Enquête 23/06/2011 à 19h14

Aux Echos, un malaise encore poli chez les journalistes

Nolwenn Le Blevennec | Journaliste Rue89

Sous le programme télé du Libération de mardi, une petite brève : « La rédaction des Echos en pétard. » La société des journalistes (SDJ) des Echos, nous dit le quotidien, proteste, dans un communiqué interne, contre la publication, le 15 juin, dans ses pages, d’un droit de réponse émanant du groupe Free-Iliad. Les journalistes le trouvent injustifié.

Ça n’ira probablement pas plus loin – la SDJ réfléchit. Mais une partie de la rédaction se tend à l’approche de l’élection présidentielle, et le comité d’indépendance éditorial pourrait être saisi au prochain couac. « C’est un geste fort de le saisir. Pour cela, il nous faut beaucoup de billes », dit un journaliste. « Il faut des cas exemplaires », dit un autre.

Plusieurs journalistes des Echos – nous en avons interrogé une dizaine, très divers – redoutent de plus en plus de « se saumoniser » [en référence au cahier saumon du Figaro qu’ils considèrent comme sensible aux pressions des entreprises, ndlr]. Depuis le rachat du titre par le groupe LVMH, selon plusieurs journalistes, la ligne éditoriale s’est infléchie : la politique prend plus de place et les entreprises sont mieux traitées.

Une diffusion en baisse

La diffusion France payée du titre a chuté de 4,66% au cours de l’année 2010.

Selon le site Electron libre, en 2010, Les Echos auraient accumulé près de 10 millions d’euros de pertes, après 6,7 millions en 2009.

Sans démentir, la porte-parole de la direction ne souhaite pas réagir à ses chiffres.

Certes, tous ces journalistes s’accordent pour dire qu’en insistant, ils arrivent à faire passer tous leurs papiers : Les Echos continuent de sortir des informations précises sur les entreprises. L’un d’entre eux :

« Le jour où je ne pourrai plus travailler, je partirai. Ce n’est pas le cas aujourd’hui. »

Mais à l’approche de la campagne présidentielle, et à la suite de multiples incidents, les rédacteurs s’inquiètent pour la crédibilité éditoriale de leur titre. D’autant qu’il a perdu de l’argent en 2010 (voir encadré).

Un « article béton »

Selon des journalistes, Free-Iliad est le dernier exemple en date. Alors que les relations entre Xavier Niel et Nicolas Beytout sont un peu tendues, la direction du groupe Les Echos – Beytout lui-même, selon son porte-parole – a accepté de publier le droit de réponse à un papier écrit par Guillaume de Calignon, le 1er juin. « Un article pourtant béton », dit un journaliste.

Dans ce papier, intitulé « Bataille féroce entre les opérateurs pour le très haut débit », le journaliste explique qu’Orange et SFR ont déposé plainte auprès du régulateur des télécoms. Il écrit :

« Les immeubles situés dans les zones très denses, c’est-à-dire principalement en région parisienne, et dans lesquels Free a installé sa fibre optique, ne permettent pas à Orange et à SFR de commercialiser leurs offres pour des raisons techniques et pratiques. »

« Publier un droit de réponse ne veut pas dire être d’accord »

Quinze jours plus tard, un long droit de réponse est publié dans le journal économique. En voici un extrait :

« La rédaction des Echos a privilégié les dires d’une source anonyme aux réponses officielles du groupe Iliad. »

Voir le document

(Fichier PDF)

La SDJ envoie son communiqué interne le même jour, dans lequel elle estime que ce droit de réponse remet en cause la façon dont le journaliste a fait son enquête et « porte gravement atteinte à l’honneur du journal ». (Télécharger le communiqué)

Joint par Rue89, Henri Gibier, directeur de la rédaction, oppose (par e-mail) des « règles légales » :

« Sur le droit de réponse, il n’y a pas de “politique” de la direction de la rédaction, il y a des règles légales, précisées par notre charte consultable sur le site, une direction juridique qui donne son avis, un
directeur de la publication qui engage sa responsabilité [...].

Publier ne veut pas dire être d’accord avec le contenu du droit de réponse ou alors on n’en publierait presque jamais ! Le journal n’est engagé en rien par les propos tenus dans le droit de réponse. »

« Il en faut beaucoup aux journalistes des Echos pour s’énerver »

Mais l’affaire n’est que le symptôme d’un malaise plus général. Une partie de la rédaction s’inquiète. Katty Cohen (SNJ-CGT), journaliste :

« Cela fait 29 ans que je suis aux Echos. J’ai vu des rectifications et des précisions, des encarts de petite taille. Des droits de réponse aussi. Mais jamais de cette ampleur.

Si on laisse faire ça, c’est la porte ouverte à toutes les entreprises. Il y a une appréhension. »

Le communiqué interne avait vocation à rester en interne. La SDJ pensait qu’il n’était pas encore l’heure de rendre publiques les craintes sur l’indépendance éditoriale. Un ancien journaliste :

« Aux Echos, il y a beaucoup de gens bien élevés et de bonne famille. Il leur en faut beaucoup pour s’énerver. »

La plupart des « emmerdeurs » (ainsi qu’ils sont appelés en interne) ont d’ailleurs quitté le journal à l’occasion de la cession du titre à LVMH : 109 départs ont été négociés.

A la fin de l’année dernière, un sondage dans la rédaction, lancé par la SDJ, posait trois questions aux journalistes pour savoir si leur indépendance était respectée au quotidien, depuis le rachat. Les résultats n’ont jamais été communiqués.

On pouvait reprocher au questionnaire d’être binaire (il fallait répondre oui ou non), mais selon la SDJ, une très large majorité de mécontents s’est dégagée. Le syndicat a préféré ne pas communiquer les résultats pour éviter les fuites et pour que cela ne « tourne pas à la motion de défiance ».

Des excès de zèle des « hommes de Beytout »

Mais les craintes des journalistes ne se sont pas dissipées depuis. Plusieurs journalistes trouvent que la ligne éditoriale s’est durcie, depuis le rachat par LVMH.

La période enchantée « de grande liberté » (propriété : groupe Pearson ; direction de la rédaction : Erik Izraelewicz) est terminée. « Sorte de Glasnost “ où l’on pouvait presque tout écrire, où l’on faisait plus de société, d’international et de culture.

Depuis, Nicolas Beytout a ‘recalé’ tout ça. Il l’a dit lui-même sur LCI : Les Echos sont revenus à un positionnement plus traditionnel. Lui est en charge de la stratégie, mais pour le contenu, il a placé quelques-uns de ses proches à la tête de la rédaction.

Les journalistes interrogés remarquent d’ailleurs que les petites frustrations quotidiennes n’émanent pas forcément d’une volonté directe de l’actionnaire, mais souvent d’un excès de zèle de la direction de la rédaction et de la rédaction en chef, de ces fameux ‘hommes de Beytout’. Ils devancent les volontés de l’actionnaire pour lui ‘donner l’opportunité de ne pas intervenir’. Henri Gibier :

‘Je ne savais pas qu’avant le rachat par LVMH Les Echos était un journal peu libéral et anti-patronal.’

Des éditos droitiers voire ‘prosélytes’

Selon plusieurs journalistes, la place de la politique a grandi dans les pages (avec une couverture univoque, avec les éditoriaux clairement de droite de Guillaume Tabard, venant du Figaro, et de Jean-Francis Pécresse). Henri Gibier :

‘En effet le journal consacre plus de place à la politique, c’est un choix éditorial revendiqué mais dans
le respect de sa charte, c’est-à-dire sans engagement partisan.’

Un journaliste rigole :

‘Je n’ai jamais entendu parler d’une intervention de l’actionnaire sur le service politique. Et on peut écrire ce qu’on veut aux Echos.

Mais Guillaume Tabard, rédacteur en chef adjoint, un poste qui n’existe pas historiquement aux Echos, n’a pas été embauché pour relire la copie. Sa mission consiste à écrire des articles éditorialisés quotidiens avec un miroir déformant. Sur la gauche, c’est neutre ou négatif. Sur la droite, c’est toujours génial. Quant à Pécresse, ses éditos sont carrément prosélytes.’

Quelques exemples d’articles qui ont fait bondir une partie de la rédaction : ‘Sarkozy, de la crédibilité à la popularité’ (Tabard), ‘Sarkozy, nouvelle manière , Réhabiliter le bilan (Pécresse).

La belle histoire’ des entreprises

Le traitement des entreprises (industrie) est jugé désormais plus doux par les journalistes que nous avons interrogés – et avec unanimité. Le deuxième cahier des Echos raconte souvent ‘la belle histoire’ des entreprises, juge un journaliste qui a quitté le quotidien :

‘Une journaliste est allée en Chine faire un sujet sur Huawei, et en chemin elle est passée devant FoxCon, un sous-traitant chinois, grande fabrique d’assemblage, qui emploie un million de Chinois, dans des conditions mauvaises. Elle écrit être passée devant les murs lugubres de FoxCon’, le mot ‘lugubres’ est retiré.”

La crise des suicides à France Télécom ou la remise en cause de Carlos Ghosn dans l’affaire d’espionnage ont par exemple été traitées, mais “à la traîne”, selon des journalistes. L’un d’eux :

“On n’allume jamais la mèche dans des affaires aussi fortes.”

France Télécom encore. Un papier sur les soupçons de corruption en Tunisie, révélée par Owni, écrit pendant le week-end a été modifié le dimanche. Réécrit avec la version unilatérale d’Orange et publié non-signé.

Des bons résultats de Radio Classique ? Vite, un papier !

D’autre part, écrire sur les entreprises du groupe LVMH est compliqué – ce qu’on peut comprendre. La direction de la rédaction n’est visiblement pas en demande d’un article sur Carrefour dans la rubrique analyse du journal – un journaliste a essayé d’en passer un plusieurs fois, sans succès.

Selon plusieurs journalistes, après un portrait du directeur financier de Carrefour “bien balancé”, Pierre Godé, bras droit de Bernard Arnault, aurait mis “un gros coup de pression sur la direction de la rédaction”.

Un autre journaliste raconte que l’adjectif “erratique” à propos d’un projet de cotation d’une filiale du groupe Carrefour a également sauté comme par enchantement. Motif : c’est un jugement de valeur.

Ces derniers mois, le comité d’indépendance éditoriale (prévu par la charte éthique des Echos) a été saisi une fois pour des raisons éditoriales. Selon la SDJ, les discussions ont porté sur une longue nécrologie du père de Bernard Arnault, Jean Arnault, et sur le traitement de Radio Classique qui appartient au groupe :

“A chaque fois qu’elle avait des bons résultats Médiamétrie, il fallait faire un papier.”

Le “problème Radio Classique” a été réglé : il n’y a plus d’articles sur le sujet.

“Cela prouve quand même que le comité d’indépendance permet des avancées.”

Mis à jour le 24/06/2011 à 13h : ajout d’un lien vers Legifrance et citation d’Henri Gibier complétée.

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  • pelicano
    pelicano
    intermittent
    • Posté à 19h51 le 23/06/2011
    • Internaute 156246
      intermittent

    tu prédis...va pour les autres, peut-être, mais moi je prédis que j’en ai rien à branler en fait, personnellement bien sur

    • pablico
      pablico répond à pelicano
      Co-NOBEL de la Paix
      • Posté à 20h28 le 23/06/2011
      • Internaute 14278
        Co-NOBEL de la Paix

      quand on lit certains journaux, ils ont beau être prosélytes.. qu’on s’en fou, puisqu’on le sait...

      on a beau lire le figaro... ou l’humanité... on reste nous même....

       
      • DBL8
        DBL8 répond à pablico
        Retraité
        • Posté à 21h11 le 23/06/2011
        • Internaute 19562
          Retraité

        Et en plus, la diversité de lecture permet d’avoir une opinion mieux éclairée !
        Lire toujours la même presse qui est de son avis, c’est accepter le bourrage de crâne, mieux le favoriser.
        Allez plus loin, jusqu’à Rivarol et le monde libertaire, vous aurez une plus grande diversité d’information. Bon, certaines seront déplaisantes, mais n’est-ce pas comme ça que l’on sait ce que pense l’adversaire ? Mieux le connaitre permet d’avoir des armes pour le combattre.

        • Guillaume Delarue
          Guillaume Delarue répond à DBL8
          Expatrié apatride
          • Posté à 01h14 le 24/06/2011
          • Internaute 36332
            Expatrié apatride

          Tout-a-fait. Et ajoutez-y la presse internationale, pour constater que bien souvent ce qui agite le petit microcosme médiatique français n’a pas une si grande importance dans le reste du monde. Et inversement.

      • A déménagé le 04-09-2012 2
        A déménagé le 04-09-2012 2 répond à pablico
        non connue
        • Posté à 09h20 le 24/06/2011
        • Internaute 147266
          non connue

        Qui peut prétendre être à l’abri de toute influence ? Les prétentieux.
        Autre version Y’a que les cons qui ne changent pas d’avis.

        Tout le monde, même moi ou toi, peut se trouver dans ces deux cas.

      3 autres commentaires
  • A déménagé le 04-09-2012 2
    • Posté à 07h48 le 24/06/2011
    • Internaute 147266
      non connue

    Ce qui serait drôle, c’est qu’un confrère balance les tensions qui règnent à la rédac de Rue89, juste pour voir....
    On pourrait enfin avoir quelques explications sur certaines publications et des disparitions curieuses de certains commentateurs ou posts, bien gentils au regard de ces mêmes publications.

  • Habanero
    • Posté à 20h51 le 23/06/2011
    • Internaute 123894

    Oui enfin c’est pas rue89 qui va se targuer d’être neutre non plus...
    J’achete les echos de temps en temps parce qu’en effet, les articles sont assez neutres, souvent bien traités et surtou, ils sont variés et ne se contentent pas seulement de reprendre les grands sujets du moment, mais en abordent d’autres.
    La réponse de Free était disproportionnée et par conséquent provoque l’effet inverse à celui voulu, i.e. rétablir une bonne image..

    J’aimerai comprendre pourquoi « CENSURE » est un mot clef ici...

  • rrrobotom
    rrrobotom
    Sea lover
    • Posté à 21h18 le 23/06/2011
    • Internaute 70782
      Sea lover

    Qu’est ce qu’ils ont les scoopers ? Mais qu’est ce que je viens de dire là des scoopers ! ! ah non non c’est une race qui devient de plus en plus rare, je veux dire tout simplement les rapporteurs. Avec tous mes respects pour la fonction, il y a trop de journalistes qui se sont soumis à la loi Sarko. Seuls quelques élites on tenu tête mais malheureusement certains le paient chers dont rue 89.

  • Grasduc
    Grasduc
    Fainéant
    • Posté à 00h46 le 24/06/2011
    • Internaute 133162
      Fainéant

    Ripostez à la manière du Canard enchainée : sous le droit réponse figure souvent la réponse du journal... C’est un jeu qui peut se jouer longtemps... ;)

  • Grasduc
    Grasduc
    Fainéant
    • Posté à 00h49 le 24/06/2011
    • Internaute 133162
      Fainéant

    « [en référence au cahier saumon du Figaro qu’ils considèrent comme sensible aux pressions des entreprises, ndlr] »
    Parce que les pages saumons c’est pas des communiqués rédigés directement par les entreprises ? Ha mince, j’avais pas tout compris, moi...

  • lolcat
    lolcat
    nette
    • Posté à 08h30 le 24/06/2011
    • Internaute 159928
      nette

    « Selon le site Electron libre, en 2010, Les Echos auraient accumulé près de 10 millions d’euros de pertes, après 6,7 millions en 2009. »

    Ne plus pouvoir bosser correctement (perte d’autonomie), faire de la propagande, malgré un dégraissage, coûte du pognon...

    Si un canard économique (même aux ordres) ne sait pas cela : À quoi bon le lire ?

    Mieux vaut souscrire à la newsletter lvmh, c’est meilleur marché, et, au moins on sait à quoi s’en tenir.

  • jmc06-
    jmc06-
    chasseur de gorille
    • Posté à 09h07 le 24/06/2011
    • Internaute 75030
      chasseur de gorille

    un malaise encore poli chez les journalistes

    ben koi ils ont l’habitude de recevoir leurs feuilles de route du tripot ! !
    il est où le malaise ?

    ou alors ils veulent devenir journalistes ? ben vu leurs réputations c foutu j’pense surtout à l’étranger

    tention y en a 3 , qui ,jusqu’à maintenant c encore de véritables journalistes

  • nanabel
    nanabel
    1ère version
    • Posté à 09h26 le 24/06/2011
    • Internaute 97292
      1ère version

    Parce qu’il y a encore des journalistes aux Echos ?

    La presse économique française nous informe que d’une seule chose : il n’existe aucun média indépendant en France.

    Il n’existe aucun groupe 100 % presse, tous les médias de masse français, appartiennent aux groupes industriels du Cac40.

    Les rédacteurs en chef n’ont aucun pouvoir juridique, ce sont les actionnaires qui décident de la ligne éditoriale.

    La France est le seul pays d’Europe, ou le président de la république a le privilège de désigner, lui-même, les pdg des grands médias. Même en Italie, réputée pour sa corruption, il y a une presse indépendante.

    Aussi, pour comprendre ce qui se passe chez-nous, on a pas d’autre choix que de s’informer à l’étranger.

    Demandez à Denis Robert ce qu’il pense de ses collègues de la presse économique et notamment ceux qui écrivent dans Les Echos.

    • Gilles31
      Gilles31 répond à nanabel
      Gaucho
      • Posté à 12h15 le 24/06/2011
      • Internaute 57081
        Gaucho

      Si, le Canard enchainé... 100% indépendant. Faudra le nominer au patrimoine immatériel de l’Unesco

      Bon et vous avez le M/onde diplo ou Courrier international (groupe le Monde) qui bien qu’étant partis d’un groupe de financiers sont relativement indépendant dans leurs articles (orientés c’est vrai....mais pas comme l’aimerez les actionnaires)

      • Habanero
        Habanero répond à Gilles31
        • Posté à 20h36 le 24/06/2011
        • Internaute 123894

        D’accord pour le Canard enchainé, mais le groupe le monde ne contredit pas ses actionnaires...
        Cherchez un article défavorable à Free, pour voir...

         
        • Gilles31
          Gilles31 répond à Habanero
          Gaucho
          • Posté à 12h23 le 26/06/2011
          • Internaute 57081
            Gaucho

          J’ai parlé de deux publications du groupe le Monde, pas du journal en lui même.

          Si le Monde Diplo montre une compromission par des articles téléphonés de Free, Bouygues ou autre, sûr qu’il perd d’un coup 50% de ses lecteurs (qui ne sont pas, moi y compris, très favorables à l’oligarchie-politico-financière)

          Remarquez, se pourrait être une piste pour dézinguer cette publication parfois dérangeante !

        • ilariamont
          ilariamont répond à Habanero
          journaliste au chômage!
          • Posté à 23h39 le 12/10/2011
          • Internaute 135936
            journaliste au chômage!

          Même en Italie la plus grande partie des journaux appartiennent à des grands groupes de communication, souvent proches de Mons. Berlusconi !

        2 autres commentaires
  • chonchounet
    • Posté à 09h36 le 24/06/2011
    • Internaute 89758

    bah, le patron de LVMH et celui de Iliad ont dû se croiser au golf ou autre ce week-end et se sont mis d’accord...

  • Waldeck
    Waldeck
    Le désenchantement, c'est (...)
    • Posté à 09h44 le 24/06/2011
    • Internaute 36864
      Le désenchantement, c'est (...)

    Les Echos, on le sait, sont inféodés au Merdef et au pouvoir financier, contrôlés en cela par le pouvoir sarkozyste.

    Ces apôtres du libéralisme ont réussi à faire passer dans l’opinion qu’il est « très mal » de parler négativement de l’entreprise et des z’entrepreneurs, qu’il faut au contraire encourager le Patronat pour ne pas nous retrouver dans une situation « à la Grèque “ , et être aux côtés de madame Lagarde qui va pouvoir au FMI défendre nos AAA . Qu’il convient également de ‘bien voter’ ( c’est à dire pour Sarko et la bande à Copé ) , se complaire dans le nucléaire, sabrer dans les dépenses publiques (du moins celles à destination des plus démunis), sinon ....

  • Redroom
    Redroom
    La V2, une grosse merde.
    • Posté à 17h39 le 25/06/2011
    • Internaute 23589
      La V2, une grosse merde.

    Super article qui décortique la manipulation orchestrée par le pouvoir oligarchique dès qu’il met la main sur un média, on se croirait sur une autre planète alors que pour toutes ces ordures manipulatrices c’est normal, ils sont incapables de penser la portée de leurs actes à terme tellement ils sont conditionnés au capitalisme financier :

    « Plusieurs journalistes des Echos (...) redoutent de plus en plus de “ se saumoniser ” [en référence au cahier saumon du Figaro qu’ils considèrent comme sensible aux pressions des entreprises, ndlr]. »

    Alors là, celle-là chapeau, et c’est pas nous les dangereux gauchistes de la rue89 qui le disons hein, sans commentaire...

    « Aux Echos, il y a beaucoup de gens bien élevés et de bonne famille. Il leur en faut beaucoup pour s’énerver. »

    Ben voilà le problème de la plupart des journalistes, des fils et filles de bonnes familles à qui on a inculqué que des valeurs centristes et donc sans substance, sans saveur, incapables donc de prendre des initiatives parce qu’incapables de prendre parti, la définition même de la mort du journalisme...

    « La plupart des “ emmerdeurs ” (ainsi qu’ils sont appelés en interne) ont d’ailleurs quitté le journal à l’occasion de la cession du titre à LVMH : 109 départs ont été négociés. »

    Voilà, ceux qui pensent différemment, ou plus précisemment qui pensent tout court sont du coup, par ces gens sans vie, traités d’emmerdeurs, on croit rêver...

    « Le syndicat a préféré ne pas communiquer les résultats pour éviter les fuites et pour que cela ne “ tourne pas à la motion de défiance ”. »

    Drôle de comportement de la part du syndicat...

    « La période enchantée “ de grande liberté ” (propriété : groupe Pearson ; direction de la rédaction : Erik Izraelewicz) est terminée. “ Sorte de Glasnost ” où l’on pouvait presque tout écrire, où l’on faisait plus de société, d’international et de culture. »

    Ben oui mes « poves msieurs-dames », c’est fini le bon temps, maintenant vous êtes obligé d’accepter la merde que l’on vous propose de diffuser, enfin en êtes vous sûr d’y être contraint ? c’est pas vous qui le faites ce journal ? Arrêtez de regarder votre vie se dérouler devant vos yeux, reprenez là en main, vous verrez vous vous sentirez vivre, ça ira bien mieux plutôt que de toujours céder à tout et mourir déjà donc...

    « Les Echos sont revenus à un positionnement plus traditionnel. »

    Langage oligarque : plus traditionnel équivalent à bien plus à droite !

    « Sa mission consiste à écrire des articles éditorialisés quotidiens avec un miroir déformant. Sur la gauche, c’est neutre ou négatif. Sur la droite, c’est toujours génial. Quant à Pécresse, ses éditos sont carrément prosélytes. »

    Non là franchement n’hésitez pas à les garder les éditos creux de la pécresse, rien de mieux que quand la droite s’auto-ridiculise

    « Elle écrit être passée devant les “murs lugubres de FoxCon”, le mot “lugubres” est retiré »

    Ben oui voyons, le capitalisme financier c’est pas sale, c’est pas mortel, à la world company ils travaillent pour notre bonheur à tous, si si !

    « c’est un jugement de valeur »

    Encore le langage oligarque, quand on émet une opinion inverse à la ligne éditoriale dictée par l’actionnaire principale, on émet un « jugement de valeur »...

    Houlà qu’il était bon cet article, encore merci Nolwenn...

  • Sixpatte-
    Sixpatte-
    Sur Mars
    • Posté à 10h46 le 24/06/2011
    • Internaute 77583
      Sur Mars

    Ah Ah Ah, l’hôpital qui dissèque la charité, ça vaut le jus.
    Autant dire tout de suite que le PS est de gauche, que les Merdia comme la Rue sont indépendants...

    « Si vous désirez la sympathie des masses, il faut leur dire les choses les plus stupides et les plues crues » (A. Hitler)

    L’abrutissement des masses a été planifié et organisé sur la base des travaux de B. H. Skinner, théoricien du Behaviorisme, inspiré des travaux de Pavlov et promus par le Carnegie Endowment’s parent organization du magnat des chemins de fer Andew Carnegie.

    Cette politique a été dévoilée par Charlotte Iserbyt, ancienne conseillère politique sénior du département fédéral de l’éducation sous Reagan, dans son livre « L’abrutissement délibéré de l’Amérique » (The deliberate dumbing down of America).

    Elle s’est basée, sur sa propre expérience de responsable politique et sur les travaux de représentants au congrès comme John Hashbrook remontant aux années 60.

    L’organisation de cet abrutissement s’est effectué de façon similaire et simultané dans l’ensemble des pays occidentaux et en ex-URSS (par le truchement d’accords USA-URSS sous l’égide de la fondation Carnegie) avec pour objectif de minimiser l’esprit critique et la capacité d’analyse des citoyens afin de les rendre « more manageables » et produire des éléments productifs adaptés au marché du travail.

    Un but à l’opposé de l’éducation classique qui visait à développer les savoir et l’intellect dans la lignée de l’humanisme de la renaissance et de la Grèce classique.

    On cherchait à obtenir ainsi une classe inférieure docile et contente de son sort, incapable de discerner sa propre serviture, comme l’a décrite Aldous Huxley dans Brave New Word (Le meilleur des mondes). (La famille Huxley faisant partie de la haute société politique et scientifique britannique et a participé activement à l’élaboration des théories eugénistes du Darwinisme Social)

    Charlotte Iserbyt explique dans sa préface que le but ultime de cet abrutissement est de permettre l’instauration d’un gouvernement mondial, chose présentée comme ridicule à l’époque et qui est soudain devenu indispensable et inévitable si on en croit Cheney, Barosso, Kaku, Copé, Hollande ou Attali...

    Aujourd’hui, l’élite dirigeante peut se permettre de faire gober aux gens que B.H.Obama est un héros de la paix, Nobélisé et patenté, alors que chaque jour des milliers de bombes américaines tombent sur des civils aux quatre coins de la planète, que les USA sont toujours sous le régime de l’état d’urgence depuis 2001 et que Guantanamo a fait des petits dans tous les USA, 600 camps d’internement avec barbelés , miradors, chiens, et gardiens prêts à servir.

    Le foutage de gueule a pris de telles proportions que les propagandistes peuvent se permettre de dire « on a tué Ben Laden » ou publier un certificat de naissance manifestement bidonné pour le président des USA.

    Comme pour mieux dire à ceux qui dénoncent la manipulation : « On peut tout faire, vous n’y pouvez rien, les gens sont devenus trop cons pour réagir »

    C’est la bonne vieille loi du « Plus c’est gros, plus ça passe. »

    • D-503
      D-503 répond à Sixpatte-
      U topos
      • Posté à 14h42 le 24/06/2011
      • Internaute 116654
        U topos

      Outre que votre post n’a que très peu de rapport avec le sujet de l’article (ou alors très lointain), j’aimerais savoir quelles sont les sources concernant cette affirmation :
      « La famille Huxley faisant partie de la haute société politique et scientifique britannique et a participé activement à l’élaboration des théories eugénistes du Darwinisme Social »
      Non que je ne vous croie pas mais j’aime bien vérifier aussi par moi-même.

      • Sixpatte-
        Sixpatte- répond à D-503
        Sur Mars
        • Posté à 16h26 le 24/06/2011
        • Internaute 77583
          Sur Mars

        Lien

        Si vous ne voyez pas de rapport même lointain avec cet article, c’est sans doute que vous n’avez pas bien lu le petit préambule.

        Exemple : Rue89, flot continuel de news et d’infos plus ou moins inutiles, avez vous lu par exemple des papiers sur une remise en cause de l’Europe, de la loi Giscard de 1973, des relations USA/IRAN, de la situation réelle à Fukushima etc...etc.
        Ah si, nous avons des accroches en gras en haut de texte.
        Et puis plus rien.

        L’information, c’est 10% de faits et 90% de commentaires ou d’interprétations.
        Thucydide a dit : « Un homme ne se mêlant pas de politique mérite de passer, non pour un citoyen paisible, mais pour un citoyen inutile. »
        Et se mêler de politique passe d’abord par l’analyse critique des média, ceux qui prétendent « faire l’opinion » (P. Champagne)

         
        • D-503
          D-503 répond à Sixpatte-
          U topos
          • Posté à 18h17 le 24/06/2011
          • Internaute 116654
            U topos

          Le lien ne fonctionne pas. : -(
          Quant à vos citations, je suis entièrement d’accord avec vous et avec elles.
          Excepté qu’en ce qui concerne Thucydide, cela va de soi (pour lui) puisque l’être humain est un « animal politique », pour reprendre l’expression d’Aristote. La Grèce antique a profondément associé la liberté et même l’humanité pleine et entière au et à la politique. Rien d’étonnant à ce que Thucydide y fasse référence.
          Enfin, ce que méconnaît ou passe sous silence la citation de Thucydide, c’est que « se mêler de politique » est une compétence très inégalement répartie socialement. Mais puisque vous citez Champagne, vous devez également connaître Gaxie et le Cens caché.

          • Sixpatte-
            Sixpatte- répond à D-503
            Sur Mars
            • Posté à 19h55 le 24/06/2011
            • Internaute 77583
              Sur Mars

            En ce qui concerne le lien, effectivement, on obtient une 404...
            Mais tapez sur wiki, vous allez trouver.

            Alors, je ne connaissais pas le Cens Caché, mais je vais me pencher sur ses 15 pages...je vous remercie d’ailleurs de me le faire découvrir ( je suis loin d’être universitaire, très loin même ).

        2 autres commentaires
  • Fikmonskov
    Fikmonskov
    http://fikmonskov.wordpress.com/
    • Posté à 11h29 le 24/06/2011
    • Internaute 81073
      http://fikmonskov.wordpress.com/

    Rien d’extraordinaire, je trouve : ces petites choses arrivent chaque jour dans tous les journaux. On a beau tendre à l’impartialité, la sensibilité de chacun fait qu’il y a parfois des trucs qui sautent. Sans même parler du travail du SR, qui peut parfois gratter une ligne en supprimant un adjectif, sans voir l’importance qu’il avait pour le journaliste (mes collègues m’appellent régulièrement parce que je leur ai sucré une phrase qui leur paraissait fondamentale, mais ne l’était pas du tout pour moi, SR détaché du terrain et n’ayant pas fait le reportage).

    Le rappeler est une bonne chose, mais peut-être aurait-il été judicieux de dire aussi que ce n’est pas propre aux Echos, mais un problème de la Presse en général.

    • Gilles31
      Gilles31 répond à Fikmonskov
      Gaucho
      • Posté à 12h21 le 24/06/2011
      • Internaute 57081
        Gaucho

      On a beau tendre à l’impartialité, la sensibilité de chacun fait qu’il y a parfois des trucs qui sautent

      Des journalistes impartiaux ? Où ça ? Surement dans des feuilles de choux genre Métro ! Ne pas confondre « impartialité » et « honnêteté »

      Des journaux peuvent et doivent avoir une ligne éditoriale « partiale » tirée de leurs convictions....sinon on ne te sers que de la soupe venue d’agences de presse et avec toute les précautions de langage d’usage pour éviter toute compromission.

      Mais un journaliste de « droite » ou de « gauche » ou « anard » à le droit d’être partisan (et on le veut) mais se doit d’exercer honnêtement (enfin, c’est sensé être ton boulot...)

  • Redroom
    Redroom
    La V2, une grosse merde.
    • Posté à 13h48 le 24/06/2011
    • Internaute 23589
      La V2, une grosse merde.

    PS :

    Par contre Nolwenn, à votre place je gueulerais un peu là, un bon article comme ça qui est toujours en 4ème ou 5ème position, ils craignent...

    Alors je sais c’est jamais bien vu par la profession de montrer ses dessous mais bon vous pouvez leur dire à tout ces gens qui se prennent pour des journalistes, nous ne sommes pas obligés de sans arrêt nous soumettre à leur manque de profondeur...

    Ils peuvent aussi se mettre à creuser et on les critiquera pas !

    Attention aux ampoules par contre au début ! : -)

  • yabon
    yabon
    Cyborg marxien en service
    • Posté à 14h19 le 24/06/2011
    • Internaute 98602
      Cyborg marxien en service

    Un droit de réponse dans le Canard Enchaîné ou dans le Monde Diplomatique, je veux bien, mais dans les Echos faut vraiment vivre à crédit.

  • D-503
    D-503
    U topos
    • Posté à 14h22 le 24/06/2011
    • Internaute 116654
      U topos

    « Les Echos auraient accumulé près de 10 millions d’euros de pertes, après 6,7 millions en 2009. »
    Et ça donne des leçons de saine gestion de père de famille ?
    Héhé, si l’on suit les penseurs que les journalistes des Echos affectionnent particulièrement dans leur grande majorité, cette feuille de chou devrait disparaître, et rapidement.
    Pour une fois, je ne serais pas fâché que la « concurrence » joue son rôle ; -)

  • castor74
    castor74
    auxiliaire de vie
    • Posté à 18h13 le 24/06/2011
    • Internaute 76554
      auxiliaire de vie

    NICOLAS BEYTOUT EST INFEODE au grand capital depuis longtemps donc sa reaction n est pas surprenante grand copain de NONCE PAOLINI MINC ET CIE QU ATTENDRE D UNE PERSONNE PAREILLE LES LOUPS NE SE MANGENT PAS ENTRE EUX..

  • Michel-Petit
    Michel-Petit
    Retraité
    • Posté à 16h23 le 25/06/2011
    • Internaute 62964
      Retraité

    Indépendance, indépendance...

    J’entends presque tous les matins sur France Inter, un certain Dominique Seux, qui me semble bien être journaliste aux Echos, et je perçois sans difficulté toute son indépendance dans ses explications économiques..

    Mais je conviens qu’il s’exprime sur une radio d’état, pilotée par une certain Philippe Val, ancien rebelle, lui-même très très indépendant du pouvoir.

    Comme quoi un mot simple peut donner lieu à diverses interprétations.

  • Waldeck
    Waldeck
    Le désenchantement, c'est (...)
    • Posté à 17h10 le 10/10/2011
    • Internaute 36864
      Le désenchantement, c'est (...)

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