Décryptage 17/07/2011 à 20h06

Armée et nation : pourquoi Eva Joly n'a pas dit une bêtise

Pascal Riché | Redchef Rue89



Illustration de Chris Morin

L'accusation contre Eva Joly, prononcée bruyamment à droite et mezzo voce au PS, a été extrêmement brutale. Cette Norvégienne, a-t-on entendu sans relâche depuis quatre jours, ne comprend pas l'histoire de France.

  • François Fillon : « Cette dame n'a pas une culture très ancienne des traditions françaises, des valeurs françaises, de l'histoire française. »

  • Marine Le Pen : « Madame Joly ne comprend strictement rien aux liens profonds entre le peuple français et son armée. »

  • Max Gallo : vouloir « nier ou effacer » ce genre de rite républicain, c'est aller « à l'encontre de l'histoire de la nation ».

Au delà de la polémique – indigne – sur la légitimité d'Eva Joly à parler de ce sujet du fait de sa double nationalité, la question soulevée par ses détracteurs mérite réflexion. Est-ce aller « à l'encontre de l'histoire de la nation » que de vouloir effacer le défilé militaire du 14 Juillet ?

A partir de 1792, il a fallu faire la Révolution et la guerre


Bataille de Valmy

L'argument le plus communément avancé est qu'il existe, au cœur de l'alchimie qui a fait la République, un lien sacré armée-nation. Pour comprendre, il faut se replonger dans l'histoire de la Révolution, dont la dynamique étonnante ne cesse d'être analysée par les historiens.

A partir de l'été 1792, la France est entrée en guerre contre les puissances monarchiques ou impériales liguées contre elle. Il a fallu faire la Révolution ET la guerre : conduire les deux, sachant que le front révolutionnaire est fragile.

Joly : « Je m'intéresse à l'armée »

Dans une interview à Libération, samedi, elle précise :

« J'ai passé une année entière, en 1996, à suivre la formation de l'Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN, établissement public chargé de former des civils et des militaires aux questions de défense).

Je suis l'une des seules personnalités politiques à m'être penchée de si près et de manière aussi technique sur la question de notre armée. »

Guerre et Révolution... L'historien marxiste Claude Mazauric, dans son livre « Sur la révolution française » (1970), n'hésitait pas à fusionner les deux : « La guerre est une composante naturelle de la Révolution » écrivait-il, comme si cela allait de soi.

Ce qui est vrai, c'est que la guerre a été le vecteur qui a permis de radicaliser la Révolution et d'en cimenter le socle idéologique. « La guerre va être le nœud de l'unité et de la surenchère révolutionnaire », écrit François Furet dans « Penser la révolution française ».

Le peuple s'est emparé de cette guerre : une guerre de libération, une guerre de « valeurs ». Là est sans doute le creuset du lien armée-nation, symbolisé par l'image de Valmy.

« Nul ne peut oublier que sans l'armée française, victorieuse à Valmy, la révolution française que nous célébrons le 14 Juillet, aurait connu un autre sort », a commenté le député PS Arnaud Montebourg dans un communiqué sur « l'affaire Joly ».

C'est par la guerre que le problème de la fragilité du front révolutionnaire (bourgeois, peuple urbain, paysans...) a été résolu. La guerre a été tellement intériorisée dans la conscience révolutionnaire que la paix est devenu synonyme de « contre-révolution »...

Le 14 juillet 1789, trop sanglant

Ce que l'on sait peu, c'est que lorsque la journée nationale du 14 Juillet a été instaurée bien plus tard, en juin 1880, il n'était pas question de célébrer la moindre goutte de sang.

La date du 14 Juillet a donc été choisie non seulement en souvenir de la prise de la Bastille, mais aussi en mémoire de la très pacifique Fête de la fédération du 14 juillet 1790. Les débats au Sénat, le 29 juin 1880, en font foi. Dans son rapport, le sénateur Henri Martin déclare :

« Cette seconde journée du 14 juillet, qui n'a coûté ni une goutte de sang ni une larme, cette journée de la Grande Fédération, nous espérons qu'aucun de vous ne refusera de se joindre à nous pour la renouveler et la perpétuer, comme le symbole de l'union fraternelle de toutes les parties de la France et de tous les citoyens français dans la liberté et l'égalité. Le 14 juillet 1790 est le plus beau jour de l'histoire de France. »

La Fête de la fédération est une fête du rassemblement des Français de tous les départements (les « fédérés ») et de la paix. Ce fut une fête pacifique, la fête de la concorde nationale sur le Champ-de-mars (voir la gravure ci-dessous). Même le roi y a assisté.


Fête de la fédération

En 1880, le besoin de concorde nationale est aussi pressant. Il s'agit alors, face aux menaces internes (monarchistes) et externes pesant sur la jeune République, de souder le pays et de « transformer les paysans en Français », pour reprendre l'expression de l'historien Eugen Weber. Tous symbole était bon à prendre. La Marseillaise a été déclarée (pour la seconde fois) hymne national un an plus tôt. Et la devise Liberté, Egalité, Fraternité commence à orner les frontons...

Lorsqu'on instaure la fête nationale, il est naturellement convenu de faire défiler les militaires. Il faut amadouer l'armée, encore dominée par la droite conservatrice -et souvent antirépublicaine. Par ailleurs, il faut se souvenir du contexte : il s'agit d'effacer l'humiliante défaite de Sedan face à la Prusse et aux Etats allemands, d'afficher à la face du monde le redressement militaire et patriotique de la France.

On décide alors de commencer la fête par un défilé, suivi d'un déjeuner, de jeux et enfin par des bals et des feux d'artifices.

Après la Première Guerre mondiale, le 14 juillet 1919, la France victorieuse célèbre sa force, quelques jours après la signature du Traité de Versailles. (Voir la vidéo INA)

Après 1945, c'est la défaite de 40 qu'il faudra effacer symboliquement : dès 1946, le défilé est de retour, de la Porte de Vincennes à la Bastille.

Le péché originel de la Ve République

Mais ce qui explique peut-être encore plus la vivacité des réactions aux propos d'Eva Joly est peut-être à chercher ailleurs : dans les événements à l'origine de la Ve République.

En expliquant qu'on pouvait se passer de défilé militaire le 14 Juillet, Eva Joly a remué un sale secret. Un peu comme quand, lors d'une fête de famille, un invité évoque par maladresse un secret familial refoulé.

Le secret, le voici : l'armée, en mai 1958, contrairement à tout principe républicain, a manqué de loyauté face aux représentants civils de la nation. Le Comité de salut public présidé par Massu refuse de se soumettre au gouvernement Pfimlin, auquel les députés ont pourtant accordé leur confiance.


La une du Figaro du 14 mai 1958

Il appelle De Gaulle à constituer un gouvernement de salut public pour « sauver l'Algérie de l'abandon ». De Gaulle pourrait le moucher et affirmer que ces militaires en situation insurrection doivent obéir au pouvoir civil ; il ne le fait pas. « Je me tiens prêt à assumer les pouvoirs de la République », déclare-t-il plutôt. Cultivant l'ambiguïté :

« Quant à l'armée, qui est normalement l'instrument de l'Etat, il convient qu'elle le demeure. Mais encore faut-il qu'il y ait un Etat... »

Un coup d'Etat gaulliste se fomente (l'opération Résurrection). On connaît la suite : tractations, démission de Pfimlin, nomination de De Gaulle, fin de la IVe République.

Le besoin d'afficher chaque année le lien peuple-armée

Bref, l'image d'une nation solidement réconciliée avec son armée est un peu simpliste : elle a connu un gros accroc. En réalité, les relations entre le pouvoir civil républicain et le pouvoir militaire ont, à de nombreuses reprises, été ambiguës.

Les cinq républiques ont toutes été, dans des circonstances bien différentes, « abrégées par un sabre », pour reprendre l'expression de l'historien Jean-Robert Ragache dans le « Dictionnaire de la laïcité », qui lui même fait référence au fameux « Je cherche un sabre » de l'abbé Siéyès.

Réafficher solennellement, chaque mois de juillet, le lien entre le peuple et son armée était donc encore plus nécessaire sous la Ve République. Il fallait montrer, symboliquement, que le pouvoir militaire était solidement intégré à la République : soumis à celle-ci.

La République a bien changé depuis 1958

Ce que ceux qui critiquent Eva Joly ne saisissent pas, c'est que la République n'est pas figée, qu'elle n'est plus la même que sous la guerre d'Algérie. Qu'elle évolue sans cesse. Et si l'insistance sur le rôle de l'armée avait du sens à certaines époques de notre histoire, ce n'est plus le cas aujourd'hui.

Un débat similaire a eu lieu sur l'hymne national. Y a-t-il encore du sens à crier « aux armes », gronder contre « l'étendard sanglant » de la tyrannie, glorifier le « sang impur » qui abreuve nos sillons ? Une « Marseillaise de la Paix » a été proposée en 1986 par Pierre Weil  :

« Vivons la Liberté
Et la Fraternité
Chantons,
Dansons,
D'un seul élan
Vibrons à l'unisson ! »

Même à droite, on se rend compte que l'hymne est désormais déplacé. En 2007, Christine Boutin a proposé elle aussi de changer l'ordre des couplets de La Marseillaise pour le rendre « moins sanguinaire ».

Dans une France en paix avec ses voisins, un symbole déplacé

Il en va de même pour le défilé. Son sens historique, dans une France en paix avec ses voisins, et avec une armée qui n'est plus composée d'appelés mais de professionnels, n'est plus aussi capital.

Et dans un monde où les défilés militaires sont le plus souvent les apanages de dictatures ou autres régimes totalitaires (et rares en Europe), le symbole projeté par la France à la face du monde est de plus en plus déplacé.

En remettant en cause la glorification de la puissance militaire de la République, Eva Joly est en réalité dans le sens de l'Histoire. A plusieurs reprises, d'ailleurs, des initiatives ont été prises par des Présidents, de gauche comme de droite, pour gommer l'aspect militaro-cocardier du défilé du 14 Juillet :

  • Le 14 juillet 1989, un deuxième défilé, très festif a été organisé dans la soirée : « La Marseillaise », spectacle de Jean-Paul Goude.

  • Le 14 juillet 1994, des soldats allemands de l'Eurocorps ont participé au défilé.

  • Le 14 juillet 2007, enfin, des soldats des 27 pays européens étaient aux côtés des troupes françaises.

Ces différentes initiatives ne font que refléter la contradiction actuelle : quel sens y a-t-il, en Europe, à exhiber sa puissance militaire nationale ?

Dans l'ADN de la République, bien d'autres symboles à célébrer

Effacer le défilé militaire, pour le remplacer par un autre rite plus en phase avec la République actuelle, ne va pas « à l'encontre de l'Histoire », contrairement à ce que dit Max Gallo. C'est prendre acte d'une évolution vers une plus grande ouverture.

L'ADN de la République est riche, il ne repose pas uniquement sur l'alliance entre le peuple et l'armée. Il reste suffisamment d'ingrédients dont on peut faire de jolis défilés : liberté, laïcité, fraternité, universalisme, solidarité intergénérationnelle...

Mais, étant donné la fébrilité qui entoure cette question, cette nécessaire réforme d'un symbole dépassé devra sans doute se faire par étape.


Dessin de Baudry

►Mise à jour. 18/07/2011 Sur la suggestion de Robert Zaretsky, ajout d'un paragraphe de contexte sur 1880.

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  • Brachamul
    Brachamul
    Multi-Taskeur
    • Posté à 20h31 le 17/07/2011
    • Internaute
      Multi-Taskeur

    J'aime croire que notre république a de meilleurs symboles que son armée. J'ai beau ne pas être dans le socle électoral d'Eva Joly, elle aura pour moi marqué un point. C'est justement en bousculant les traditions débiles qu'on ira quelque part.

  • Taur
    • Posté à 20h49 le 17/07/2011

    Vous oubliez de parler des défilés des troupes de la libération après 1918 et après 1945. Ces mêmes troupes qui ont libérés nos villes et nos villages.
    Je suis alsacien, l'Alsace a beaucoup souffert des 3 guerres (1870, 1914 et 1939) et est reconnaissante envers les troupes françaises.
    Personnellement, j'ai 34 ans et je tiens à ce défilé.
    La France a changé, certes, les guerres ne sont plus les mêmes, mais beaucoup tiennent encore à leur armée.
    Et sans armée, le plan vigipirate, il devient quoi ?

  • veggie
    veggie
    Etudiant
    • Posté à 21h04 le 17/07/2011
    • Internaute
      Etudiant

    « Dans une France en paix, le défilé est un symbole déplacé »

    Vu notre présence en Libye et en Afghanistan par exemple, on est de facto en guerre. Pas sur notre territoire, mais j'imagine que ça fait partie de la stratégie de l'autruche des médias français, qui nous montrent chaque jour toutes tendances confondues le peu de cas qu'ils font de nos militaires engagés. Qu'on soit d'accord ou pas avec ces opérations est une chose, mais c'est sûrement pas en omettant d'informer les Français que ça arrangera les choses.

    Lisez un peu la presse Anglaise par exemple, le traitement du conflit Afghan et des pertes subies par nos militaires est dérisoire comparé à ce qui se fait chez les voisins d'outre-manche.

    Ceci-dit j'ai beau ne pas être d'accord avec Mme Joly, la réaction de la droite est vraiment merdique : comme la communauté Franco-Norvégienne n'a pas un poids électoral immense (doux euphémisme), autant se défouler et montrer les biscottos face à ces hordes de binationaux norvégiens qui viennent voler notre pain. Ca coute pas cher, ça montre qu'on est ferme face à ce fléau que représente l'immigration Norvégienne, bref du bel enfumage comme on en a l'habitude depuis ces dernières années.

  • phil.franco
    • Posté à 21h09 le 17/07/2011

    bravo pour cet article d'érudition, toutefois :
    1) ce qu'à dit eva JOLY en tant que candidate reste une bêtise politique, parce que prendre le risque de perdre des votes sur un tel sujet reste stupide à quelques mois des élections et pour une candidate censée représentée l'écologie
    2) l'érudition, c'est bien, mais le citoyen de base ignore 99% de tout votre blabla. Ce qu'il sait, par contre, c'est que depuis son enfance, la fête du 14 juillet et son défilé ont ponctué sa vie, et les symboles qu'il a plaqués dessus ignorent tout de votre blabla. Par contre, supprimer le défilé, ce serait arracher une part de ce qui fait l'image en nous de la France.

  • ShaKhal
    • Posté à 22h58 le 17/07/2011

    Une petite remarque tout de même, c'est qu'il faut être bien hypocrite pour dire qu'on ne fête pas le 14 juilllet la prise de la Bastille (et le renversement symbolique de la royauté) mais la fête de la Fédération, alors que cette dernière fêtait justement la prise de la Bastille !
    Le rapport mis en lien ne s'y trompe pas, qui stipule « Cette seconde journée du 14 juillet, qui n'a coûté ni une goutte de sang ni une larme, cette journée de la Grande Fédération, nous espérons qu'aucun de vous ne refusera de se joindre à nous pour la renouveler et la perpétuer, » pour faire passer le fait qu'on célèbre le premier 14 juillet, celui de 89, mais drapé un an plus tard de réconciliation (et du sang restait à venir pour quelques années...). Vouloir déconnecter la Fête de la Fédération de la prise de la Bastille survenue l'année précédente, c'est très hypocrite, et au fond, déjà très politique.

    Personnellement, j'ai été conscrit, je regrette aujourd'hui qu'il n'y en ait plus, j'ai même défilé le 14 juillet, mais je suis totalement d'accord avec Eva Joly ; s'il y a un hommage à rendre à l'armée, alors qu'il soit rendu spécifiquement, un jour qui fait sens !

  • frangillette
    • Posté à 23h02 le 17/07/2011

    Tout à faire d'accord, c'est une réforme qu'il faudra faire. Notre armée peut-être honorée et respectée dans d'autres circonstances que le 14 juillet. Les citoyens sont derrière les grilles et les militaires et les véhicules défilent. Il faudra remettre les citoyens au coeur de cette célébration.

  • Fridooo
    • Posté à 23h28 le 17/07/2011

    On peut y être oppose avec mais je ne comprends pas en quoi vouloir supprimer ou aménager le défilé du 14/07 est choquant. Ce genre de défilé militaire le jour de la fête nationale ne va pas de soi, et heureusement. Parmi les démocraties, il s'agit plutôt d'une exception. Il n'existe pas aux Etats-Unis, où l'armée est pourtant un ciment essentiel de la nation et dont la célébration est un élément incontournable du patriotisme. Le défilé militaire est généralement plutôt associé à l'autoritarisme et au triomphe de la force. Je n'affirme pas qu'il s'agit du cas en France, mais cette simple observation montre qu'il y a matière à débat. On peut raisonnablement penser que ce défilé est une manifestation archaïque, que rendre hommage à l'armée et à ses soldats ne passe pas forcément par une parade quasi soviétique (il y a le 8mai, le 11 novembre, etc...), que le lien « armée-nation » est certes un héritage de l'histoire de France mais n'est pas forcément appelé à survivre et encore moins à représenter un idéal immuable (le roi a bien disparu. Et n'est il pas permis de rêver à un monde où avoir une armée ne serait plus une nécessité, simplement d'y rêver ? ). Par ailleurs, pour au moins 10% de la population française l'armée n'est pas celle qui a défendu la République, mais celle qui a colonisé, souvent brutalement, leurs aïeux, une armée qui justement entretient parfois des relents de nationalisme, de paternalisme et de xénophobie. Enfin, le défilé militaire le jour de la fête nationale, au sein d'une Europe pacifié, et sur la voie de l'intégration, n'a je crois plus vraiment sa place vis a vis des voisins et partenaires de la France.

  • chrissou
    chrissou
    étudiant dans l'environnement
    • Posté à 09h55 le 18/07/2011
    • Internaute
      étudiant dans l'environnement

    Encore une fois, nous tombons dans un débat où chaque parti veut se faire de la pub. La droite qui veut montrer son côté national en critiquant inutilement et méchamment un avis de Mme Joly, la gauche qui part critiquer la mentalité de la droite mais qui n'en pense pas moins qu'elle, mais comme c'est la droite, chaque occasion est bonne pour leur tomber dessus.
    Au final, les plus intelligents, c'est ceux qui en parlent le moins.
    L'idée de Mme Joly est loin d'être stupide et je trouve même bien qu'un candidat aux présidentielles réfléchissent à autre chose que les sempiternels sujets qui poussent les candidats à nous promettre monts et merveilles pour que l'on vote pour eux.
    Pour ma part, je ne regarde plus le défilé, j'ai dut le faire quand j'étais petit, mais bon, c'est parce que mon père était militaire et que ça lui plaisait parfois de le regarder (mais par contre pas d'y participer).
    En fait, le problème c'est qu'on ne prend pas l'avis de nos pays voisins en compte. Alors certes, ce n'est pas à eux de gérer notre pays, mais si l'objectif est de créer une Europe unie, autant ne pas se les mettre à dos par le biais de manifestations nationalistes qui peuvent paraître déplacées. Après, je pense que ça doit plus leur faire sourire qu'autre chose parce que l'armée française n'est surement plus la grande armée qu'elle a pu être jadis.
    C'est d'ailleurs ça le problème, nos chers dirigeants ont je trouve tendance à trop voir en arrière. Certes le défilé est une vielle coutume, mais sortir qu'il existe encore à l'heure actuelle une relation profonde entre notre armée et le peuple, alors qu'on ne s'intéresse qu'au compte goutte aux conflits où s'est embourbée notre armée (Afghanistan entre autre), c'est franchement n'avoir aucune idée de la réalité (oui Mme Lepen, la France, ce n'est pas que les beaux arrondissements de Paris et les jolies petits villages français de notre beau terroir).
    Je pense que le défilé militaire doit être supprimé, et cela pour plusieurs raisons :
    - à notre époque où l'on ne connait plus de conflits majeurs depuis plusieurs générations, c'est très provocateur que de continuer de à exhiber notre force militaire, et c'est très vieux jeu (mais bon, la France est un pays où l'ont évolue pas trop trop vite niveau mentalité, il faut s'y faire)
    - d'un point de vue financier, ça coûte surement une fortune (vu la quantité de carburant que l'on dépense pour faire avancer nos merveilleux chars, avions et autres véhicules, sans compter la sécurité pour protéger notre cher président) alors que nous devons revoir les dépenses publiques à la baisse.
    - parce que je suis persuadé que de moins en moins de gens s'intéresse à ce défilé (j'aimerai savoir les chiffres de France télévisions au fil de ans).
    - parce que quand on y pense, c'est une fête nationale où l'on devrait faire la fête entre nous, et pourtant on nous présente une force militaire qui induit forcément un climat hostile (je suis désolé, mais jamais l'armée ne représentera un signe de paix, jamais, or la fête national, ça devrait symboliser la paix entre les français) mais ce dernier point n'est qu'un avis personnel et l'on est pas obligé d'avoir le même.
    Après, il ne faut pas oublier que la France est sur le podium des meilleurs pays vendeurs d'armes au monde, et c'est vrai que le 14 juillet doit être bien pratique pour servir de vitrine à notre production, sans que cela ne choque personne, mais là aussi c'est un avis personnel.

  • chenmawon
    chenmawon
    Pécore en stage d'observation (...)
    • Posté à 10h03 le 18/07/2011
    • Internaute
      Pécore en stage d'observation (...)

    Pour y avoir vécu et avoir donc vécu les défilés du 17 mai en Norvège... Ce pays a quelques similitudes avec la France si l'on observe la 2de guerre mondiale : occupation, collaboration, résistance et gouvernement à Londres... Les norvégiens sont fiers de leur armée eux aussi, mais les défilés du 17 mai sont réservés aux enfants, avec du monde dans la rue, des drapeaux partout et de la musique ! Et bien c'est beaucoup plus festif et les gens participent vraiment à cette fête nationale, beaucoup plus qu'en France où à part Paris et le défilé et les feux d'artifice le soir, ça ressemble à n'importe quel autre jour de l'année...
    Moi je dis ça...