à cette nouvelle information ? Sa mère a couché avec un homme dont elle dit ne pas avoir voulu.

Sa mère a choisi, elle a subi. Sa mère n’est pas une victime (elle). C’est énervant, humiliant. Dans Rue89, il y a quelques semaines, Anne Mansouret écrivait :

« Face à une drague un peu trop “ lourde ” j’oppose un vieux truc super efficace : prendre son air le plus canaille pour demander au séducteur agressif… du fric !

Le tarif est à moduler bien sûr en fonction du contexte. “ Pas besoin de te donner du mal à jouer les tombeurs, mec… Moi, c’est 500 euros le quart d’heure. Alors, on perd pas de temps, tu paies et on y va !”

Fou comme ce discours a un effet décontractant sur l’attribut viril du mâle en rut ! Alors, oui, tout le monde n’est pas fabriqué sur le même modèle. Beaucoup souffrent de complexes. »

Tristane Banon et ses complexes écrasée par sa mère toute-puissante ? L’écrivain parle, depuis longtemps, d’un « jeu sado-maso » entre sa mère et elle.

Sur le plateau de « Tout le monde en parle », la jeune écrivain a tout raconté. Elle faisait alors la promotion de son livre « J’ai oublier de la tuer » aux éditions Anne Carrière (Voir la vidéo)

Tristane Banon a cent raisons de lui en vouloir. C’est le sujet du livre. D’abord, Anne Mansouret n’a pas choisi – pour sa fille – un père aimant. A la télévision, Tristane Banon résume le hasard de sa naissance :

« 3 kilos 100 d’imprévu pour dix minutes de plaisir et pour le plaisir, on est même pas certains. »

L’écrivain explique que son père, l’économiste Gabriel Banon, est un amant de passage (« plein d’hommes défilent chez ma mère »). Un homme marié qui doit baptiser son petit-fils au moment de l’accouchement et il s’en soucie beaucoup plus que la naissance de sa fille.

Quand l’animateur décrit aussi une « enfance saccagée par l’effroyable indifférence de votre mère », Tristane Banon acquiesce. Sa mère n’aime pas les enfants :

« Ça dérange, ça fait du bruit, ça pose des questions, ça demande de l’attention. »

Premiers attouchements chez la nounou

Pendant les grandes vacances, Anne Mansouret part avec des amis sur un bateau où les enfants ne sont pas invités.

Elle envoie sa fille en vacances chez la « bonne Marocaine » : Amira, chez qui Tristane dit avoir subir des attouchements, lors d’un « massage ». Et qui deviendra, à la suite d’un accident de la route, alcoolique et violente (c’est elle que Tristane Banon a « oublié de tuer », selon Anne Mansouret).

Tristane change de prénom : elle s’appelait Anne-Caroline, ou Marie-Caroline, selon les versions.

Selon Paris-Match, elle raconte qu’elle a choisi ce nom par provocation (triste - Anne), mais ce n’est pas vrai : ce serait en fait pour se démarquer d’une famille où toutes les filles ont un prénom commençant par « Anne », une marque de fabrique.

L’écrivain sort, boit, consomme des hommes. Selon Libération, elle se réfugie aussi dans la boulimie :

« Pour tromper son mal-être, l’enfant chétive se réfugie dans des attaques boulimiques du pot de Nutella, jusqu’à en “tomber malade”. Puis, plus tard, dans la fête, l’alcool et les hommes, objets de son second roman, “Trapéziste”. »

Chez Ardisson, Tristane Banon admet aussi souffrir de « conséquences affectives », comme le fait de vouloir « tout donner trop vite pour recréer une cellule familiale » (ce qui peut faire peur aux hommes).

Mais elle a pardonné : « Il vaut mieux avoir une mère que pas de mère du tout [...] C’est toujours mieux que rien. » Le pense-t-elle encore ?


Dessin de Baudry

► Mis à jour le 20/07/2011 à 11 heures. Anne Mansouret précise que le titre du roman de sa fille « J’ai oublié de la tuer » fait référence à la nounou marocaine, non à elle. L’ouvrage publié en 2004 relate l’enfance malheureuse de l’écrivain et sa relation avec sa mère  : le titre peut-être dès lors compris – et a été compris – comme faisant référence à cette dernière.

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  • Alice a buté le lapin
    Alice a buté le lapin
    en voyage un peu partout
    • Posté à 21h02 le 19/07/2011
    • Internaute 163417
      en voyage un peu partout

    Une relation sexuelle « consentie » et « brutale » ?

    Définition du mot « brutale » par linternaute :
    Sens 1 : Violent, sans ménagement.
    Sens 2 : Soudain et rude [Figuré]

    Synonymes :
    abrupt, agressif, animal, barbare, bestial, brusque, brut, cinglant, direct, féroce, foudroyant, grossier, instantané, musclé, rapide, sec, subit, vif, violent.

    C’est bizarre d’utiliser ce mot pour une relation « consentie », en général on dit « intense », « passionnée » « physique »...

    Cette affaire de plus en plus semble être du ressort de la psychanalyse non de la justice...

  • jor
    jor
    Tant Pis
    • Posté à 21h46 le 19/07/2011
    • Internaute 120234
      Tant Pis

    Non seulement ça commence à puer méchamment, mais on entre ici dans l’intimité des gens, dans leur vie privée.
    Ce voyeurisme me met tellement mal à l’aise que je n’ai pas fini l’article, et que je n’en lirai plus sur Tristane Banon ou sa mère. Est-ce que le grand public a besoin de savoir toutes leurs histoires personnelles ?

    Je n’ose même pas imaginer ce que ressent Tristane Banon quand sa vie privée est ainsi étalée aux yeux du monde, et les difficultés qu’elle aura à s’en sortir (ça n’a rien à voir avec l’éventuelle agression sexuelle dont elle est peut-être la victime, je parle uniquement de sa vie privée et des problèmes personnels ainsi étalés au grand jour).

    Ici se pose la question de la déontologie de l’Express et des autres qui publient ce genre d’ « information ». Ou de leur absence de déontologie, en l’occurrence. Quelle époque formidable.

  • benwoot
    benwoot
    Etudiant
    • Posté à 05h40 le 20/07/2011
    • Internaute 164571
      Etudiant

    Quand on voit la quantité d’articles sur l’affaire dsk-nafissiatou-banon, ( et je ne parle même pas des autres affaires de ce genre ) on en vient quand même à se poser des question : sommes nous en train de lire une page d’un quelconque tabloïd ?

    J’ai l’impression que le fait que ces articles traitent de personnages publics ayant souvent un rôle politique sont un prétexte ou un argument pour s’adonner à une sorte de voyeurisme ou pour attirer les foules.
    Si l’on regarde bon nombre de ces articles on tombe dans des histoires traitant de la vie privée et n’ayant il me semble pas un intérêt intellectuel et journalistique réel.
    On peut cependant se dire que ces articles permettent d’apporter d’avantages d’éléments quand à l’appréciation de la culpabilité de DSK ( ou d’autres personnes dans d’autres affaires.).
    Je ne dénigre pas totalement l’intérêt, bien sur évident, de dénoncer les frasques et abus de nos hommes et femmes de pouvoir, mais je pense que si nous nous concentrions plus sur des sujets de fond, sûrement moins accrocheur, cela serait sûrement plus utile.

    Je m’explique : sur la plupart des français, je suis à peu près sur que tout sont au courant des derniers scandales politiques, de l’affaire DSK, ou encore de qui seras nommé ou.. Mais je suis nettement moins sur qu’une grande partie d’entre eux soient capables de comprendre ou de citer les projets politiques et des différents partis politiques ou de notre gouvernement.. (là encore je me contredis en rajoutant que c’est peut être parce que les partis n’expriment pas clairement les-dits projets ).

    B.

  • waloo
    waloo
    pas encore militante
    • Posté à 15h00 le 20/07/2011
    • Internaute 120864
      pas encore militante

    C’est qui Tristane Banon ?

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