Tribune 21/06/2011 à 11h26

Europe : Aubry fait programme commun avec les Allemands



Martine Aubry à La Bellevilloise (Paris, XXe) le 30 octobre 2008 (Audrey Cerdan/Rue89).

Rue89 publie la déclaration commune du Parti socialiste (PS) français et du Parti social-démocrate d’Allemagne (SPD) présentée par leurs première secrétaire et président, Martine Aubry et Sigmar Gabriel.

L’union monétaire européenne connaît depuis l’année dernière la plus grave crise de son Histoire. La situation actuelle – qualifiée par beaucoup de « crise de l’euro », eu égard à l’énorme dette publique de certains pays membres – menace l’intégration européenne dans son ensemble.

Il a fallu sauver d’abord la Grèce puis l’Irlande et le Portugal de la banqueroute par le biais d’aides financières européennes communes, dont l’objectif était de garantir la solvabilité de ces Etats et d’éviter une faillite nationale doublée de répercussions imprévisibles pour l’espace monétaire européen.

L’Union européenne a déployé un parapluie provisoire, dans un premier temps, d’un montant total de 750 milliards d’euros, qui doit à partir de 2013 déboucher sur un mécanisme européen de stabilité (MES) pérenne.

Il était et est impératif de soutenir solidairement les Etats européens qui traversent une grave crise financière et d’instituer un mécanisme de protection durable de l’euro dans son ensemble.

Les mesures de protection et les plans de sauvetage actuels sont toutefois trop limités et ne peuvent suffire, loin s’en faut, à sortir durablement l’Europe et la monnaie commune européenne de la crise. Ils s’attaquent uniquement aux symptômes mais ne luttent pas contre les causes plus profondes des crises financières des Etats.

Il faut par conséquent réformer en profondeur la politique économique, financière et sociale européenne dans le cadre d’un gouvernement économique européen démocratiquement légitimé et doté d’une grande capacité d’intervention. L’enjeu n’est rien de moins que d’en finir avec les erreurs originelles de l’union monétaire européenne : le manque d’encadrement de la monnaie commune par une politique sociale et économique commune et concertée.

Ni économiquement pertinent, ni socialement juste

Les chefs d’Etat et de gouvernement européens, en majorité conservateurs et libéraux – en tout premier lieu la chancelière allemande et le président Sarkozy – se sont refusé bien trop longtemps à débattre d’une gouvernance économique européenne. Ils ont sous-estimé l’ampleur de la crise monétaire et financière. Ils ont réagi et usé de tactiques au lieu d’anticiper et ont finalement manqué de la vision politique dont l’Europe aurait eu cruellement besoin pendant la crise.

L’Europe régie par les conservateurs a trop hésité. Elle a réagi bien trop tard aux défis posés par la monnaie commune et inutilement continué à réduire la confiance des marchés financiers envers l’espace monétaire européen. A ce jour, la crise de la zone euro n’est toujours pas surmontée.

Les avancées décidées lors du dernier Conseil européen en mars 2011 – réforme du pacte de stabilité et de croissance, accord sur les principes d’un mécanisme de stabilisation européen durable et sur un pacte pour l’euro – sont bien en deçà du grand élan politique nécessaire à la mise en œuvre d’un véritable gouvernement économique européen. Ce sont des initiatives qui visent pour l’essentiel uniquement la rigueur budgétaire et une austérité stricte, considérées comme la voie royale pour sortir de la crise la totalité de l’Union européenne et des Etats membres de l’UE.

C’est pourtant une approche aussi erronée que dangereuse. Elle réduit en effet la crise monétaire européenne à une crise d’endettement des pays membres et oblitère ainsi totalement une cause centrale de la crise actuelle qui traverse la zone euro : la crise des marchés financiers internationaux déclenchée par une spéculation outrancière qui a contraint à plusieurs reprises les Etats membres de l’Union européenne à s’endetter plus profondément pour empêcher un effondrement total des marchés financiers.

Ce sont les contribuables qui vont devoir payer la note de la crise. A cause des conservateurs européens, les banques et les spéculateurs, dont les opérations financières hasardeuses ont pourtant provoqué la crise, s’en sortent sans avoir à en porter les conséquences. Ce n’est ni économiquement pertinent ni socialement juste.

Solidarité et cohésion sociale en Europe, en danger

Les initiatives et réformes actuelles sont insuffisantes parce qu’elles prescrivent une voie, celle de l’austérité économique, censée être le remède universel pour tous les Etats membres. Elles négligent inconsidérément des disparités économiques et des déséquilibres parfois considérables entre les Etats membres de l’UE et menacent de creuser encore les fractures économiques au sein de l’union monétaire et économique, au lieu de les combler.

En dépit de réformes et d’économies considérables, la Grèce ne sera probablement pas en mesure de revenir sur les marchés en 2012. Cela montre que le plan d’aide de la Grèce n’était ni assez équilibré ni assez pérenne. La population ploie sous les mesures d’austérité drastiques, l’activité économique recule et les intérêts élevés annulent toute marge de manœuvre pour réaliser les investissements pourtant impérieux. La croissance économique nécessaire à une consolidation fait défaut.

Une politique d’austérité ciblée de cette nature passe non seulement à côté de son objectif annoncé : remettre sur pied le pays en crise concerné. Elle met également en danger la solidarité et la cohésion sociale dans l’Europe entière en suscitant de l’incompréhension et du mécontentement autant au sein de la population que parmi les Etats donateurs et destinataires.

► Les bases d’une gouvernance économique et sociale plus forte et plus efficace

Les initiatives actuelles ne permettent pas de fonder un gouvernement économique européen fort en réponse à la crise financière et monétaire. Il est nécessaire d’adopter à cet effet d’autres réformes, bien plus vastes.

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Une taxe sur les transactions financières en Europe

Les décisions prises à ce jour resteront inopérantes car leur but est d’imposer simplement une réduction de l’endettement sans mettre en place simultanément des instruments susceptibles de générer des recettes supplémentaires permettant à l’UE et à ses Etats membres de financer les nécessaires investissements futurs.

A cet égard, la revendication centrale du SPD et du PS est claire : nous voulons une taxe sur les transactions financières en Europe qui fasse participer les responsables de la crise à ses coûts. Cette taxe doit figurer au cœur du développement de la politique financière et fiscale européenne.

Des études scientifiques estiment qu’une taxe modérée à hauteur de 0,05 % permettrait de rapporter des recettes à hauteur de 200 milliards d’euros annuels. Une telle taxe sur les transactions financières en Europe permettrait aussi de restreindre les spéculations à court terme, nuisibles pour les marchés financiers.


Un programme de croissance européen

Une orientation de tous les Etats membres sur une même rigueur budgétaire et un gel des salaires est trop simpliste et ignore les enjeux complexes d’une politique économique et financière européenne concertée.

Il serait au contraire indispensable de mettre en œuvre des règles et objectifs communs qui garantissent un équilibre entre la compétitivité à l’exportation et la demande sur le marché intérieur dans tous les Etats membres. Les « pays excédentaires » doivent consolider leur demande nationale et les « pays déficitaires » améliorer la productivité de leur économie.

Les instruments adoptés jusqu’ici par les chefs d’Etat et de gouvernement pour réduire les déséquilibres économiques font certes un pas dans le bon sens. Mais il leur manque une dimension sociale forte, qui garantisse les minimas sociaux et donne en même temps des incitations à l’investissement.

Il faut aller au-delà de la série de mesures arrêtées par le Conseil européen en mars 2011 et donner rapidement naissance à un programme de croissance européen qui soutienne en particulier l’activité économique et la compétitivité des Etats membres affaiblis et qui, grâce aux excédents de recettes dans ces Etats membres, stabilise l’union monétaire dans son ensemble.


Des euro-obligations

Le gouvernement économique européen doit en outre créer un cadre durable pour refinancer les Etats de la zone euro. On ne peut pas se contenter de compter sur les sommes débloquées par le parapluie actuel et par le futur mécanisme pérenne de stabilisation. L’assainissement d’un pays fortement endetté ne doit pas être uniquement à la charge des contribuables. Les créanciers privés doivent également assumer leurs responsabilités. Ce processus doit être assuré dans le cadre du mécanisme pérenne de stabilisation.

A cela devrait s’ajouter l’émission d’euro-obligations ou la mise en place d’autres mécanismes qui permettent aux pays de la zone euro de refinancer à meilleur coût une partie de leur dette sur les marchés.

Les euro-obligations doivent toutefois s’inscrire dans un projet politique global qui comprend :

  • l’implication des créanciers dans les pays les plus touchés,
  • une responsabilité solidaire pour la totalité de la dette publique restante de la zone euro, en lien avec la réalisation des autres étapes nécessaires à l’institution d’un gouvernement économique européen.

Les euro-obligations ne sont pas seulement un instrument permettant de créer des cadre durable de refinancement. Elles peuvent conjointement donner un signal fort aux marchés financiers sur la fermeté et la solidarité européenne.


Redonner aux banques leur fonction originelle de service

Il est en outre impératif de faire de nouveaux pas vers la réforme des marchés financiers et du secteur bancaire en Europe. Lors des négociations des directives sur la régulation des agences de notation, des hedge funds et de la titrisation des risques de crédit, les conservateurs et libéraux européens se sont contentés de compromis a minima. Il reste beaucoup à faire pour redonner aux banques leur fonction originelle de service, c’est-à-dire d’instituts qui réunissent des capitaux et alimentent l’économie avec des crédits.

Il faut réduire notablement encore l’attrait que constitue l’investissement d’argent excédentaire – qui fait cruellement défaut ailleurs – dans des spéculations à haut risque.

  • les banques doivent posséder des parts de capital propre plus élevées ;
  • il reste impératif d’accroître la régulation des produits hautement spéculatifs, comme les produits financiers dérivés, et d’améliorer le contrôle et la transparence, par exemple grâce à l’introduction d’obligations pour le commerce, par la création d’organismes de compensation (« clearing ») ou encore par l’interdiction de certains produits ;
  • il est également inéluctable de mettre en œuvre un contrôle encore plus efficace des agences de notation. Il faut veiller à ce que les « arbitres » ne soient pas aussi des « joueurs ». Une régulation européenne est en train de se constituer. Il serait cependant encore préférable de créer des agences de notation de droit public ;
  • il faut changer les règles comptables afin d’identifier tous les risques et engagements dans le résultat global ;
  • il faut constituer un véritable fonds de garantie financé par les banques, capable de financer les restructurations et la liquidation des instituts en situation critique ;
  • il faut renforcer la protection des épargnants et des clients des banques en séparant les activités de dépôt de celles d’investissement.


Un encadrement des taux planchers des impôts sur les sociétés

En matière de politique fiscale, l’assiette fiscale commune va dans la bonne voie. Mais elle doit absolument être associée à un encadrement des taux planchers des impôts sur les sociétés.

C’est le seul moyen d’empêcher concrètement le dumping fiscal et une compétitivité négative.


Un pacte de stabilité sociale

Une gouvernance économique européenne doit aussi posséder une forte dimension sociale. Les conservateurs et les libéraux, qui ont la majorité au Conseil européen, à la Commission européenne et au Parlement européen refusent jusqu’à présent de faire un pas dans cette direction.

Pour le SPD et le PS en revanche, les choses sont claires : nous voulons qu’un pacte de stabilité sociale fasse partie intégrante du gouvernement économique européen. Nous y lions les revendications suivantes :

  • des objectifs communs des Etats de l’Union européenne en matière de dépenses sociales et éducatives qui soient proportionnées aux performances économiques de chaque pays ;
  • une évolution des salaires minimums dans chaque Etat membre de l’UE, en fonction du revenu national moyen de l’Etat ; les salaires devant suivre les hausses de productivité ;
  • des normes minimales en matière de prestations sociales (par exemple, assurance vieillesse, maladie, chômage) ;
  • une clause de progrès social, ancrée dans le droit communautaire primaire, qui stipule que les libertés économiques fondamentales du marché unique européen ne prévalent pas sur les droits sociaux fondamentaux.

Cette politique sociale et économique européenne concertée dans le cadre d’une véritable gouvernance économique européenne permettra une croissance économique durable et un niveau d’emploi élevé.

Nous nous engageons en outre en faveur de l’élaboration d’un Pacte européen des échanges extérieurs qui stipule la prise en compte du respect des normes sociales et environnementales dans les relations commerciales de l’Union Européenne avec le reste du monde ainsi que l’ancrage de ces normes dans les règles du commerce international.

Le « carré magique » pour l’Europe, c’est une monnaie stable, un commerce extérieur performant et une croissance économique qui permette à la fois un niveau d’emploi élevé et la durabilité écologique. C’est la bonne voie pour la politique sociale et économique de l’Europe pour l’avenir. Ce n’est cependant pas celle qu’ont empruntée les conservateurs et les libéraux sous la conduite franco-allemande de la chancelière Merkel et du président Sarkozy.

Une gouvernance économique doit être pleinement démocratique

A cela s’ajoute le fait que Mme. Merkel et M. Sarkozy entendent imposer au reste de l’Europe un directoire. Non seulement ils ont irrité nos partenaires européens en ayant conclu à plusieurs reprises des accords non concertés avec les autres Etats membres en amont des derniers Conseils européens, puis en les plaçant devant le fait accompli. Mais en plus, en faisant du Conseil européen, donc des chefs d’Etat et de gouvernement, l’instance décisionnelle centrale de la politique financière et économique européenne, ils ont bouleversé les structures actuelles de l’Union européenne.

La Commission européenne et le Parlement européen, organes communautaires du triangle institutionnel de l’UE, sont affaiblis au profit d’une logique intergouvernementale au sein du Conseil européen. C’est une régression pour la démocratie et la culture politique démocratique au sein de l’Union européenne.

Un gouvernement économique démocratiquement légitimé ne peut pas voir le jour dans ces conditions. Il suppose en effet que la Commission européenne, le Parlement européen ainsi que les parlements nationaux prennent largement part aux grandes décisions qui incombent à un gouvernement économique européen en matière de politique financière, économique et sociale.

Contre une renationalisation : oser plus d’Europe

Les conservateurs et les libéraux européens – et en tout premier lieu les gouvernements français et allemand – sont en train de ruiner les chances que l’Europe s’en sorte mieux après qu’avant la crise. Nous ne devons pas les laisser faire. Les enjeux sont trop importants.

Si l’Europe ne parvient pas à donner une réponse forte et unie à la crise, une réponse qui conjugue compétitivité économique et justice sociale, alors le projet d’unification européen risque de nourrir le ressentiment de la population. Et ceux qui pensent que moins d’Europe est la bonne réponse à la crise pourrait alors l’emporter.

Mais ceux qui conçoivent l’Europe comme un lieu de marchandage entre des intérêts nationaux, voire d’une renationalisation politique, sont foncièrement dans l’erreur. Ils négligent le fait que seule une Europe forte et unie dans la solidarité est capable d’apporter une réponse convaincante aux défis de notre époque, qu’il s’agisse de la réorganisation des marchés financiers, de la gouvernance économique, du changement climatique ou de l’instauration, à l’échelle mondiale, d’une politique de désarmement et de paix responsable.

Oser plus d’Europe – voilà la bonne voie pour aujourd’hui. Et c’est la voie dans laquelle nous nous engageons ensemble, sociaux-démocrates allemands et socialistes français. Un gouvernement économique européen qui agit efficacement, doté d’une orientation sociale et reposant sur des principes démocratiques, doit en constituer le principal projet d’avenir.

Aller plus loin
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  • 179 réactions
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  • Takhiarel
    Takhiarel
    Etudiant
    • Posté à 12h13 le 21/06/2011
    • Internaute 93055
      Etudiant

    Répondre aussi laconiquement quand on a pas lu l’article...

    • Autist Reading -
      Autist Reading - répond à Takhiarel
      In enculo cum vibro
      • Posté à 12h27 le 21/06/2011
      • Internaute 73535
        In enculo cum vibro

      Vous avez raison.

      S’il avait lu l’article, il saurait qu’on a toutes les raisons d’y croire.

      Et d’avoir peur...

       
      • 101.7
        101.7 répond à Autist Reading -
        Promeneur
        • Posté à 12h42 le 21/06/2011
        • Internaute 59121
          Promeneur

        « Et d’avoir peur... »

        Je viens d’entendre que l’Europe, je ne sais pas si c’est la commission ou autre, vient de décider de réduire le budget pour les « morts de faim » c’est à dire le budget consacré à l’aide alimentaire aux plus pauvres des 2/3 de sa participation.

        En même temps, ils ne peuvent pas aider les banques et les très pauvres, faut choisir ses priorités.

        Une Europe qui ne serait pas d’abord sociale n’est qu’une merde de plus pour plumer les peuples.

        • pierrejcallard
          pierrejcallard répond à 101.7
          http://www.nouvellesociete.org
          • Posté à 17h33 le 21/06/2011
          • Internaute 3366
            http://www.nouvellesociete.org

          @ 101.7

          Un plan qui ne met pas l’émission de monnaie et toutes les institutions financières sous le contrôle d’une instance démocratique est un coup d’épée dans l’eau.

          Lien

          PJCA

          • 101.7
            101.7 répond à pierrejcallard
            Promeneur
            • Posté à 17h36 le 21/06/2011
            • Internaute 59121
              Promeneur

            « Un plan qui ne met pas l’émission de monnaie et toutes les institutions financières sous le contrôle d’une instance démocratique est un coup d’épée dans l’eau. »

            Bien sûr !

            Ainsi que la santé, l’eau, l’école et l’énergie.
            Les faiseurs de fric, les escrocs promoteurs n’ont qu’à aller cueillir les fruits ailleurs.

          • crocmagnon
            crocmagnon répond à pierrejcallard
            musicien
            • Posté à 21h09 le 21/06/2011
            • Internaute 47146
              musicien

            le nouveau paradygme contre t.i.n.a,
            passer à travers sans résister .

          • kawouede
            • Posté à 21h24 le 21/06/2011
            • Internaute 27995

            mais c’est un début !

            Bravo Martine, je suis prêt à voter pour toi, si tu nous proposes en plus une VIe République plus démocratique et d’autres mesures d’intérêt général comme la sortie du nucléaire, le vote des étrangers à toutes les élections, un revenu maximum, etc.

            • herve14-
              herve14- répond à kawouede
              boulanger
              • Posté à 13h58 le 22/06/2011
              • Internaute 135409
                boulanger

              Arrête la boisson mon frère

        • Feox
          Feox répond à 101.7
          (Etudiant)
          • Posté à 19h15 le 21/06/2011
          • Internaute 104562
            (Etudiant)

          « Les conservateurs et les libéraux, qui ont la majorité au Conseil européen, à la Commission européenne et au Parlement européen (...) ».

          Relisez bien cette phrase et arrêtez avec votre fantasme d’une Europe de technocrates anti-démocratique. L’Europe pourrait évidemment, si la volonté existe pour cela, être plus forte et plus démocratique, mais elle reste pour l’instant le reflet des choix faits par les électeurs.

          Je ne cautionne absolument pas la politique européenne actuelle, mais je trouve ridicule de rendre responsable de cette politique des institutions, alors que le peuple en tant que conglomérat d’électeurs en est le seul responsable.

          • 101.7
            101.7 répond à Feox
            Promeneur
            • Posté à 20h09 le 21/06/2011
            • Internaute 59121
              Promeneur

            « mais elle reste pour l’instant le reflet des choix faits par les électeurs. “

            Ah bon ?

            Ce sont les électeurs qui élisent la commission européenne ?

            Vous savez bien que la droite élue est majoritaire en Europe et que toutes les décisions vont dans l’intérêt des ‘marchés’.
            Pourquoi les lobbies sont-ils autorisés ? Ils sont élus eux ?

            Concurrence libre et non faussée, ça veut tout dire.

            L’Europe avec le FMI exigent de la Grèce qu’ils privatisent tout, qu’ils diminuent les retraites et les salaires des fonctionnaires.

            Ce sont eux les coupables ?
            Ce sont eux qui ont profité, se sont enrichis avec la fameuse crise ?

            Pour quelle raison ces ‘institutions’ si démocratiques ne demandent pas à ceux qui ont profité de rendre le fric ?

          • offtheroadagain
            offtheroadagain répond à Feox
            • Posté à 20h29 le 21/06/2011
            • Internaute 2942

            Faut-il rappeler que le traité de Lisbonne sur la constitution européenne à été rejeté par une majorité de Français de Néerlandais et d’Irlandais, dans les pays ou un référendum à été mis en place. Cautionner ou non la politique européenne, n’a donc pas de sens, elle n’est pas démocratiquement validée par les peuples, seul critère objectif pour pouvoir ensuite la critiquer ou l’encenser.

            • Feox
              Feox répond à offtheroadagain
              (Etudiant)
              • Posté à 00h23 le 22/06/2011
              • Internaute 104562
                (Etudiant)

              Comme vous je me suis opposé au projet de constitution européenne, et je suis en désaccord avec le traité de Lisbonne. Mais encore une fois, je ne vois pas en quoi la mesure serait en total contradiction avec la volonté populaire... Sarkozy avait prévenu qu’il ferait ratifier le traité de Lisbonne. Il a été élu avec 53% de voix... Malheureusement.

      • Le_mouton_noir
        Le_mouton_noir répond à Autist Reading -
        www.delaservitudemoderne.org
        • Posté à 13h22 le 21/06/2011
        • Internaute 119868
          www.delaservitudemoderne.org

        Vous avez peur de quoi ?

        • yurgh
          yurgh répond à Le_mouton_noir
          architecte
          • Posté à 15h09 le 21/06/2011
          • Internaute 118187
            architecte

          qu’un gouvernement économique européen retombe au mains des « libéraux » et qu’on se fasse encore mieux plumer par les marchés financiers dès que les lobbys et les politicards auront la main sur ce nouvel objet institutionnel (comme ils achètent déjà des euro-députés on ne peut que craindre de ce qu’ils feraient avec un super pouvoir économique continental)

          • Eden
            Eden répond à yurgh
            Allosexuel polyglotte
            • Posté à 15h50 le 21/06/2011
            • Internaute 14568
              Allosexuel polyglotte

            C’est qui, les « libéraux », des assassins ? Des mangeurs d’enfants ? Un peu comme les bolchéviques chers à l’extrême-droite ans les années 70 ?

            • yurgh
              yurgh répond à Eden
              architecte
              • Posté à 11h06 le 22/06/2011
              • Internaute 118187
                architecte

              Oula ! désolé d’avoir un peu trop simplifié, je reprenais juste le vocable de l’article : j’entendais donc par la simplification « libéraux » les gentils messieurs qui ne foutent rien à part spéculer sur la possible variation de la valeur des titres financiers dont ils ont la charge et qui se foutent de mettre sur la paille des pays, des marchés et des millions de personnes juste pour augmenter leur propre rémunération déjà exorbitante...

              Oui, c’est un cliché simplificateur (à l’image du vilain bolchévique que vous citez) mais cette idéologie existe bel et bien et qui a la possibilité d’influer via ses lobbies sur nos parlements (européen, français...) donc de là à leur filer la possibilité de gérer directement l’économie européenne...

          • Le_mouton_noir
            Le_mouton_noir répond à yurgh
            www.delaservitudemoderne.org
            • Posté à 19h30 le 21/06/2011
            • Internaute 119868
              www.delaservitudemoderne.org

            Donc le danger ce n’est pas le gouvernement économique européen mais la probable dérive totalitaire de ce gouvernement. Qu’à cela ne tienne, exigeons la démocratie participative comme préalable à sa création.
            Que pensez-vous d’un référendum à l’échelle européenne :
            - Etes-vous pour ou contre la création d’un salaire minimum au sein de l’Union ?
            - Etes-vous pour ou contre la création d’un salaire maximum au sein de l’Union ?
            etc...

        • Autist Reading -
          Autist Reading - répond à Le_mouton_noir
          In enculo cum vibro
          • Posté à 15h13 le 21/06/2011
          • Internaute 73535
            In enculo cum vibro

          D’un gouvernement économique qui s’oppose aux gouvernements politiques de chaque nation.

          • FIU
            FIU répond à Autist Reading -
            rose
            • Posté à 16h06 le 21/06/2011
            • Internaute 75630
              rose

            J’espère qu’il s’opposera au gouvernement français qui brille par sa nullité absolue.
            Vive Bruxelles mort à Neuilly.

            • Autist Reading -
              Autist Reading - répond à FIU
              In enculo cum vibro
              • Posté à 16h25 le 21/06/2011
              • Internaute 73535
                In enculo cum vibro

              C’est çà, à mort la république...

              • FIU
                FIU répond à Autist Reading -
                rose
                • Posté à 16h41 le 21/06/2011
                • Internaute 75630
                  rose

                Et vive la démocratie... Pourquoi voudriez-vous que ce système soit l’achèvement du développement humain. Essayez d’imaginer quelque chose de nouveau qui rompe avec la centralisation. La centralisation c’est l’accaparation des pouvoirs par un cénacle. Si ces pouvoirs sont mal utilisés (et c’est le cas, personne n’est dupes) il est légitime de les révoquer.
                Bruxelles c’est la réunions dans une même pièce de centaines de gens avec des cultures différentes, qui cherche à créer ensemble des règles. C’est beaucoup moins poussiéreux que la tambouille à la française. Une assemblée quasi inutile, un premier ministre/fusible aux ordres, et un président qui sabre le champagne au fouquet’s avec les barons... Franchement c’est crédible ce système ? N’oubliez pas que nous en somme à notre cinquième république... Laquelle sera la dernière ?

                • Autist Reading -
                  Autist Reading - répond à FIU
                  In enculo cum vibro
                  • Posté à 16h48 le 21/06/2011
                  • Internaute 73535
                    In enculo cum vibro

                  On n’est pas près d’en voir une autre, République, avec toutes les monarchies et les pseudo-républiques même pas laïques qui compose l’UE qui n’a rien d’une démocratie, ni d’une république, et qui n’a rien de laïque non plus.

                  Je préfère rester dans un pays qui se réfère à la Révolution Française que d’être intégré à un bidule aux racines chrétiennes.

                  Aller vers le pire, c’est pas mon truc.

                  • FIU
                    FIU répond à Autist Reading -
                    rose
                    • Posté à 17h09 le 21/06/2011
                    • Internaute 75630
                      rose

                    Même en France certains réclame une sixième république, pas besoin de l’UE pour ça.
                    Et franchement le lien entre le dinné au fouquet’s et la révolution française je le cherche encore. Vous semblé préférer un fantasme (une étiquette révolution) plutôt que d’imaginer quelque chose de mieux. Remarquez c’est une attitude bien humaine, mais bon, ca ne nous avance guère. S’était il y a deux cents ans vous savez... Vos choix politique peuvent aussi être fais en fonction de l’époque dans laquelle vous vivez.
                    Réunir des gens c’est la meilleure lanière qu’ils dialoguent, est-ce vraiment le pire ? Le pire n’est-ce pas plutôt quand les gens se blinde derrière des mythes et des lignes maginot et tire sur ceux du dehors ?

                    • Autist Reading -
                      Autist Reading - répond à FIU
                      In enculo cum vibro
                      • Posté à 03h07 le 22/06/2011
                      • Internaute 73535
                        In enculo cum vibro

                      Réunir les gens c’est bien si c’est les réunir pour avancer.

                      Les réunir dans le grand reich, à la messe ou sous la tutelle du FMI c’est nul.

                      Vous avez le droit de kiffer le saint empire chrétien d’europe, moi je préfère la République Française.

                      Et ce n’est pour faire la guerre aux autres peuples, c’est pour pouvoir leur proposer un contrat moins dégueulasse.

          • Le_mouton_noir
            Le_mouton_noir répond à Autist Reading -
            www.delaservitudemoderne.org
            • Posté à 19h16 le 21/06/2011
            • Internaute 119868
              www.delaservitudemoderne.org

            Les dérives totalitaires de l’Europe technocratique sont effectivement inquiétantes. Mais je vous fiche mon billet qu’elles se manifesteront par une impossibilité de recourir aux déficits budgétaires plutôt que pour fixer un salaire minimum à l’échelle européenne. Il y a pourtant une différence de taille entre ces deux réglementations arbitraires, puisque seule la seconde se motive par l’intérêt général.
            Ce que cette déclaration ne dit qu’à demi mot c’est qu’un smic européen n’est viable que s’il est associé à des mesures protectionnistes. Et ça c’est une attaque frontale d’un des principaux dogmes de l’idéologie ultra-libérale qui dit en substance : Toute réglementation visant à protéger un marché intérieure est nuisible au développement du commerce et à l’enrichissement de tous ses acteurs, sauf si ce protectionnisme est pratiqué par les Etats-Unis.

            • Feox
              Feox répond à Le_mouton_noir
              (Etudiant)
              • Posté à 19h28 le 21/06/2011
              • Internaute 104562
                (Etudiant)

              « Les dérives totalitaires de l’Europe technocratique sont effectivement inquiétantes. Mais je vous fiche mon billet qu’elles se manifesteront par une impossibilité de recourir aux déficits budgétaires plutôt que pour fixer un salaire minimum à l’échelle européenne. »

              Je ne comprends pas cette phrase. Je suis absolument d’accord avec le fait que le pouvoir décisionnel européen actuel tend beaucoup plus vers une réduction des libertés fiscales et une réduction de la protection des travailleurs.

              Mais en quoi est est-ce totalitaire et technocratique ? Cela rentre dans la logique libérale et monétariste, qui est le courant de pensée le mieux représenté démocratiquement en Europe, comme le rappel l’article : « Les conservateurs et les libéraux, qui ont la majorité au Conseil européen, à la Commission européenne et au Parlement européen (...) ».

              Je suis comme vous en désaccord avec la politique européenne actuelle, mais pourquoi vouloir accusez les institutions quand elles ne sont rien de plus que le reflet d’une volonté ou d’une ignorance populaire ?

              • Le_mouton_noir
                Le_mouton_noir répond à Feox
                www.delaservitudemoderne.org
                • Posté à 20h04 le 21/06/2011
                • Internaute 119868
                  www.delaservitudemoderne.org

                Le programme économique du ps de jospin-lamy-dsk-aubry-hollande... obéit à la même logique économique que celui de sharkozi. Il n’y a donc pas réellement d’alternative. Hors, pour être libre, il faut être en mesure de choisir par sois-même. Nous n’avons actuellement aucune alternative à l’idéologie ultra-libérale, qui n’a pourtant jamais eut d’autres conséquences que d’enrichir les plus riches(10%) au détriment des plus pauvres(90%).

                On peut maintenant se demander pourquoi les plus pauvres plébiscitent un parti qui va gouverner leur pays contre leurs intérêts. La réponse est, à mon avis, liée au manque d’indépendance des médias qui influencent suffisamment de gens assez peu intéressés par la vie politique pour être facilement bernés. C’est la démocratie médiatique et nous nous porterions mieux si tous ceux qui ne se sentent pas impliqués par la politique restaient chez eux le jour des élections. Mais comme on leur rabâchent à longueur de journée que voter est un devoir... ils n’ont de cesse de donner quitus à ceux qui vont les tondre. Alors que c’est moins de voter que de s’informer qui est un devoir. Et c’est pour cette raison que ceux qui détiennent les médias prennent bien de garde de les divertir plutôt que de les informer.

          • Feox
            Feox répond à Autist Reading -
            (Etudiant)
            • Posté à 19h20 le 21/06/2011
            • Internaute 104562
              (Etudiant)

            Pourquoi cette fixation sur le concept de nation ?

            La nation doit être l’entité représentant la souveraineté d’un peuple. Le problème actuel est qu’à cause de la complexité des institutions européennes et du manque de volonté politique, l’Europe n’est pas le garant de la souveraineté du peuple européen.

            Mais pourquoi ne pas vouloir tendre vers cela plutôt que vers un repli à l’échelle nationale ?

            • Autist Reading -
              Autist Reading - répond à Feox
              In enculo cum vibro
              • Posté à 03h12 le 22/06/2011
              • Internaute 73535
                In enculo cum vibro

              Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras.

              Surtout quand les institutions de l’UE interdisent de tendre vers une République Laïque Européenne.

              Nous devons d’abord récupérer l’autonomie de nos parlementaires, puis proposer un autre contrat aux peuples d’europe et d’ailleurs.

              Cela nécessite de rompre le présent contrat au préalable.

      27 autres commentaires
    • roneiles
      roneiles répond à Takhiarel
      pas content
      • Posté à 12h43 le 21/06/2011
      • Internaute 139815
        pas content

      j’ai lu l’article et je suis d’accord avec lui , je n’y crois pas une seconde

      Lien

    • Majesté
      Majesté répond à Takhiarel
      On respire enfin
      • Posté à 12h48 le 21/06/2011
      • Internaute 77564
        On respire enfin

      Avec une intervention deux fois plus longue que la mienne, vous avez dû le lire deux fois, l’article : -)

      Franchement, vous êtes optimiste quant à l’avenir de l’Europe à court et moyen terme ? C’est devenu un ramassis de 27 égoïsmes nationaux, un groupement de 27 « chefs » d’Etat qui ne pensent qu’à leur gloire personnelle et à leurs intérêts, sans aucun souci de l’ensemble. Aucune vision au-delà des prochaines élections et des sondages de popularité à l’échelle nationale.

      Depuis le début de la crise grecque, on les entend parler de mesures draconiennes, d’austérité poussée à son paroxysme, et surtout de sauvetage des banques et de risque pour les sacro-saints marchés. Avez-vous entendu un seul responsable, un seul, même en Grèce, avoir ne fût-ce qu’un mot de compassion pour le peuple grec ? Essayer de trouver un compromis entre la remise en ordre de l’économie et le bien-être de la population ? Rien. Nada. Les marchés, le fric, les banques. La population, qu’elle crève.

      Vous êtes étudiant, vous êtes encore jeune et avez de bonnes raisons d’être optimiste et de croire à leur volonté de remettre l’Europe debout, sur des bases plus saines.

      J’ai longtemps été un européen fédéraliste convaincu. Je dirais même acharné. Parce qu’à mes yeux, l’idéal fondateur était le plus noble qui soit. L’union des peuples européens, que 2000 ans de guerres n’ont jamais réussi à réaliser, allait pouvoir se faire dans la paix et le respect de chacun.

      Et j’ai longtemps rêvé d’un vrai gouvernement européen, doté de vrais pouvoirs de décision, élu démocratiquement, et qui accorderait une grande attention au bien-être des européens, sans distinction de nationalité, de race ou de religion, plutôt que d’être le larbin des multinationales et des lobbies. Un gouvernement qui pourrait, entre-autres, organiser une sécu efficace, digne de ce nom, grâce aux possibilités qu’offre une assiette de plus d’un demi-milliard de cotisants.

      Au fil du temps, j’ai ouvert les yeux et j’ai fini par me dégoûter d’être aussi ingénu.

      Depuis, même si au fond de moi je reste fidèle à certains idéaux, je suis désabusé.

      J’espère que vous daignerez m’en excuser.

       
      • kevangel
        kevangel répond à Majesté
        Chercheur
        • Posté à 13h15 le 21/06/2011
        • Expert 24356
          Chercheur

        Si vous aviez lu l’article, vous auriez vu qu’il dit à peu près la meme chose que vous.

        • Majesté
          Majesté répond à kevangel
          On respire enfin
          • Posté à 13h33 le 21/06/2011
          • Internaute 77564
            On respire enfin

          Je ne critique pas le fait que l’article dise la même chose que moi. D’ailleurs, tous les responsables politiques disent la même chose. Ca ne les engage à rien.

          Le problème, c’est que ça reste un catalogue de bonnes intentions. N’essayez pas de me faire croire que l’UE risque de bouger dans le sens préconisé dans l’article. L’europe telle que nous la connaissons (ou plutôt « subissons ») n’est pas tombée du ciel. Elle est le résultat d’une volonté délibérée d’en faire un bastion ultra-libéral dogmatique. Avec la bénédiction des libéraux et conservateurs dénoncés par les socialistes, mais aussi avec celle des socialistes eux-mêmes.

          Pour info, je vous livre un petit scoop : Martine Aubry va se présenter aux présidentielles (et même aux primaires, tiens), donc elle fait campagne en prônant une Europe plus sociale, et en égratignant les libéraux et les conservateurs, au passage. C’est de bonne guerre. Mais de là à « sauter comme un cabri en criant l’Europe l’Europe l’Europe » (comme disait de Gaulle), il y a un pas.

          Cette Europe ne sera pas réformée, car personne ne le veut. Pas même les socialistes. Cette Europe s’écroulera comme un château de cartes, et peut-être, espérons-le, renaîtra-t-elle sur des bases plus saines. Une « Europe à visage humain », pour en paraphraser un autre.

          • kevangel
            kevangel répond à Majesté
            Chercheur
            • Posté à 16h52 le 21/06/2011
            • Expert 24356
              Chercheur

            Les socialistes n’ont jamais été majoritaires au parlement européen, comment pourraient-ils changer l’Europe. Ce sont les électeurs qui sont les premiers responsables de la politique européenne, pas les institutions. Si les électeurs ne voulaient pas une Europe ultralibérale, ils avaient qu’à voter à gauche aux européennes !

            • Orwelle
              Orwelle répond à kevangel
              sarko-verdose.bbactif.com
              • Posté à 18h31 le 21/06/2011
              • Internaute 62370
                sarko-verdose.bbactif.com

              Les électeurs ont voté contre l’Europe ultralibérale, et on la leur a imposée !
              Apparemment il ne suffit pas d’être capitaliste, encore faut-il être fasciste.

              • kevangel
                kevangel répond à Orwelle
                Chercheur
                • Posté à 09h36 le 22/06/2011
                • Expert 24356
                  Chercheur

                « Les électeurs ont voté contre l’Europe ultralibérale, et on la leur a imposée ! »

                Seulement en France. Mais les électeurs francais ne peuvent pas décider pour l’Europe tout entière. Si l’Europe est majoritairement à droite, ce n’est pas de la faute des institutions.
                Par ailleurs, les francais ont élu Sarkozy en 2007 alors qu’il promettait une politique de droite dure pendant sa campagne, il ne faut pas venir se plaindre ensuite.

                • Orwelle
                  Orwelle répond à kevangel
                  sarko-verdose.bbactif.com
                  • Posté à 10h19 le 22/06/2011
                  • Internaute 62370
                    sarko-verdose.bbactif.com

                  « Seulement en France. »
                  Forcément puisque, à part de rares pays comme l’Irlande et la Hollande, où le choix des électeurs n’a d’ailleurs pas non plus été respecté, ce sont les parlements nationaux qui ont approuvé le Traité.

                  Quant à l’argument du programme sarkozyste de 2007, il n’est pas non plus recevable.
                  « À tous ceux qui me rappellent que le candidat Sarkozy avait prévenu qu’il passerait par la voie parlementaire pour reprendre le projet du Traité constitutionnel de 2005, je réponds par l’équivalence juridictionnelle de la souveraineté nationale. Ce que la nation a décidé, seule la nation peut le défaire. On peut revenir sur tous les votes populaires que l’on veut, et annuler tous les réferenda du monde, mais toujours par un vote populaire ou par un référendum.
                  En droit démocratique, c’est un principe moral, non une disposition légale, on doit user du même outil institutionnel pour réformer l’expression du suffrage universel. On peut, bien sûr, procéder différemment, mais on prend alors le risque de s’exposer à l’illégitimité historique. “ P.L.

                  J’ajouterai que l’électeur qui a choisi le bulletin Sarkozy était contraint d’accepter la globalité du programme du candidat UMP, sans pour autant avaliser chacun de ses détails.
                  Et que n’ayant pas voté Sarkozy, je n’ai aucune raison de ne pas me plaindre.

                  • kevangel
                    kevangel répond à Orwelle
                    Chercheur
                    • Posté à 12h54 le 22/06/2011
                    • Expert 24356
                      Chercheur

                    « J’ajouterai que l’électeur qui a choisi le bulletin Sarkozy était contraint d’accepter la globalité du programme du candidat UMP »

                    Et la globalité du programme UMP était néolibéral. Donc les francais ont choisi une économie néolibérale, c’est pas la commission de Bruxelles qui a élu Sarkozy, c’est bien les Francais. C’est toujours plus facile de reporter la faute sur les autres.

                    • Orwelle
                      Orwelle répond à kevangel
                      sarko-verdose.bbactif.com
                      • Posté à 18h35 le 22/06/2011
                      • Internaute 62370
                        sarko-verdose.bbactif.com

                      Si les Français avaient voulu choisir une économie néolibérale, ils auraient aussi bien pu voter Ségolène Royale, le PS n’ayant de socialiste que le nom (il ne s’oppose pas au libre-échange). Par conséquent le choix de Sarkozy n’a rien d’un choix économique, pas plus qu’il était un souhait de ratifier le Traité de Lisbonne.
                      Les électeurs européens, à qui on a permis de voter, ont voté contre l’Europe ultralibérale, mais on la leur a imposée. Quand elle ne leur a pas été imposée par le mépris de leur choix (et de la démocratie), on ne leur a pas permis de voter. L’économie néolibérale est donc bien un diktat de l’Union européenne.

          • jor
            jor répond à Majesté
            Tant Pis
            • Posté à 18h15 le 21/06/2011
            • Internaute 120234
              Tant Pis

            Cet article est loin d’être si mauvais que ça, son diagnostic est pertinent, et les réponses proposées semblent adaptées.

            La question c’est de savoir s’il sera possible d’appliquer ce genre de mesures, sachant que justement la plupart des gouvernements européens sont libéraux, donc même si le PS et le SPD arrivent au pouvoir en France et en Allemagne, ils risquent de se heurter à pas mal d’opposition de la part de nos partenaires européens...

            Mais même si le programme ne peut pas être appliqué dans son intégralité tout de suite, les mesures qui seront appliquées constitueront toujours une certaine avancée, non ?

      • softangel
        softangel répond à Majesté
        • Posté à 15h26 le 21/06/2011
        • Internaute 34154

        « C’est devenu un ramassis de 27 égoïsmes nationaux, un groupement de 27 “chefs” d’Etat qui ne pensent qu’à leur gloire personnelle et à leurs intérêts, sans aucun souci de l’ensemble. “

        Mais est-ce que ça n’a jamais été autre chose dès le départ, en comptant sur le fait que petit-à-petit ces aspects égoïstes s’estomperaient par effet synergétique entre les états ?

        Le problème, c’est qu’entre temps, la dérégulation bancaire portée par l’idéologie libre-échangiste à ruiné votre rêve et celui de beaucoup d’autres, révélant l’imposture de l’Europe réelle d’aujourd’hui qui est bien loin de vos idéaux, car ces idéaux ont été dévoyés par le Marché. L’Europe des pères fondateurs est devenue une créature néo-libérale prédatrice des peuples et des démocraties au service du marché.

        C’est cela qui est révélé au grand jour aujourd’hui.

        Quant à l’égoïsme que vous fustigez, je ne comprends pas bien le propos : que faudrait-il faire exactement ? Balancer notre code du travail, dépénaliser le monde des affaires et baisser nos salaires à 300 euros pour atteindre la sacro-sainte Compétitivité ? Au nom d’un certain rêve ?

        A cela je réponds : des nèfles !

        • Majesté
          Majesté répond à softangel
          On respire enfin
          • Posté à 15h46 le 21/06/2011
          • Internaute 77564
            On respire enfin

          Pour répondre à votre dernier paragraphe, balancer le code du travail et tout le reste, c’est exactement ce qui se fait actuellement, via notamment le dumping social (le plombier polonais, vous vous souvenez ?).

          La solution, c’est précisément un gouvernement réel qui organiserait tout cela par-delà les frontières, dans un souci d’harmonisation et non pas de mise en concurrence. Il pourrait y avoir un code du travail européen, inspiré des codes nationaux les plus en pointe sur le plan social, un salaire minimum européen digne de ce nom, une harmonisation fiscale pour dissuader les entreprises d’aller s’installer en Irlande ou en Roumanie, une sécu européenne, etc. Ce qui se fait au niveau national pourrait très bien se faire au niveau européen, à condition que les institutions aient les mêmes prérogatives que les institutions nationales, et que les responsables oeuvrent dans l’intérêt de leurs véritables employeurs, c’est-à-dire nous, les électeurs, et pas les groupes de pression qui n’ont aucune légitimité démocratique.

          L’Europe (et pas seulement elle) a besoin d’une véritable révolution copernicienne dans ses modes de pensée, et doit remettre l’individu au centre de la cible, en lieu et place de cette hydre abstraite qu’est le marché.

          J’entends souvent dire que le paradis social ne peut se construire sur un désert économique. Soit. Mais une chose est sûre : pour construire un paradis économique, il est indispensable d’avoir un désert social.

          Nous en avons la preuve tous les jours. Et certains plus que d’autres...

          • FIU
            FIU répond à Majesté
            rose
            • Posté à 16h20 le 21/06/2011
            • Internaute 75630
              rose

            Mais précisément, si cette crise n’est pas l’occasion d’une nouvelle étape dans l’intégration et la réalisation européenne alors ce qui a déjà été fait sera perdu.
            La population européenne (en tout cas celle du sud de l’Europe) semble réclamer quelque chose de nouveau, tout en se défiant du nationalisme. C’est maintenant que le fédéralisme devrait abonder en proposition. Ces idées sont nouvelles surtout pour les français.
            Attendre je ne sais quelle révolution copérnicienne de l’Europe est beaucoup trop optimiste. Ca ne marche pas comme ça... Sauf à installer une terreur, et l’exemple communiste nous prouve qu’on ne peut lobotomiser un peuple entier qu’a durée déterminée. Cette crise est l’occasion de monter sur la marche suivante... Sauf que c’est le vide autour, alors il ne faut pas trop se louper.

            • Majesté
              Majesté répond à FIU
              On respire enfin
              • Posté à 16h47 le 21/06/2011
              • Internaute 77564
                On respire enfin

              Quand je parlais de révolution copernicienne, je pensais à un changement radical de point focal.

              Actuellement, le seul « dieu », c’est l’économie. Tout doit être fait pour l’économie, quitte à marcher sur des cadavres. Cette manière de penser est à mettre en parallèle avec le maoïsme, qui préférait laisser le peuple chinois mourir de faim plutôt que d’admettre ses erreurs et corriger le tir. Nous en sommes là, sauf que le but n’est pas une « société meilleure », mais un « marché efficace ». Et on répète la même antienne, avec le même entêtement qu’un flambeur qui se ruine au casino mais qui rejoue de plus belle, persuadé qu’il va se refaire, quitte à perdre encore plus.

              Comment peut-on encore nous faire croire qu’un marché efficace va augmenter notre niveau de vie, alors que plus on pousse le curseur du marché, plus notre niveau de vie se délite ?

              Vous dites que cette crise est l’occasion de monter sur la marche suivante. Il est vrai qu’une crise est toujours l’occasion d’un nettoyage et d’une régénération. Mais je crains que dans le cas présent, monter d’une simple marche ne suffise pas. Il ne suffira pas de rafistoler deux ou trois choses, de mettre en place un fonds d’entraide, pour que l’Europe s’élève d’un niveau. Il faut repenser ses structures, son mode de fonctionnement, sa légitimité démocratique surtout, et ensuite lui donner une orientation politique moins ultralibérale.

              Comme vous, je ne crois pas que cela puisse se faire par la terreur. Mais je ne crois non plus que les responsables actuels aient la capacité, et encore moins la volonté, de changer d’un iota. Ils ont perdu tout contact avec la réalité du terrain. Et dans ces cas-là, il y a toujours une crise majeure et un effondrement.

              L’histoire ne manque pas de tels exemples, hélas.

              • FIU
                FIU répond à Majesté
                rose
                • Posté à 17h46 le 21/06/2011
                • Internaute 75630
                  rose

                Le texte que nous commentons propose plusieurs avancées très concrètes pour entraver le dieu économie et l’amener à un équilibre qui laisse la place à une autre voie. Mais cette voie n’est pas quelque chose de tout nouveau qui sort d’un chapeau, c’est celle de la complexité, celle du détail. Le vingtième siècle nous a apprit à nous méfier des grandes idées. l’UE fonctionne dans le détails, elle créer des milliers de petites règles, elle ajuste, ça à quelque chose de frustrant parce que ça fait moins de bruit qu’un blockbuster américain, mais semble plutôt efficace puisque des gens qui se sont entretués pendant des siècles travaillent ensemble.
                L’étape qui vient est fondamentale, puisqu’elle doit permettre de donner une existence Politique à l’Europe. Tous les dirigeants nationaliste la refuse (sauf si on leur donnait le pouvoir personnellement). Toute la question étant de savoir comment construire un pouvoir européen, et quel pouvoir ? sur quelle légitimité (je suis d’accord avec vous) ?
                Mais je reviens au texte d’Aubry et Gabriel, il pousse dans la moins pires des directions, alors autant dire la meilleure.

          • Orwelle
            Orwelle répond à Majesté
            sarko-verdose.bbactif.com
            • Posté à 18h51 le 21/06/2011
            • Internaute 62370
              sarko-verdose.bbactif.com

            Balancer le code du travail, c’est ce que vise le programme de réforme de la France, le « programme de stabilité » pour la période 2011-2014, soumis à l’avis du Conseil de l’Union européenne*. C’est ce que prévoit le « Pacte de l’euro plus », qui reprend des clauses du Contrat de Travail Unique (CTU) concocté auparavant par le FMI.
            Le parlement européen se prononcera le 23 juin sur les propositions législatives de gouvernance économique.

            *Plus d’infos ici :
            Lien

            Une pétition pour se protéger de cette attaque contre la démocratie et les droits sociaux en Europe :
            Lien

      15 autres commentaires
  • Iv
    Iv
    Roboticien utopiste
    • Posté à 16h53 le 21/06/2011
    • Internaute 39192
      Roboticien utopiste

    C’est pas dur d’y croire : aucun objectif n’est chiffré à part la taxe sur les transactions financière, de toutes façons déjà acceptée au niveau Européen.

    Ce texte manque de courage et d’engagement.

  • mat_fr
    mat_fr
    Doctorant
    • Posté à 11h45 le 21/06/2011
    • Internaute 106142
      Doctorant

    C’est une excellente idée. Mais c’est plus facile à dire qu’à faire, quels pays européens le veulent vraiment ce gouvernement éco de l’UE ?

    • Malzieux
      Malzieux répond à mat_fr
      Ex-chomeur
      • Posté à 12h11 le 21/06/2011
      • Internaute 124404
        Ex-chomeur

      Avant d’un gouvernement économique, il serait bien aussi d’établir une unité européenne, sociale et politique.
      Les élections européennes ne se font pas partout en même temps, chaque pays à une situation sociale, fiscale différente.
      C’est une Europe d’Etats-nations sur le modèle des USA, mais sans le fonctionnement des USA.
      Cette Europe ne s’est occupée que de créer la monnaie unique, puis elle a cessé d’exister.
      Aujourd’hui, effectivement, aucun pays n’est prêt à s’engager pour aller plus loin.

  • pablico
    pablico
    À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
    • Posté à 12h47 le 21/06/2011
    • Internaute 14278
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

    il y a deux solutions sur ce radeau de la méduse..

    - soit on est solidaire, on se serre les coudes, on partage le pire et le bien en mode survie...

    - soit on mange les malades qu’on affaiblit.... en sachant très bien qu’on est malade déjà.. en appliquant la loi de la jungle mère de toutes les lois économiques libérales..


    La loi de la jungle est flexible.... on ne fait pas mieux.. tu t’adaptes en tuant l’autre ou tu meurs, soit tu rends l’autre esclave, soit tu le deviens .. c’est la première philosophie du monde, les autres ont été créé par les humains pour foutre la merde...
    putain de grecs ! depuis la plus haute antiquité ils ont foutu la merde philosophique, et là ils continuent avec l’euro philosophique
    (ironie plagiat du café du commerce)

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