« Eh ! Tu prends quand ta carte à l'UMP ? » Vos questions à Valls
Il est le premier à s’être déclaré candidat à la primaire socialiste. C’était il y a deux ans. Il avait l’ambition de rénover le PS du sol au plafond, à commencer par son nom. On l’écoutait poliment.
Jeudi dernier, la veille du rebondissement qui a abouti à la remise en liberté de DSK, Manuel Valls a annoncé qu’il avait réuni les parrainages nécessaires pour concourir à l’élection interne.
Est-ce plus qu’un rodage pour 2017 ? Où en est-il de son programme ? Comment se situe-t-il par rapport aux autres prétendants ?
Il est temps de formuler toutes les questions que vous vous posez à son sujet : il sera mardi à Rue89 pour y répondre.
Fermeté, sécurité, parler-vrai
Il conserve une image de jeune premier mais il aura 50 ans en 2012. Il a été attaché parlementaire de Michel Rocard et conseiller presse de Lionel Jospin. Mais préfère qu’on le présente comme maire d’Evry et député de l’Essonne. Sa légitimité, pense-t-il, c’est ce terrain : une ville nouvelle de banlieue-sud.
Son créneau, c’est la fermeté. Premier champ d’application : la sécurité publique. Celui qui a décidé d’armer sa police municipale (et reconnaît de grands mérites à la vidéosurveillance) prône, dans son dernier livre :
- la mise sur pied d’une « police de quartier », affectée à des « Zones de sécurité prioritaires » ;
- une cartographie de la délinquance en temps réel ;
- la création d’une police des transports ;
- la multiplication des centres éducatifs fermés pour les mineurs délinquants multirécidivistes ;
- la délégation « aux collectivités et au secteur privé » de certaines des missions de sécurité de l’Etat.
« Les Blancs, les Whites, les Blancos »
Plus généralement, cet as de la com (Stéphane Fouks, le patron d’Euro-RSCG, est un ami proche), qui bénéficie de quelques soutiens stauss-kahniens, veut apparaître comme un homme ferme, qui en a fini avec le « fantasme dérisoire de plaire ». Et qui « ose » dire « la vérité » :
- sur les 35 heures, lorsqu’il appelle à les « déverrouiller » ;
- sur les finances publiques, lorsqu’il prévient : « Nous n’aurons malheureusement pas les moyens, à court terme, de revenir sur la totalité des suppressions d’effectifs réalisées par l’actuelle majorité » ;
- sur le cannabis, lorsqu’il martèle : « La légalisation serait une défaite morale et philosophique pour la gauche » ;
- sur la discrimination positive, qu’il défend ;
- sur le PS, lorsqu’il lâche : « J’en ai assez que mon parti soit pris en otage par un couple ! » (en 2007, à propos de François Hollande et Ségolène Royal) ;
- sur le « care », concept cher à Martine Aubry, dans lequel il voit un « matriarcat suranné » ;
- sur les sans-papiers, lorsqu’il invite ses camarades à « sortir d´un discours militant et compassionnel » ;
- sur la laïcité, lorsqu’il rejoint l’UMP sur l’interdiction du port du voile intégral ;
- sur les ghettos, lorsqu’il assume sa phrase polémique sur « les Blancs, les Whites, les Blancos ».
« Aucun mot ne sera la chasse gardée de l’extrême droite »
Il théorise :
« La politique se meurt des non-dits, tandis que prospère la descendance lepéniste. Aucun mot ne sera la chasse gardée de l’extrême droite.
Je veux, en tant que responsable de gauche, pouvoir parler en conscience de ce que bon me semble. De sécurité, de nation, de laïcité, de couleur, librement. »
A force de cultiver, dans le jardin socialiste, la bande de gazon la plus à droite, à force de la garnir d’épouvantails et de guirlandes lumineuses pour attirer l’oeil, Manuel Valls est devenu le socialiste préféré de la droite.
Un positionnement pas absurde dans une élection présidentielle.
Mais dans une primaire organisée auprès de sympathisants de gauche ?
► Merci pour vos questions, retrouvez les réponses de Manuel Valls ce mardi soir sur Rue89.
Photo : Manuel Valls à l’Assemblée nationale, le 14 juin 2011 (Charles Platiau/Reuters).
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Sur Rue89Manuel Valls : « J'ai les signatures » - Sur Rue89Eva Joly redonne de l'espoir aux mal-aimés des sondages... au PS
- Sur Rue89Sur la sécurité, la gauche doit se détendre : le cas Valls
- Sur lemonde.frLa posture autoritaire et populiste de Manuel Valls, sur le blog de Laurent Mucchielli
- Sur lepoint.frManuel Valls veut "déverrouiller les 35 heures", sur LePoint.fr
- Sur rue89.comManuel Valls aimerait plus de "blancs" dans sa ville d'Evry
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libre penseur si possible
libre penseur si possible
mêmes questions ! ! !
il est temps de faire son « outing » politique monsieur
« Aucun mot ne sera la chasse gardée de l’extrême droite »
on avait bien compris
en même temps avec vous monsieur la notion d’UMPS prend totalement corps, vous arrivez même à y englober une partie du FN,
vous n’êtes en rien le représentant d’une gauche « moderne », au mieux le représentant d’une droite qui instrumentalise les « valeurs » de gauche pour accéder au pouvoir, pensez vous vraiment que le subterfuge nous échappe ?
maintenant que vous avez ouvert les portes de votre ville aux idées du FN, il semble effectivement que vous soyez obligé de vous enfoncer dans la fange de vos idées nauséabondes
si la gauche (et surtout le PS se meurt) ce n’est pas parce qu’elle n’empiète pas la pelouse de la droite mais tout simplement car elle semble devenu incapable d’avoir un discours de gauche.
le sursaut anti sarkosyste ne suffira pas à maintenir un PS qui sombre chaque jours un peu plus dans la totale compromission
de plus cette tentative de noyer l’électorat des opposants en englobant le discours de droite et de gauche dans une même soupe à déjà été un échec entre 2007 et aujourd’hui.
A moins d’avoir la zizanie et la guerre civil comme objectif je vois mal ou vous voulez en venir. Vous nous la jouez sarko de « gauche » ?
Vous pensez vraiment que nous voulons revivre le calvaire des dernières années ?
dernière question (qui s’adresse d’ailleurs à tous les membres de la classe politique) :
Est il jouissif, en tant qu’homme/femme politique, de se foutre à ce point de la gueule du contribuable en permanence ?




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