Porte-monnaie 07/07/2011 à 11h18

Aspirant journaliste, j'ai dépensé 1 861 euros en frais de concours


En 2011, j’ai fait le tour de France pour passer les examens d’entrée aux écoles de journalisme. Le diplôme d’une des treize écoles de journalisme reconnues par la profession permet de limiter l’enchaînement éternel des stages, donne une forme de légitimité. Passer par une école, c’est accéder à la sacro-sainte polyvalence souhaitée par les employeurs.

Le poids des frais de concours ne concerne pas que les aspirants journalistes ; d’autres cursus universitaires (écoles de commerce, instituts d’études politiques, IUT...) fonctionnent également par concours et impliquent des dépenses de transports, d’hébergement...

La préparation : 225 euros sur six mois

L’achat des journaux pour préparer les épreuves d’actualité représente un investissement conséquent.

L’abonnement électronique au Monde.fr – trois fois moins cher au mois que l’édition papier – coûte 15 euros par mois. Pour diversifier mes lectures, j’achète d’autres canards : 225 euros de journaux sont déboursés sur un peu plus de six mois.

Les concours : 1 636 euros

Les inscriptions : 919 euros

La première dépense est l’inscription aux concours. Pour avoir le droit de composer le jour des épreuves, je débourse entre 18 et 350 euros par examen. Cette année, je passe sept écoles :

  • le Cuej (Centre universitaire d’enseignement du journalisme) à Strasbourg : 91 euros ;
  • l’Ijba (Institut de journalisme Bordeaux Aquitaine) à Bordeaux : 70 euros ;
  • l’IPJ (Institut pratique du journalisme) & le CFJ (Centre de formation des journalistes) à Paris : 350 euros (concours commun) ;
  • le Celsa (Ecole des hautes études en sciences de l’information et de la communication) à Paris : 70 euros ;
  • l’IFP (Institut français de presse) à Paris : 18 euros ;
  • l’ESJ (Ecole supérieure de journalisme) à Lille : 250 euros.

En tout, j’en ai pour 849 euros. Auxquels s’ajoutent environ 70 euros de frais de dossier. Mine de rien, acheter des enveloppes, carnets de timbres et autres confettis administratifs, ça finit par peser sur le porte-monnaie. Avoir de l’ambition, ce n’est pas donné.

Les écrits : 418 euros

Une fois les dossiers remplis et les chèques signés, je suis convoqué sept fois entre mars et mai. Le marathon-concours commence sur le site de la SNCF. Strasbourg, Bordeaux et Lille sont mes trois destinations. Par chance, quatre écoles se trouvent à Paris : mes déplacements sont limités.

Au bout du compte, j’en ai tout de même pour 216 euros aller-retour. Et encore, à chaque passage du contrôleur, ma carte 12-25 me permet d’économiser entre 25% et 50% par voyage. Je me dis qu’à 26 ans, ce sera covoiturage...

Mon premier concours en province est à Strasbourg. Il dure deux jours : je suis contraint de prendre deux nuits dans un foyer. Je ne me plains pas, l’établissement est en plein centre-ville, et les prix sont avantageux : 35 euros la nuit, soit 70 euros les deux nuits. Je m’endors sous le portrait de la Vierge Marie, la boule au ventre.

Le lendemain matin, la tension est parfaitement insupportable. Trois amphis bondés pour un peu plus de 900 candidats. 40 places à la clé. Tout le monde qui sort stylos, effaceurs, cannettes de jus de fruits, barres de céréales...

Les tables de concours ressemblent à des tréteaux-kermesses. La bonne humeur en moins. D’ailleurs, ces petites gâteries ont un coût : en moyenne, entre 3 et 5 euros par journée selon le degré d’angoisse, soit environ 60 euros pour tous les concours. Un plan de travail saturé de cochonneries pleines de glucose, ça rassure. Autant que le premier sujet du concours strasbourgeois : « Selon vous, l’appel de Stéphane Hessel est-il fondé ou non ? ». Question plus simple à élucider lorsqu’on a lu son ouvrage « Indignez-vous ! ». Ce qui est mon cas.

A Bordeaux, grand luxe : je m’offre un « deux étoiles » petit déjeuner compris. 72 euros partent en fumée. Pour Lille, coup de bol, l’amie d’une amie peut m’héberger. Un peu d’entraide, ça soulage.

Les oraux : 299 euros

Les sept écrits passés, j’attends fébrilement les résultats. Le Celsa : ça passe. L’Ijba aussi... Le Cuej également... J’obtiens sept admissibilités. 100% de réussite. Mon nom à rallonge hante les listes des admissibles. Dans l’euphorie, j’oublie qu’il va falloir passer à nouveau au tiroir-caisse.

Rebelote : obtenir le droit de passer devant un jury de professionnels, c’est aussi gagner celui de rebanquer. Mes finances au plus bas, j’évite désormais de crécher à l’hôtel. Plutôt que d’arriver la veille, je pars le jour même de l’oral pour fuir les nuits payantes. Je ne peux éviter toutefois une nouvelle nuit d’hôtel à 30 euros.

Quant au site de la SNCF, il est toujours aussi glouton : 249 euros pour les trois allers-retours. La note est plus salée qu’aux écrits : les convocations tardives aux oraux empêchent de réserver longtemps à l’avance et réduire le prix des billets.

En outre, entre les écrits et les oraux, j’ai dépensé environ 20 euros dans les transports en commun.

Au final, les concours m’auront coûté la peau des fesses : 1 861 euros. Quelques conseils à l’attention des futurs candidats : avant de passer des concours, faîtes une simulation des dépenses, mettez de côté et si la chance est avec vous, sollicitez vos parents... A l’heure où j’écris ces mots, je suis toujours en attente des résultats.


Combien gagnez-vous ? Comment dépensez-vous ?

Contactez la rédaction pour participer à la rubrique « Votre porte-monnaie au rayon X », raconter comment vous gérez votre budget, présenter votre profession et votre parcours.

Illustration de Marthe Poulain.

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  • Mamz
    Mamz
    Etudiante
    • Posté à 11h38 le 07/07/2011
    • Internaute 50318
      Etudiante

    La carte de presse n’est pas si facilement accessible : 1 an de travail pour ceux qui sortent des écoles reconnues, 2 ans pour les autres. C’est très, très long.

    • Cosmographe
      Cosmographe répond à Mamz
      Atomiste
      • Posté à 11h46 le 07/07/2011
      • Internaute 144335
        Atomiste

      Etudiante en journalisme ? Cela pourrait expliquer ce corporatisme anachronique...

       
      • Mamz
        Mamz répond à Cosmographe
        Etudiante
        • Posté à 11h58 le 07/07/2011
        • Internaute 50318
          Etudiante

        Pour être étudiante « en journalisme », il faut être dans une école, et je suis à la fac, en sciences humaines. Donc non, je ne le suis pas (et on me le fais bien remarquer quand je recherche un stage).

        Ce n’est pas tant du corporatisme que de la peur, j’ai tout à fait conscience des années de galères qui m’attendent. Tout les journalistes débutants n’ont pas fait la voie royale khagne / hypokhagne / science po / école reconnues, et certains qui y sont passés ne s’en sortent pas forcément mieux. Après je ne sais pas comment cela se passe sur Paris, mais en province ce n’est pas toujours facile de faire autre chose que de la PQR et/ou des CDD à répétition pour le service public lorsqu’on ne sort pas d’une école.

        • bibimbap
          bibimbap répond à Mamz
          en travaux
          • Posté à 13h10 le 07/07/2011
          • Internaute 86441
            en travaux

          juste une remarque : hypokhâgne c’est avant la khâgne (hypo = en dessous)

          • Elortho
            Elortho répond à bibimbap
            • Posté à 18h23 le 07/07/2011
            • Internaute 161843

            Mais même les Khâgneux disent « khâgne-hypokhâgne » (en tout cas parmi ceux que je connais, peut-être sont-ils autrement que les autres). Je pense que c’est juste que c’est plus facile à dire ainsi.

        • Gita418
          Gita418 répond à Mamz
          Aux aguets
          • Posté à 14h34 le 07/07/2011
          • Internaute 162901
            Aux aguets

          Euh, même pour la PQR (sauf pour être correspondant) et « les CDD à répétition dans le service public », il faut sortir d’une école et même en province. Il vaut mieux le savoir, la profession se précarise de plus en plus. Bon courage.

      • Takhiarel
        Takhiarel répond à Cosmographe
        Etudiant
        • Posté à 12h12 le 07/07/2011
        • Internaute 93055
          Etudiant

        Est-ce que je lis une envie rageuse dans cette remarque ?

        • Cosmographe
          Cosmographe répond à Takhiarel
          Atomiste
          • Posté à 12h31 le 07/07/2011
          • Internaute 144335
            Atomiste

          Vous lisez mal, jeune homme.
          C’est juste que les privilèges, quel qu’en soit leur nature, m’horripilent au plus haut point !

          • Takhiarel
            Takhiarel répond à Cosmographe
            Etudiant
            • Posté à 14h12 le 07/07/2011
            • Internaute 93055
              Etudiant

            Je ne vois pas où vous parlez d’avantages...
            Vieil homme.

            • Cosmographe
              Cosmographe répond à Takhiarel
              Atomiste
              • Posté à 19h10 le 07/07/2011
              • Internaute 144335
                Atomiste

              Déduire 7 650 euros de son revenu imposable avant même d’appliquer les abattements standards des salariés lambda, si ce n’est un avantage, qu’est-ce donc ?

              • Raphaël Lizambard
                Raphaël Lizambard répond à Cosmographe
                Journaliste
                • Posté à 10h24 le 08/07/2011
                • Journaliste 131778
                  Journaliste

                Encore faut-il être imposable.
                Ce qui est loin d’être le cas de tous les journaleux pigistes qui n’atteignent souvent pas le Smic...

              • Raphaël Lizambard
                Raphaël Lizambard répond à Cosmographe
                Journaliste
                • Posté à 10h27 le 08/07/2011
                • Journaliste 131778
                  Journaliste

                Encore faut-il être imposable.
                Ce qui est loin d’être le cas de tous les journaleux pigistes qui n’atteignent souvent pas le Smic...

          • Le Renifleur
            Le Renifleur répond à Cosmographe
            On attend des actes
            • Posté à 15h43 le 07/07/2011
            • Internaute 136986
              On attend des actes

            Ce n’est pas un privilège, c’est un deal entre le gouvernement de l’époque et le patronat afin de compenser la non augmentation des salariés journalistes.

            Pour mémoire : le tarif de la pige (en général) était « correct » jusque dans les années 1985.
            Problème : 15 ans plus tard, le tarif reste identique en dépit de l’inflation.
            (vous imaginez ne pas être augmenté pendant 15 ans alors que « même la baguette » augmente ?)

            Depuis 2000 la situation s’est inversée... Dans le mauvais sens ! ! !

            La pige « syndicale » qui tournait aux alentour des 60,00 € brut à dégringolé de fait aux alentours des 20,00 € !

            Et encore, quand vous êtes payé, c’est a dire à 60 jours à fin de mois de parution ou de diffusion.
            Si vous œuvrez pour un trimestriel : vous êtes donc casqué à la saint Glin glin !

            Donc je vous assure que ces 50 000 balles ne sont certainement pas un privilège mais plutôt une Très maigre compensation...

            Cordialement

            • A déménagé le 06-02-2012
              • Posté à 19h09 le 07/07/2011
              • Internaute 43286
                Non connue

              ce n’est pas un privilège pour certains... mais pour d’autres si.

              n’oublions pas que la déduction permet également/parfois d’autres avantages derrières : aides au logement, tarifs garderies etc.
              ce qui crée quand même une « injustice » vis à vis de ceux qui gagnent mal leur vie et qui n’ont pas le précieux sésame.

              • Le Renifleur
                Le Renifleur répond à A déménagé le 06-02-2012
                On attend des actes
                • Posté à 20h34 le 07/07/2011
                • Internaute 136986
                  On attend des actes

                Vous en connaissez beaucoup vous, des professions ou le tarif horaire n’a pas bougé d’un centime, voire a été divisé par 3 en 30 ans ?

                • jino83
                  jino83 répond à Le Renifleur
                  citoyen curieux
                  • Posté à 03h04 le 08/07/2011
                  • Internaute 159282
                    citoyen curieux

                  Si ont avait couper en 3 le taux horaire d’un ouvrier il serait simplement mort de faim depuis .
                  20euros soit environ 3000€/mois pour 35hsemaine
                  36000 euros par an , avec une simulation du calcul d’impôts.
                  ça donne : Revenu fiscal de référence 32400€
                  Taux moyen d’imposition : 12.82 %
                  Impôt avant imputations : 4154€

                  Donc vous ne payez pas d’impôts avec 3000€/mois ? un smicard en paye donc oui si c’est bien la vérité c’est bien un privilège .

                  Je vous l’accorde le privilège n’est pas énorme comparer a d’autre qui sont accordé à nos politiques , mais quand ont veut dénoncer les privilèges devant l’impôt des uns , faut pas oublier ceux dont ont profitent sois même, aussi petit soit t’ils.

                  Je précise que les 20€/h oui c’est pas énorme oui mais si ont vous payait 60€/h(comme a l’ancienne) vous comprendriez mieux ou moins bien pourquoi ceux qui gagne tout juste 7€/h ce plaignent ?

                  • Le Renifleur
                    Le Renifleur répond à jino83
                    On attend des actes
                    • Posté à 21h46 le 08/07/2011
                    • Internaute 136986
                      On attend des actes

                    Bon , des canardeux qui palpent 3000,00 € par mois sont loin de constituer la majorité du genre. Ceux qui bossent 35 h encore moins.

                    De toute façon, vous prenez le problème à l’envers (lavage de cerveau médiatique ?)

                    Le problème n’est pas l’octroi de privilèges, le problème est que les privilèges devraient être la règle !

                    Ainsi, vous allez bientôt me dire que les bucheurs nés avant 1955 sont des privilégiés car il cotiseront moins longtemps pour la retraite ?

                    Et pis les gens et CDI sont des privilégiés pasque tous le monde finira « Autoentrepreneur » ?

                    Non pasque j’ignore si vous avez remarqué que l’ensemble des protections sociales de ce pays se dégradent et se transforment en privilèges !

                    Mais bordel, après guerre, à l’époque ou une bonne partie de ces dispositifs ont été mis en place, l’Europe était ruinée : la misère, la vraie !

                    Et aujourd’hui où il n’y a jamais eu autant de pognon en circulation, on spolie le gens en subventionnant les banques et on leur dit : « ne vous plaignez pas, la vraie crise n’a pas encore commencé ! »

                    La véritable « escroquerie » si je puis dire concernant l’abattement journalistique c’est d’avoir fait supporter une charge patronale à la collectivité avec la complicité du gouvernement de l’époque et des syndicats qui ont acceptés le deal...

                    Cordialement,

                • A déménagé le 06-02-2012
                  • Posté à 08h07 le 08/07/2011
                  • Internaute 43286
                    Non connue

                  si vous parlez encore de la pige... je répète que tous les journalistes ne sont pas payés à la pige.

                  • Le Renifleur
                    Le Renifleur répond à A déménagé le 06-02-2012
                    On attend des actes
                    • Posté à 11h29 le 08/07/2011
                    • Internaute 136986
                      On attend des actes

                    Vous avez raison :

                    ex : PHR « Le Républicain » Essonne (Dassault) : un localier +/- 5 ans d’expériences + Maitrise + ESJ : 1500,00 €. (et pas 35 h hein ?)

                    • A déménagé le 06-02-2012
                      • Posté à 16h05 le 08/07/2011
                      • Internaute 43286
                        Non connue

                      des 1500 euros y’en a partout ... et sans abattement.

                      • Le Renifleur
                        Le Renifleur répond à A déménagé le 06-02-2012
                        On attend des actes
                        • Posté à 17h56 le 08/07/2011
                        • Internaute 136986
                          On attend des actes

                        Un poste similaire était rémunéré environ 2500,00 € au moment du passage à l’euro. Il comporte une partie managériale avec la gestion de 5-6 CLP (correspondant local de presse).
                        Une charge de mise en page a été rajoutée et il n’y a plus de correcteur. Il reste un soupçon de photographe qui couvre essentiellement les déplacements du Grand Patron : Serge Dassault...

            • Cosmographe
              Cosmographe répond à Le Renifleur
              Atomiste
              • Posté à 19h29 le 07/07/2011
              • Internaute 144335
                Atomiste

              Merci pour vos chiffres, en supposant de leur exactitude, ils sont éclairants ; mais non suffisants : allez dire que « 50 000 balles ne sont certainement pas un privilège mais plutôt une Très maigre compensation » à un salarié qui doit se contenter du smic pour vivre, que pensez-vous qu’il vous répondra ? ! ...
              Alors, « avantage », « deal », « privilège », quels que soient les termes employés, ces « 50 000 balles » ne me plaisent guère (euphémisme).

              • Le Renifleur
                Le Renifleur répond à Cosmographe
                On attend des actes
                • Posté à 20h08 le 07/07/2011
                • Internaute 136986
                  On attend des actes

                Non non cher Monsieur : nous sommes très loin du smic : divisez 20 euros par une trentaine d’heures...

                • Cosmographe
                  Cosmographe répond à Le Renifleur
                  Atomiste
                  • Posté à 20h39 le 07/07/2011
                  • Internaute 144335
                    Atomiste

                  Je commence à avoir de sérieux doutes sur vos chiffres :

                  1- « on constate un prix moyen pour le feuillet* de 77 € avec des tarifs de base commençant à 46 et finissant à 122 €. » (source : Lien)

                  2- Feuillet (25 lignes de 60 signes et espaces) : de 52,41 € à 64,62 € (source : Lien)

                  Alors, d’où viennent vos 20 € pour une trentaine d’heures ?

                  • Le Renifleur
                    Le Renifleur répond à Cosmographe
                    On attend des actes
                    • Posté à 21h51 le 08/07/2011
                    • Internaute 136986
                      On attend des actes

                    Bon,

                    Comme vous avez fait l’effort de chercher et de vérifier mes dires (ce que beaucoup de journalistes ne font plus)...

                    Je vais vous indiquez quelques sources professionnelles : -)

                    Tout d’abord, le portail-forum référent pour les journaleux francophones :

                    Lien

                    Créé il y a maintenant plus de 10 ans par mon pote Greg Manset, c’est vraiment l’adresse incontournable où se confrontent les expériences entre jeunes et anciens du métier.

                    Baladez vous sur les forums : vous ne serez pas déçu !

                    Ensuite, lorsque vous aurez passé plusieurs nuits à « grenouiller » et à prendre conscience du véritable « massacre » de la profession,
                    allez faire un tour ici :

                    Lien

                    L’Acrimed est une vieille « cellule » de veille sur les pratiques journalistiques françaises : édifiant !

                    Enfin, parce que lorsque vous aurez digéré toutes les infos que vous trouverez sur ces sites référents, achevez votre périple ici :

                    Lien

                    Très instructif en sachant que moins de 10% des conflits arrivent devant un tribunal !

                    Sinon, pour répondre à votre question à 20,00 €

                    Suivant la nature du sujet :

                    Trouvez l’info, grenouiller à droite à gauche afin de s’enquérir d’un fait, d’une situation suce hep tible d’intéresser « votre » lectorat : (ça peut être aussi une conf de rédac, sorte de brain stormainge) : Mini 2 heures, maxi 2 jours (pasqu’il faut rendre copie avant bouclage)

                    Trouvez et prendre rencards avec les interlocuteurs : de 2 à 3 plombes en moyenne à batailler avec les secrétaires, les absences, les refus...

                    Les rencontrer (c’est la moindre des choses) de 2 à 10 heures en moyenne (ça dépend si vous en avez plusieurs)

                    Le temps de transport qui peut être conséquent. (de 0 si vous interviewez votre chat à plusieurs heures)

                    Ensuite, faut l’écrire le bouzin de 1500 signes (espace compris) et c’est pas toujours facile : mettons 1 plombe si vous êtes en forme à 4 heures si vous n’en pouvez plus...

                    Rajoutez une bonne plombe pour les relectures, les corrections...

                    Voila, on a donc une variation de 8 à... Parfois plus que trente heures...

                    Alors évidemment, lorsqu’on est casqué 20,00 €, vous pensez bien qu’on va pas se faire ch... à faire CE QUE L’ON DEVRAIT FAIRE
                    DEONTOLOGIQUEMENT.

                    Alors si on est honnête, on décroche son téléphone et on appelle les futurs interviewés, on se déplace pas et on s’efforce de torcher le bouzin en moins de 6 heures, ce qui est déjà pas mal... Résultat : c’est de la merde. Elle sent pas trop mais c’est de la merde.

                    Alors si on veut aller plus vite, on choppe une info ailleurs (merci internénette) on ré-écrit le truc à l’envers, on brode un peu dessus et là aussi c’est de la merde. Mais cette fois-ci elle sent vraiment !

                    Alors question : vous n’avez pas remarqué que l’on retrouvait sur l’ensemble d’une bonne partie des médias (TV, Radio, journaux) les mêmes informations présentées différemment ?

                    Vous appelez cela comment vous ?

                    Bah mois j’appelle cela de la Merde !

                    Bien cordialement,

                • Cerium58
                  Cerium58 répond à Le Renifleur
                  Etudiant
                  • Posté à 21h36 le 07/07/2011
                  • Internaute 163026
                    Etudiant

                  20 euros pour 30 heures : 67 centimes de l’heure. Et j’ai arrondis au centime supérieur. Euh, faut pas pousser Mémé dans les orties !

                  En étant CLP (et Dieu sait si c’est payé au lance-pierre), je ne pouvais toucher plus de 20 euros pour un article, quelle que soit sa taille, et peu importe le temps passé en reportage et en écriture. On est loin des 67 cts de l’heure.

                  • Le Renifleur
                    Le Renifleur répond à Cerium58
                    On attend des actes
                    • Posté à 23h51 le 07/07/2011
                    • Internaute 136986
                      On attend des actes

                    Salut à toi Correspondant Local de Presse,
                    digne émanation de la Loi Cressard ; -)

                    Alors évidemment, j’exagère un petit peu...

                    « je ne pouvais toucher plus de 20 euros pour un article, quelle que soit sa taille, et peu importe le temps passé en reportage et en écriture. »

                    Bien entendu tu ne dépassais pas la brèvouille de 300 signes, 5 mn sur le terrain à 100 m maxi de ton domicile et un petit quart d’heure pour rédiger et corriger, sans photo cela va de soit ?

                    • Manon Le Charpentier
                      Manon Le Charpentier répond à Le Renifleur
                      Etudiante en journalisme
                      • Posté à 14h06 le 09/07/2011
                      • Internaute 163295
                        Etudiante en journalisme

                      Je n’ai pas compris le ton de votre message là... Si c’est à prendre au premier degré, je dois vous dire que vous êtes bien loin du compte...
                      Perso j’ai été correspondante de PQR pendant deux ans en parallèle de mes études. Les brèves de 300 signes sont payées moins d’une dizaine d’euros. Puis de 50 à 100 lignes (on fonctionne plutôt en lignes) voire plus parfois, c’est 20 euros, un point c’est tout. Ce genre de papier j’en faisais minimum deux par semaines en prenant ma voitures, en passant souvent plus de 4 heures dessus entre l’itv et la rédaction.
                      Peut-être n’ai-je pas bien compris le sens de votre message.

                      • Le Renifleur
                        Le Renifleur répond à Manon Le Charpentier
                        On attend des actes
                        • Posté à 15h16 le 09/07/2011
                        • Internaute 136986
                          On attend des actes

                        Mon message était amical teinté d’humour...

                        Alors je connais le format « lignes » couramment utilisé en PQR et en PHR mais aussi à l’Équipe.

                        C’est une mesure « patronale » destinée en fait à embrouiller la mesure du travail car les tarifs syndicaux s’expriment en « Feuillets » soit 1500 caractères espaces compris.

                        Un feuillet représente donc 25 lignes de 60 signes, ou 15 lignes de 100 signes.

                        Donc vous fournissiez 100 lignes, soit 4 feuillets pour 20,00 € soit 5,00 € du feuillet.

                        Et ce, sans aucune charges patronales ni salariales : pas de sécu, pas de retraite, rien, queud : -)

                        Alors, le tarif syndical du feuillet en PQR est de 64,62 € brut réglé en fiche de paye avec tous le toutim*...

                        Alors vous comprenez l’enfumage du statut de CLP et de la Loi Cressard ou faut vous faire un dessin ?

                        En fait, le seul avantage d’être CLP, mis a part de soigner son orgueil en signant un dithyrambique article sur le concours de belote des retraités de la marine (que je salue au passage), c’est de se constituer un « réseaux » parmi les édiles afin de :

                        - rebondir ailleurs, faire la com d’une mairie par exemple,

                        - apprendre par la petite porte le métier de journaliste,

                        - se faire mousser auprès de Madame le Maire et séduire son mari !

                        Et vous faites quoi comme étude ?

                        Bien amicalement,

                        * Lien

                        • Manon Le Charpentier
                          Manon Le Charpentier répond à Le Renifleur
                          Etudiante en journalisme
                          • Posté à 15h19 le 09/07/2011
                          • Internaute 163295
                            Etudiante en journalisme

                          De la biologie jusqu’à juin 2010, du journalisme à partir d’octobre 2011 ;)

      31 autres commentaires
    • halmarita
      halmarita répond à Mamz
      perplexe
      • Posté à 12h52 le 07/07/2011
      • Internaute 139297
        perplexe

      Bonne nouvelle : il ne faut pas attendre autant ! Trois mois consécutifs suffisent pour la carte de presse/
      Les 1 an et 2 ans (cf écoles ..) sont uniquement pour la fin de la « carte stagiaire ». Selon les rédactions et les barèmes, avoir sa carte définitive peut permettre d’être payé plus. Mais pour beaucoup, cela ne change rien...

       
      • Mamz
        Mamz répond à halmarita
        Etudiante
        • Posté à 13h02 le 07/07/2011
        • Internaute 50318
          Etudiante

        Merci, je ne le savais pas. La preuve que je ne suis pas encore très au point sur le sujet ! Bref heureusement qu’il me reste un an avant les concours... Je vais approfondir la question.

        J’en profite pour répondre à Cosmographe : vouloir travailler dans le journalisme ne signifie pas nécessairement que j’approuve les « privilèges corporatistes » propres à ce milieu.

      • Le Renifleur
        Le Renifleur répond à halmarita
        On attend des actes
        • Posté à 15h50 le 07/07/2011
        • Internaute 136986
          On attend des actes

        « avoir sa carte définitive peut permettre d’être payé plus »

        Faux : elle sert de « sésame » afin de trier les prétendants à la gloserie qui osent frapper à la porte d’un « grand » média national.

        Et encore c’est pas parce que vous êtes « tricolorisé » et qu’il y a des postes vacants qu’on vous acceptera.

        Et tout ça pour une petite pigette à 20,00 € pour une semaine de boulot et avoir la satisfaction d’avoir son papier ré-écrit « dans la ligne du journal » et qui dit tout le contraire de ce que vous vouliez exprimer : en plus vous passez pour un manipulateur auprès de vos sources !

        Cordialement,

        • halmarita
          halmarita répond à Le Renifleur
          perplexe
          • Posté à 16h02 le 07/07/2011
          • Internaute 139297
            perplexe

          Comme vous pouvez le remarquez sur les barèmes de salaires (par exemple ici Lien), il y a des échelons « stagiaire 1ère année », « stagiaire 2ème année » puis rédacteur.

          Quand on se trouve au minima (et ça arrive), la carte définitive est donc source d’augmentation.

          Quant à l’utilité de la carte de presse, au tarif des piges et à la réécriture, c’est encore un autre débat.

          • Le Renifleur
            Le Renifleur répond à halmarita
            On attend des actes
            • Posté à 20h32 le 07/07/2011
            • Internaute 136986
              On attend des actes

            La problème du barème que vous citez ; c’est que moins de 10% de la presse l’applique.

            Dans les faits, il en va tout autrement...

            Comprenez bien que la structure d’une rédaction à profondément changé en moins de 20 ans.

            Avant, vous aviez un desk avec des rédac chef, des rédac chef adjoints, des secrétaires de rédac, des secrétaires tout court, des journalistes rédacteurs, des journalistes maquettistes, des journalistes photographes, des iconographes, des dessinateurs, un correcteur quelques stagiaires qui apprenait le métier... Sans oublier les pigistes qui finissaient par intégrer le desk s’ils le désiraient...

            Tout ce joli monde était salarié normalement avec mutuelle et tout et tout... Tout ceci est vrai jusque dans les années 1990...

            Aujourd’hui vous avez (en général)
            - un rédac chef casqué 3000,00 €
            qui coordonne 3-4 « rédac-chef-adjoint-maquettiste-correcteur-rédacteur-photographe-iconographe-secrétaire » (casqué 1500-2000 €) et surtout « gestionnaire d’une vingtaine de “pigistes” corvéables a merci, payés à coups de lance pierres et précarisés à souhait.

            Alors évidemment, certains canards sortent du lot et rémunèrent correctement leurs plumitifs mais ils ne faut pas se leurrer : si vous voulez y mettre un pied, z’avez intéret à ce que votre tonton se nomme Lagardère, Dassault ou Bouygues (j’exagère à peine !)

            Pour conclure, demandez donc une carte de presse à un journaliste américain ou d’un autre pays anglophone...

            • jino83
              jino83 répond à Le Renifleur
              citoyen curieux
              • Posté à 03h28 le 08/07/2011
              • Internaute 159282
                citoyen curieux

              Mais donc le problème que vous évoquez c’est plus le mode de fonctionnement des journaux actuels si je vous comprend ?

              Un système qui tend a ’précariser le journaliste’ de terrain en lui achetant des articles a la demande ?
              Les gains étant monopoliser par « un redac en chef et et des chef adjoint “
              Ce qui pousse comme vous l’expliquez a bâcler l’info pour limiter le temps a y passer et les frais .

              Et bien bienvenue dans le système que tous le monde subit . vous décrivez ce qui c’est produit ailleurs dans a peut prêt tous les corps de métiers , ou celui qui produit a moins de valeur que celui qui décide.
              Et qu’ils y en a toujours de plus en plus pour décider, gérer , organiser , planifier ...mais pour travailler y en a pas plus jamais...

              Ont réorganise le budget et ....ont pourrait diminuer le salaire du chef , qui pas assez compétant a besoin de s’entourer d’une myriade d’adjoint ( parfois eux même incompétent ) .
              Mais non c’est celui qui est en bas de la chaine ( le nombre facilite la chose ) qui en fait les frais .

              • Le Renifleur
                Le Renifleur répond à jino83
                On attend des actes
                • Posté à 11h32 le 08/07/2011
                • Internaute 136986
                  On attend des actes

                « Et qu’ils y en a toujours de plus en plus pour décider, gérer , organiser , planifier ...mais pour travailler y en a pas plus jamais... »

                Certes... Mais payés peaux de balle,

                A l’inverse, certains métiers manuels sont très bien rémunérés faute de candidats.

                On retombe dans le cercle infernal de l’offre et de la demande...

            • halmarita
              halmarita répond à Le Renifleur
              perplexe
              • Posté à 13h04 le 08/07/2011
              • Internaute 139297
                perplexe

              Ayant écrit « peut permettre d’être payé plus » mais « pour beaucoup ça ne change rien », je ne me sens pas vraiment contredite... Je souhaitais répondre car vous aviez tout simplement écrit « Faux », ce qui n’est pas le cas.

              Quant aux 10%, je ne sais pas vraiment d’où vous les tirez.

              La situation du journalisme est très difficile. Inutile de se le cacher. Pour beaucoup, le métier est mal payé, précaire, exigeant et ne correspond en rien à l’image « Tintin reporter ».

              Inutile cependant de noircir le tableau. Les situations que vous décrivez existent, c’est sûr, mais pas partout et pas de cette ampleur.

              Il n’est pas impossible d’avoir un CDI dans le journalisme, sans avoir de pistons familiaux. Les places dans les quotidiens nationaux, magazines connus etc. sont très très rares. Celles dans la presse professionnelle, les petites chaînes de TV le sont un peu moins. Ça ne veut pas dire que c’est facile et automatique, non, mais en ayant une formation reconnue et de l’expérience, c’est possible.

              • Le Renifleur
                Le Renifleur répond à halmarita
                On attend des actes
                • Posté à 23h43 le 08/07/2011
                • Internaute 136986
                  On attend des actes

                Bonsoir Halmarita,

                Vous êtes perplexe de nature et vous avez raison : -)

                Alors, les 10 %, je ne les sorts pas de mon chapeau magique mais en extrapolant les dernières statistiques établies en 2008 et en les associant aux divers témoignages recueillis sur les forums professionnels et enfin mon expérience personnelle sans oublier mon « réseau » comme on dit aujourd’hui (dans le temps on disait les potes).

                stats : Lien

                forums : Lien
                ainsi que le forum « pige » : Lien
                mais là faut montrer patte blanche pasque vu la tension « pigiste/donneurs d’ordre » et de l’augmentation en flèche des arnaques et procès, on est dans le « secret défense ».

                Alors je vous prie de croire que la situation s’est largement dégradée depuis 2008 et ce, à tous les niveaux :

                - fermeture de titres mag en pagaille : licenciements conséquents...

                - concurrence internationale (effet internet) : 3,00 € le feuillet à Madagascar (impec pour de l’actu froide !),

                - Apparition du statut d’autoentrepreneur donc feuilles de payes transformées en factures (mais pas pour autant mieux payées),

                - débouchés internet + qu’incertains : Médiapart et Rue 89 ne peuvent pas embaucher tout le monde ! Bakchich n’a pas tenu... Et bien d’autres non plus, quand aux versions virtuelles des médias auparavant existants, on ne peut pas dire que c’est la joie et ne me parlez pas de Benchmark...

                Alors, dans le même temps, le nombre d’encartés est passé de 35 à
                37 000 mais les nouveaux tricolorisés sont loin d’être rémunérés confortablement.

                Notez que la CCIJP a été obligée de diviser le plafond de ressources pour l’obtention du sésame (à musées) par 2 ! soit la moitié du SMIC : c’est folichon hein ?

                Alors d’un côté, un tas de gens expérimentés se sont retrouvés sur la paille à chasser la pige et de l’autre un tas de mômes éblouis par la légende d’Albert Londres se sont précipités pour jouer les Tintin-redresseurs-de-tord-et-raccommodeurs-d’œil-crevé !

                Beaucoup de gens savent que Pierre de Coubertin était un nazi notoire, peu savent qu’Albert Londres était un Bidonneur patenté !

                Vous dites, en toute honnêteté : « Inutile cependant de noircir le tableau. Les situations que vous décrivez existent, c’est sûr, mais pas partout et pas de cette ampleur. “

                Alors à propos de tableau, en voici un particulièrement intéressant :
                (bis repetita plus loin dans cette discution)

                cliquez sur le tableau pour l’agrandir
                Lien

                Alors, vous noterez la formidable 44e place de la France au rang des nations concernant la liberté de la presse !

                En pleine progression donc :

                2009 : 43e (les ‘Banquassurances rachètent ce qui reste... A vil prix !)
                2008 : 35e
                2007 : 31e (arrivée de Sarkozy, le Président de Tous les Français’ !)
                2006 : 35e
                2005 : 30e (Sarkozy, Ministre de l’Intérieur - Bolloré, Bouygues et Dassault s’accaparent 80% des médias ‘dominants’)
                2004 : 19e
                2003 : 26e
                2002 : 11e (‘Choc du 21 avril : Chirac élu à 82,21 %)

                Alors, il vous plait ce tableau ?
                Notez qu’il n’est pas noir : il est gris !

                Et il y a de fortes chances qu’il vire au brun l’année prochaine...

                Bien, maintenant que vous êtes de plus en plus perplexe’, je vous propose de ‘renifler’ les bouzins suivants :

                commençons par quelques articles sur le sujet parus sur Rue89 :

                Liberté de la presse : RSF fustige la France de la honte
                Lien...

                L’AFP a-t-elle peur du pouvoir ?
                Lien...

                Bolloré met France Inter à terre
                Lien...

                Amoureuse de Google, la presse française reste discrète sur sa censure
                Lien...

                Vu de Suisse, Sarkozy est un vampire des médias
                Lien...

                La liberté de la presse : une exigence de démocratie
                Lien...

                C’est le lecteur qui décide de l’indépendance des médias
                Lien...

                Presse, ta liberté fout le camp !
                Lien

                Dans un registre technique :

                - Rapport de la commission Alain Lancelot au 1er Ministre concernant ‘ Les problèmes de concentration dans les médias (déc 2005).
                Lien

                - Un article de presse + court du Nouvel Obs intitulé : Qui possède Quoi ’ (sept 2008)
                Lien...

                En complément d’information, la fiche ‘ France ’ de Reporters Sans Frontières.
                Lien

                Enfin je ne saurais trop vous conseiller l’excellent ouvrage de Serge Halimi ‘ Les nouveaux chiens de gardes ’ paru chez Raisons d’Agir Éditions et vendu environ 6,00 € dans les bonnes librairies.

                Je vous livre ici la préface signée d’un célèbre sociologue aujourd’hui disparu :

                ‘ Ce livre repose sur l’enregistrement méthodique d’informations hautement périssables et volatiles : radiophoniques ou télévisuelles, les paroles volent et les propos de quotidiens sont par définition éphémères. Ce travail d’archiviste a pour effet de ruiner un des supports invisibles de la pratique journalistique, l’amnésie qui n’est pas moins grande chez les journalistes que chez leurs lecteurs et qui autorise en permanence les inconséquences et les incohérences, voire les virevoltes et les volte-face. Il introduit par là une logique de la responsabilité : pourquoi, en effet, les journalistes n’auraient-ils pas à répondre de leurs paroles, alors qu’ils exercent un tel pouvoir sur le monde social et sur le monde même du pouvoir ?
                Pourquoi n’auraient-ils pas à rendre compte de leurs prises de position et même de leur manière d’exercer leur métier et de conduire leur vie alors qu’ils s’instaurent si volontiers en juges des autres hommes de pouvoir, et en particulier des hommes politiques ?
                Ce texte n’a pas pour fin de discréditer des personnes, et moins encore une profession. Il est écrit par un journaliste qui, convaincu que les journalistes ne peuvent rien gagner à l’indulgence qu’ils s’accordent mutuellement, entend rompre le silence complice et apporter son témoignage critique, au lieu de se contenter de hurler avec les loups devant la moindre tentative d’objectivation. Il est écrit pour les journalistes qui font dignement leur métier et qui souffrent de l’image dégradée qu’en donnent certains. Sans sacrifier à la phraséologie déontologique qui ne sert le plus souvent qu’à masquer les démissions, il rappelle à tous, journalistes ou lecteurs de journaux, ce que pourrait être un journalisme pleinement conscient de sa dignité. ’
                Pierre Bourdieu

                Bien à vous Halmarita, en espérant avoir également apporté quelques ‘Un-faux’ à celles et ceusses qui auront fait l’effort de lire ce post.

                Ah, j’oubliais : Seul 20% des 37 000 journalistes dûment possesseur du plastoc Tricolore Franco-Français de la France Française sortent d’une ‘École de Journalisme’...

                Hé hé...

                Le Renifleur
                Lien

                • missl
                  missl répond à Le Renifleur
                  comme un long dimanche de (...)
                  • Posté à 09h17 le 10/07/2011
                  • Internaute 134351
                    comme un long dimanche de (...)

                  « Il introduit par là une logique de la responsabilité : pourquoi, en effet, les journalistes n’auraient-ils pas à répondre de leurs paroles, alors qu’ils exercent un tel pouvoir sur le monde social et sur le monde même du pouvoir ?
                  Pourquoi n’auraient-ils pas à rendre compte de leurs prises de position et même de leur manière d’exercer leur métier et de conduire leur vie alors qu’ils s’instaurent si volontiers en juges des autres hommes de pouvoir, et en particulier des hommes politiques ? »

                  Le seul moment où les journalistes ont eu à faire face à leurs responsabilités, c’est en 1944 1945 pour leurs textes écrits sous l’occupation

                  Plus généralement, les journalistes répondent de leurs actes en cas de changement de régime politique.

      9 autres commentaires
    • Le Renifleur
      Le Renifleur répond à Mamz
      On attend des actes
      • Posté à 15h30 le 07/07/2011
      • Internaute 136986
        On attend des actes

      D’une part, vous n’avez pas besoin de carte de presse pour justifier auprès de l’administration fiscale l’exercice de la profession de journaliste : c’est inscrit sur votre fiche de paye.

      Si « le Monsieur où la Dame des Nimpôts) est récalcitrant :
      certificat de travail de l’employeur.

      Si ça coince encore : exemplaire de la publication,

      si c’est toujours bloqué : coup de fil au Syndicat des Nains de Jardins (ou autre)

      En règle générale, il n’y a pas de problème et on est pas obligé de se farcir toute la procédure.

      D’où la nécessité de refuser de vous faire casquer en DA pasque, d’une part ça vous sucre vos protections sociales et retraites et d’autre part vous exclu de la catégorie de Journaliste au profit de celle d’Auteur.

      Euh... Bien des jeunes journaliste ne gagnent pas 7000,00 € et leurs revenus sont plus proche du RSA que des émoluments d’un Très Très Grand Journaliste à l’exemple de BHL !

    • GonzoStyle
      GonzoStyle répond à Mamz
      Journaliste
      • Posté à 14h47 le 08/07/2011
      • Journaliste 65362
        Journaliste

      C’est faux... Pour obtenir une carte de presse, il faut que le journalisme soit ton activité principale, régulière et rétribuée. Dès lors que tu peux justifier de trois mois consécutifs de salaires (hors stages) dans une entreprise de presse et que cela représente plus de 50% de tes revenus, tu as droit à la carte de presse. En gros, tu peux l’avoir dès que tu as cumulé trois mois de CDD et que tu continues de travailler.

      L’histoire des « 1 an pour ceux sortis des écoles reconnues et 2 ans pour les autres » est vraie mais elle ne concerne pas l’obtention de la carte. Non. Elle concerne le statut de « journaliste stagiaire ». En gros dès qu’une personne devient journaliste pro, elle a le statut de journaliste stagiaire (ce qui ne veut pas dire qu’elle ne fait que des stages, ça veut « jeune journaliste tout frais qui fait des CDD mais que l’on paie moins !) pendant deux ans. Si elle sort d’une école reconnue, la durée de ce statut est rabaissée à un an. D’ailleurs sur la première carte de presse obtenue apparaît la mention de “journaliste stagiaire” suivie de “salarié” ou “pigiste”.

      Bref, on ne peut pas résumer la situation comme tu le fais. Et comme souvent je me rends compte que même chez les futurs journalistes, les légendes urbaines sur l’obtention de la carte de presse vont bon train.

      D’autre part, l’abattement fiscal de 7650 euros est tout aussi valable pour les journalistes sans carte de presse. Et cela s’appelle l’ “allocation pour frais d’emploi du journaliste”.

      Sur le sujet en lui-même : l’auteur à raison, il faut de l’argent pour passer les concours. Et ce n’est pas fini, s’il est admis, il faudra encore raquer pour les frais de scolarité, le matos à acheter, partir en stage non rémunéré à l’autre bout de la France... Une chose est sûre : l’accession au poste de journaliste coûte un œil financièrement. Quant à l’égalité des chances, laissez-moi rire : le premier tri se fait par les moyens pécuniers.

      Je nuancerai cependant un propos de l’auteur... On a pas de travail plus facilement en sortant d’une école reconnue par la profession. Le “prestige des écoles” est encore une légende urbaine qui fait bien rire les recruteurs !

       
      • Manon Le Charpentier
        Manon Le Charpentier répond à GonzoStyle
        Etudiante en journalisme
        • Posté à 14h08 le 09/07/2011
        • Internaute 163295
          Etudiante en journalisme

        Si on se débrouille bien, cela facilite quand même grandement la création d’un réseau. Et c’est en grande partie là dessus que repose l’emploi dans ce milieu.

      1 autres commentaires
  • Mamz
    Mamz
    Etudiante
    • Posté à 11h35 le 07/07/2011
    • Internaute 50318
      Etudiante

    Je me prépare depuis deux ans à passer ces concours, et effectivement ce n’est pas très encourageant. Cette année j’ai investi 400 euros de mes deniers personnels pour faire la télépréparation en ligne de l’ESJ de Lille, sachant que l’année prochaine je devrais investir ces sous là dans les frais de concours et de déplacements. Il faut avouer que sans mes parents et mes petits boulots à coté, je n’aurai jamais pu imaginer payer tout ça toute seule... Je sais que je ne passerai pas tout les concours, je ferai un choix et n’en passerai pas plus de 6. Je vise plus particulièrement l’ESJ de Lille, et les frais de scolarité sont de 10 000 euros pour deux ans,..

    Cet investissement est-il nécessaire pour devenir journaliste ? J’ai rencontré énormément de jeunes journalistes très précaires, avec ou sans écoles, et j’ai tendance à croire que c’est comme le bac : ça ne sert a rien mais si on ne l’a pas c’est pire...

    • dilo
      dilo répond à Mamz
      • Posté à 14h25 le 07/07/2011
      • Internaute 23396

      Tu ne peux t’en prendre qu’à toi-même de viser l’ESJ Lille, alors qu’il y a des écoles publiques, reconnues et bien côtées (Ijba, Cuej, Celsa) qui te permettraient de te former et de rentrer dans le fabuleux monde de la pige sans être déjà endettée (important quand tu va passer 2-3 ans à galérer pour gagner l’équivalent d’un SMIC par mois).

      Les formations sont les mêmes, c’est ce que les étudiants en font qui change. L’autre facteur de réussite, c’est la chance.

      Quant au budget de l’auteur de l’article, certes ça coûte cher de passer les concours (ce qui fait aussi qu’il y a une sélection sociale dès les inscriptions à ces concours. C’est flagrant), mais les plus de 200 euros d’achat de journaux peuvent facilement être évité en allant à la médiathèque du coin lire la presse, plutôt que d’acheter tout le kiosque toutes les semaines.

      Et bon courage, parce que mine de rien, il en faut de la persévérance pour s’engager dans cette voix. Mais quand ma marche, on ne le regrette pas.

      • Mamz
        Mamz répond à dilo
        Etudiante
        • Posté à 15h02 le 07/07/2011
        • Internaute 50318
          Etudiante

        Je vise l’ESJ pour des raisons pratiques. J’habite à Lille, dans un studio près du centre pour un loyer défiant toute concurrence dont j’aurai du mal à me défaire, et j’y travaille également (des emplois certes précaires mais auxquels je tient beaucoup). Si je suis prise à Paris, je prendrai le train, je n’ai pas les moyens de m’y installer. Dans tout les cas, c’est évident que j’irai là où je pourrais, en fonction de mes résultats aux concours. Mais après calculs, m’installer dans une autre ville (Bordeaux, Paris, Marseille, Grenoble) est tout aussi peu rentable que de payer les frais d’inscription à l’ESJ.
        C’est cet investissement qui m’effraie un peu, j’accepte mal devoir me reposer sur mes parents à bientôt 22 ans, même en travaillant.

         
        • moravagine
          moravagine répond à Mamz
          Observateur désabusé
          • Posté à 22h35 le 07/07/2011
          • Internaute 30925
            Observateur désabusé

          Je veux pas faire genre empêcheur de penser et s’apitoyer sur le malheureux sort des aspirants journalistes mais pour un métier qui demande des qualités d’écriture, je me permets quelques remarques :
          - « je tient beaucoup » , je pense qu’il y a un problème...
          - « si je suis..., je prendrai », peut-être un conditionnel serait bienvenu...
          -« dans tout les cas », si les cas sont nombreux, peut-être que tout peut se fendre d’un « s »...

          Je ne cherche pas à faire le vieux con mais cela fait une drôle d’impression de voir quelqu’un de 22 ans qui veut absolument être journaliste et qui ne se donne pas les moyens de sa réussite en étant irréprochable sur la précision de la langue...

          Moi par exemple, j’aurais bien aimé devenir gynécologue mais vu le niveau du boulot j’ai décidé de rester dans la catégorie amateur...

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