Politique-fiction 01/07/2011 à 13h05

Affaire DSK : on oublie tout ? Politique-fiction

Mathieu Deslandes | Rédacteur en chef adjoint Rue89


Alors on oublie tout, c’est ça ? On fait comme si de rien n’était ? Pauvre Valérie Pécresse. Elle doit ravaler sa joie, marcher à reculons jusqu’au ministère de l’Enseignement supérieur, et rendre le pupitre de porte-parole du gouvernement à François Baroin, de nouveau copain comme cochon avec son camarade de l’Agriculture, Bruno Le Maire.

Christine Lagarde revient à Bercy se faire asticoter par le procureur Nadal à cause de l’affaire Tapie. Claude Greff, la secrétaire d’Etat à la Famille, replonge dans l’anonymat duquel elle n’aurait jamais dû sortir. Et David Douillet renonce aux miles qu’auraient dû lui procurer ses tours du monde à la rencontre des Français de l’étranger (mais les Yvelines, David, c’est joli aussi.)

Bernard Debré ouvre une consultation gratuite à Sarcelles

A l’Elysée, tension maximale. Nicolas Sarkozy répète « De toutes façons, il ne pourra pas revenir, ça lui collera quand même au cul », mais peine à s’en convaincre lui-même. Il manque se déboîter l’épaule en parlant tellement il est redevenu nerveux. Carla part quelques jours chez sa mère pour assurer un peu de calme au fœtus présidentiel.

Au Palais-Bourbon, les députés renouent avec soulagement avec les blagues graveleuses : c’est si mignon, une assistante parlementaire qui rougit de gêne ! Le bureau de l’Assemblée nationale refuse de lever l’immunité parlementaire de Tron : « On ne va tout de même pas laisser un petit juge emmerder ce pauvre Georges pour un peu de réflexologie... »

Jack Lang trouve un nègre capable d’écrire en une nuit un fascicule intitulé : « Il n’y avait pas mort d’homme ». Il s’estime victime d’une injustice médiatique planétaire, bien plus grave que cette pauvre petite affaire Alègre. Le bon sens l’exige : Dominique Baudis doit démissionner, en sa faveur, de son tout nouveau poste de Défenseur des droits.

Bernard Debré ouvre une consultation gratuite à Sarcelles. Sous son T-shirt « Yes we Kahn », il porte un cilice. Il propose une réédition des bustes de Marianne à l’effigie d’Anne Sinclair. Cette dernière refuse. En revanche, elle accepte le poste de haute-commissaire de l’ONU aux droits des femmes que Ban Ki-moon lui propose.

Martine Aubry pique une crise de nerfs

DSK, qui a retrouvé son titre de directeur général du FMI, s’offre une tournée en Grèce. Les manifestants lui demandent pardon. Il se montre magnanime.

Il a encore treize jours pour déposer sa candidature à la primaire. Il va se laisser désirer quelques jours encore. Il appelle Martine Aubry en visioconférence pour jouer aux rébus. Il lui fait deviner « pacte de Marrakech ». Elle pique une crise de nerfs. Elle part en catastrophe dans la maison bretonne de sa copine Marylise Lebranchu pour faire le point.

Le quatrième portable de DSK sonne. C’est Ségolène Royal. Elle lui propose un ticket : elle à l’Elysée, lui à Matignon. « C’est la meilleure solution pour la France, Dominique. »

Penaud, Pierre Moscovici explique à François Hollande qu’il y a eu un malentendu. Il ne s’est pas rallié à sa candidature, comme tout le monde l’a compris ; il a juste apporté sa signature de parrainage pour que le patron du conseil général de Corrèze puisse se présenter. Hollande craque : il engouffre un ballotin de chocolats.

BHL s’installe au Sofitel

Au magazine Marianne, une assemblée générale est convoquée d’urgence. Jean-François Kahn trouve que la retraite est une absurdité. Il aimerait que les journalistes signent un long appel qui martèle l’urgence de son retour. Ce texte est vraiment bien tourné, avec une subtile référence au « troussage de domestique ». Il l’a écrit lui-même, sous l’un de ses dix-huit pseudonymes.

Tous les candidats à la présidentielle choisissent Stéphane Fouks, le patron d’EuroRSCG, pour concevoir leur campagne.

Tristane Banon s’exile au Tibet.

Ramzy Khiroun descend les Champs-Elysées en Porsche.

BHL s’installe au Sofitel de Manhattan pour y tourner un conte philosophique intitulé « Calomnies 2806 ». Dans les rôles principaux : Philip Seymour Hoffman et Naomi Campbell.


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Photo et illustration : Dominique Strauss-Kahn à Washington le 16 décembre 2010 (Molly Riley/Reuters) ; dessin de Manu

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  • 116 réactions
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  • sansstefanobelbo
    • Posté à 13h33 le 01/07/2011
    • Internaute 118505
      nc

    La réalité est mille fois plus passionnante que ce brouillon .

  • Lairderien
    • Posté à 13h51 le 01/07/2011
    • Internaute 22751

    Vous pointez bien le hic !

    Reste la plaignante qui maintien son accusation et l’existence d’une relation sexuelle.

    Il ne faut donc pas de suite recoller une auréole de saint martyr sur la tête de dominique-nique-nique, parce que justement, dans tous les cas, il nique plus vite que son ombre sans même réfléchir aux conséquences, ou plutôt en oubliant les risques qu’il connait bien puisqu’il les a évoqués devant des journalistes quelque jours avant.

    Le mec qui se laisse dominer par sa queue n’est pas fiable.

  • vroomus
    vroomus
    ingénieur curieux
    • Posté à 14h15 le 01/07/2011
    • Internaute 58411
      ingénieur curieux

    DSK l’homme qui rend fou le presse......

    et pendant ce temps le nucléaire déconne de partout
    - au Japon on ne maitrise plus rien
    - au USA les inondations menace la centrale de fort Calhun et son combustible stocké depuis des dizaines d’années..
    - Sarkozy serre ses amis et prépare 2012 en choyant les francais de l’étranger qui lui sont dore et déjà acquis ( cadeaux fiscaux clientéliste à l’appui)

  • LaoJinHu
    LaoJinHu
    non-conventionné par la (...)
    • Posté à 14h19 le 01/07/2011
    • Internaute 161554
      non-conventionné par la (...)

    Vous me faites baver de rage M. Deslandes. Vous avez eu la même idée que moi et vous avez écrit l’article que je voulais écrire ! Mais c’est quand même le meilleur de la journée.
    Téléphage invétéré d’émissions politiques et en news, j’ai toujours admiré la neutralité extraordinaire des journalistes et des commentateurs politiques. Depuis ce matin, j’ai enfin découvert un moyen irréfutable de les démasquer et de connaître leurs opinions :
    Tout à l’heure, M. Pernaud a commencé à parler de l’info DSK après la météo et le jour des vacances de nos têtes blondes ...
    Sinon, la plupart des commentateurs se posent la vrai question : Strauss est innocent, ça va embarrasser le PS.
    Depuis ce matin, M. Deslandes, vous êtes le premier et le seul à dire approximativement : Strauss est innocent, ça va embarrasser Sarkozy ...

  • alankin
    alankin
    peu importe
    • Posté à 12h00 le 02/07/2011
    • Internaute 140809
      peu importe

    Très bon article, qui montre tout ce que cette affaire aura pu produire....
    il manque une chose : les journalistes se remettent à penser que la vie privée des politiques ne doit être dévoilée en aucune circonstance, même quand il s’agit de présidents potentiels ! ! ! !

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